‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 81 sur 143 · I. La chose eût mal tourné · texte numérisé non relu

I. La chose eût mal tourné

un autre, dont il fut en grande peine; mais il estoit grand seigneur et favory du roy Philippes ; et pourtant luy fut pardonné, et avecques grande peine.

Il en arriva de roesmes au marquis de Villanne, à l'entrée de l'impératrice à Tollede; lequel, ayant esté poussé un peu du cheval par un argouzil ', mit soudain Tespée à la main. Y cuyda avoir de la rumeur grande : car toute la noblesse se formalisa pour ledict marquis, à cause de sa grandeur et alliance qu'il avoit avecques les plus grands ; et pour ce l'empereur le passa et acquiesça tellement quellement. Certes, tels premiers mouvemens ne sont pas en nos puissances, et mesmes quand il y va de l'honneur, et surtout aux François, lesquels sont si impatients qu'ils sont soudains par sus tous autres.

Si vis-je une fois nostre feu roy Henry III si en collere contreje sieur de Bremian, de quelque soufflet ou coup de poing donné à un gentilhomme dans la basse salle du Louvre, que, s'il eust esté attrapé ainsy qu'il le fit chercher, il luy eust faict un mauvais party; et tous les vivans ne l'eussent sceu sauver, tant il cognoissoit bien que tels mespris de respects et telles insolences estoient de grande conséquence, et portans un grand préjudice à sa grandeur et authorité. Jusques-là que, la fois que feu M. de Bussy, ayant querelle contre le sieur de Sainct-Fal, et que le roy ayant commandé à ses princes et mareschaux et grands capitaines pour les accorder, ainsy que le roy le vit par la fenestre entrer dans le Louvre, accompaigné de plus de

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