PREMIÈRE PARTIE
Connexité des sciences naturelles avec les sujets précédents. — Héonciira. — Appliquée en Allemagne à la dénégation de la résurrection de notre Sauveur. Remarque* générales sur l'utilité de discuter de semblables ubjeciians. — La réfuté de la mont de notre Rédempteur établie par des médecins sur des bases médicales : Richter , Eschenbach , les Gruner. Traduction arabe d'un crucifiement.
Géologie. — Classification des systèmes. — I. Systèmes établis arec le dessein n voué de défendre l'Écriture. — Plus anciennes théories de ta terre : Peun , Fair» hplme , Croly. — Défauts de semblables systèmes. — IL Systèmes opposés à l'Écriture : Buffon et autres écrivains français. — IIJ. Recherches purement scientifiques. Exemple d'objection d'après un cas particulier : Brydone , sur les laves de Jaci Réalë , réfuté par les observations de Smith , Dolomieu et Hamilton. — Points de contact entre la zoologie et l'histoire sacrée. — La création. •— Préexistence d'un état de chaos ; doctrine des révolutions successives ; elles se trouvent dans toutes les anciennes cosmog unies et dans les Pères de l'Église. — Fossiles ; premières opinions relativement à leur origine : découvertes de Cuvier. — Constance et régula* rite delà cause agissant dans de semblables révolutions. — Elie de Beaumont;*sa théorie de l'élévation des montagnes ; son accord avec l'Ecriture* — Théorie des jours de la création considérés comme des périodes. Opinions des géologues étrangers modernes sur l'harmonie entre la création mosaïque et les observations géologiques.
« Dans tous les arts, dit l'aimable philosophe Fronton , je crois qu'il vaut mieux être entièrement ignorant, ne rien savoir, que d'être à demi-instruit, ou à demi-habile. La philosophie aussi, dit-on , est dans le même cas ; il vaut mieux n'y avoir jamais pensé que de s'en être occupé partiellement; d'autant plus, qu'on devient plus enclin au mai lorsqu'on s'arrête sur le portique de la science et qu'on s'en retourne au lieu d'avancer plus loin l. » Rien
1 Omnium arlium, ut ego arbilror, imperitum et indoctum esse prestat qtiam semiperitum et semidoctum. Philosophiae quoque disciplinas ajunt satius esse numquam attigisse quam leviter et primoribus ut dki-
ne m'a mieux prouvé l'exactitude de ces observations que le rapport entre les sciences naturelles et la religion révélée. C'est là malice des hommes superficiels qui, n'ayant pas eu la patience ou le courage de pénétrer dans le sanctuaire delà nature, ont, d'après ses lois mal observées , présenté des objections contre les vérités révélées. S'ils avaient hardiment avancé, ils auraient découvert, comme dans les cavernes-temples de l'Inde et de Fldumée, que les profondeurs qui servent à cacher ses plus sombres mystères peuvent d'autant plutôt se changer en lieux les plus propices pour une profonde adoration.
Les sciences naturelles dont nous allons maintenant traiter se rattachent ordinairement à la religion , en formant la base de* ce qu'on appelle la théologie naturelle ; c'est-à-dire en donnant une solide démonstration de la bonté et de la sagesse de Dieu dans les ouvrafges de la création, en faisant ainsi apercevoir l'existence d'une Providence régulatrice dans la construction et la direction de Funivers. La nature même du cours de conférences que f ai essayé de suivre avec vous me défend de nfoccuper de ce sujet; et même si le défaut de matériau* suffisants pour mon entreprise m'avait engagé S parcourir ce terrain , j'en aurais été détourné par la manière détaillée et intéressante , autant que savante et habile , avec laquelle cette branche de la science religieuse vient d'être traitée dans les publications connues sous le nom de Bridgewater treatises. Si donc, nous nous renfermons, selon notre engagement, dans la recherche des rapports entre la science et la religion révélçe , nous trouverons que l'étude qui a fait le dernier sujet de notre dernier discours peut très-naturellement nous conduire à l'examen de l'alliance, s'il en existe une, entre les découvertes philosophiques et les faits rapportés dans les pages inspirées. Car nous pouvons dire avec vérité qu'en essayant d'établir l'unité de la race humaine, nous nous sommes trouvés entraînés par une variété de spéculations physiologiques, et que nous avons eu à débrouiller l'action des causes naturelles sur l'organisation physique de l'homme. Ceci semblerait devoir nous conduire dans le domaine
tur labiis delibasse; eosque provenire malitiosissimos , qui in vestibulo artis observait , prius inde averterint quant» in Ira vérin t. Ad M. Cœs. , lib. IV, ep. 3. Romae ÏSa3, p. 94.
de la médecine ; et , quelque étrange que cela puisse paraître , c'est par le moyen de cette étude que je prétends vous conduire aux sciences naturelles.
Vous demanderez probablement quelle lumière les progrès de la médecine peuvent répandre sur les vérités de la religion. Pas beaucoup , peut-être , si nous considérons cette science comme une agrégation de principes variant selon les écoles, comme une succession de théories toujours en conflit entre elles , et souvent ne se rapportant à aucune explication des doctrines sacrées. Mais dans des cas particuliers, dans l'examen de faits individuels, où la science a été invoquée par les adversaires de la révélation, une discussion plus approfondie et plus savante, basée exclusivement sur des principes scientifiques, a complété L'œuvre de la réfutation beaucoup plus efficacement et d'une manière plus explicite que la théologie seule n'aurait pu le faire. Je choisirai un exemple dans lequel une observation médicale superficielle avait conduit à la dénégation d'une partie importante des preuves du Christianisme, qu'ensuite un savoir plus solide a complètement défendues.
Je dois cependant, comme prémisses, faire quelques observations qui peuvent s'appliquer à d'autres cas, dans des conférences futures,- ainsi que dans celle où nous sommes engagés. Est-il utile, on demandera peut-être, est-il convenable de mettre sous vos yeux des objections qui ne vous ont jamais été présentées et auxquelles vous n'avez peut-être jamais pensé , contre des vérités solennelles et sacrées? Ne serait-il pas mieux d'éloigner de mon sujet des explications qui vous feront connaître des discussions irréligieuses, ou des assertions impies, répandues dans des pays étrangers, mais totalement exclues du vôtre? Si je m'adressais à une assemblée illétrée, ou que ces discours fussent destinés à l'instruction de personnes qui n'auraient pas voyagé , je ne dirai pas hors de leur pays, mais hors de leur propre littérature, j'avoue que je pourrais être porté à éviter la discussion de ces dangereuses recherches. Et de même, si le philosophisme rationaliste du continent était doué de cette sorte de séduction qui met sous le charme l'imagination légère , ou saisit l'investigateur imprudent et superficiel , je croirais de mon devoir de fermer, au lieu d'ouvrir, toute avenue qui pourrait conduire à ces jardins enchantés, Mais le cas est bien différait -6ous les deux rapport^. Car,
en premier lieu, tout le monde sait en général que de pareilles opinions , tout étranges et folles qu'elles sont, ont été soutenues par les prétendus philosophes de la France et de F Allemagne : et toute personne qui a une connaissance mémo superficielle de la littérature de ces deux pays depuis les cinquante dernières années , est familiarisée avec les noms de ceux qui ont mis la main à cette œuvre impie. Or, je pense qu'il y a plus de danger dans l'impression vague qui nous dit que des hommes savants et habiles ont rejeté le Christianisme comme inconciliable avec leurs découvertes scientifiques ou leurs méditations , que dans l'examen particulier des fondements sur lesquels ils fondaient leur incrédulité. Un habile critique a fait la remarque qu'il était fâcheux que les écrits de Julien l'Apostat fussent perdus, parce qu'il aurait été intéressant devoir ce qu'un homme aussi savant et aussi spirituel pouvait objecter contre le Christianisme. Ces conjectures et ces regrets sont mille fois plus dangereux , que les ouvrages eux-mêmes ne pourraient en tout cas l'avoir été ; car, d'après ce que nous connaissons des raisonnements de Julien, conservés par saint Cyrille, ij paraît clairement que ses objections étaient tivs-frhrolcs. Ainsi , •quand je vous expose les objections des prétendus csprils forts, objections que vous connaissez déj«i , et avec elles les réponses nettes par lesquelles elles ont été combattues et reponssées , 'j'espère que j'aurai diminué, au lieu de l'augmenter, l'inquiélude que produit souvent l'ombre vague et indéfinie de l'appréhension d'un danger. Et je n'ai point la crainte que ce que je dirai puisse exciter chez personne la triste curiosité des recherches dangereuses, car les auteurs auxquels j'aurai le plus à faire sont tels, qu'ils exi- # gent qu'on soit un savant dans toute l'étendue de l'expression pour pouvoir les aborder, et qu'il faut un motif, bon ou mauvais , plus sérieux que la curiosité, pour répondre de la persévérance dans leur lecture.
Ces prémisses ainsi posées, je reviens à faire observer que le point auquel je faisais allusion comme étant attaqué par des critiques superficiels et sous le point de vue médical, n'est lien moins que la vérité de la résurrection de notre Sauveur. Vous concevrez naturellement que, de même que saint Paul regarde ce fait comme un des principaux fondements de notre foi , sans lequel sa prédication serait vaine, les ennemis du Christianisme, dans les temps
— 17S — anciens et modernes, n'ont négligé aucun moyen pour ébranler cette pierre fondamentale de notre croyance. Chaque contradiction apparente dans les récits des apôtres a été saisie avec empressement pour attaquer cette vérité ; mais la méthode la plus directe que Ton ait employée dans les premiers siècles et dé nos jours , a été d'essayer d'élever des doutes sur la mort de notre Sauveur. D'après la sollicitude avec laquelle saint Jean semble insister sur les derniers événements de la vie de Jésus-Christ, et les assurances réitérées par lesquelles H déclare avoir été témoin lui-même qu'on lui a percé le côté xr il paraît évident que déjà de son temps cet événement important et solennel avait été mis en doute. Je ne m'arrêterai pas même un moment sur les blasphèmes grossiers et révoltants de quelques écrivains du dernier siècle , dont l'impiété et l'absence de tous sentiments ont été jusqu'à ce point d'accuser notre Rédempteur d'avoir feint de mourir sur la croix ; une impiété aussi monstrueuse porte avec elle sa réfutation par sa propre absurdité 2. Mais les incrédules modernes , qui ne veulent pas s'aventurer à nier la vertu et la sainteté du Christ , tandis qu'ils réduisent ses miracles à des événements purement naturels , ont choisi une manière plus adroite d'expliquer sa résurrection, en imaginant que , d'après leurs principes physiologiques , il ne pouvait pas être mort sur la croix, mais doit en avoir été descendu étant dans un état d'asphyxie. Paulus, Dam et d'autres, adoptent cette opinion et la soutiennent par beaucoup de raisonnements spécieux. Il est certain, disent-ils, que suivant le témoignage de Josèpheet d'autres anciens auteurs, des personnes crucifiées vivaient sur la croix pendant trois ou même neuf jours; et ainsi nous voyons que les deux qui furent crucifiés en même temps que notre Sauveur n'étaient pas encore morts le soir; et que Pilate ne voulait pas croire qu'il eût expiré si tôt , sans le témoignage précis du centurion 3. Mais d'un autre côté , rien n'est plus probable
1 Jean xix, 84-85, ch. i, Jean, vol. VIII. Voyez là Lettre de Tévèquede Salisbury au révérend T. Benyon, I829, p. 26.
2 Pour la réfutation de cette impiété, voyez Sùskind Magazin fur Christliches dogmntik. 9 cah.; p. 159.
3 Voyez Juste-Lipse, de Cruce, lib. II, c. la. Josèphe contre Àp* pion, p. io31.
qiie la fatigue, l'angoisse mentale et la perte de sang auront produit l'épuisement , la syncope ou l'évanouissement ; et dans cet état notre divin maître est mis à la disposition de ses fidèles amis , qui pansent ses plaies avec des aromates et le laissent reposer tranquillement dans une chambre sépulcrale bien retirée. Là il se réveille bientôt de son évanouissement et va trouver ses amis. Quant à iâ vigilance de ses plus ardents ennemis, on dit qu'il y a d'autres exemples où elle a été éludée : comme saint Paul qui fut laissé pour mort après avoir été lapidé à Lystre, ou saint Sébastien qui rat guéri par les Chrétiens après avoir été percé de traits. Le coup de lance qui a percé le côté de notre Sauveur est complètement mis de côté, en disant que le verbe employé dans le texte grec, nuttein, signifie plutôt piquer ou blesser superficiellement que percer le corps, Ainsi, d'après eux, rien de ce qui arrive dans l'histoire (3e la passion n'explique la mort.
