‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 124 sur 143 · En 1S · texte numérisé non relu

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qu'il luy promit s'il se pouYoit, estant lors M. d^Anjou et lieutenant du rojr; mais, le conseil trouvant ne se pouvoir faire, M. d'Anjou le dit audict sieur de Besigny, qui, fasché d'un tel refus, parce qu'il estoit un peu hautain, dit à Monsieur que, s'il eust voulu, qu'il ' se fust bien passé, mais qu'il ne ressembloit pas le roy son frère, qui tenoit fort bien et ferme sa parolle, et non pas luy. Monsieur, qui estoit lors à table avecques le roy, luy respondit en collere : « Besigny, vous m'offensez par trop. Si j'estois aussy inconsidéré que vous, et sans le respect que je dois au roy mon frère, je vous donnerois de la dague dans le corps. Mais je vous advise que vous me reparerez ceste parolle outrageuse de vostre personne à la mienne, et que demain matin, me despouillant de la grandeur et altesse que j'ay, je vous feray appeller dans la forest, où je vous feray cest honneur de me battre à vous; et, par ce, n'y faillez; autrement je vous tiendray pour un parleur et mesdisant que vous estes, et non pour vaillant. » Besigny, ne sçachant que luy respondre, dit : « Monsieur, je vous supplie me pardonner. Je n*y pensois pas. Je vous suis tres-humble serviteur »; et s'osta de là. Le lendemain, Monsieur l'envoya appeller par M. de Vins, qu'il n'eust à faillir de se trouver au bois. Mais il fut conseillé de prendre la poste et s'en aller au voyage de la Morée avecques M. du Mayne, que fit dom Juan d'Austrie, où il acquit beaucoup de réputation : car c'estoit un fort vaillant et brave gentilhomme, et après tourna à poinct au siège de La Rochelle, là où Monsieur le receut en grâce mieux que

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