‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 29 sur 143 · I. Contendre, contester, débattre · texte numérisé non relu

I. Contendre, contester, débattre

dans la bottine, et tout pour Tapprehension de la prise, et en prit autant pour luy. Il n'en faut plus parler, le destin en avoit jette son sort.

De discourir de la forme du combat, je n'y touche point, car tel parler et souvenir m*est par trop odieux. Telle fortune de combat fut si inopinée et inespérée de plusieurs personnes de la France qu'en beaucoup d'endroits, deux mois après, n'en purent jamais croire la mort de mondict oncle ; mesmes en Piedmont il y eut deux soldats signallés qui s'assignèrent le combat, et combattirent sur ce subject, que l'un le disoit mort, l'autre non, affirmant qu'il n'estoit pas possible qu'un si brave et vaillant homme eust finy ses jours de ceste façon. Quelle humeur brave de ce soldat ! Tous deux sur cefaict en demeurèrent fort blessés, sans que le dieu Mars eust esgard qui avoit tort ou droit. Telle est son humeur quelquefois en plusieurs autres et pareils combats.

Pour venir encor à ce qu'en a dict M. de Montluc, si ne puis-je croire pourtant que ledict M. de Montluc aye franchy ces mots, veu qu'en ce aussy luy ay ouy dire de mondict oncle force bien, comme de raison, et le tant louer et exalter sur tous les vaillans hommes du monde. A luy (estant généreux) ne fust esté séant de detracter de son pareil. De plus, mondict oncle le prit pour un de ses quatre confidans, et le mit au rang de M. d'Estampes, de M. de Sansac et du seigneur Aurelio Fregose : c'estoit beaucoup; mais je croy que quelque mal habile de correcteur ou animé' d'imprimeur ont adjousté à la lettre, lesquels je donne au diable, avecques leurs impostures,

Page 1