C'étaient des garçonnets
comment alla ce combat, et où le second n'j procéda pas comme le Florantin, en l'exemple que j'ay allégué ci-dessus du combat de quatre Florantins. Aussy y a-il différence en un combat cerimonieux conditionné et solemnisé de juges, de maistres de camp, de parrains et confidans, et celuy qui se fait à Tescart sans aucuns yeux, et aux champs, là où tout est de guerre.
Il se fit un combat en Limosin, il y a quelque temps, entre un gentilhomme nommé Romefort, et un Fredaigues, tous deux hantans la maison de La Vauguon. Il y en eut ' un gentilhomme qui despuis fut tué à la cour, et acquit, je ne sçay comment, titre des gallans, sans avoir jamais veu que peu de guerre; je ne le nommeray point. II alla appeller Fredaigues de la part de Romefort, qui y alla aussy tost sur la parolle du gentilhomme, et ce sans seconds, si-non un vallet chascun pour tenir leurs chevaux. Ce gentilhomme s'habilla en palefrenier de Romefort, d'autant qu'on se vouloit desfaire dudict Fredaigues, et le tuer nommément. Mais la fortune voulut que Fredaigues tua aussy son homme, et ne donna loisyr au palefrenier déguisé de venir et ayder à Romefort, d'autant qu^ils avoient laissé leurs chevaux loin ; et, ainsy qu'il s'advançoit, le palefrenier de Fredaigues s'advança plustost, et donne son cheval à son maistre, sur lequel il monta pres~ tement, et s'en va au palefrenier déguisé (lequel il cognut aussy tost), de telle furie qu'il fut contrainct à tourner teste et gaigner le haut, lequel Fredaigues recommanda au