Jadis, vantés avec jactance, a. LoSf honneur, gloire
SUR LES DUELS i))
chever leur ennemy, ou qu'ils avoîent une ajse et une joje extresme et impatiente de se retirer sains et sauves, ou bien avoient haste de s'aller faire panser s'ils estoient blessés; aucuns qui craignoient Dieu, et ne vouloient achever de tuer : ceux-là sont à louer. Aucuns redoutoient le roy et sa justice, s'ils venoient à estre pris, et se sauvoient de vitesse comme ils pouvoient. Aucuns craignent aussy les parens, qu'ils ne les recherchent et poursuivent de vangeance sur la trop grande cruauté. Bref, il y a tant d'autres considérations en cela que je laisse ramener là dessus à de plus cent fois capables que moy.
Voylà (pour conclure ceste dispute) ce que j'en ay ouy discourir et appris de grands capitaines italiens, qui sont esté les premiers fondateurs jadis de ces combats et de leurs poinctilles, et en ont très-bien sceu les théoriques et pratiques; les Espaignols aussy, mais non tant qu'eux. Aujourd'huy nos braves François en sont les meilleurs maistres, autant pour la science que pour la pratique de la main. Les Italiens, qui sont un peu plus froids et advisés en ces choses que nous autres, aussy un peu plus cruels, ont donné d'autres fois ceste instruction (comme j'en ay veu aucuns) à ces donneurs et espargneurs de vies : que le plus beau et le meilleur est, quand l'on est là, de mettre son ennemy en un tel point d'extrémité, et, comme dit l'Espaignol, à tal punto de pelea y guerra ', qu'il le laisse là estendu, sans pourtant l'achever ny luy donner le dernier coup de la mort, mais très-bien l'estropier de bras et de jambes, qu'il ne puisse jamais plus retourner au com-