I . A tel point de combat et de guerre
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iS4 DISCOURS
bat ny luy faire mal, ny dire qu'il ne luy a point donné la vie. De donner encor, et de plus, une grande estaffilade sur la naze ' et le visage, disoient-ils, n'estoit bon que pour servir de mémoire ; si que, l'ayant mis et réduit à telle dernière mercy, il ne craigne luy arriver ce qui arriva à un brave et vaillant gentilhomme de la cour, et du temps du roy Henry II, lequel Tavoit bien en ses guerres bravement et vaillamment servy, et qu'on le tenoit à la cour pour un fendant et un bizarre, ainsy qu'il portoit la plume ; de telle façon que le greffier de TOry, fou plaisant, qui faisoit des sermens souvent fort extravagants et divers, juroit quelquefois par la digne et bizarre plume de ce fou de Matas ^. Tant y a que c'estoit un brave gentilhomme.
Luy, ayant doncques pris querelle, un jour que le roy François II, après quelques jours de la mort du roy Henry II son père, estoit allé au bois de Vincennes à la chasse aux dains avecques le jeune Apchon, dict Mouron, nepveu de monsieur le mareschal de Sainct-André, et s'estant retirés à part du roy et de la chasse, dans le mesme parc, se mirent à se battre sur la motte qui est là. Matas, qui estoit un vieux routier d'armes et qui en avoit faict preuve ailleurs que là, vint à mener et pourmener le jeune Apchon de tel poinct qu'il luy fit voiler l'espée hors des mains ; et, le voyant là réduit, sans le poursuivre autrement, luy dit : « Va, jeune homme, apprends une autre fois à tenir mieux ton espée, et à ne t'attaquer point à un tel homme que moy. Amasse ton espée. Va-t'en, je te pardonne; et