Si les théologiens avaient été abandonnés à eux-mêmes pour ré-
Cndré à ce raisonnement spécieux et superficiel, nul doute que ir propre science n'eût été complètement suffisante pour une pareille tâche. Ils auraient indiqué des erreurs dans l'exposé , et une trop grande liberté dans les hypothèses de ces écrivains qui seules suffisaient pour les réfuter et les confondre pleinement. Mais il était beaucoup plus à propos que la science même qui avait été enrôlée pour combattre la religion fût mise en avant pour rejeter loin d'elle l'odieuse imputation , et se chargeât finalement de réfuter les objections que Ton prétendait tirer de ses propries principes.
Pusieurs auteurs éminents se sont occupés de la physiologie de la passion de notre Seigneur, si nous pouvons nous exprimer ainsi , et cela avant que eette manière de l'attaquer eût été mise en pratique , tels furent Scheuchzer, Mead , Bartholinus , Volger, TriHer, Richter et Eschenbach. Mais une investigation plus complète et plus scientifique a été faite depuis par les deux Gruner, père et fils , dont le dernier écrivit d'abord sous la direction et par le conseil de son père. Ces différents auteurs ont réuni tout ce que les analogies médicales pouvaient fournir pour prouver le caractère des souffrances de notre Sauveur et la réalité de sa mort.
Ils ont montré que les tourments du crucifiement en eux-mêmes étaient épouvantables, non-*eulement par l'action des blessu-
res extérieures et. la posture pénible du corps, eu même par la gangrène qui doit être le résultat de l'exposition au soleil et à la chaleur, nais aussi par les -effets de cette position sur la circula* lion et les autres fonctions de la vie. La pression sur Tarière principale ou Faorje doit , suivant Richtcr, avoir empêché le libre cours du sang , et en là mettant hors d'état de recevoir tout ce qui était fourni par le ventricule gauche du cœur, doit avoir empêché' le sang de faire son retour des poumons. Par ces circonstances, une congestion et un effort doivent s'être produits dans le ventricule droit, « plus intolérable qu'aucune douleur et que la mort ellemême. » Pujs il ajoute* : « tes veines et les artères pulmonaires et les autres, autour du cœur et de la poitrine, par l'abondance du sang qui y affluait et s'y accumulait, doivent avoir ajouté de terribles souffrances corporelles à l'angoisse de Hesprit produite par l'accablant fardeau de .nos péchés ». * Mais cettt souffrance générale produit une impression relative sur différents individus ;et comme l'observe très-bien Charles Gruner, son effet sur deux voleurs robustes et endurcis, sortis tout fraîchement de prison, doit naturellement avoir été très-différeut que sur notre Sauveur, dont la forme et le tempérament étaient d'un caractère tout opposé, qui avait passé la précédente nuit- dans les tortures et les fatigues, sans aveun repos; qui avait lutté avec une agonie mortelle jusqu'à ce qu'un des plus rares phénomènes se manifestât, une sueur de ' sang ; qui doit avoir senti au plus haut degré d'intensité toute l'aggravation mentale de son supplice, sa honte et son ignominie, et la détresse de sa sainte mère et/Tun petit nombre d'amis fidèles *. Çt à ces réflexions il pourrait en ajouter d'autres , telles que notre Sauveur était évidemment plus affaibli que d'autres personnes dans des circonstances semblables, puisqu'il n'était pas assez fort pour porter sa croix, comme étaient toujours en état de le faire les criminels que l'on conduisait au supplice. Et si les hommes auxquels, nous répondons supposent qu'il n'a fait seulement que s'e> vanouir par épuisement , ils n'ont manifestement pas le droit de
» Georg. G: RichCeri ,l)issertationes quatuor medîcœ. Gœlling. 1775, p. 5»7. • .
* Car. Frid. Gruueri , Commentalio antiquaria medica de J. Ch. morte vera non simulata. Hal. l8o£, p. 3o-36.
. — 181 '— prononcer d'après.d'autres cas , puisque dans ceux-ci cet. épuisement n'a pas eu lieu. Le jeune Gruner entre avec détail dans toutes les {dus petites circonstances de la passion , il les examine comme objets de médecine légale , et s'occupe particulièrement de la blessure occasionnée par le coup de lance du soldat., il fait *voir qu'il est probable que la blessure était du côté gauche et dirigée de bas en haut transversalement; il démontre qu'un pareil coup porté par le bras robuste d'un soldat romain, avec une courte lance, car la croix n'était pas beaucoup élevée de terre , doit en' toute hypothèse avoir occasionné une blessure mortelle >. 11 suppose que jusqu'à ce moment notre Sauveur avait encore conservé unsouffle de vie; parce qu'autrement 1er sang n'aurait pas. coulé, et parce que te grand cri c^u'il proféra est 4e symptôme d'une syncope pro* venant if une trop grande congestion du sang dans le cœur. Mais d'après lfépanchement de sang et d'eau qu'il suppose venir de la cavité. de la poitrine , cette blessure doit , selon lui , avoir été nécessairement fatale ». Son père, Christian Gruner, suit les mémos traces et répond sur tous les points aux objections d'un adversaire anonyme. Il fait voir que les mots dont saint Jean fait usage pour exprimer la blessure occasionnée par le coup de lance sont souvent employés pour indiquer une blessure mortelle 3; il prouve
« Page* 4 0-45/ - * Page 3 7 . Tirinus et d'autres commentateurs , aussi bien que plusieurs médecins, Gruner, Bartbolinus, Trilter et Escbenbach, supposent que cette eau- était la lymphe du péricarde. Vogler, Physiologia faisions passerais, Helmst. I693, p. 44, suppose que c'était le sérum séparé du sang. Mais, d'après la manière dont saint Jean rapporte cette effusion mystique, et d'après le sentiment unanime de toute l'antiquité, nous devons admettre ici quelque chose de plus qu'un simple événement physique : Bichter observe que le flux abondant de sang et d'eau , « non ut in mortuis fieri solet, lentum et grumosum, sed calentem odJiuc et flexilem tamquam ex calentissimo misericordiœ fonte , » doit être considéré comme surnaturel et profondément symbolique ( p. 52 ). ;
3 Vindicte mortis Jesu Cbristi vers; ibid., p. 77 et seq. Une considération qui n'a été indiquée par aucun de ces auteurs me semble décider le point de la profondeur de la plaie , et met hors de dbute qu'elle ne peut pas avoir été superficielle , mais doit avoir pénétré dans la cavité.
que même en supposant que la mort du Christ n'ait été d'afcord qu'apparente , l'atteinte d'une blessure même légère aurait été fatale, parce que dans la syncope ou l'évanouissement, toute saignée serait considérée comme devant avoir ce résultat * ; et qu'enfin y lbih que les épices et les aromates employés à l'embaumement dans te chambre close de la tombe soient appropriés à l'état d'une personne évanouie , ce serait le plus sûr moyen de rendre réelle ta mort apparente, car ils produiraient l'asphyxie i. A ceci nous pouvons ajouter l'observation d'Eschenbach, qu'il n'y a point d'exemple bien authentique qu'une syncope ait duré plus d'un jour, tandis qu'ici elle doit en avoir (Juré trois 3 ; et aussi que même cette période n'aurait pa9 été suffisante pour rendre la force et la santé à un corps qui aurait souffert les déchirantes tortures d'un crucifiement et l'influencé affaiblissante d une syncope par perte de sang.
Je ne puis omettre à cette occasion un cas qui peut confirmer quelques-unes des précédentes observations , d'autant que l'écrit dont je vais parler n'ayant jamais été traduit dans aucune des langues dé l'Europe , il n'est pas probable qu'il tombé sous la main de plusieurs lecteurs qui mettent de l'intérêt à ces sottes de recherchés. J'ai en vue une notice sur un Mamelouck crucifié , ou serviteur turc, d'après un manuscrit arabe, intitulé : La prairie des fleurs ou la suave odeur. L'auteur, après avoir cité ses au-
Nolre-Seigneor distingue les blessures de ses mains de celle de son côté, en invitant Thomas à mesurer les premières avec le doigt , et la dernière avec la main. ( Jean xx, 27.) Celle-ci par conséquent doit avoir été de la longueur de deux ou trois doigts extérieurement. Mais, pour qu'une lance dont là pointe allongée s'élargit très-doucement puisse faire une incision d'une pareille largeur, il faut que quatre ou cinq pouces au moins aient pénétré dans le corps , supposition tout-à-fait incompatible avec une blessure superficielle. Naturellement ce raisonnement s'adresse à cenx qui admettent l'histoire entière de la passion et les apparitions subséquentes de Notre Seigneur , mais nient sa mort véritable ; et tels sont les adversaires des Gruner.
* Page 67.
* Page 70, Chari. Grimer, p. 38,
3 Scriptura medico-bibttca ; Rostocb , i 779, p. ta 3*
-* 18$ — t&Htiis, tontine c'est l'usage dans les histoires arabes, édntinué ainsi : *< On dit qu'il avait tué son maître , pour une raison ou l'âirtre, et il fut crucifié sur les bords de la rivière Bârada, sous le château de Damas, avec la face tournée vers l'Orient. Ses mains, ses bras et ses pieds étaient doués, et il resta. ainsi depuis midi du vendredi jusqu'à pareille heure du dimanche, et il mourut. 1! était remarquable pour sa forcé et sa bravoure. Il avait combattu , éfosl que stm maître, dans la guerre sacrée d'Àscalon, où il tua un grand nombre de francs ; et lorsqu'il était encore très-jeuné H âtait tué un lion. Plusieurs choses extraordinaires sont arrivées* lorsqu'on lé cfotlâ , cdmme de s'être livré sans résistance \xmt èttfe exécuté; et sans se peindre 3 étendit ses mains qui forent clouées, et ensuite ses pieds; lui pendant ce temps-là regardait* et ne laissa échapper aucun gémissement, ni ne changea de Visage •u remua les membres. » Ainsi , nous voyons un homme dans là force de Vàge, remarquante pour sa vigueur et sa force, endurci aux fatigues de la guerre , et métne si fort, qu'on nous dit dans une autre partie de la narration qu'il remua les pieds quoique doués, et qu'il ébranla les clous an point que , s'ils n'avawnt pas été bien enfoncés dans le bois, il aurait pu lés arracher. >> Et cependant il ne put pas endurer les souffrances plus de quarante^ huit heures. Mate la plus intéressante circonstance dans cette notice, et îa confirmation du récit de l'Ecriture que j'avais princi* paiement en vue, est le fait que je ne crois pas avoir été rapporté par aucun auteur ancien décrivant ce supplice, que le plus grand tourment enduré par cet homme était celui de la soif, précisément Comme il est dit dans l'histoire de l'Evangile ». Car le narrateur arabe continue ainsi : « J'ai appris ceci de quelqu'un qui en avait èfé témoin , et il resta ainsi jusqu'à ce qu'il mourût , patient et silencieux, sans aucune lamentation, mais regardant autour de lui, à droite et à gauche, le peuple qui l'entourait. Et il demanda de l'eau, et il ne lui en fut point donné; et le cœur du peuple était mû de compassion pour lui, et avait pitié de l'une des créatures de bieu qui bien jeune encore souffrait une aussi cruelle épreuve. En même temps l'eau coulait autour de lui, il la regar-
1 Jean xix , a 8. Le fait même de la boisson préparée d'avance prouvé cette circonstance*
dait et en désirait ardemment une goutte Il se plaignit de la
soif tout le premier jour, puis garda le silence , car Dieu lui avait donné de la force'. »
Ce que j'ai dit peut suffire pour faire voir comment nos voisins du continent ont dirigé leurs études médicales pour la justification et l'explication de la parole de Dieu. 11 y a plusieurs points digne» d'une pareille attention ; plusieurs qui récompenseraient très-bien les efforts d'un médecin habile qui se sentirait le désir de consacrer une partie de ses connaissances et de son expérience à la défense ou à l'ornement de la religion. Je vais indiquer un de ces points qui me paraît inviter à une semblable étude, et je sais que j'ai l'honneur de compter dans mon auditoire plus d'une personne qui pourrait avec succès entreprendre cette tâche. Le sujet que j'ai en ' vue est l'essai fait par Eichhorn pour expliquer par des considérations naturelles et médicales la cécité soudaine de saint Paul, allant à Damas, et se guérissant par le ministère d'Ananie. 11 a recueilli un nombre de cas de médecine dans l'intention de prouver que ce n'était qu'une simple amaurose, causée par un éclair, et guérissable par les moyens les plus simples, et même l'imposition des mains sur la tête *. Il est évident que cette hypothèse, absurde autant qu'impie , peut se combattre facilement; car, même la circonstance rapportée, qu'Ananie dit à Paul qu'il était venu pour lui rendre la vue, prouve qu'il ne comptait pas sur des romèdes naturels ; et admettant qu'une amaurose puisse être accidentellement guérie par des moyens aussi simples , le plus habile oculiste ne voudrait pas s'aventurer à prédire leur efficacité ou s'en reposer sur leur vertu. Mais en même temps il serait plus satisfaisant de voir cette histoire justifiée, comme indubitablement elle peut l'être, par la science même, au moyen de laquelle on
1 Kosegarten, Chreslomalia Arabica. Lips. J828, p. 63 65. Il y a une petite circonstance rapportée dans le cours de cette narration qui peut servir à expliquer ce qui est relatif à la chevelure d'Absalon , 9 Sam. xiv, 26 , en observant que , suivant une opinion , le poids est une autre expression pour la valeur : « Il était le plus beau des jeunes gens et tTune très-belle figure, et avait les plus longs cheveux, dont la valeur était de quelques milliers de drachmes. »
* Dans son Allgemeine Bibliotheck, vol. III, p. 13etsuiv.
l'attaque, et d'avoir quelque chose d'écrit pour réfuter Eichhorn dfens sa dénégation de ce miracle , de la même nature que nous l'avons vu déjà fait, en opposition aux blasphèmes deSchusler et de Paulus.
