I. Il avait été gouverneur de Pignerol
a. Sans qu'il y pensât.
geoc) de couronnel de trois mille hommes, et de les lever : ce qu'il fit bien à propos, et non sans grand peine, car, la guerre civille troisiesme estant faillie et la paix faicte, es* tant fort aymé des soldats, et les appoinctant bien, en moins d'un rien amassa ses hommes, encor plus qu*il ne falloit, s'en va à Venise^ bien receu, voyre adoré ; passe en Dalmatie avecques ses braves François et quelque peu d'Italiens, où il fait bravement la guerre jusqu'à ce que la paix survint entre le Turc et les Vénitiens, traictëe, à la sollicitation du roy, par ce grand personnage. Monsieur de Dax<, son ambassadeur. Et puis, s'en estant retourné en France, et la guerre civille rallumée, il mourut devant la Charité ', le siège y estant mis, estant maîstre de camp de douze enseignes de gens de pied; dont ce fut très-grand dommage, car c'estoit un grand homme de guerre et un fort homme de bien et d'honneur. J'en parle ailleurs, en mon livre des Couronnds et Maisircs de camp.
C'est assez parlé de combats meurtriers, dont j'en dirois cent exemples signalés; mais je n'aurois jamais faict. Parlons un petit maintenant des courtoisies qui ont esté practiquées du temps du roy François. Il envoya une fois feu monsieur le cardinal de Lorraine, son cher favory, en Flandres, pour jurer quelques trefves entre les mains du feu empereur Charles. Ledict monsieur le cardinal y alla très-bien accompaigné d'une fort belle noblesse de la cour, parmy laquelle estoit un brave et vaillant gentilhomme