Obstant, pour nonobstant
SUR LES DUELS i6i
mourir de celle-là. La response certes est vite et peu digne d'un tel Cassar et d'un tel monarque. Je m'asseure que Jules Caesar, son oncle et son brave prédécesseur, n'eust pas ainsy respondu, mais l'eust bien pris aussy tost au mot. Pour en parler aussy franchement, Octave, encor que la fortune luy donna estre le monarque de tout le monde, n'estoit pas vaillant de sa personne, ainsy qu'il le monstra en la battaillc de Philippes, comme très-bien Marc -Antoine le luy sçavoit reprocher.
Or bien je pardonne à Octave, puisqu'il n'estoit si vaillant, ny le cœur luy bastoit ' pour venir jusques-là; ou bien que Tusance n'en estoit telle parmy les grands de Rome, puisqu'elle n^estoit parmy les petits ; ou bien qu'il estoit mieux asseuré de son faict, et qu*il auroit bien raison de son homme autrement que sans venir là et hasarder sa vie à la fortune d*une espée variable et inconstante, ainsy qu'il luy arriva.
Mais, s'il faut pardonner à Octave, il ne faut pardonner au Dauphin de Viennois Humbert*, lequel, ayant faict paix avecques le comte Aymé de Savoye J, et puis voyant son bon 4, la vint rompre sans que le comte y pensast. Dont ledict comte fasché, soudain luy dcspescha un roy d'armes, dit Savoye, par lequel il luy envoya un cartel, contenant en somme : qu'il estoit un vray infracteur de
1. Le cœur ne lui suffisait pas, il n*avait pas assez de coeur.