Il ne serait pas difficile de trouver des points de contact entre la science dont je viens de traiter et celle dans laquelle je vais entrer, je veux dire la géologie. la chimie, par exemple, qui présente plusieurs analogies avec Tune et l'autre , pourrait nous fournir diverses applications très-intéressantes. Mais je les passerai sous silence, tant à cause qu'elles sont probablement mieux connues, que parce que l'abondance des matériaux qui se présentent devant nous ne nous laisserait pas de loisir pour des sujets moins importants. Je me hâte donc , pour vous faire parcourir d'une vue aussi rapide que je pourrai les rapports entre la géologie et l'histoire sacrée.
La géologie peut véritablement s'appeler la science des antiquités de la nature. Quelque jeune et belle que cette puissance puisse nous paraître , toujours vigoureuse dans toutes ses opérations , bien que sa beauté et son énergie puissent sembler exemptes de tout symptôme de décadence, cependant elle a aussi ses anciens temps, ses premiers jours de rudes combats et d'efforts opiniâtres, puis ses époques de repos et de calme et d'opérations régulières. Et les légendes de toutes ces périodes , elle les a écrites sur des monuments sans nombre > répandues sur toutes les régions illimitées de son immense empire , en caractères que la science de l'homme a appris à déchiffer. Elle a ses pyramides dans des montagnes d'origine contestée, qui s'élèvent sur chaque continent; ses immenses aqueducs dans les rivières majestueuses qui passent sur des contrées entières, s'enfonçant par moments dans les profondeurs de la terre , ou par un cours paisible allant se perdre dans les réservoirs des vastes mers. Elle a aussi ses signaux , ses bornes et ses monuments, pour marquer les temps et les lieux de ses victoires sur l'art humain, ou ses défaites par une énergie plus forte que la sienne : ses camées et ses gemmes sont les impressions d'insectes ou de plantes sur des lames de pierres ; et nous venons tout à l'heure de découvrir ses cimetières ou columbaria , dans ces curieuses cavernes où les ossements des générations primitives gisent ensevelis et embaumés par sa main conservatrice, avec des
ttppiglitgegfte répoqu^ où vécurent lô$ wmaim ^t ck la manier* ç}ont U> moururent Et même au-delà de ces temps , nous, pouvons remontera ses monuments cyclqpéens, ses, siècles f^uleux de
Gorgqns iftd hy<?r^, and cfcimerts 4w S
qqan^ les énormes ^vurtem et les tnègqthères aux proportions gigantesques apparaissaient sur les terres et les mers j et à notre grand étonuement , nous trouvons que tout ce qu'un r$ve pénible a pu nous faire imaginer de formes bizarres est reproduit en empreintes positives sur des monuments irréfragables.
La géologie est de toutes les sciences celle qui a le plus subi l'influence de l'imagination ou des affections de l'homme; aucune n'a offert une matière plus ample aux théories idéales et aux systèmes fragiles, quoique brillants, bâtis dans les vues les plus opposées, Et énuroérant les diverses théories de la terre, comme pn les appelle 9 qui ont été imaginées pendant ces deux derniers siècles, nous pouvons convenablement les diviser en trois classes.
(a première embrasserait celles qui admettent la cosmogonie mosaïque, ou la créatipn et le déluge , comme des points démontrés, et ont d'abord conduit leurs études dans la vue de concilier les apparences actuelles avec ces événements. Bans les premiers ouvrages de cette classe et des autres, il y a naturellement plus d'imagination ou d'esprit que de solidité ou de recherche- les plus anciens théoristes méritent à peine qu'on s'y arrête. Buraet, Wpodward, Whistpn, Hoolçe, et plusieurs autres, peuvent mériter des éloges pour leur zèle dans la cause de la religion , mais n'en peuvent pas recevoir beaucoup pour les services réels qu'ils lui ont rendus. Rien n'était plus facile que dé montrer comment Je monde fut créé dans le commencement , et comment il fut deV truit par un déluge, quand fous les. agents employés étaient de pures, suppositions ou des. fjctiqns de l'imagination de Fauteur. Pumet supposa qu'une croûte fragile avait formé la surface originaire de la terre | et que vers l'époque du déluge un changement imaginaire, qui a été suffisamment réfute parles astronomes modernes, délivra, dé leur frêje enveloppe les eaux emprisonnées,
* £orgone$ çt hydres , et çtymères terrible?.
qui 4jjr§ jiiQnc^reût (a terre. Ww>tpu fut encore plu* poétique. 11 srçpppjp que nqtrç terre ferait erré çà $ ty pçpdwt 4«* swta * travers J'e^ace^
A wanderifig mais of sfcqpejes fUi^O A pathless comet K.
jusqu'à la période de la création mosaïque qù sg course fut trçcéef et eue sortit de cet état errant pour commencer }es pajsibjes révolutions d'une planète. Mais .alors, qu'est-il arrivé si tôt pqur fin~ terrompre dans sa carrière régulière, lprs dp déluge? jlne autrp comète voisine lancée par la divine vengeance, sur le pionne f»échant,
- Pojvn again.
loto ibp voici the outcast world descended, >Vheeling and thunderinç on : ils troubled $ea$ Were churned into a spray ? and whizzing, flurred Aroupd it like a dew a.
Hogg.
Dans cet état, la eomète tomba sur notre petit globe, l'enleva dans son atmosphère aqueuse, le noya et le brisa.
En vérîrè, de pareilles théories qui fajsîfient dire à Voltaire , dans sa manière caustique, « que Jes philosophes se mettaient sans cçîvmonie à la plaee de Dieu, détruisant et renouvelant lp mpndp à leur fantaisie, » de pareilles ; théories, dispns-nous, J}les, sept prqr fondement nu lieu rie corroborer la cause de la religion. Car, selon la remarque de Delà flèche, quand une rivière devient impétueuse dans son cours et menace d'inonder le pays, ce sont les ponts que les hommes ont jetés dessus pqur }a passer en sflreté, ou les canaux qu'ils en ont fait dériver pour quelque but utile , qui causent une dangereuse accumulation des eaux, et en le,ur oppo-
1 Une masse errante de flamme* informe, une comète «W wbit£.
a Rapidement lancé dans l'espace, le monde ba|ini descendait, tonjours tournant et tonnant ; »^s mers troublées furent barattées en écume, et avec sifflement s'élancèren* et l'entourèrent çpmmp une rosée.
santune frêle barrière, leur donnent lorsqu'elle est rompue une terrible accélération de courant « ; et de même nous pouvons dire ici que tes moyens artificiels que Ton a employés pour passer sans inconvénients sur ce que Ton regardait comme les dangers de cette étude , et pour l'appliquera une fin utile, ont plutôt donné à ces dangers une plus grande importance; et, comme le fait trèsbien observer le docteur Knight, lorsque par les progrès de la science tout cela fut renversé , il parut en résulter quelque défaveur pour fes sujets que Ton prétendait expliquer ainsi a.
Je n'ai pas le désir de parler des auteurs vivants. Je pourrais paraître répandre le blâme sur des travaux dirigés par un amour zélé de la religion et avec les intentions les plus désintéressées. Mais je suis certain que la cause de la religion est mal servie par des théories mal conçues , ou la dénégation de faits souvent démontrés. J'aurai à faire allusion, bien que d'une manière courte, aux vives attaques faites par M. Gran ville Penn , sur les découvertes et les observations du docteur Buckland , relatives aux fossiles anté-diluviens des cavernes à ossements. Il est impossible de n'être pas frappé de la manière avec laquelle il s'empare des circonstances secondaires et des conséquences peu importantes, pour nier, par ce moyen, les résultats les plus remarquables. M. Fairholme suit à peu près la même voie : par exemple, avant que les observations aient été bien discutées, quelques géologues avaient considéré le mastodonte comme appartenant à rAmérique; la découverte des ossements de cet animal en Europe suffit, selon lui , pour renverser tout le système des animaux fossiles 3. « Si nous disions qu'il y a des espèces d'animaux éteintes parce
i Manuel de géologie, troisième édit. , 1833, p. 65 (enangl.).
2 Facts and observations towards forming a new theory of the earth. Edimb. i8iq, p. a6a. Voyez aussi Conybeare et Phillips , Outline of the geology of England. Lond. i8aa, et p. xlix; et la correspondance particulière entre M. le docteur Teller et J. A. Deluc. Han. i8o3 , p. i6r.
3 a Nous savons qu'en Amérique les restes , tant des mastodontes que des mammouths, sont constamment découverts dans tes mêmes terrains. Cette circonstance suffirait seule pour détruire toute la théorie des géologues qui confinent le mastodonte à l'Amérique. » Vue générale de la géologie de l'Ecriture. Lond. i838, p. 368 ( en angl. ).
— i89 — que les ossements de» sauriens ou les squelettes capricieux des ptérodactyles n'ont point d'analogues dans le monde moderne connu, cela ne parait pas concluant , parce que nous n'avons pas encore exploré toutes les rivières de l'intérieur de l'Afrique , et conséquenunent noua ne pouvons dire si ces animaux n'existent pas dans leur voisinage'. »
Mais tandis que nous sommes sur ce sujet, et que nous parlons des auteurs qui rejettent tous les faits et les principes géologiques, et cependant prétendent concilier la géologie avec l'histoire de Moïse; qui reprochent sévèrement aux géologues de vouloir établir une théorie de leur science tandis que pour eux-mêmes ils s'en forment deux , une tirée de la géologie et une autre de l'ouvrage inspiré, je ne puis passer sous silence un auteur qui, peut-être de tous le plus visionnaire , soit par la déclamation, soit en dénaturant les faits particulièrement par la fausseté de son raisonnement, attaque cette science comme essentiellement anti-chrétienne et désigne tous les géologues étrangers à l'anathême des vrais croyants, je veux parler du livre du docteur Croly , intitulé : la divine Providence, ouvrage dans lequel il prétend que le Christianisme était sans démonstration, jusqu'à ce que Fauteur eût découvert le merveilleux parallélisme entre Âbel et les Vaudois, Enoch et la Bible « (les deux témoins en habit de pénitence! ) » Constantin et Moïse , les reliques des apôtres et les deux veaux d'or, Esdras et Luther, Néhémie et l'électeur de Saxe >, Certainement un pareil visionnaire, et qui ^ en outre, a eu assez de courage pour ajouter une autre théorie en l'air aux fragments épars des interprétations apocalyptiques précédentes, devrait avoir hésité un moment avant de se moquer d'une science à cause des systèmes multipliés imaginés par ceux qui la cultivent. Il faudrait beaucoup de temps et plus que l'ouvrage n'en mérite pour détailler les diverses inexactitudes philologiques et physiques que renferment les déclamations de cet écrivain 3, pour exposer les1 vues fausses qu'il
* Page 366.
* La divine Providence ou les trois cycles de la révélation. Londres i834. y oyez la préface pour ces étranges comparaisons, pages 570, 57 r, 58 1, etc.
