‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 111 sur 143 · I . Il s^agit de Brantôme · texte numérisé non relu

I . Il s^agit de Brantôme

et des injures, au grand estonnement de tout le monde; mais il ' vouloit passer en Provance, et ne vouloit laisser un tel ennemy derrière soy, d'autant que ledict sieur d'Espernon avoit juré cent fois de ne s'accorder jamais, et qu'il tueroitd^Aubeterre, et faisoit porter Tattiffaict ' à sa femme, qui estoit ma niepce, l'une des belles et honnestes femmes du monde. Mais pourtant l'accord fut tel , et si advantageux pour M. d'Espernon, que ledict Aubeterre le vint trouver à Angoulesme, là où ils se réconcilièrent encor mieux. Ainsy faut-il qu'on recherche les grands, mais bien à propos.

Il en arriva de mesmes à M. de La Chastre, grand capitaine certes. Il vint à estre querellé sur un certain léger subject et de gayeté de cœur par M. de Drou, brave gentilhomme, capitaine des gardes des Suisses de M. d*Alançon; et l'envoya appeller un jour estant à la cour de Monsieur. M. de La Chastre, qui avoit faict de long-temps toute profession d'honneur et de vaillance, ne refusa point d'y aller; mais, par le commandement de Monsieur, il fut arresté, ayant esté remonstré à Monsieur, par plusieurs honnestes gens et bons capitaines qu'il avoit avecques luy, qu'il n'estoit pas raison qu'un jeune gentilhomme, encor qu'il fust de bon lieu et d'honneur, si aysement s'allast esprouver et battre contre un tel et grand capitaine, vieux et expérimenté, et qui avoit faict tant de preuves et donné tant de tesmoignages de sa valeur, et pouvoit sauver tout un public en une heure.

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