‹ Discours sur les finances de la province de Québec [microforme]Chapitre 42 sur 48 · RÉSULTATS FINANCIERS DE LA VENTE DU CHEMIN POUR LA PROVINCE · texte numérisé non relu

RÉSULTATS FINANCIERS DE LA VENTE DU CHEMIN POUR LA PROVINCE

Je vais maintenant examiner les résultats financiers de la vente du chemin du nord, et quelle serait la différence dans les opérations annuelles du trésor provincial si le chemin n’était pas vendu.

La vente du chemin assure à la province une recette annuelle de $380,000 et la dispense d’un versement de $76,000 au fonds d’amortissement et du paiement de l'intérêt et de l'amortissement de $2,000,000 qu’il aurait fallu emprunter pour parachever le chemin. Le résultat net et incontestable, c’est que la vente a facilité l'équilibre de notre budget provincial au montant de $576,000 par année, contre laquelle somme nous n’aurions eu qu’une recette d’exploitation ne pouvant pas dépasser $150,000 si le chemin n'était pas vendu, c’est-àdire une perte annuelle de $426,000.

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Quelle serait la situation si le chemin n’était pas vendu. Le gouver--

nement serait obligé d’en continuer l'exploitation avec tous les inconvénients qui en découleraient. Il faudrait soutenir l’active concurrence de la ligne du Canada et Atlantique entre Montréal et Ottawa, et à moins d’un an peut-être la concurrence d’une seconde ligne rivale construite par la puissante compagnie du Pacifique. Je n’hésite pas à affirmer le plus énergiquement possible que dans ces conditions, notre chemin ayant à lutter contre deux lignes rivales, vigoureusement administrées, et étant privé pour toujours du trafic de l’ouest, n'aurait pas pu donner au trésor provincial une recette annuelle nette de plus de $150,000. Et encore c’est certainement la somme la plus élevée que la meilleure exploitation par le gouvernement aurait produite, et cela dans les années prospères et heureuses, dans les années de bonnes. récoltes, d'activité commerciale et industrielle, dans les années où il y aurait eu peu d'accidents très sérieux, où l’hiver n'aurait pas été trop: rigoureux par l'abondance de la neige et les tempêtes. Sur trois années d'exploitation, une seule aurait produit la recette nette de $150,000 par

le concours des circonstances favorables que je viens d’énumérer. Pour peu que ces circonstances eussent été défavorables, la recette nette, je n’en ai aucun doute, serait tombée au-dessous de cette somme, Mais

pour la comparaison, je prends, comme recette nette de l’exploitation du

chemin du nord par le gouvernement, la somme de $150,000.

Si le chemin était encore la propriété de ja province, il faudrait bien payer annuellemeat les $76,000 à la caisse d'amortissement. Du coup, pour les opérations financières du trésor, la recette nette serait réduite à $74,000. Ce n'est pastout. Le gouvernement aurait été dans l’impérieuse obligation d'emprunter deux millions de piastres pour parachever entièrement les travaux du chemin et le pourvoir de matériel d’exploitation. Un emprunt de deux millions c’était un intérêt annuel de $100,000 et un nouveau versement à la caisse d'amortissement de $20,000. La balance de $74,000 de la recette nette n’aurait pas suffi à payer ces nouvelles obligations, et il aurait fallu prendre $46,000 sur les autres revenus du trésor pour y faire honneur.

Je fais d’abord le tableau suivant des résultats financiers de la vente du chemin et de ceux de l'exploitation si la ligne était encore la propriété de la province, pour l’année prochaine, celle pour laquelle nous avons à voter le budget des dépenses. Je n’exagère pas en disant que pendant l'exercice en cours et pendant le prochain, le gouvernement aurait dépensé au moins $r,000,000 pour continuer les travaux du

chemin Qu'il n'aurait joint teiminés sans une dépense totale d'au moins deux millions.

Kecctte nette annuelle de Ia sente du chgmin. ses sessss seoees cosore $380,000

Recette nette annuelle de l'exploitation si le chemin n' it pas Vendu soso. CPC CC $15°,000

À déduire pour la caisse d'amortissement $76,000 A d'duire pour l'intéiét à 5 pour cent et l'amortissement du million nécessaire pour continuer les travaux du chemin... 60,000 $136,090 Balanc:.. $14,000

Différence $366,000

Les opérations financières du prochain exercice, celui de 1883-84, si le chemin n'était pas vendu seraient donc bien plus difficiles parce que nous aurions, en moins de recettes et en plus de dépenses, un total d'au moins $366,000.

Quelle aurait été la différence dans l'avenir lorsque les deux millions pour parachever les travaux du chemin auraient été dépensés ? La voici :

Recette nette annuelle de la vente du chemin-s..ses ss ses eee ss. $380,000 Plus la somme qu'il n'est plus nécessaire deverser au fonds d'amortissement. 76,000 Plus l'intérêt à 5 pour cent des deux million: nécessaires pour terminer le chemin. ses sors ses sos sooo soc soso socess ses sosoosieese ses 100,000 Plus l'amortissement de ce nouvel emprunt... 4000.00 00e sosvssvoroos 20,000

Total........ $576,000

“Contre ce total tant en recette, qu'en dépenses exemptées par la vente, le trésor n'aurait eu que la recette incertaine de l'exploitation du chemin— QU plussess ses sos ses ses ses see see sese ere sssessssesess 150,000

Différence en moins pour le trésor si le chemin n'était pas vendu....:..., $426,000

Oui, je l’affirme, et je crois avoir appuyé mon affirmation sur une démonstration irréfutable parce qu’elle est basée sur des faits incontestables et dont les conséquences sont certaines, si nous n'avions pas vendu le chemin du nord, l’année dernière, si nous en avions continué l'exploitation et parachevé les travaux, nous aurions par cette politique mprévoyante, Je dirai aveugle, fait perdre, dans un avenir très prochain,

au moins $426,009 annuellement à la province. En le vendant, nous lui avons fait gagner ces $426,000, et je me félicite de la part que j'ai prise au service signalé que nous avons rendu à nos concitoyens.