3 Par exemple, p. 95, le docteur Croly, après Gfar ville Penn, nie
dpt* <}#|* H*tom& te gfrtaête, ipéciâteawrt «tv le mMî* jpg* *t pqut réftjtet partkuii*re»tfûi; l'injuste et iiujisjjSaMe eritique qu'il présente des vues. etdœiwsojuieineAtsdu savant doote«îr Jtacklaûd. On.pejjtfocileiaent aeeuser d'ioréligian une classe mtifà iïtwwm ou de* écrivains isolés; de nus jours, cela ressemble aux vagues clameurs de trahison ou de suspicion qui* dam les tempe 4e révolution, feraient tomber ssna examen l'indignation OU te vengeanee sur te plus innocent; et je ne sais pas s'U y a une pire e^ee de caloinnje que celte qui sfeffioree de fixer te plus odieux des stigmate sur quelqu'un qui oserait penser auixwmt (\W nous sur des matière kidiftarentes,
que les jpurs d/e la création puissent signifier autre chose qne l'espace ite jjpgt-qqatre. bftimi parce que, parmi d'a^iffes raison*, 1$ mftj. hérbreu rqm vieqt du yerbe/««a (ferbuit), \\ n'existe ppint de pareil yerjje jeu h#>reu { conspltef Je Leyicon 4e Win#-, p. 4.06 ), et s'il y était il ne ppurrait être la racine de l'autre root. Il y 3 en araj)e un verbe <pij eu approche , tpaijwi ( terl^uit dies ) ^ le /o«r étajt chau;4. * Mai* ceriaiqement le terme de jqur ne peut, 4#ns aupque langue, être dérivé de l'idée 4'un yqw c/«W. £our prouver que le faotjour ne pouvait pas signifier sy»J>oliquemept qn plu* long terme , parce que littéralement il signifie \a période de Jumjère^ « le temps enjtre deux couchers de soleil» .est indubitablement une erreur de logique : vous pourriez aussi bien dire jggje le mot nuit ne peut signifier la mqrt , parce qu'il indique le temps en^re le lever et Je joncher du soleil. Je ne plaide pas pour la prolongation des jours en périodes ; mais je pense qu'il est très mal d'appeler iffÇdètes des gommes qui le font , lorsqu'on n'a à leur opposer que des arguments erronés et sans aucune portée. JLes termes employés pour exprimer que le soleil s'est arrêté sont tout aussi littéraux et ont le même lene que ceiut [employés 4*9* l'ni*toire de la création; cependant personne n'hésite à les prendre, au figuré > parce que nous y sommes forcée par les lois démontrées de |a physique.
1 Le docteur Groly affecte toujours de parler contre la théologie étrangère; et même, dans une note, il lui oppose comme contraste la conduite de la société géologique de Londres , p. 408. Et -cependant il devrait savoir que tous les éminents géologues d'Angleterre sont d'accord sur les opinions qu'il dénonce si sévèrement, savoir- les grandes révolutions antérieures à celle du déluge.
ttajf ,et ft*u» *P**U**mle< désir de papier sévèrement dei qui ont J)éti4## tystèmee sans fondement, mais avec 4e bons »otffe «p JQûjnf, flftns œ desm* pas oublier qu'une autre dasee #W9fll a f^cwpahfedextmagances son moins graadeset mime fcpaucoup pjus grandes, et sa^frpqtrmr donner les mêmes raisons gour afttngttr Ja lenjure* j« veux parler de ceux dont les Ihéor^ ont #é potée? e» opposition direct* anx Uxres inspirés. Le gffiftigrfiteleepa produit beaucoup «a France; et un en paptieu- J&F fl«4> P fflfltyaft pes son intention, était au moins regard^ par g$ npQhpeuf a^njrateuj» <mmQW^ IkMaatûwéeUdtm. H &?#gMe Jto^qw>f^œ&V$rtsi£pQÇV*M d$ ton*****, priées, #n tf?4y répéta et expliqua une Théorie de la Urr*, m\\ &&* dwp& vingtrefx eu» auparavant «. Tout ce qu'une jmagjoaton brillante, le charme du style et on ton deeontfction pouvaient (aire en faveur d'une théorie, fut fait pour celle-ci. & W *>v3flSa> <ïit ftward, PQ» plu» poux donner quelque eoujffcfurp hardie sur la formation et la théorie de l'umweis , mais aarec de prétendues preuves en main pour démontrer nop-stule>ment la possibilité 9 nais fur plusieurs points la vérité nécessaire de ses premières assertions, te tfétait plus dans le style d'un homme qui offre ses conjectures au monde, mais avec le ton dogmatique et doctoral de quelqu'un parfaitement sûr de cequ?il avance». La fcse de sa théorie était que la terre avait été originairement une masse incandescente , échauffée à un degré presqu'incroyable , et qu'elle s'éttô graduellement refroidie jusqu'à nos jours, et qu'à chaque progrès convenable de ce refroidissement, elle produisit les plantes elles animaux appropnés à ehaqu* degré de chaleur. » U P^t P*$ uécessaire d'entrer en explication sur les dissensions qui existent maintenant concernant les principes de cette théorie, savoif , si le refroidissement graduel continue toujours. M. Àrago maintient, d'après robseryation, que l'accord exact des climats,
1 Rousseau était au nppabre de çeu* qui plaçaient le système 4e Buffcn en opposition au récit de récriture, et il lui donnait la préférence. Voyez Qeluc, piscours préluninaire de se* lettres sur l'histoire physique de U terre. Paris 17 &8, p. ex.
3 Howard , pensées sur la structure dtf globe. Lond. 1797, p. a 86 (en angl.).
autant que imms pouvons raisonner, entre les tempe anciens et les modernes, ne permet pas d'admettre cette supposition, et il argumente en s'appuyant d'éléments qu'un philosophe français du temps de Buffon se serait à peine décidé à employer, sans consentir à encourir le ridicule de passer pour trop crédule ; car les livres de Moïse à la main, il montre qu'en Palestine les saisons correspondent maintenant exactement à ce qu'elles étaient dans ces temps-là , quant à l'ordre de la succession «t à la puissance de production, et il en conclut qu'il n'est pas possible qu'il soit arrivé aucun changement dans le climat ». On pourrait peut-être objecter à ce raisonnement qu'un changement graduel de climat , par degrés presqu'imperceptibles excepté à longs intervalles , pourrait produire une modification correspondante dans les habitudes des plantes et des végétaux , si Ton peut parler ainsi. Une question qui se lie à ce sujet et influe d'une manière particulière sur les faits de la géologie est la question de la chaleur centrale qui a été traitée avec une grande exactitude mathématique et beaucoup de savoir par Fourrier et M. Poisson: le premier soutenait l'existence d'une chaleur rayonnante dans l'intérieur de la terre ; l'autre tout en admettant les faits de l'expérience , nie les conclusions. Mais toute discussion sur cette question nous éloignerait trop du sujet que nous traitons.
Depuis l'époque de Buffon, les systèmes se sont élevés les uns à côté des autres, semblables aux colonnes mouvantes du désert, s'avançant en front de bataille menaçant; mais comme elles, ce n'était que du sable. Et, bien qu'en 1806 l'institut de France comptât plus de quatre-vingts théories de cette espèce hostiles aux Ecritures sacrées, aucune d'elles n'est restée debout jusqu'à ce jour et ne mérite qu'on s'en occupe.
La troisième^ la plus importante classe des géologues comprend ceux qui , sans positivememt construire des théories, se sont contentés de recueillir des phénomènes, de les classer et de les comparer. Et dans ce sens , qui est le vrai , la géologie doit à l'Italie son origine et son principal développement. Brocchi , dans le discours préliminaire de sa Conchiologie fossile subapenmne, a rendu complète justice à son pays en énumérant unç série d'écrivains
* Ann. du bur. de longit. pour i834.
géologues, traitant principalement des fossiles, telle qu'aucune autre contrée n'en peut produire une pareille. Il serait fastidieux de les nommer, quoique, par la suite, j'aurai occasion de parier de quelques-unes de leurs amusantes spéculations. Qtfil suffise, pour le présent, de dire que dans tous leurs ouvrages se décèle la crainte de pousser les conclusions trop loin; il y perce une sorte d'appréhension que, si on tirait de leur» opinions des conséquences trop hardies, ils pourraient se trouver en désaccord avec des vérités plus importantes. H en résulte un malaise dont les ouvrages deMoro, Valhsnieri et Generelli, donnent amplement la preuve.
Il ne faut pas néanmoins croire que dan» cette même classe soient compris des écrivains indifférents, quant à l'influence de leur science sur la religion; au contraire, il faut y placer ses plus zélés champions et ceux qui Font servie le plus efficacement , bien qu'ils se soient soigneusement abstenus de construire aucune théorie formelle de la terre. Ainsi Deluc , qui dans le cours d'une très-longue vie n'a jamais perdu de vue le texte de l'Ecriture, a été un homme très-précieux pour la collection et la comparaison des faits. Les recherches de Dolomieu, Çuvier, Bttekland et d'autres sans nombre, dont vous connaîtrez les opinions en temps convenable, n'ont été dirigées par aucun esprit de système, et cependant se sont trouvées très-favorables à la cause de la vérité.
Tant que la science est dans les mains d'hommes ainsi persuadés de la certitude de ces faits si grands et si influents, qui sont déposés dans les pages dû récit sacré de l'histoire primitive du monde, assurément les écrivains que j'ai cités comme hostiles à l'investigation de cette étude ont peu de raison de craindre. Aussi longtemps en vérité que les phénomènes sont simplement rapportés, et qu'en en tire seulement tes conséquences naturelles et évidentes, on ne doit pas craindre que les résultats se trouvent contraires è la religion. Bien plus sage était le conseil de Gamaliel , et tout-à-fait applicable à ceux qui s'opposent à ces recherches : « Ne vous occupez pas de ces hommes ; laissez-les tran-quilles; car si l'œuvre vient de ces hommes, elle se réduira à rien; si elle vient de Dieu, vous ne pouvez la détruire « ». Sites
1 Actes V, 38, 3g.
twtmwtâtifm qu'l^ ppt ^mm^ >a nature m* AiMw
d^ leur imagination 9 ^lj^s ne tiendront pas contre te P*8iï*s de la science si c'est vraiment l«i peinture des, œuv^ fc Djeo^ elle se trouver^ facifenient d^PPBfd *vp& se$ nun%tat9flRft $r
Avant jtyalror 4ireci*pent dan* tes pjus grandes conclusions 4e cette **$n^, J0 pVaroêfrw R<W P#*r lil»^ d'ufwjfc ce* oWeptwspfl^ïlairiîs &fc par i» rçis^inœment spéei#ux *)e faits malp^ryés, qui r**kdaut un temps, *Téfiétëe #m^#$ncn*ï a fiai par produire un0 WPWaQ» aflW* cpjjsi&rïtf>l3. Prydene, dans son Voyage en Sicile, écrit ainsi : « Que dirons-nous d'un puits qu'il* ont creusé pr^de J#ci à une grande profondeur? On a percé * travers sept conclu <fc jaye distiijct^ l'nnp au-dessus de l'autre, dont k» surfaces étaient parallèles #t & plupart couvertes d'un lit épais (Je f>elle et rjcbp terre yégjétate- Maintenant, dit-rjl (fc tf^noin* toun$ro)t j'é^uptjon qui a fojané la plus inférieur*» de ces laves, si nous nous permettons d* r#jsûnner par analogie ( c'est-à-dire accordons deux nulle an* pour qu'une cftup^ede fcvesg couvre ô> terre vjégéftle), c#tte Jaye doue doit avfir coulé de la niontagna il y a au moins, quatorze nulle an», ftafwppro ipe dit qu'il est fr«j-epabaiiT^ parcVdépow«rte$,<H> écrivant rbistoir^ de la montagne; et que JftojLs* pèse sur lui comme un plomb et arrête son zèle pour fajrf des, recherches, C9f il ne peut rpeUftuent pas? en conscience, la|re la jnonfagne auasi jeune que le prophète (ait le monde. Que pensez-vous de ces sentunents dans un théologien cafhphque? t'évêque qui est fermement orthodoxe, car l'çvéché est excellent , fa déjà averti dètre sur sjes gardes, et de ne pas avoir la prétention de mieux savpir i'histpfre naturelle qu# Moïse; ni d'avoir Ja présoinnlio* de rien introduire qui puisse jg moins contredira l'autorité sa? crée1» »
U estdiffcile de dire par où il faut commencer pour répondre à cet absurde récit, soit par les erreurs scientifiqjues, soit par les crimes contre la bonne morale qu'il entasse ensemble. Quelques auteurs crurent à cette histoire , et accordèrent au chanoine tes honneurs d'une profonde expérience et de savoir dans ces maùe-
1 A Tour trough Sicily andMalta. Lond. 1773, vol. I, p. i3i*
— mi —
m, «t ftuiflpt s*jfljt« #»r J* pwatèi* vmù & rtittoke ; d'autres > «pii)p le docteur Wateop -> ^t*n rejetant le raispjujeiiieat e*p#g , n^rgnèpent pas. 1$ pauvre fq#M(p} ni *qu évente, pour leur conduite re^p^^ J. )te a¥a^nt torK^s uns tf le»a*jres, car, en premier Usu, 9 Jtt-tatf M» -dm niijjeansni deux cents pour couvrir unç lav# avpp 00 que d'ignojHgtfg observateurs preodrouf; pour de Ja tppre; se$ona>uieflt, to#ti&fts d* Jaci Réale «*e #ont pas couverte d* tew# vag#al*; Iri^wpeBt, le chanoine ^up^Q^^mô^^ol^é^qufij^c^j lui met dans la b^che , ni tirp ^e parûtes conséquences.
