‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 135 sur 143 · I. Contention, discussion · texte numérisé non relu

I. Contention, discussion

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madame la douairière de Guyse, ceste si sage et vertueuse princesse, la nourrissoit^, par la prière que feu M. de Nevers, son père, luy avoit faict de la tenir en sa compaignie, pour tenir d*elle, de sa belle et bonne nourriture, et sages vertus. Je l'y ay veue nourrir, et je sçay que monsieur le cardinal fut le premier moteur de ce maryage. Il luy rendit tres-mal là, à l'appétit de sa religion. Il ne debvoit point en cest endroict obscurcir sa belle et claire réputation qu'il avoit par une telle ingratitude : car il estoit de bonne part, de bonne race, brave, vaillant, généreux , adroict, et tres-accomply prince en tout, magnifique, libéral; mais il se gasta fort là. Moy-mesme j'en fus autant marry qu'il estoit possible , car je luy estois fort serviteur, et luy m'aimoit autant que gentilhomme de la cour. Mais que voulez- vous ? C'estoit sa religion qui l'avoit ainsy charmé et offusqué comme d'autres. Feu monsieur le prince de Condé luy en fit bien la réprimande, comme j'ay sceu : car il avoit espousé sa niepce; et luy sceut bien reprocher l'obligation qu'il avoit en la maison qu'il venoit otfenscr mal à propos. Si nous voulons croire la Légende de Saincl Nicaise, bastard prétendu de la maison de Guyse, il en eut la vangeance deux ans après, ou moins, car, par le moyei^ de Sainct- Barthélémy, son bon averlant ', il le fit mourir; et fut fort regretté de plusieurs honnestes gens de la cour. Pour moy, je luy donne ma bonne part de plusieurs larmes.

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