I. En
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permit librement, et avecques grande ayse, pour avoir par là quelque petit subject de quelque affront à M. d'Alançon, ou à ses gentilshommes , et mesmes estans fort ses favoris. Estant venu le trompette, et ayant faict sa charge, soudain il fut pris au mot. Ce qui estant venu à la cognoissance de Monsieur, despesche le trompette, et mande par luj à dom Juan que la partye estoit par trop belle pour permettre qu'elle se fist sans luy, et qu'il en vouloit estre, et que si dom Juan y vouloit venir, qu'il feroit le tiers, et qu^ils advisassent le lieu, le jour et l'heure, et qu'il seroit tousjours prest, si que possible, par là pourroient desmesler et déterminer non pas une simple querelle ny petits différends, mais oster toute occasion d'esteindre une grande guerre qui s'alloit enflammer. Dom Juan , qui ne s'estoît attendu nullement, ny proposé, ny advisé qu'on en vinst là, fut un peu esbahy pour le commancement, voyant une telle conséquence advenir. Toutesfois, comme brave, vaiU lant et généreux , comme fils de père , accepte le desfy, et se résolut de se trouver à l'assignation. Mais ces grands capitaines qui estoient prés de luy , compassans très-bien toutes choses, comme ils en sont maistres, mesmes les soldats espaignols, qui en commençoient faire rumeur et à se mutiner, ne voulurent jamais permettre que leur gênerai, pour un certain petit et léger poinct d'honneur, s'allast ainsy perdre, et tout un Estât: car, si celaavoit lieu, il n'y a gênerai qui ne fust ainsy souvent desfié; et auroient plus de peine à respondre à ces cartels de gens, que l'on supposeroit exprés, que non pas à faire le deu de leur charge. Par quoy il fut arresté et retenu par les siens, quelque instance qu'il fist de sortir. Par ainsy telle entreprise fut rompue. En quoy les Espaignols furent fort mal contens de
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ces deux gentilshommes desfians ^ qui estoient là venus dans leur camp par leurs desfis brouiller leurs belles ordonnances et polices de guerre.
Nous avons un frais exemple, en ces dernières guerres, de M. d'Espernon et du sieur d'Aubeterre, reprenant les erres du capitaine Maumont, qui, simple capitaine qu'il estoit, avoit desfié mondict sieur d'Espernon, ce qui estoit une grande desrision; mais aussy la paya-il bien comme il le meritoit ; et bien employé : un simple capitaine piéton aller desfier un couronnel I Tout le monde luy debvoit courir sus. M. d'Espernon estant au service du roy son maistre en France, lorsqu'il^ mourut à Sainct-Clou, le sieur d'Aubeterre, ayant quitté le party du roy, qui luy avoit faict tant de biens, et pris celuy de la Ligue, ne pouvant prendre le gros gibier des villes d^Angoulesme, Cognac et Xainctes, y ayant faict souvent entreprises, s'alla jetter sur le menu, et fit surprendre, par son frère le baron, le chasteau de Villebois, qui estoit à madame la marquise de Mezieres sa tante , qui l'avoit veu trois jours auparadvant avecques plusieurs offres de services, et faict son frère le baron gardien de ceste place, par le moyen de laquelle il fait la guerre au gouvernement de M. d'Espernon d'Angoulmois et Xainctonge, et les ravage fort. M. d*£spernon absent, tourné après la mort du roy, il veut nettoyer son gouvernement de tels ravageurs et ravoir sa place, et tente les moyens ordinaires et premiers, par sommation de trom-