Le prefl^p point a été une tors de doute par un savant observateur gui a relevé les côtes, de Sieije par ordre du gwvmwWQt anglais. * La méthode, dit le capitaine Smyth , d'estu^ep lâ»B fies lavées par le progrès subséquent de la végétation est (ondée sur une théorje erronée ; car & progrès dépend de leur situation locale, de leur porosité et de leurs parties constituantes ; et pu ne doit pas d°°W plus de /confiance au? couches alternatives de lave et .de terre , car une pluie de cendres, assistée par l'infityratipn des eau*, a bientôt formé pue couche de terre qui res^emjrte # de l'argue. Plusieurs des suasses volcaniques des îles poJjenpe£}<fui ont ^ustfî Jujrs de }a portée de rju^oire, sont encore sans une fcuiUe de verdure; tandis que d'autres dans diverses parties e£ qui n'ont guères plus de deux cents ans de date sont chargées de végétation spontanée. la même chose peut s'observer sur deux laves de l'Etna pioches Tune de l'autre ; car Tune, oe m$6y estenoare noire et aride, tandis que celle nie i£36 est couverte de chênes, d'arbres à fruits et de vignes *. » Sir William flkmUtoa a fait (a iné^ne remar^pe sur les courant de laves qui ont recouvert Herculanum , dont l^poque de destruction esjt si frvm marquée dans
} u Je n'ajouterai pas plus sur ce sujet , sinon que l'évoque du diocèse ne s'avançait pas trop» dans son conseil au cnanoine Recupero, (Je prendre çaro> 4e ne pas faire sa montagne plus jeune, que Moïse ; cuioir qu'il eût été tout aussi bien de lui fermer la bouche avec une raison , que de le bâillonner par la crainte d'une censure ecclésiastique. » Two apologies, 1 8 16, p. 1 56.
2 Meraoir on Sicily and ils Islands. Lond. 182 1, p. 124. Voyez aussi Knight , Facts and Observations , p. 264.
l'histoire* « Et matière qui recouvre l'ancienne viHe d'HereulanuHi, dit-il, n'est pas le produit d'une seule éruption; car il y a des marques évidentes que la matière de six éruptions a pris son cours sur celle qui recouvre immédiatement la ville et qui a été la cause de sa destruction. Ces strates sont ou de lave ou de scories, avec des veines debon sol entre deux*. »
Les deux autres points ont été suffisamment éckircis par Doiomieu , qui justifia la réputation du chanoine , et en même temps s'assura par son observation personnelle qu'aucune terre végétale quelconque n'existe entre les lits de lave de Jaci-Réale. Voici ses paroles ? « Le chanoine Recupero ne mérite ni les louanges qui ont été données à sa science, ni les doutes que Ton a élevés contre son orthodoxie. 11 mourut sans aucun autre chagrin que celui que lui avait causé l'ouvrage de Brydone. Il ne pouvait comprendre à quelle fin cet étranger, qu'il avait bien accueilli, pouvait chercher à exciter des soupçons sur l'orthodoxie de ses croyances. Cet homme simple, qui était très-religieux et attaché à la foi de ses pères, était loin d'admettre comme un témoignage contre le livre de la Genèse de prétendus faits qui sont faux, mais dont on n'aurait pu rien conclure , quand même ils eussent été vrais. La terre végétale entre les lits de lave n'existe pas; et les terres argileuses qui s'y trouvent quelquefois peuvent y être arrivées par des moyens tout-à-fait indépendants de l'antiquité de l'Etna a. » A cette réfutation qui ne laisse rien à désirer, je veux seulement ajouter, d'après ma connaissance personnelle, qu'il n'est pas exact, comme Swineburne le dit, que Recupero ait été privé de son bénéfice et encore persécuté par suite de l'exposé de Brydone. La réputation du chanoine était trop bien établir dans son pays pour qu'une semblable calomnie pût l'atteindre, et dans le fait, après sa publication, il reçut une pension du gouvernement, dont il a joui jusqu'à sa mort 3. Vous verrez plus loin, lorsqu'il en sera question, que, même si delà terre végétale avait existé entre plusieurs couches successives de lave , on n'en pourrait rien conclure quant à la période de Tordre actuel des choses.
1 Philosopbical transactions, vol. LXI, p. 7.
2 Mémoires sur les îles Ponces. Paris 1 788 , p. 471.
3 Journal des savants , 1788, p. 457.
Cependant nous ne pouvons trop sévèrement censurer te mauvais procédé du calomniateur, qui reconnaissait ainsi la bienveillance qu'on lui avait montrée par une accusation sans fondement , tendant nécessairement à appeler le soupçon et peut-être la ruine sur la personne qu'il nommait son ami. Et ceci peut en même temps servir d'exemple pour se préserver des théories irréfléchies et mal conçues dans lesquelles un observateur superficiel et ignorant peut être entraîné et en entraîner d'autres encore.
Et après un si long préambule nous arrivons maintenant à examiner de quelle manière les doctrines géologiques peuvent influer sur les Ecritures, et jusqu'à quel point les phénomènes, observés par des hommes sur l'exactitude desquels on peut compter, sont d'accord avec l'histoire sacrée.
Le premier point de contact entre cette science et l'histoire de Moïse est la création du monde. Le docteur Sumner énumère ainsi en peu de mots les questions dans lesquelles les rapports entre l'un et l'autre pexvent être discutés : « Le récit de ta Genèse peut être brièvement résumé en ces trois articles : premièrement, que Dieu était le créateur originel de toutes choses; secondement, que la formation du globe que nous habitons, la totalité de ses matériaux étaient dans un état de chaos et de confusion; et troisièmement, qu'à une période qui n'excède pas 5,000 ans (5,400), soit que l'on adopte la chronologie des Hébreux ou des Septante, ce qui importe peu, toute la terre subit une puissante catastrophe, dans laquelle elle fut complètement inondée, par l'action immédiate de la Divinité*. »
Quelques auteurs ont tenté de lire les jours de la création, en suivant pas à pas les phénomènes que présente actuellement le monde , et de donner une histoire de chaque production successive , depuis la lumière jusqu'à l'homme, comme on les retrouve sur la face du globe. Tout cela , bien que louable dans son objet, n'est certainement pas satisfaisant dans ses résultats. La première portion de ma tâche sera donc plutôt négative que positive; je tâcherai de vous faire voir que les étonnantes découvertes de la science moderne ne contredisent en aucune fa-
1 Records of création , vol. II , p. 344.
çoii Je récit de Moïse et ne sont pontf e# désaccord av.ec 1$* fpits rapporte^ par i'éwivaiu sacré.
Et, en premier lipu, le géologue n^oderoe dpU reconiiaî^ et reconnaît en effet l'exaptitude de l'assertion, gn'au moment où toutes choses furent faites * la terre doit avoir ptédans, un état dp confusion coinplette, en, d'autres, termes , que |es éléments qu| plus tard devaient se combiner e\ former l'airangejnent actuel du globe, doivent avoir été totalement troublés et proftablenienj dans, un £$at de conflit et de réaction. Ce que la durée de cette confusion a été, l'aspect particulier qu'elle présentait, si p'éfajt un désordre suivi et sans modification ou interrompu par des intervalles de pajx et de repos, d'existence animale ou végétale, l'Ecriture Ta, ca^hé i notre connaissance, majs en même temps, elle n'a rjfin dit pftpr décourager l'investigation qui pourrait nous conduire à quelque hypothèse, sur ce sujet. Et même il semblerait: que cette période indéfinie a été mentionnée exprès pour laisser carrière à la méditation et à l'jniagination de Vhomme. l^ paroles n'expriment pas simplement une pause momentanée entre le grenuer fqit de la créatiqn, et }a production £e la lumière; par la foruis grajnmatiT cale du verbe, le parficjpe , paj lequel l'esprjt de Si^n r T^pf^gie créatrice, est représenté ppuyra.nt l'a})îm£v ei lui poninumjipvmt la vertu productrice , exprime naturellement unp action continue et nullement une action passagère. L'ordre jnême pljseryp dans|a créatioq des sjx jour§, <juf se rapporte à }a disppsitjqn présente des proses, sentie indiquer que Ja puissance divine, ajrnaitè se manifester par des développement gradue!*, s'pjeyajrt m quelque sorte avec mesure de l'inanimé à l'organisé, c^ ^insensible à l'instinctif, de l'irrationnel à l'homme, f f quelle répugnance y a-t-il à supposer que. depuis la première, création derjpfornie embryon de ce monde si beau, jusque ce qu'il eut été revêtu de tons ses ornements et proportionné aux besoins, et aux habitudes dp }'hpunnfy la providence puisse av°iF YQtùu conserver WV*gï$fa~ îtion analogue, au moyen de laquelle la vje aurait progressivement ayancé yers la perfection et dans sa pujssancp intérieure et dans ses instruments extérieurs? Si les phénpmènea découverte par 1? géologie manifestaient l'existence d'un pareil plan, qui oserait dire qu'il ne s'accorde pas dans la plus stricte analogie avec les voies de Dieu dans la loi physique et morale de ee monde* ou
qui assurerait ce plap coptr^it la parole eacrft, puisque pou* cette période indéfinie, dans laquelle Vcpuyre du développement graduel est pla.çéf nous sommes, dans une complette obscurité, à moins que nQUsne supposions avec un personnage éminentdans l'Eglise qu'il est fait allusion à ces révolutions, primitives, c'est-àdire ces destructions et reproductions, dans le premier chapitre delTEcclésiastes W qu'avec d'autres nous ne prenions dans le sens littéral les passages où il est dit que des moniet, ont été créés», -
H est vraiment singulier que toutes les. anciennes cosjnogoniBs accordent pour suggérer la même idée y et conserver la tradition d'une première série de révolutions par lesquelles, le monde fut détruit et renouvelé, LesInstitutcsdeMenou, l'ouvrage indien qui approche le plus près du récit de l'Ecriture touchant la création, disent ; « 1} y 3 des créations aussi et des destructions, de mondes sans nombre; l'Etre suprême accomplit tout cela avec autant de facilité que si c'était un jeu, répétant sans, cesse ses créations dans la vue de répandre le bonheur 3. » Les Birmans pnt des traditions de . m&ne genre , et le système de leurs diverses destructions dH monde par te feu et l'eau se trouvent dans l'Intéressant ouvrage de San-Germano, traduit par Je dpcteur fandy, mon ami 4. Les Egyptiens au^i ont également consacré leur opinion par leur grand cycle ou période sp^hiatique.
Mais je prois )>eauçpup plus important ft plus intéressant de faire observer que les premiers Pères de l'Eglise chrétienne paraissent avoir eu exactement le* inémes vues., par saint Grégoire de Naziance, d'après sauit Justin, martyr , suppose une période indéfinie entre Jfl création et le premier arrangement régulier de toutes cbpges5, §aint Pasile, saint Césaire^pt prigène sont beaucoup
* Ricoche sulla geologia; RovereUo, 1824, p. 63,
* Heb. J, a. De même un des tjtres $ç Djeu, dans le $.pxanf est le Seigneur des mondes , Sura. I.
