‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 48 sur 143 · I. Pointillés, chicanes · texte numérisé non relu

I. Pointillés, chicanes

Doncques, sur ce je vous en ameneray un exemple d'un gentilhomme d'Anjou, nommé La Fautriere, ayant entre en estoquade dans une vieille grange , mais pourtant enfermée de ses quatre murailles, sur lesquelles les seconds et tiers et autres en advisoient le combat , qui fut contre le cadet d'Aubanye, gentilhomme d'Angoulmois, prés de Ruffec, fort brave et vaillant gentilhomme, et fort bravasche, et qui en tout vouloit fort imiter M. de Bussy, mais il ne put en aucune sorte : se le figurant, cela luy faisoit grand bien à la râtelle ' pourtant. Cestuy doncques Aubanye avoit demeuré cinq ans à Rome, apprenant ordinairement à tirer des armes, et mesmes de l'espée seule, du Patenostrier, très-excellent en cest art. Si bien qu'estans prests à se battre, ledict Aubanye dit à son ennemy : a Frère, je n*ay accoustumé à me battre qu'à l'espée seule. Je n'ay point porté de dague. Pour cela ostez la vostre. » L'autre, aussy tost prompt, jetta la sienne par-dessus la muraille de la grange; et la fortune luy fut si grande qu'il vainquit et tua ledict Aubanye, qui estoit un des plus estimés spadassins pour l'espée seule, et des plus adroicts cent fois plus que l'autre. Un chascun après le blasma, pour avoir ainsy complu à son ennemy et gratifié d'un tel advantage qu'il fust esté bien employé si Aubanye l'eust tué; mais en cela il monstra un grand courage. Ce combat fut faict en ces dernières guerres de la ligue, prés La Rochelle : car tous deux estoient huguenots et suivoient le roy de Navarre.

Quelques années après ce combat susdict de Quielus et Antraguet, M. le baron de Byron en fit un autre de trois

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