‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 133 sur 143 · S40 DISCOURS · texte numérisé non relu

S40 DISCOURS

Plusieurs années après, ledict prince fut fort blasmé d*un trait qu'il fit, de quoy oubliant son ancien mal-talent ^ contre ledict seigneur de Montmorency, tant pour le poussèment que la prison et le procès de sa mère, il rechercha tellement M. de Montmorency qu'il l'accompaigna à l'af* front qu'il fît à Paris, en la rue Sainct-Denys, à monsieur le cardinal de Lorraine et à M. de Guyse dernier mort, qui n'estoit qu'un jeune et foible garçonnet, d'autant que ledict monsieur le cardinal entroit dans la ville avecques sa garde ordinaire d'harquebusiers à cheval, qui marchoit ordinairement avecques luy par la permission du roy despuis la sédition d'Amboise, que je luy vis lors ériger, que le capitaine La Chaucée, gentil soldat certes, menoit comme chef. M. de Montmorency voulut interdire l'entrée audict monsieur le cardinal avecques armes et ceste garde, et luy manda, par deux fois, qu'il le chargeroit s'il s'en essayoit. Monsieur le cardinal ne laissa pour cela, et entra. Sur quoy M. de Montmorency monte à cheval avecques sa garde et ses amys, et va au-devant, et le trouve entré, et le charge. Dont monsieur le prince, qui l'accompagnoit, sans aucune souvenance des plaisirs passés, fit la première poincte de la charge, où il y eut un grand desordre. Et fut constraint monsieur le cardinal mettre pied à terre, et se sauver dans une maison d'un citadin de ville; si que possible, sans cela, fust il esté en danger de la vie, ce dit-on, car il estoit fort hay à cause de la relligion ; et y avoit là plusieurs huguenots avec monsieur le prince, qui ne demandoient pas mieux. J'en parle ailleurs bien au long dans l'un de mes livres. Ce

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