3 Institues ofHinduLaws. Lond, iÇa5,cb. i, n. fto,, p. i3, ftomp., H. 57, 74, etc.
4 A Description of ihe Burmeie empire, imprimée pour la fondation des traductions orientales. Rome i833 , p. 29.
5 Orat. II, tom. I, p, 5i, éd. Bened.
plus formels, car ils expliquent la création de la lumière antérieurement à celle du soleil, en supposant que ce luminaire avait à la vérité existé auparavant , mais que ses rayons ne pouvaient pénétrer jusqu'à la terre par la densité de l'atmosphère pendant le chaos : et cette atmosphère fut assez raréfiée le premier jour pour permettre la transmission des rayons du soleil , sans qu'on pût encore distinguer son disque, qui ne fut complettement manifesté que le troisième jour1. M. N. Boubée adopte cette hypothèse comme entièrement conforme à la théorie du feu central, et par conséquent à la dissolution de substances dans l'atmosphère qui se sont précipitées à mesure que le milieu dissolvant se refroidissait*. Et si le docteur Croly est si indigné contre quelques géologues , parce qu'ils considèrent les jours de la création comme des périodes indéfinies, à cause que dans son étymologie le mot employé signifie « le temps entre deux couchers du soleil , » que dira-t-il d'Origène qui , dans le passage dont j'ai parlé , s'écrie : « Qui , ayant du sens , peut penser que le premier, le second et le troisième jour furent sans soleil, ni lune, ni étoiles? » Assurément , « le temps entre deux couchers de soleil » serait une grande anomalie , sll n'y avait pas de soleil. En faisant ces remarques , je ne suis point guidé par une prédilection personnelle pour aucun système, je n'ai aucun droit au titre de géologue : j'ai étudié cette science plus dans son histoire que dans ses principes pratiques, plutôt pour surveiller sa portée relativement à des recherches toutes religieuses que dans aucun espoir de jamais l'appliquer personnellement. Je vais vous donner une autre méthode, par laquelle d'habiles géologues pensent qu'ils prouvent la belle harmonie de cette science avec l'Ecriture. Je ne prétends pas, et ce serait présomption à moi de le prétendre , juger entre les deux ou prononcer sur les raisons que chacun peut produire; mais je tiens à faire voir que l'espace ne manque pas, sans toucher à la foi, pour tout ce que la géolo-
1 S. Basile, Hexœmer; Hom. a. Paris 1618, p. a 3. S. Cœsarius, dial. 1, Biblioth. Pat., Gallandi. Yen. 1770, tom, VI, p. 37. Origen. Peritrch. , lib. IV, c. 16, tom. I, p. 174, éd. Bened.
* Géologie élémentaire à la portée de tout le monde. Paris i833 , p. 37.
gîe moderne pense avoir le droit de demander. Je désire montrer, et les autorités que je viens de citer me rassurent de ce côté, que tout ce qui a été réclamé ou exposé par cette science a été autrefois accordé par les grands génies du Christianisme primitif, lesquels assurément n'auraient pas sacrifié un iota de la vérité de l'Ecriture.
Mais , vous me demanderez : Qu'est-ce qui rend nécessaire ou utile de supposer ainsi quelque période intermédiaire entre l'acte de la création , et la disposition des choses créées telles qu'elles existent maintenant? Conformément à mon plan, il est de mon devoir d'expliquer ce point; et je vais essayer de le faire avec, toute la brièveté et la simplicité possibles. Depuis peu1 d'années, par divers rapprochements, un élément nouveau et très-important a été introduit dans les observations géologiques , savoir : la. découverte et la comparaison dès fragments fossiles. Chacun de mes auditeurs est déjà sans doute instruit que , dans plusieurs parties du monde, des ossements énormes ont été trouvés, que Ton avait coutume d'attribuer aux éléphants, à un mammouth, comme on l'appelait, d'après un mot sibérien qui désigne un animal souterrain fabuleux. Outre ces restes et d'autres semblables, de vastes accumulations de coquillages et des empreintes de poissons sur la pierre, comme à Monte Bolca, ont été découvertes dans tous les temps et dans tous les pays. On était dans l'usage de rapporter toutes ces choses au déluge , et on citait en témoignage que les eaux avaient couvert le globe entier et détruit toute vie terrestre , en même temps qu'elles avaient déposé les productions maritimes sur les continents. Mais , peut-être , vous me croirez à peine quand je vous dirai que, pendant plusieurs années, la plus vive controverse fut soutenue dans ce pays-ci, en Italie, sur la question de savoir si ces coquillages étaient de véritables coquillages réels, et avaient autrefois renfermé un animal , ou n'étaient que des productions naturelles, formées par ce qu'on appelait la puissance plastique de la nature, imitant des formes réelles. Agricole, suivi par le judicieux André Mattiole, affirma qu'une certaine matière grasse, mise en fermentation par la chaleur, produisait les formes fossiles '. Mercati, en 1CT4, soutint
* « Agricola sognava in Germania , che alla formazione di questi oorpi
énérghjhement que les coquillages fossiles dont la collection fut placée au Vatican par Sixte-Quint étaient simplement des pierres qui avaient reçu leur configuration par l'influence des corps célestes » ; et lé célèbre médecin Failoppe assurait que les coquillages étaient formés , partout où on les trouvait , m par les mouvements tumultueux des exhalaisons terrestres. » Et même ce saVarit auteur était si contraire à toute idée de dépôts, qu'il soutenait hardiment que l'amas de fragments de poteries qui forme le singulier monticule connu de vous tous sous le nom de mante Teêtaceo, était formé de productions naturelles, jeux de la nature f qui le disputent aux ouvrages de l'homme 2. Tels étaient les embarras auxquels ces hommes 2élés autant quliabiles se trouvaient réduits pour expliquer les phénomènes qu'ils avaient observés. À mesure <Jue l'on apporta plus d'attention à l'examen de l'ordre et <fes couches dans lesquels on trouvait ces restes d'animaux, oh s'aperçut qu'il y avait un rapport fehtre l'un et l'autre. On observa encore que plusieurs de ces restes étaient ensevelis dans des situation^ ôû Faction du déluge, si violente ou étendue qu'on voudra là supposer, n'a pu jamais se faire feentir. Car nous devons admettre que cette action s'est exercée à la surface de la terre, et à laissé des signes d'un travail de trouble et de destruction, tandis que cefe restes d'animaux se trouvent au-dessous des stratifications qui forment l'écorce extérieure de la terre; et ces couches reposent sur eux avec tous les symptômes d'un dépôt graduel et tranquille. Ensuite , si nous considérons les deux observations Sut la même ligne, et si nous supposons que le tout ait été
foste concorda non so quai matêrïà pfaguè, messa în fermenté dal calore. Atidrea Mattioli addotto itt Italia î medesiml pregiudizii. » Bi occhi , Conchiologla fbsâile subapennina ; tom. I. Milan 1^14, p. $♦
* « Egli riiega che le coachiglie lapidefatte sieno vere conchiglie e âopû un longhissitao discorse, sulla materia, e sulla forma sostanziale, conchiudê che sono fietre in cotai guisa configura te dalP iofluenza dei corpi celesti. » Ib., p. à.
* «* Concepisce più facilmenle que le chiocciolè impie trite sieno state generàte sut luogo, dalla fermentaiione , o pure, che abbiano acquis tato quella forma , mediante il moyimentQ verticoso délie esalazioni temstri.» Ib.,p. 6\
déposé pàif le délitée , alors nous devrions trouver tout dans une confusion complète; tandis qu'au contraire nous trouvons que la couche là plus basse, par exemple , présente une classe particulière de fossiles ; puiâ , ceux qui sont superposés sôht encore assez uniformes , quoique dans plusieurs cas ils diffèrent des dépôts inférieurs , et ainsi en avançant vers U surface. Cette symétrie dané te toôdte de déposition pour chaque couche, tandiâ qu'elle diffère de là précédente , suppose une succession d'actions exercées sur divert hiâtériaUx, et point une catastrophe cohvulsivé et violente. Mais cette conclusion parait devoir être mise hors de doute par là découverte encore plus inattendue , que , tandis que , dans les couches dé terrfe meuble, et partout où le déluge est supposé avoir laissé des traces , noué trouvons des ossements d'arfimaui appartenant à des genres encore existants; parmi les fossiles plus profondéineht ënséveliâ , rien de semblable ne se découvre. Àù contraire, les squelettéà nous représentent, des monstres, soit qu'on les considère dans leurs dimensions où dans leurs formes ; des monstres tels qu'ils n'ont pas même d'analogues dans les espèces vivantes , et qu'ils paraissent avoir été incompatibles avec la coexistence de la race humaine.
Cette dernière considération demandé quelques explications, parcs qu'elle êonduira ceux qui n'ont pas donné beaucoup d'attention à cette science jusqu'à ta connaissance de ses découvertes récentes. Ces toersonnes é'étbnnèront peut-être comment, à l'inspection de quelques fragments d'os , oh peut former un jugement sur lés animàUX auXqtieiâ ils appartenaient. 11 y à c-uelques années, le problèthe aurait paru absurde de reconstruire un animal d'après un de ses Os ^ et cependant nous pouvons vous dire avec vérité qu'il a été complètement résolu. 11 n'est peut-être pas nécessaire de remarqué* que telle est la perfection de llndividualité de chaque animal, que chaque os, presque chaque dent , est suffisamment caractéristique pour déterminer la forme de l'individu. L'étude approfondie de ces variétés et les résultats analogues auxquels elle conduit furent les bases sur lesquelles Cuvier, que nous regretterons toujours, fit reposer l'édifice merveilleux de cette nouvelle science. Les habitudes ou les facultés des animaux, comme j'ai déjà eu occasion de le remarquer, impriment leurs particularités sur chaque portion de leurs formes ; l'animal Carnivore n'est pas
— ao4 — seulement ainsi dans ses dents ou ses griffes; chaque muscle doit être proportionné à la force et à l'agilité qu'exige sa manière de vivre, et chaque muscle creuse une cavité correspondante dans Fos qu'il enserre ou sous lequel il passe. Bien n'est (dus curieux que les analogies convaincantes, bien qu'inattendues, par lesquelles Cuvier confirme sa théorie ; car il fait voir un rapport constant et toujours proportionné entre des parties qui ne paraissent avoir aucune çonnexité , tels que les pieds ou les dents.
Cependant, lorsqu'il commença à appliquer les principes de l'anatomie comparée aux fragments dos extraits des carrières de Montmartre, il découvrit bientôt qu'on ne pouvait les rapporter à aucune espèce vivante sur la surface du globe. Mais les principes scientifiques qui le guidaient étaient si certains , qu'il répartit aisément ces ossements entre différents animaux, suivant leurs dimensions et leur structure diverse, et il prononça qu'ils représentaient des animaux de la classe des pachydermes ou à peau épaisse, et très-rapprochés du tapir. Il distingua deux genres , et découvrit même plusieurs subdivisions auxquelles il donna des noms appropriés. Il donna aux deux genres {es noms de paléotherium ou ancien animal, et anapîotherium ou désarmé, parce que l'un était distingué de l'autre par le manque de. défenses. Et ces résultats ne doivent pas être considérés comme de simples conjectures; car, lorsqu'il est arrivé qu'après avoii* construit d'après ces analogies la charpente osseuse d'un animal, on en a rencontré le squelette entier ou quelque partie que l'on ne possédait pas , on a trouvé que Cuvier avait eu constamment raison dans ses suppositions , et je ne pense pas que, dans un seul cas, on ait eu besoin de modifier la recomposition de l'animal faite d'après ses conjectures ».
Dans quelques occasions les naturalistes ont été assez heureux pour découvrir, dans un état assez complet, la dépouille de ces
1 Voyez ses principes dans l'Extrait d'un ouvrage sur les espèces de quadrupèdes dont on a trouvé les ossements dans l'intérieur de la terre, p. 4; dans son Discours préliminaire , Recherches sur les ossements fos* siles , vol. I , p. 58, publié aussi séparément. Voyez encore, vol. III , p. 9 et suiv. , pour les procédés suivis dans la création , comme il l'appelle , de ces nouveaux genres.
monstres «tes anciens tempe, pour n'avoir pas besoin de recourir au procédé dont j'ai parlé. L'Espagne, par exemple, a été de bonne heure en possession du squelette presque complet du megathermm, comme on l'appelle maintenant. II fut envoyé de Buenos- Àyres, en 1789, par le marquis de Loreto; il fût déposé dans le Cabinet de Madrid, et des dessins en furent publiés par J.-B. Bru. D'autres fragments, et même une portion considérable des ossements du même animal, ont été depuis apportés en Angleterre par M. Partsh , et présentés par loi au Collège royal de Chirurgie , et heureusement ils serrent en grande partie à remplir les lacunes du fragment qui est à Madrid f. Nous avons aussi un animal avec la tête et les épaules du paresseux , et cependant avec les membres et tes pieds ressemblant à ceux de ParmaàlHe et du fourmittier; mais en même temps il doit avoir égalé les éléphants de ta ptos haute taille; car il avait treize pieds de long et neuf de haut.
