‹ Discours sur les finances de la province de Québec [microforme]Chapitre 28 sur 48 · LEA · texte numérisé non relu

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dans notre province. Cependant la province d’Ontario n’a pas comme nous à payer pour deux Chambres ni pour les frais qu’entraîne l’usage de deux langues officielles. On sait de plus que chez nos voisins à l'ouest une forte partie des frais de l'administration de l4 justice est à la charge des municipalités.

Cette énorme augmentation de plus de 140 pour cent ou de $r,419;- 573.53 dans les dépenses ordinaires de la province d'Ontario, a eu lieu, presqu’en totalité, depuis l’avénement au pouvoir des libéraux, les amis politiques de l’opposition dans cette Chambre. Le gouvernement vraiment conservateur de feu John Sandfield Macdonald, bien qu’il ait été appelé un gouvernement de coalition, avait administré les affaires de nos voisins avec tant d'économie, de prudence, de contrôle et d’intelligence que, depuis 1868 jusqu’à 1871, les dépenses annuelles n'avaient augmenté que de $153,745. Elles étaient de $r,165,057 en 1871,

contre $r,011,312 en 1868 ; une augmentation ‘de guère plus de 15

pour cent. Le gouvernement libéral de l'honorable M. Mowat a porté, en une dizaine d’années de pouvoir, ces dépenses de $1,165,057 qu'elles étaient en 1871, à $2,430,885,53 en 1882: une augmentation de $r,265,828.

En comptant les dépenses que j'appelle extraordinaires, les frais de l'administration de la province d’Ontario ont été comme suit aux différentes époques que je viens de mentionner :

Dépenses totales de 1868...,..,,,,..81,182,388 00

Dépenses trales de 1871.....,..., 1,816,866 00..Augmentution .$ 634,478 00 Dépenses totales de 1882.,..,..,,., 2,919,133 81..Augmentation.. 1,102,267 81

Augmentation de 1882 sur 1868.....,$1,736,745 81

Je ne vois certainement pas pourquoi notre province aurait à envier le sort d'Ontario, et, si l’on en juge par les résultats financiers de la politique des libéraux chez nos voisins, ce qu'elle aurait à espérer et à gagner en confiant le pouvoir aux adversaires du gouvernement.

Poussons cette comparaison jusqu'à quelques-uns des états de l'Union Américaine. Je pourrais facilement l'étendre à tous, mais ce serait consacrer trop du temps précieux de cette Chambre à une démonstration que les quelques chiffres que j'ai encore à donner rendront tout à fait convaincante.

Les dépenses de l’état de l'Ohio étaient de $5,259,046 en 1871. Dix ans plus tard, en 1887, elles s’élevaient à $6,740,543, une augmentation de $1,481,497.

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En 1871, l'état du Michigan dépensait $1,274,364. En 1881, ses dépenses étaient de $2,392,569, une augmentation de $r,118,205, ou 88 pour cent moins une minime fraction. L'année suivante, 1882, elles s’élevaient à $2,951,513.31, une augmentation de $558,944.31 en une seule année, ou de près de 132 pour cent comparées à celles de 1871.

Si l'honorable chef de l’opposition et ses partisans dans cette Chambre refusent de croire que l'augmentation graduelle des dépenses soit la règle générale de tous les pays en progrès, je leur conseille de lire le discours de leur ami le trésorier d’Ontario, du 10 janvier dernier sur les finances. Ils y verront les efforts de l'honorable M. Wood pour prouver la proposition que j'affirme et pour excuser l'augmentation des dépenses de sa province pendant le règne du gouvernement libéral en s'appuyant sur le fait que les frais de l’aministration de la chose publique augmentent partout. Il est allé chercher les preuves, que je viens de lui emprunter en partie, dans la république voisine, dans les cités et dans les municipalités de sa province. Il a Ctabli, comme je pourrais si aisément le faire moi-même en prenant la statistique des dépenses de nos cités de Montréal, Québec, Trois-Rivières, etc., que l'administration municipale entraîne des frais toujours de plus en plus considerables par suite de l'accroissement de la population et du développement de la richesse générale. Il est réellement regrettable que pour combattre les idée: erronées en finances que nos alarmistes sont si empressés d'émettre, et pour détruire les fausses notions qu'ils répandent dans le public dans le triste but d’un intérêt de parti, on soit obligé de consacrer le temps de cette Chambre à prouver une vérité pourtant bien élémentaire, une vérité de sens commun.

Je rendrai à l'honorable M. Wood le témoignage que dans les comparaïisons qu’il a faites de l’augmentation des dépenses d'Ontario avec celles d'états, de cités et de municipalités, il a été plus juste que nos libéraux à l'égard de notre province. Voici ses paroles :

‘€ Te pourrais référer à la province de Québec, mais il y a dans la position de cette province des circonstances particulières qui rendraient peut-être injuste une semblable comparaison. Ils ont deux langues dans Québec, et les affaires de la province coûtent conséquemment plus chères à administrer en proportion que les nôtres. ?”?

