I. Ferron le rendit
la mainà l'espëe qu'il tenoit en la main, non qu*il l'eust tirée encor, mais en marchant il fit voiler le fourreau en l'air en le secouant, ce qui est le beau cela, et qui monstroit bien une grâce de combat bien asseurée et froide, et nullement téméraire^ comme il y en a qui tirent les espées de cinq cents pas de l'ennemy, voyre de mille, comme j'en ay veu aucuns.
Ainsy mourut ce brave baron, le parangon de France, qu'on nommoit tel, à bien vanger ses querelles par grandes et déterminées resolutions. Il n'estoit pas seulement estimé en France, mais en Italie, Espaigne, Allemaigne, en Poulongne et Angleterre, et desiroient fort les estrangers venans en France le veoyr (car je Tay veu], tant sa renommée volloit. Il estoit fort petit de corps, mais fort grand de courage. Ses ennemys disoient qu'il ne tuoit pas bien ses gens que par advantages et supercheries. Certes, je tiens de grands capitaines, et mesmes d'Italiens, qui sont esté d'autresfois les premiers vangeurs du monde, m ogni modo ', disoient-ils, qui ont tenu ceste maxime : qu'une supercherie ne se debvoit payer que par semblable monnoye, et n'y alloit point là de deshonneur.
Ledict baron tua premièrement le baron de Soupez à Toulouse, qui estoit un tres-brave et vaillant jeune homme, mais un peu trop outrecuydé; et je luy avois dict souvent, comme son amy, en nostre voyage du secours de Malthe, qu'il s'en corrigeast. Il mesprisoit ledict baron de Vitaux par trop, si qu'estant un jour en soupper, ayant eu quelques parolles, assez légères pourtant, il luy jetta un chan-