Mais plus étranges encore sont les classes d'animaux alliés aux sourient (les lézards ) ; les énormes dimensions et les formes presque chimériques de quelques-uns seraient à peine conçues par l'imagination. Le megalosaurus , comme rajustement nommé le docteur Bnekland, avait au moins trente pieds de long, et même à juger d'après l'échantillon trouvé dans la forêt de Tilgate, dans le Sussex, il parait , toute réduction faite, avoir atteint la longueur effrayante de soixante à soixante-dix pieds ». Vichtkyoêmtruê ou lézard-poisson, quand il fut découvert en partie, présentait de si étranges anomalies, que l'on pouvait à peine supposer qwe ses membres appartinssent au même animal. Ce ne fut qu'après des découvertes répétées que Conybeare et De la Bêche produisirent un animal avec la tête d'un lézard , le eorps • d'un poisson, et quatre rames au Heu de pattes. Les dimensions de quelques-uns de ,ces monstres doivent avoir été énormes, d'après les spécimens que l'on voit au Muséum britannique. Mais le plus fantastique de tous est le plesiosaurus , ou, comme on Ta
* Voyez une planche indiquant les parties fournies par chaque échantillon, dans les Transactions géologiques, nouvelle série III, i835, planche xi.iv, avec une description détaillée par M. €lKe , p. {3?,
* Ibid. , vol, I , ï8a5 , p. 391 .
appelé plus cG4iveHi&blement> tnàUotawmê , léftav&nmrin* qui^ aux caractères déjà reconnus dans les autres , joint ut col plus long que celui d'aucun cygne , à l'extrémité duquel est une très? petite tète z. Enfin, pour ne pas nous arrêter plus longtemps à des exemples de ce genre, un autre animal bien plus extraordinaire , et je pourrais dire presque fabuleux i a été découvert $ au* quel Cuvier adonné le nom de ptér&âactyk, après avoir déter* Biné ses caractères d'après un dessin de Gollini; et il eut la satisfaction de voir ensuite sa décision confirmée par la découverte de plusieurs spécimens. Il déclare cet animal le plus étrange de l'ancien monde ; car il a le corps d'un reptile ou d'un lézard* avec de très-longues pattes, évidemment formées comme celles de la chauve-souris, pour étendre une membrane au moyen de la* quelle 11 pouvait voler ; un long bec armé de dents aiguës; et il doit avoir été recouvert , non de poils ni de plumes , . mais d'écailles ».
Ces exemple*, entre plusieurs, peuvent suffire pour nous taire voir que les espèces d'animaux ensevelis dans la pierre calcaire * eu dans d'autres rochers, n'ont aucun type correspondant dans le monde actuel; et que si nons les opposons aux genres existants que l'on trouve dans des couches plus superûckttas, nouft sera» forcés de conclure qu'ils n'ont pas été détruits par la même révof lotion qui a enlevé les derniers de la surface de la terre, ^our en» renouvelés par les couples conservés en verni de l'ordre de Dieu.
Quelques naturalistes, malgré les avantages que sas géologues ont su tirer des fossiles, même dans la comparaison des couches minéralegiques , ont persisté à vouloir les exclure de la géologie i comme étrangers à la science 3. Mais il est impossible de fermer les yeux à la nouvelle lumière que ces découvertes ont répandue enr cette étude, et par conséquent de négliger la considération des rapports que la science , ainsi agrandie,, présente avec les récits tterEeriture. C'est au point que f quoique notre conclusion puise*
1 Voyez Transactions géologiques , vol. I , p. 43-xo3.
* Ossements fossiles, vol. IV, p. 36;toL Y, part* II, p* 379, De la Bêche, dans les Transactions géologiques, vol. III, p. 217.
3 Comme le docteur Mac Culloch, dans se* Système de géologie avec la théorie de la terre. Lond, iS3i, vol. I, p. 43o ( en angl.).
*- «or — paraître négative , je la crois cependant très-importante ; car le premier point dans la connexion d'une science avec la révélation, après qu'elle a passé la période des théories informes et contradictoires , est que son résultat ne soit point en opposition avec la révélation. Et ceci, dans le fait, est une confirmation positive. Car, ainsi que je le démontrerai plus amplement dans les conclu* sions de mon dernier discours, la manière victorieuse avec la* quelle les récits de l'Ecriture , soumis à l'examen des recherches les plus diverses , défient les plus habiles d'y découvrir aucune erreur, forme, par l'accumulation d'exemples variés, une des preuves positives les plus fortes de leur inattaquable véracité. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, si l'Ecriture n'avait admis aucun intervalle entre la création et l'organisation de l'univers , mais si elle avait déclaré que c'étaient des actes simultanés ou immédiatement consécutifs , nous eussions peut-être éprouvé de la perplexité pour concilier ses assertions avec les découvertes modernes. Mais lorsqu'au lieu de cela elle laisse un intervalle indéterminé entre les deux, et que même elle nous enseigne qu'il y a eu un état de confusion et de conflit , de vide et de ténèbres * et qu'elle montre Fabsence d'un bassin convenable pour la mer, qui ainsi couvrait d^abord une partie de la terre, puis l'autre; nous pouvons dire véritablement que le géologue lit dans ce peu de lignes l'histoire de la terre, telle que ses monuments l'ont établie. Cette histoire, la voici : Une série d'éruptions, d'élévations et de déchirements ; dos irruptions soudaines de l'élément indompté , emportant dans la tombe des générations successives d'animaux amphibies; un abaissement subit des eaux, calme, mais inattendu, saisissant dans leurs divers lits des myriades d'habitants aquatiques l ; des alternatives de terre et de mer, et de lacs d'eau douce; une atmosphère obscurcie par «Pépaisses Tapeurs d'acide carbonique, qui, absorbées graduellement par les eaux , produisirent ces masses si fort étendues des formations calcaires, jusqu'à ce qu'enfin arriva la dernière révolution préparatoire pour notre création', quand la terre alors suffisamment préparée pour cette admirable diversité que Dieu voulait hii accorder, ou pour produire ces points d'arrêt,
* Vpyei pef point traité d'une trot-belle manière par De la Bèchef Regarcfc* ifito tfcttrftieal fttofegv. Uwà. i &£4» f*. *«» p* a*».
— 20* — ces barrières que ses conseils prévoyants avaient déterminé , l'œuvre de raine fut suspendue, jusqu'au jour d'un plus grand désastre; et la terre demeura dans cet état d'inertie et de mort dont elle fut délivrée par la reproduction de la lumière et l'œuvre subséquente des six jours de la création.
Mais nous pouvons bien dire, je pense, que même sur ce premier point de notre Investigation géologique, la science est allée plus loin que je n'ai indiqué. Car je pense que nous sommes en bonne voie pour découvrir dans les causes qui ont produit la forme présente; de la terre, et en même temps ont fait approcher de plus près delà méthode progressive, manifestée dans l'ordre connu des œuvres de Dieu, une si belle simplicité d'action, qu'elle confirme, si on peut employer cette expression , tout ce que le Seigneur a exposé dans sa parole sacrée.
Car, lorsque j'ai parlé de révolutions successives, de destructions et de reproductions , je n'ai pas entendu une simple série de changements sans liaison entre eux, mais au contraire l'action constante d'une cause unique , produisant les plus complétés variations, suivant des lois établies. Et ceci, je puis le dire , est ce que la géologie moderne tend à démontrer. J'ai précédemment touché en passant le sujet de la chaleur centrale, ou l'existence dans l'intérieur de la terre d'un principe de cet ordre ; «oit qu'il provienne de l'état primitif du globe ou de quelque autre source, peu, importe. La plupart d'entre vous , à qui les scènes d'action volcaniques sont familières , savent que cette chaleur centrale n'a plus assez d'intensité pour effectuer de violentes révolutions sur notre globe; son action actuelle peut être grande, comparée à des contrées particulières ; mais elle est très-faible, si on la compare aux efforts primitifs. De nos jours des lies ont été formées et englouties ensuite, des collines se sont soulevées , les cônes des montagnes ont été rompus et renversés ; la mer a changé ses limites , et des champs fertiles ont été convertis en lieux de stérilité et de désolation. Supposons que cette force agisse sur une échelle gigantesque , non plus sur un district, mais sur le monde entier, faisant éruption tantôt d'un côté et tantôt d'un autre; d'effrayantes convulsions ont dû en être l'effet; les fractures ont dû être bien plus épouvantables, et des montagnes ont été soulevées aii lieu de collines, de la même manière que le Monte-Rosso que l'Etna a
— aoa — fait élever en 1669, et la mer peut avoir envahi des pays entiers au lieu de quelques portions de côtes.
Les observations des géologues sont assez nombreuses pour prouver l'action (fe quelque force semblable de la manière que je lai décrite. Léopold de Buch a le premier prouvé que les montagnes , au lieu d'être les portions les plus immuables et les plus solides de la structure du globe, et existant antérieurement aux matériaux qui reposent sur leurs flancs, les ont au contraire traversés ens'élevant, poussées par Faction d'une force Venant d'en bas* M. Elie de Beaumont a généralisé l'observation à un tel degré , qu'on peut le considérer comme le fondateur de la théorie. Vous en comprendrez facilement une simple démonstration. Si les diverses couches placées sur le flanc d'une montagne, et qui sont nécessairement le résultat de précipitations d'une solution aqueuse, au lieu de reposer horizontalement, comme de pareilles précipitations doivent se faire, et conséquemment coupant les côtés de la montagne par un angle, comme dans la figure (a étant la section de la montagne, et 55 les couches environnantes),
se trouvaient au contraire placées parallèlement à ces mènes côu:?9 de cette manière .-
Il est évident que la montagne doit avoir été poussée de bas en haut à travers les couches déjà déposées. M. de Beaumont, ea comparant les diverses couches ainsi perforées en quelque sorte par chaque chaîne de montagnes, avec celles qui reposent dam l'ordre horizontal , comme si elles avaient été précipitées apr& f immersion de la montagne, essaie de déterminer, dans la série des révolutions des premiers temps , la période où chacune de «es montagnes fut soulevée. Chaque système 4a moutapnes, comme il les appelle, a produit ou accompagné quelque grande catastrophe , qui , jusqu'à un certain degré , a détruit Tordre existant alors ». Ce système des géologues français a été confirmé et adopté par les hommes de science de notre pays. Le professeur Sedgwirk et M. Murchison remarquent, sur les phénomènes qu'on observe dans Pile d'Arran, qu'il semble prouvé que les grandes dislocations des couches secondaires ont été produites par le soulèvement du granit , dans lequel eas les forces soulevantes doivent avoir agi quelque temps après la précipitation et la consolidation du nouveau grès rouge 3. Mais De la Bêche est clairement d'opinion que ces soulèvements successifs qui indiquent les convulsions qui ont troublé l'action tranquille des dépôts de sédiment peuvent être encore simplifiés en les rapportant à une seule cause, qui est la force d'une grande chaleur centrale, rompant diversement la croûte de la terre, soit par le progrès de la réfrigération , comme il le suppose 3 , ou par l'action volcanique * comme l'imagine l'auteur de la théorie.
Or, il me semble que cette théorie, par son admirable unité de cause et d'action, est dans une parfaite harmonie avec tout ce *que nous connaissons des méthodes mises en usage par la divine Providence , qui établit une loi , puis la laisse agir ; tellement que
1 Revue française, mai i83o, p. 55. Voyez aussi ses communications manuscrites à De la. Bêche, dans; son Manuel, p. 48 1 et suiv. Carlo Gemmelaro nous informe qu'ai} congrès scientifique deStuttgird, en 1834, il lut une note pour proposer une modification à cette théorie, en restreignant le soulèvement des chaînes à de petits espaces. Relazione sul di lui viaggio a Stuttgard; Calaniœ i&35, p. 12.
