‹ Discours sur les finances de la province de Québec [microforme]Chapitre 22 sur 48 · COP · texte numérisé non relu

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paraison, je constate que l'augmentation pour ce même service ordi. naire ou exclusivement gouvernemental n'est que de $254.513.26, ou une moyenne de $18,179.52 pour les quatorze années,

Il n'y a donc qu’une bien légère différence entre ces deux bases de comparaison, et avec un peu plus de réflexion, l'honorable député de St. Hyacinthe aurait été obligé d'admettre que la seconde est pour le moins aussi injuste que la première, En effet, je prétends, avec la conviction de ne pas être sérieusement contredit, qu’il n'y a rien qui donne une idée plus exagérée, plus fausse de la situation des finances d’un pays, que ces comparaisons des chiffres des dépenses publiques à des années et des années d'intervalle, sans y ajouter les explications nécessaires pour bien faire comprendre combien tout a changé, tout s'est dévelopné, tout a grandi, sous l’action bienfaisante et progressive de l'autorité gouvernementale, de l'exercice de la liberté, et d'une grande pensée politique.

Si vous comparez les budgets actuels des dépenses des grandes nations de l’Europe avec ce qu'ils étaient, il y a quinze, il ya vingt, trente ans, vous étes étonnés des augmentations énormes que vous constatez. De un milliard six à sept cent millions de francs qu'il était en 1868 et 1869, le budget des dépenses ordinaires de la France est monté à près de trois milliards. Vers 1860, le budget d'Angleterre dépassait guère trois cent millions de piastres. Le voilà qui touche bientôt à quatre cent cinquante nulhons. Il les dépassera très probablement avant cinq ans. Les budgets de l'empire Allemand, de l'Autriche, de la Russie, de l’Itahie, ont augmenté dans d’aussi grandes proportions. Sans doute que chacun de ces pays a dépensé bien des millions, depuis trente ans, pour la défense de son drapeau, de son territoire, de ses grands intérêts extérieurs. Mais il est aussi certain qu’une partie très considérable de l'augmentation de leurs dépenses annuelles a été causée par les nécessités d’un service public plus fortement constitué pour répondre aux besoins de peuples augmentant rapidement en nombre, en ressources, et en richesses agricoles, commerciales et industrielles. L’ère des chemins de fer a créé, dans tous les pays où l’on en a construit de vastes réseaux, l'ère des grands développements financiers, tant en dépenses qu’en recettes.

La même cause a produit le mème effet dans notre province. Loin de s’en étonner et de s'en alarmer, il faut s’en réjouir, parce que nous avons l'assurance que, proportionnellement, nous progressons pour le moins autant que les autres pays.

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I y a donc, comme je viens de le prouver, entre l’année 1881-82 er l'année 1868-69, base de comparaison de l'honorable député de St Hyacinthe, une augmentation totale de $470,323.26 dans les chapitres des dépenses pour la colonisation, l’agriculture, l'instruction publique, les institutions de charité, l'administration de ‘à justice, le cadastre, y compris l’aide aux incendiés de Québec et le prèt aux Révérends Pères Trappistes. Pour un, et je suis convaincu que la grande majorité de cette Chambre et des électeurs de cette province sont de mon opinion; je vois dans cette augmentation les causes de la plus vive satisfaction Je constate avec un véritable bonheur que, graduellement, depuis 1867, les ressources de notre trésor provincial ont permis à nos devanciers dans cette Chambre, comme celles nous permettent à nous-mêmes, de donner de plus en plus pour favoriser le progrès matériel, intellectuel et moral de notre peuple, la principale obligation de ses gouvernants et de ses députés. Nous avons dépensé beaucoup plus pour la colonisation, pour l’agriculture, pour l’instruction publique. ‘Tout le monde doit en être pleinement satisfait et en féliciter les gouvernements qui ont appliqué cette patriotique et sage politique, ainsi que les députés qui ont eu le courage de braver les vaines criailleries pour l’appuyer de leur parole et de leur vote. Nous avons de plus en plus libéralement donné pour secourir les malheureux. Nous avons fait là des sacrifices d'argent pour soigner bien des misères humaines. Ne les regrettons pas, soyons en plutôt heureux, parce que ces grands actes de charité officielle, de charité publique, auront aussi leur récompense. Ne l’ont-ils pas déjà eue, ne la reçoivent-ils pas tous les jours, de celui qui en définitive règle toutes ces choses, par la prospérité, la praix, la liberté, l’ordre qui règnent dans notre pays?

l'honorable chef de l'opposition ne voit, lui, que des raisons de s'alarmer dans l’augmentation des dépenses. Un nullion sept cent trentesix mille piastres de plus en 1881-82 qu’en 1867-78, mais c’est affreux, s'écrie-t-11! Et il se demande avec douleur : “ quand nous arrêteronsnous dans cette voie funeste ?” ?

