Mal-taUnt, animosité
cas fui trouvé fort estrange par toute la France, et sur-tout à la cour, qui estoit lors en Provence. Je venois lors de la prise du Pignon de Bellys en Barbarie, et de Portugal, et d'Espaigne. Je sçaj ce qu'en dit le roy et la reyne, et les grands qui estoient là, et monsieur le connestable, qui en fut fort estonné. Et le roy despescha M. de Rambouillet vers monsieur le cardinal et M. de Montmorency, qui dirent leurs raisons ainsy qu'ails purent (dont n'y avoit manque d'un costé ny d'autre), que je 'dirois voluntiers; mais elles allongeroient trop ce discours, et aussy que je les dis ailleurs. Monsieur le prince de Condé, bien qu'il fust chef des huguenots, se sentit luy-mesme fort offensé de cest affront faict à son cousin germain, et en prit l'affirmative; force autres princes aussy, et mesmes M. de Montpensicr. Pour fin, par la sagesse et providence de la reyne mère, cela s'appaisa, et n'alla ceste contention^ plus advant. Surtout monsieur le prince Portian y receut un très-grand blasme, pour s'estre ainsy bandé de gayeié de cœur, ou pour sa relligion, contre la maison de Guyse, de laquelle il avoit receu tant de plaisirs et courtoisies, et, par sus toutes, trois : la première, l'assistance qui avoit esté faicte à sa mère la comtesse de Sennignan en prison, sa cause et sa délivrance; Ja seconde, en ceste querelle contre M. de Montmorency que je viens raconter, et la troisiesme, qu'ils luy avoient faict espouser M^^e de Nevers, l'une des plus belles, honnestes, sages, vertueuses et riches filles de la France, et qui estoit digne d'un plus grand prince que luy^ comme despuis elle espousa ce grand M. de Guise. Feue