I70 DISCOURS
caisse à son tambour, et luy donne en recompense l'arquebuse à porter, avec remonstrance qu'il luy fait de la faire bien valloir en toutes belles entreprises et rencontres, sy qu'il se rende capable soldat pour avoir raison de son ennemy ; à quoy il ne fault ' : car dans trois mois il se fît fort recognoistre, au bout desquels il fait appeller sondict ennemy, qui sans aucune excuse y va; et se battirent, et se blessèrent fort bien tous deux. Nos capitaines de gens de pied en peuvent là dessus dire leur advis.
Il faut maintenant dire un mot d'une dispute que j'ay veu faire et la desbattre, à sçavoir si en ces combats d'appels l'eslection d'armes s'y fait et s'y doit faire comme en camps clos solemnels dont nous venons de parler cy-devant. Aucuns disent que si, autres que non : comme^ par exemple, un qui est offensé fait appeller celuy qui l'a offensé, et luy mande qu'il l'attend en tel lieu avec telles armes, ou en pourpoint ou en chemise, avec l'espée et la dague, ou l'espée et la cappe, à pied ou sur un bon cheval, et une lance ou pistole^, armé ou desarmé, ou que ce soit avec autres armes accoustumées ou non accoustumées. Il y en a d'autres qui disent que s'il plaist à celuy qui est appelle il l'ira combattre, et s'il ne luy plaist il n'ira point, si-non armé comme il luy plaira, d'autant qu'il n'y a point de confîdans, parrains et juges, pour ordonner, disent-ils, et décider des eslections d'armes, ny les desbattre, comme aux camps solemnels ; et faut qu'elles se