I. CapillationSj discussions, subtilités
mard, enfant de Bourdeaux, gallant homme certes, quand ils vivoient, et que venant à la cour, affamé de gloire et d'honneur, et, pour en avoir, on les vinst à quereller et appeller avecques l'espée seule, ou Tespée et la dague, qu'ils ne s'y battroient point, et le combattroient plustost par autres armes qu'ils trouveroient advantageuses pour eux, et luy donneroient à songer, ou monteroient sur un bon cheval, et ' une bonne pistole, et une espée, ou lance ou autrement, pour faire passer * leur escrime. D'autres ay-je veu aussy tenir ce poinct : que, quand on est offensé par supercherie, on peut combattre son ennemy comme l'on veut, mesmes de le tuer d'un canon si l'on peut. Mais pourtant, s'il veutestre si gallant que n'user de telle revanche, mais, en cavallier tout gentil et tout noble, que d'appeller l'offensant avecques armes nobles, communes et esgales, il ne faut que l'offensant en refuse le combat; autrement, il luy iroit grandement et doublement de son honneur pour avoir offensé à l'advantage et en supercherie, et refuser un honneste et fort chevalleresque combat que l'autre présente en brave et généreux cœur. Il s'en est veu beaucoup d'exemples de ceux qui en ont usé de semblables traits.
Un autre exemple ay-je veu, n'y a pas longtemps, d'un gentilhomme qui, ayant une parolle à demander à un autre, le vint rencontrer et accoster en un chemin, et luy demander quelque parolle , et le brava fort de parolles