Et cette comparaison qu’il aurait cru injuste, il n’a point voulu la faire, Les adversaires du parti conservateur dans notre province sont moins scrupuleux, parce qu’il ne se passe peut-être pas de semaine sans qu'ils comparent, à notre désavantage, le plus souvent d’une manière très fausse, notre situation financière à celle d'Ontario, sans expliquer, bien entendu, la différence dans la position des deux provinces.

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LA DETTE DE LA PROVINCE ET LES SUBVENTIONS AUX CHEMINS DE FER A ONTARIO ET A QUEBEC.

Pour prouver combien notre situation financière est inférieure à celle d'Ontario, nos adversaires ne cessent de répéter que nous avons une dette de plusieurs millions de piastres. Ilest très facile de répondre d’une manière victorieuse à cet argument. L’honorable trésorier nous a donné, dans son habile exposé financier, les chiffres officiels de la dette provinciale, tant consolidée que flottante. Elle est en tout de $18,590,102.3: De ce montant il faut déduire la créance du prix de vente du chemin de fer du nord, $7,600,000 dont une partie a été reçue et dont le total est, par la loi, appliqué pour autant au fonds d'amortissement. La dette nette de la province est ainsi de $10,990,- 192.30. Comme on le sait, cette dette a été presqu’en totalité créée pour subventionner le réseau de chemins de fer dont la province est si fière et qui lui est si avantageux. Le peuple a voulu que telle fut la politique de ses gouvernements provinciaux, et il l’a formellement déclaré à plusieurs reprises.

Comparons notre politique des chemins de fer à ce qui s'est fait à Ontario depuis 1867, et nous verrons encore que l'avantage, sagement et raisonnablement apprécié, est pour notre province.

Nous avons donné des subventions provinciales aux chemins de fer, y comprise celle au chemin du nord, au montant de dix millions de piastres en chiffres ronds. L'intérêt, l'amortissement et les frais d’admi nistration de notre dette nous coûteront en 1883-84, d'après le crédit demandé pour ce service dans le budget Ge cet exercice, la somme de $927,883.31. Par contre nous recevrons pour l'intérêt du capital de la vente du chemin du nord la somme de $380,000. Cette dernière déduite du montant que je viens de mentionner, il ressort que l'intérêt, Pamortissement ct les frais d'administration de notre dette réelle seront, l'année prochaine, de $547,883.31.

En dehors de l'initiative de cette Législature notre province a peu souscrit pour la construction des chemins de fer. Les subventions municipales en faveur des voies ferrées, pour la plupart au moyen de souscriptions au capital-actions des compagnies, n'ont pas dépassé $4,395.000, dont à peine $3,500.000 sont et seront payées.

Les choses se sont passées autrement à Ontario, Chez nous, c’est le gouvernement qui a de beaucoup le plus fait pour l’encouragement de la construction des chemins de for ; à Ontario, ce sont les municipalités.

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Au 30 juin 1885, les subventions provinciales d’Ontario, d’après la statistique des chemins de fer pour l’année 1881-82, déposée sur le bureau de Ja Chambre des Communes du Canada à la session dernière, ne dépassaient pas $4,288,037.02. D'après le même document, les subventions ou souscriptions municipales à la même date étaient de $7:970,744.37. Je puis furt bien évalué aujourd'hui ces dernières à $9,000.000 en chiffres ronds, parce que depuis 1881, les municipalités d'Ontario ont libéralement continué À encourager la construction des chemins de fer.

Je puis donc faire le tableau comparatif suivant entre les subventions et souscriptions en faveur des chemins de fer à Québec et à Ontario depuis 1867.

Province de Québec:

Subventions provinciales (en chiffres ronds)... S$10,000.000 Souscript'ons municipales qui sont et seront payées. 3,500.000

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Province d’Ontario :

Subventions provinciales (en chiffres ronds)... $4,288,037.02 Subventions et souscriptions .municipales........,., 0,000,000.00

Total nés Dl4:208,07

Comme on ie voit 11 y a peu de différence dans les montants, mais il y en a une très importante dans la manière d’en payer les intérêts, et c’est la province de Québec qui a le bon côté de la question, qui a le beau rôle. Tandis que nous payons Les $547,883.3r d'intérêt, d'amortissement et de gestion de notre dette provinciale réelle À même nos revenus ordinaires, sans demander un seul sou de taxe directe à notre population, nos voisins d'Ontario sont obligés de se taxer directement, par leurs municipalités, au montant de $549,000 par année pour payer l'intérêt et l'amortissement des dettes municipales créées en faveur des chemins de fer. Je compte cet intérêt à cinq pour cent avec un pour cent d'amortissement,

Nos municipalités dans la province de Québec ne doivent pas encore payer plus de $180,000 pour l'intérêt et l'amortissement de leur dette pour subventions et souscriptions en faveur des compagnies de chemins

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de fer. Par contre le capital souscrit par le gouvernement d'Ontario pour subventionner les voies ferrées cause une dépense annuelle pour

l'intérêt et l'amortissement, à cinq pour cent pour le premier et un pour cent pour le second, de $257,282.22.

Je fais la nouvelle comparaison qui suit :

Intérêt, amortissement et frais d’administration—dette nette «8547,883 3 Intérêt et amortissement—dettes municipales pour chemins de fer

Total.,,.,,$

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