‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 125 sur 143 · I . Qu'il, que cela · texte numérisé non relu

I . Qu'il, que cela

SUR LES DUELS 3i3

devant, et n'en fut pour cela mes-estimé. Si luy garda-il bonne ' pourtant après (je le dirois bien) : car le morceau estoit trop gros pour luy à digérer, et Monsieur, de l'autre costé, fort estimé de la belle offre qu'il faisoit à l'autre. Tout cela est bon à tous ces grands à jouer ces mystères. Un de ces ans, en la cour de nostre roy, le bal se tenant, le seigneur de Givry, gentil cavallier certes et fort accom* ply, ainsy qu'il avoit pris M^* de Grantmont pour la mener danser la volte, voicy M. de Soissons qui la luy prend et la mené danser. Givry fallut qu'il iaissast sa prise et cedast au prince, en disant seulement : « Monsieur, vous usez en cela du privilège de prince. » Après le bal finy, et qu'on se retiroit, Givry, qui se disoit un peu serviteur de ladicte damoiselle de Grantmont, ainsy qu'il la conduisoit soubs le bras en sa chambre, M. de Soissons luy voulant quelque mal talent' d'ailleurs aussy, ce disoit-on, derechef vint et print ladicte damoiselle. Givry luy dit : a Monsieur, vous croirez, s'il vous plaist, que je ne l'endurerois de mon pareil que nous ne vinssions aux mains. » M. de Soissons luy dit : « Givry, quand vous voudrez, je me desvestiray de ma grandeur pour vous en donner du plaisir au Pré aux Clercs, qui est ouvert à tout le monde. » L'autre luy respondit : ce Monsieur, puisque vous me voulez faire cest honneur, je l'accepte; et sera lorsqu'il vous plaira me commander. » Voylà ce qu'on en disoit à la cour. Le lendemain au matin, l'un et l'autre estoient prests pour faire leur partie sans que le roy le sceust, qui leur envoya fuire la def-

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