3 Geolog. transactions , vo*. III, p* 34.
3 Researches, p. 39.
— au —
le btursouflietBemt d'un* chaîne de montagnes est l'effet, en temps prescrit, de causes constantes dans leur loi, quoique irrégulières dan» leur action ( exactement de la même 'manière que la gerroination nouvelle, est la conséquence annuelle de la mette action de la chaleur sur la plante. Mais cette théorie semble en outre s'ac- WJHk&r de la inanièreia plus précise avec l'exposition expresse on te explications des phénomènes de la création, telles qu'elles sont contenues dans les livres saints. D'après ces livres , nous apprenons que, pour renfermer lOoéan dans son lit, y tes monta- §n*M filètent et les vallées s'abaissent dans le lieu que Dieu leur a destiné 5 il les a placées comme une barrière qu'elles ( les eaux) ne franchiront pas, et elfes ne reviendront pas pour couvrir la terre *. » Il est parlé encore de la formation des montagnes comme distincte de celte de la terre : v Avant que les montagnes fussent produites ou que la terre fût née. ». » Un autre passage remarquable semble décrire graphiquement les effets de ce principe déV yorant : * Le feu sera allumé dans ma colère , et il brûlera jusqu'au plus, bas de l'abîme (le fond de l'enfer) ; il dévorera la terre ef tout ce quelle produit, et consumera les fondements des montagnes 3. » Dans cette description, comme dans la plupart de celles qui exaltent soit la gloire, la puissance, la magnificence ou la justice de l'Elre-guprôBie, les figures sont probablement tirées de ses œuvres réelles, comme l'évôfue Lowth l'a amplement démontré. Mais les 4&$uvertes des géologues modernes ont aussi, comme je l'ai déjà fait entendre , établi une série progressive dans la production de différentes races d'animaux , qui se trouve évidemment en accord avec le plan manifesté dans les six jours de la création. Et, en vérité, ce rapprochement entre la géologie et la création a paru tellement frappant à quelques personnes , qu'elles ont abandonné la méthode que j'ai employée pour concilier le récit des livres saints avec la science moderne, et elles ont soutenu que l'harmonie entre les bits et la description inspirée est beaucoup plus parfaite que je ne l'ai assuré. Si vous n'admettez pas leur hypothèse , vous aurez au moins l'occasion de voir que « la géologie
x Ps. civ, 8, 9.
2 Ps. xc, a.
3 Deutér. xxxï, 22.
étrangère » n'a aucun désir de détruire ou de contester la narra* 4km de Moïse.
Le docteur Buckland observe avec vérité que de savants Sommes, d'après des bases tout-è-fait distinctes de la géologie, ont soutenu que les jours de la création signifiaient de longues périodes indéfinies *» Sur, la vraisemblance de cette supposition r je n'ai rien à dire; philologiquement ou criùquement parlant, je n'aperçois aucune objection à faire ; mais je ne la crois pas absolument nécessaire. Cependant, en admettant cette hypothèse, que tout ce que la science moderne exige hii est accordé dans l'espace interné-, diaire entre la création et l'organisation actuelle de la terre, toujours est-il que quelque période plus longue qu'un jour pourrait être nécessaire, si nous supposons que les lois de la nature ont été abandonnées à leur cours ordinaire ; car alors il aurait Mu un plus long intervalle, pour que les plantes aient pu se couvrir de fleurs et de fruits, et croître jusqu'à leur parfait développement , lorsque l'homme a été placé au milieu d'elles. Mais il a pu plaire à dieu de les faire paraître tout-à-coup, dès le premier instant de leur naissance, dans toute leur grandeur et leur beauté.
Cuvier a remarqué le premier que, dans les animaux fossiles du monde primitif, il y a un développement graduel d'organisation, tellement que les strates les plus inférieurs contiennent les animaux les plus imparfaits, mollusques et testacés; puis ensuite viennent les crocodiles , les sauriens et les poissons; et les derniers de tous, les quadrupèdes, commençant par les espèces éteintes dont j'ai parlé ». M. Lyell , peut-être justement , nie l'exactitude de la conséquence que l'on a souvent tirée de ce résultat , « qu'il y a un développement progressif de la vie organique depuis les formes les plus simples jusqu'aux plus compliquées 3 ; >» d'autant plus que la découverte d'un poisson ou des ossements d'un saurien parmi les coquilles suffit pour déranger l'échelle. Mais cette observation ne blesse en rien ce que je vais vous exposer, puisque chaque examen subséquent tend à confir-
1 Vindiciœ geologicie. Oxford iSao, p. 32.
a Discours préliminaire , p. G8.
3 Principes de Gco'ogie, vol. I$ p. 145.
— ai5 — mer cette successioad animaux, autant que je pub le savoir. Par exemple, dans la classification détaillée et par tableaux des fossiles organiques de Susses ^donnée par M, Mantell, nous trouvons dans les dépôts d'aUuvion le eerf et autres animaux semblables ; et dans le diluvktm, le cheval, 1» boeuf et l'éléphant ; après ceuxci , et creusant plus bas * nous avons des poissons , des coquilles, et dans quelques formations, des tortues et les. différents sauriens «pie j'ai déjà décrits. Les ossements de ce qu'il supposait d'abord être un oiseau ont été découverts; mais le professeur Buckjand frase qu'il est plus probable qu'ils appartiennent à un ptérodactyle ou à un lézard volant1.
Partant de ces prémisses , les auteurs auxquels j'ai fait allusion supposent que les jours de la création indiquent de plus longues périodes, et par conséquent indéfinies, pendant lesquelles existaient un certain nombre d'êtres animés. Et il faut observer que la disposition des fragments fossiles dans ces couches correspond exactement à Tordre dans lequel leurs classes respectives ont été produites d'après h récit de l'Ecriture. Un écrivain anonyme a publié l'année dernière une table comparative de cette conformité, suivant d'un côté l'excellent ouvrage de Humboldt sur la superposition des roches , et de l'autre, la succession admise des fossiles organiques. Dans les roches les plus basses , primitives v cm, comme on les appelle avec plus de raison, roches non stratifiées, aussi bien que dans les parues les plus basses des stratifiées , nous ne trouvons aucune trace quelconque de vie végétale ou animale; ensuite nous trouvons des plantes mêlées aux poissons, mais plus spécialement avec des coquilles et des mollusques v comme dans le groupe de la graweaôke> indiquant ainsi que la mer fut la première où la vie se manifesta lorsqu'elle produisit ses habitants; la très^rande abondance des classes inférieures ^ telles que les co* quittes, les mollusques , etc. , semble indiquer leur existence comme ayant été antérieure à celle des animaux plus parfaits vivant dans le même élément. Viennent ensuite les reptiles et ces monstrueux animaux rampants déjà décrits , et qui communiquent avec les habitants de l'air par le lézard-volant ; et Us sont avec
1 Geolog. transact., vol. Ht, p. aoo, ai6. Comparez Bucklund, p. aao.
raison «tassés par Itaffrain sacré parmi laa p*©d«etionB msrinesi Fuis «nia la terre engendre aussi ia vie , et en conséquence nous trouvons dans leur ordre les quadrupèdes, mais d'espèces cependant qui pour la plupart n'existent plus. On les trouve seulement dans les dernières couches supérieures à celles ou reposent les plus grands reptiles marins, telle que la formation d'eau douée dans le bassin de Paris. Puis enfin tiennent tes lits de terrains meubles dans lesquels, comme je vous le ferai voir plus au long dans notre prochain discours, existent les squelettes des genres qui main^ tenant habitent la terre. On trouve dans chaque c|asse de ces fbsisiles des marques suffisantes pour prouver quelles ont été privées de l'existence par quelque grande catastrophe * ;
Cette hypothèse, et k tentative de mettre d'accord l'historien des premiers temps avec le philosophe moderne , peut paraître manquer de la précision requise peur établir un parallélisme Aussi circonstancié. Quoi quHi en soit , cela servira à justifier les amis de cette science du reproche d'être indifférents sur te rap** port que leurs résultats peuvent avoir avec des autorités plus ear crées. Et j'ajouterai que plusieurs écrivains, parmi ceux du continent, sont loin de dédaigner tes vérités de la Bible; au contraire, ils expriment une profonde vénération pour ce livre et leur ad* miration pour l'esprit qui l'a dicté, en voyant comment leurs recherches scientifiques paraissent en confirmer le contenu.
« Nous ne pouvons trop remarquer, dit Demereon, cet ordre-admirable parfaitement d'accord avec les plus saines notions qui fat* ment la base, de la géologie positive. Quel hommage ne dévouenous pas à l'historien inspiré * ! » — * fei , s'écrie Boubée , se présente une considération dont il serait difficile de ne pas être frqppé; puisqu'un livre écrit à une époque où les sciences natu» selles étaient si peu éclairées renferme cependant en quelques ligne» le sommaire des conséquences les plus, remarquables, au** quelles il ne pouvait étire possible dtamver qu'après les immenses progrès amenés dans la seienen par le di&*huittèma et le chxHieutvièn» siècles; puisque ces conclusions se trouvent en rapport avec
1 Annales de philosoph. chrét. Aug. i834,p, i3a. » La Géologie enseignée en vingt-deux leçons., on Histoire naturelle du globe terrestre. Paris 1829, p. 408-471.
les frite qui n'étaient ni connus, ni même soupçonnés â telle «pn que, qui ne rayaient Jamais été jusqu'à nos jours, et que le» phi-» toophes de tous les tennis ont toujours considérés ooôtradictoim* ment et sous des points de me toujours erronés ; puisqu'enfin ee livre, si supérieur à son siècle sous le rapport de la science* lui est également supérieur sous le rapport de la morale et de la phitoso» paie naturelle, on est obligé d'admettre qu'il y a dans ee kvre quelque chose de supérieur à l'homme * quelque chose qu'M ne voit pas, qu'il ne conçoit pas, mais qui le presse irrésistible» ment J. »
. Lee deux ouvrages que je cite sont d'un caractère élémentaire et popuhtre,. écrits avec l'intention d'instruire la jeunesse et les persotmes peu instruites, en leur frisant ctnnattre lespretnief* éMmats dek science; et c'est à cause de cela que je les des plus volontiers, parce qu'ils servent à faire voir que la tet** éancede cette étude* sur te continent* loin d'être verel'inore* tkrifcé* est plutôt dirigée vers la confirmation et même la démons* tration du christianisme; et que les géologues étrangers, au lien d'apprendre è leurs élèves à mépriser les livres sacrés, comment* umuliintffB avec leurs nouvelles recherches, s'efforcent au ctin*traire de réunir de nouveaux motifs de respect et d'admiration* dans les résultats de leurs découvertes^ Aux noms déjà cités j'en puis ajouter d'autres, comme d'Aubussoft, Chaubard, Bertrand, dont l'ouvrage récemment traduit en anglais a eu six ou sept éditions en France; et Margerin, qui, dans l'esquisse de son cours , inséré dans le programme de l'Université catholique, s'est montré éminemment chrétien.
Ces observations sont doublement satisfaisantes quand nous considérons le pays qui les voit naître , lequel pendant de longues années a fourni à l'Europe des -matériaux informes présentés à des esprits irréfléchis comme des objections contre la religion. Mais à ceux qui connaissent l'esprit meilleur qui fermente maintenant dans le sang ardent de plusieurs de ces jeunes gens , qui éprouvent l'énergie du vrai patriotisme et le saint désir d'effacer cette tache de Fécusson de leur pays, et de l'élever autant par la nouvelle gloire qu'il répandra sur la cause de la religion, qu'il avait en-
1 Geolog. populaire. Paris i833, p. 66.
couru de blâme lorsqu'il eu était .l'ennemi ; à ceux qui connaissent la ligué sacrée existant tacitement entre plusieurs pour dévouer leur savoir et leurs facultés à la défense , à l'illustration et au triomphe de la religion, guidés avec sûreté par l'Eglise à laquelle ils obéissent; à ceux qui ont connaissance de ces faits, les autorités que j'ai citées ne sont que de légères manifestations d'un sentiment très-répandu, desteuilles isolées qui s'élèvent à la surface des eaux pour indiquer la riche et abondante moisson cachée dans leurs profondeurs.
Et sûrement il doit être agréable de voir air.si une science claa* 8ée d'abord, et peût-^étre avec justice , parmi les plus pernicieuses pour la foi , devenir encore une fois un de ses appuis ; de la voir maintenant, après tant d'années employées à courir de théorie en théorie ou plutôt de vision en vision , revenir de nouveau au lieu où elle prit naissance et à l'autel où elle avait présenté ses premières et simples offrandes; elle n'est plus , comme lorsqu'elle s'éloigna d'abord, une «niant obstinée, toujours rêvant et dénuée de tout; mais elle revient avec la dignité d'une matrone et une démarche sacerdotale ,. le sein rempli de dons bien acquis , pour les déposer sur le foyer sacré, Car c'est la religion qui , comme vous L'avez vu au canvuencement de ce discours-, a doaaé naissance à la géologie, elle est revenue de niveau au sanctuaire; et de quelle manière , c'est ce que nous exposerons dans le prochain discours.
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