‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 108 sur 143 · I. Henri IV. Le défi eut lieu en · texte numérisé non relu

I. Henri IV. Le défi eut lieu en

SUR LES DUELS i8i

avecques Soa Excellence et Seigneurie ; toutesfoîs, pour rhonneur et gentillesse, voluntiers, de gayeté de cœur, abaisseroit sa majesté jusques-là de venir aux mains avecques luy. Un fils descendu de la noble maison de France luy faisoit pourtant beaucoup d'honneur de se battre à luy, comme luy tout roy à ce fils de France.

Un autre exemple de nostre temps : lorsque la première fois M* d'AJançon, frère à nostre roy, alla en Flandres ', il eut un gentilhomme provençal, nommé le chevallier d'Oraison, qui avoit une querelle contre M. de Bussy. Par quoy, pour la desmesler, et pour plus grande ostentation et bravade, part de la cour et de Paris, et emmené avecques luy le seigneur de Gouille, pour lors le plus renommé tireur d'armes qui fust en la France, pour se battre avecques M. de Fervaques, brave et vaillant gentilhomme, contre qui pareillement avoit querelle; et s'en vont rendre dans le camp de dom Juan d'Austrie, estant lors la saison et permission telle aux François d'aller pour les Espaignols aussy bien que contre eux. Y estant donc, allèrent faire la révérence à Son Altesse, et luy faire entendre qu'ils estoient venus là pour le servir, et aussy pour appeller en estaquade deux gentilshommes françois qui estoient au camp de Monsieur, party contraire, qui estoient MM. de Bussy et Fervaques; suppliant Son Altesse leur permettre le camp, et leur donner licence d'y envoyer un trompette pour les y appeller. Dom Juan leur

Page 1