‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 79 sur 143 · I . La naz€, le nez · texte numérisé non relu

I . La naz€, le nez

a. Claude de Bourdeille, baron de Mastâs.

SUR LES DUELS i3S

qu'il n'en soit plus parlé, jeune homme que to es. » Et, s'en retournant pour monter à cheval, sans j penser, Apchon, ayant amassé son espée, courut après iuy, et iuy donna un grand coup d'espée à travers le corps, et du coup tumba tout roide mort par terre. Et n'en fut autre chose, parce que Apchon estoit nepveu du mareschal de Sainct-André, et l'autre parent de M<°« de Valentinois, qui, par la mort du roy Henry, avoit perdu tout son crédit. Si est-ce que le pauvre Matas ne laissa à estre bien plaint et regretté, car il estoit gallant et vaillant. Toutesfois, il fut fort blasmé, mesmes de feu M. de Guyse le grand, comme je Touys, d'avoir ainsy mesprisé les armes et la bonne fortune qui Iuy avoit mis son ennemy à mercy, et iuy avoit pardonné pour se faire donner la mort '. Cest exemple doit servir d'advertissement à plusieurs. J'en alleguerois une infinité d'exemples pareils. Je me tais à st'heure pour dire et noter une chose : que, du temps de nos roys, tels appels estoient fort deffendus en lieu de respect *.

J'ay ouy raconter à ce brave et gallant feu M. de Sipierre que, du temps du roy François I, il cuyda estre en une tres-grandissime peine pour avoir appelle M. d'Andoing (grand favory du roy Henry, et qui mourut devant Landrecy) pour monsieur le viscomte de Gourdon, vaillant

1. « Il ne faut pas aussi que les bravasches et vieux routiers, qui se sont un peu ressenty des fureurs de Tespée, abusent de leur fortune et gourmandent un jeune homme qui ne fait que venir : car Dieu s'en triste. De cela force exemples nous en abonde. » (Note de Brantôme.)

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