LES METAMORPHOSES
ceinte parUmeniairt s* accommodent dans les bureaux dt V Assemblée, après un échange d'explications et une effusion d'encre sur le papier. Les témoins seuls marchent. Us ne se battent plus depuis Louis XIV, Ce n'est pas à dire, certes j que leur emploi soit devenu une sinécure. Et puis, ils ont bon dos dans toutes les querelles, quelle que soit la nature de celles^ ci, Quil arrive ceci, qu'il arrive cela, c'est toujours sur eux que Von tombe. Ils n'en meurent pas, ne se battant pluSj comme au temps du grand champ clos que Quélus, Maugi^ ron, Schomberg, etc, , arrosèrent de leur sang, près la porte Saint'Honoré, mais ils n'en sont pas moins impitoyablement traînés sur la claie. Le témoin, c'est le bouc émissaire, et j'ai entendu dire à plus d'un, agacé de son rôle ingrat, qu'il regrettait de rester en marge de la partie, pour en recevoir les éclaboussures.
C'est bien pis quand l'arme choisie est le pistolet. Alors le
danger couru par les témoins n'est plus seulement moral;
dans une certaine mesure, il est matériel et physique. On
ferait pourtant des gorges chaudes, — et l'on aurait raison, —
j du témoin qui, ayant à discuter les conditions d'une rencontre
! dans laquelle il a accepté la mission d'assister un de ses amis,
exclurait d'abord le pistolet comme pouvant, à la rigueur, endommager les tiers. L'argument paraissait moins ridicule au XVl^ siècle, dont les armes à feu, il est vrai, n'étaient rien moins qu'armes de précision, et Brantôme nous apprend que les « docteurs duellistes », selon l'expression pour laquelle j'ai déjà eu l'occasion de signaler son goût, ne préconisent ni r arbalète, ni l'arquebuse, ni le pistolet, comme instruments convenant à des gentilshommes qui ont une querelle à vider, et, parmi les raisons que ces docteurs apportent de leur aversion, ils ne craignent pas de mettre en avant celle-ci.
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