Je n'oublie pas que l'honorable député de Hochelaga (M. Beaubien) a suggéré de temporiser pour la vente de la partie est de Québec à Montréal. Voici la différence dans les résultats financiers pour la province, si cette politique de temporisation avait prévalu. Comme on aurait voulu temporiser sérieusenient, et comme la compagnie du Pacifique n'aurait été nullement pressée de nous faire des propositions pou: l'achat de la partie est, je suppose que l’on se serait décidé à attendre au moins pendant quatre ans avant de mettre fin à la temporisation.

Le prix de vente de la partie est nous rapporte un intérêt annuel de $200,000. C'est une somme fixe. En quatre ans la province retirera $800,000.

Si la partie est était encore la propriété de la province, le gouvernement aurait à l’exploiter. La concurrence de la ligne du Canada et Atlantique, entre Ottawa et Montréal, aurait aussi un effet hostile au chemin entre Québec et Montréal, parce que le Grand-Tronc, qui contrôle la première pourrait fort bien organiser le service des trains entre Lévis et Ottawa pour s'assurer une forte partie du trafic des voyageurs entre Québec et Ottawa. Dans ces conditions de concurrence ec exploité par le gouvernement, le chemin entre Québec et Montréal n'aurait certainement pas donné plus de $100,000 de recette nette annuellement. Sur ces cent mille piastres il aurait fallu prendre $40,000 pour verser à la caisse d'amortissement : balance $60,000. Le gouvernement aurait dû dépenser au moins un million pour parachever le chemin et le pourvoir de matériel d'exploitation. Un emprunt d’un million aurait fait encourir une dépense annuelle de $60,000 pour l'intérêt et l'amortissement. De sorte que les obligations annuelles auraient absorbé toute la recette nette. A l’expiration de quatre ans, pour faire une transaction aussi avantageuse que celle de l’année dernière, il aurait fallu vendre la partie est du chemin, en chiffres ronds non pas quatre, mais bien six millions. Et pourquoi? Pour la raison bien simple que pour nous trouver dans la même situation financière, il aurait fallu obtenir une somme égale au quatre millions pour lesquels cette partie du chemin a été vendue l’année dernière, plus les $800,000 que nous aurions perdues en quatre années de fâcheuse et vaine temporisation, plus le million pour le parachèvement des travaux! us a détérioration de la voie et du matériel pendant cès années d’une exploitation improductive.

Il est impossible de supposer un seul instant que dans quatre ans la compagnie du Pacifique aurait consenti à payer six millions de piastres pour le chemin entre Québec et Montréal, ou plutôt entre Québec et St. Martin, parce qu’elle est propriétaire de la ligne entre St Martin et Montréal. Cette compagnie aurait sûrement calculé qu’elle ne pouvait pas espérer une recette nette de trois cent mille piastres de l'exploitation du trafic local de cette ligne, recette nécessaire pour payer l'intérêt de son capital de six millions à cinq pour cent. Elle n'aurait pas plus que l’année dernière consenti à payer davantage en considération du trafic de l’ouest qu’elle aurait elle-même fourni pour l'exploitation rémunératrice de la ligne. Elle en serait certainement venue à la conclusion qu’elle pouvait facilement se construire une ligne indépendante jusqu’au port de Québec pour beaucoup moins de six millions, parce qu’elle n'aurait pas eu à faire les grandes dépenses de l'entrée du cheinin à Montréal et de la construction d’une gare et de vastes ateliers, choses déjà faites pour ‘ exploitation de sa ligne à l’ouest de Montréal. La province aurait couru le risque imminent que la compagnie du Pacifique, le jour arrivé où elle eut voulu prolonger son chemin jusqu’à Québec, se fût décidée à construire une autre ligne rivale de la nôtre. Il n’y aurait pas eu alors d’autres alternatives que de se résigner à exploiter le chemin à perte, où de le sacrifier au Grand-Tronc pour ce qu'il aurait plu à cette compagnie de donner à la province.

Si l’opinion de ceux—peu nombreux, il est vrai—qui étaient hostiles à tout projet de vente de tout le chemin avait été partagée par cette Chambre, et que l’on eut décidé de l’exploiter encore quelques années combien aurait-il fallu le vendre, disons dans quatre ans, pour réaliser autant que par les transactions que nous avons approuvées ? C'est facile à calculer :

Recette annuelle par la vente du chemin...

Recette nette de l’exploitation par le gouvernement 150,000

Perte annuelle pour la province... soso $230,000 Plus pour l'amortissement de la dette... 76,000 Plus l'intérêt et l'amortissement des deux millions néces-

saires pour terminer le chemin .............. PONT PET UN 120,000

Totale de la perte annuelle : | $426,000

Réduisons, si l’on veut, la perte annuelie à $400,000 en chiffres ronds. En quatre ans, c’est un total de $1,600,000. Pour savoir quel

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