Regardant ce qui se fait partout autour de nous dans les autres provinces de la confédération canadienne, observant avec la plus sérieuse attention ce qui se passe chez nos voisins, en Europe, et même dans des pays à moitié barbares de l'Asie ct de l'Afrique, je déclare que je ne puis, que je ne pourrai jamais croire que, pour notre province, ce soit marcher dans une “ voie funeste” que de coloniser, de travailler au progrès de l’agriculture, de répandre aussi abondamment que possible

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jes bienfaits de l'instruction, d2 secourir les déshérités de la fortune, de la santé, des tendres et douces affections de famille, Je ne puis, je ne pourrai Jamais croire que ce soit marcher dans une ‘ voie funeste” que de construire des chemins de fer, que de favoriser l'échange des produits de la terre, du travail et du capital par l'amélioration et la mruitiplicité des voies de cominunication, l'échange des saines idées, des bons sentiments par les relations plus fréquentes et plus faciles entre citoyens. Je ne puis, je ne pourrai jamais croire que ce soit avancer aveuglément dans une “ voie funeste ” que de répandre généreusement la justice aux contribuables de la province. Non, non, ce n'est point là une ‘ voie funeste ” ; c’est, au contraire, la grande voie de la prospérité dans laquelle notre peuple, guidé par des hommes d'Etat éclairés, est résolûment entré et de laquelle il ne sortira pas, il ne voudra pas sortir, quoiquen dise ceux qui paraissent prendre plaisir à le décourager dans son persévérant effort pour asseoir ses destinées sur des bases larges et solides !

Que l'honorable chef de l’opposit'on ait donc le courage de son opinion. Il prétend aue les dépenses sont beaucoup trop considérables, que l'augmentation en a été bien trop rapide. Il veut qu'on les réduise. Il y a un moyen radical d'opérer cette réduction. Veut-il prendre la responsabilité de le proposer ? Il nous a donné comme base de comparaison les dépenses de 1868-69 avec celles de 1881-82 pour prouver l’extravagance de ces dernières. J'ai le droit de conclure, de son argumentation, qu'il est d'opinion qu’il est possible d’administrer les affaires de la province de Québec avec la somme qui a suffi en 1868-69 et qu’il faudrait revenir à ce chiffre en y ajoutant, je suppose, le montant de l'intérêt, de l'amortissement et de la gestion de la dette publique. Qu'il propose donc alors de réduire à ce qu’ils étaient en 1868-69, les crédits inscrits au budget de l’exercice de 1883-84, que le gouvernement nous demande de voter, pour la colonisation, l’agriculture, l'instruction publique, les institutions de charité. Qu'il soumette donc carrément sa politique à l’approbation de cette Chambre et du public dans des propositions précises, et il verra la réponse qui lui sera faite et par la majorité de la députation et par les électeurs eux-mêmes.

L’honorable chef de l'opposition s’étanne beaucoup de l'augmentation des dépenses de la législation et du gouvernement civil Les dépenses de la législation, atil dit, étaient de $134,116.89 er 1860; elles se sont élevées à $237,134.62 en 18Sr-82, une augmentation de $103,017.73 Mais iln'a pas expliqué que les élections générales du

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deux décembre 1881 ont, comme je l'ai déjà dit, coûté $39,372.13, que cette somme est comprise dans le montant des dépenses de 1881-82, et qu’il n’y a pas eu d'élections générales dans le cours de l’exercice de 1868-69. L'augmentation est ainsi réduite à guère plus de soixante mille piastres. Il n’a pas expliqué non plus que le crédit de la législation, inscrit au budget de l'exercice de 1883-84, n’est que de $145,755.00, accusant la modique augmentation de $11,638.11 sur les dépenses de 1868-60.

Le gouvernement civil a coûté $124,033.84 en 1868-69. L'année dernière il coûtait $179,234.10. C’est une augmentation de $55,200.26 en quatorze ans, ou une moyenne de $3,942.87 par année. Pour une grande province en progrès, une augmentation annuelle moyenne, pendant une période de quatorze années, de mains de quatre mille piastres dans le coût du gouvernement civil, est certainement pas extraor. dinaire, encore moins extravagante. Il est certain aussi que le rouage administratif n’était pas encore complétement organisé pendant l'exercice de 1868-69, ét qu'il a fallu en augmenter les ressorts pour lui permettre de répondre aux besoins croissants du service public. On a beau dire, on a beau crier au gaspillage, je reste convaincu que l’on ne pourrait pas réduire le personnel du gouvernement civi à ce qu'il était en 1868- 69 sans nuire beaucoup à l’efficacite du service. C’est ce que reconnaîtra tout homme ayant quelques idées de ce que sont les grandes administrations. Les affaires de tous les ministères publics se sont bien développées depuis quatorze ans, et de toute nécessité il a fallu prendre les moyens de les expédier.

D'ailleurs, l'honorable chef de l’opposition doit savoir que les salaires, fixés, en 1867, au cours du temps, ont forcément subi ja hausse produite dans ceux des institutions financières, du commerce, des exploitations industrielles par le grand mouvement de progrès qui s'est manifesté dans tout le pays après les trois premières années qui ont suivi l'union des provinces. Personne, que je sache, ne s’est, dans le temps, opposé à ce que l’on traita les employés publics avec la justice qui leur était due. Je rappellera, par exempie, ce qui s’est passé au sujet des salaires des officiers de cette Chambre. La question de les réajuster tout en les augmentant était considérée. La Chambre était alors présidée par un homme bien connu de tous mes honorables collègues. On me permettra sans doute une digression à son sujet. Il m'a honoré depuis vingt ans de sa hienveillante et cordiale amitié. L'honorable M. Blanchet, député du district électoral de Lévis à

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