I . Envtn, aux yeux de
prie qu'on ne tire point de vostrecosté, et nous ne tirerons point du nostre. 1» Ce qui fut accordé. Sur ce, don Pedro lu^ demanda qui il estoit; et il se nomma par son nom. Quand il entendit que c'estoit le capitaine Bayard, qui avoit laissé tant de nom au royaume de Naples , fut fort joyeux de le veoir, et luy dit : a Ha, Monsieur de Bayard, je ne vous pensois pas là. Toutesfois, encor que je trouve vostre camp renforcé de deux mille hommes, de vostre venue et présence, si est-ce que je me resjouys grandement de vous voir sain et sauf, car on nous avoit dict que vous estiez mort, à la reprise de Bresse ', d'une grande blessure que vous y receutes (comme il estoit vrai) ; mais Dieu soit loué qu'il n'en est rien. Que pleust à Dieu y eust-il une bonne paix entre nos roys , afin que nous puissions nous practiquer et deviser ensemble comme bons amys et compaignons d*armes, vous portant, certes, plus d'affection qu'à tous les François, pour vos grandes vaillantises , qui résonnent encor au royaume de Naples. » M. de Bayard, qui estoit fort courtois, luy rendit en cela son change au double, avecques un fort honneste remerciement. Si regardoit don Pedro qu'un chascun portoit un grand honneur à M. de Nemours; et demanda à M. de Bayard qui estoit celuy-là si superbement vestu , à qui tous eux portoient si grand honneur et révérence , car il estoit armé richement de toutes ses armes, fors l'habillement de teste, et, par dessus ses armes tant dorées que rien plus, une cotte d'armes de drap d'or frisé, et les armes de Foix eslevées en broderie toute d'or; ce qui le rendoit bien remarquable, avecques son beau visage et son agréable jeunesse, qui