‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 57 sur 143 · I . De toute manière · texte numérisé non relu

I . De toute manière

deliier à la teste, et en voulant > avoir sa revanche sur le coup, et mettant la main à Tespée, il fut empesché par les amis du baron de Soupez, où il y en avoit plus que l'autre baron, et fallut sortir du logis; mais, au bout d'une heure, guettant l'autre sortir, il ne faillit de le tuer aussy tost et Testendre sur le pavé ; et ne fut sans danger : car, s'il fust esté pris, il estoit puny sur-le-champ, tant pour la rigueur de la justice de Toulouse que pource que l'autre avoit de grands amys et parens en la ville; et se sauva bravement en habit de damoiselle (la façon en est longue à escrire), et s'en vint droict chez M. de Duras, qui, comme tres-courtois et gentil seigneur qu'il estoit, le receut fort courtoisement, bien qu'il ne le congnust par trop familièrement, et luy presta chevaux pour venir chez moy , où, ayant demeuré quinze jours, je luy fournis de chevaux et d'argent ce qu'il voulut (qu'il me rendit très-bien après) 'pour tirer vers Paris. L'on dira que je me fusse bien passé d'escrire ceste circonstance.

Au bout de quelque temps, il tua Gounellieu, qui venant de Bloys un jour de laisser le roy ', qui l'aymoit fort, et avoit la charge de sa grande escuyerie, et s'en allant . chez soy en Picardie en poste, avecques quatre chevaux, ledict baron le suivit, en ayant eu bon advis, avecques deux bons chevaux seulement, accompaigné du jeune Boucicaut, l'attrapa aux plaines de Sainct-Denys, et le tua viste sans autre cérémonie, dont le roy en cuyda désespérer. Que s'il fust esté pris, il estoit infailliblement exécuté, tant il aymoit ce Gounellieu. Et s'en alla en Italie, et n'en bou-

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