‹ Discours sur les revolutions de la surface du globe et sur les changemens qu'elles ont produits dans le regne animalChapitre 11 sur 26 · GG DISCOURS SUR LES RÉVOLIÜ FIONS · texte numérisé non relu

GG DISCOURS SUR LES RÉVOLIÜ FIONS

que réalité ; ainsi l’on ne peut douter de l’existence de l’hyène, quoique cet animal n'ait pas le cou soutenu par un seul os (1), et qu'il ne changée pas chaque année de sexe , comme lo dit Pline (2) -, ainsi le taureau carnivore n'est peut-être qu'un rhinocéros à deux cornes dénaturé, M. de Weliheim prétend bien que les fourmis aurifères d'Hérodote sont des corsacs.

L’un des plus fameux , parmi ces animaux des anciens , c’est la licorne. On s’est obstiné jusqu'il nos jours à la chercher , ou du moins à chercher des argumens pour en soutenir l'existence. Trois animaux sont fréquemment mentionnés chez les

(1) J’ai même tii, dans le cabinet de fen M, Adrien Camper , un squelette d'hyène où plusieurs des vertèbres du cou étaient soudées ensemble, liest probable que c’est quelque individu semblable qui aura fait attribuer en général ce caractère à toutes les hyènes. Cet animal doit être plus sujet que d’autres à cet accident , à cause de la force prodigieuse des muscles de son cou et de l’usage fréquent qu’il en fait. Quand l'hyène a saisi quelque chose, il est pins aisé de l’attirer tout entière que de lui arracher Cl! qu’elle tiont; et c’est ce qui en a fait pour les Arabes l'emblèmé de l’opiniâtreté invincible.

(2) Il ne change pas.de sexe; mais il a ,‘ui périnée un oiüicc qui a pu le faire croire licrniaplirodile.

üncieos comine n’ayant qu'une corne au milieu dti front. Voryxd'j4frique, qui a en même temps Je pied fourchu , le poil à contre-sens (!) , une Orande taille , comparable à celle du bœuf (2) ou même du rhinocéros (3), et que l’on s’accorde à rapprocher des cerfs et des chèvres pour la forme (4) ; l'âne des Indes , qui est solipède, et le monoceros proprement dit, dont les pieds sont umôt comparés à ceux du lion (5), tantôt à ceux do l’éléphant (6), qui est par conséquent censé lissipède. Le cheval (7) et le bœuf unicornes se rapportent l’un et l’autre, sans doute, à l’àne des Indes, car le bœuf même est donné comme solipède (8). Je le demande ; si ces animaux existaient comme espèces distinctes , n’en aurionsnous pas au moins les cornes dans nos cabinets ?

(1) Àrist., Anim., II, 1, III, 1 ; Flin., XI ,48.

(2) Hérod., i», !92.

(3) Oppien, Cyneg., ii, vers. 551.

(4) Flin., Tiii, 53.

(5) Philostorge, III ,11.

(fi) Plin., VIII, 21.

(7) Onésicrite , ap. Strab., lib. xr; Ælian.,Anim , xiii,

(S) Plin. VIII, 31.

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i't quelles cornes impaires y possédons-nous , si ce n’est celles du rhinocéros et du narval?

Comment , après cela , s'en rapporter à des ligures grossières tracées par des sauvages sur des rochers (1)? Ne sachant pas la perspective , et voulant représenter une antilope à cornes droite de profil, ils n'auront pu lui donner qu'une corne, et voilà sur-le-champ on oryx. Les oryx des monumens égyptiens ne sont probablement aussi que des produits du style roide, imposé uux artistes de ce pays par la religion. Beaucoup de leurs profils de quadrupèdes n’offrent qu’une jambe devant et une derrière ; pourquoi auraientils montré deux cornes ? Peut-être est-il arrivé de prendre à la chasse des individus qu’un acci- - (lent avait privés d’une corne , comme il arrive assez souvent aux chamois et aux saïgas , et cela aura suffi pour confirmer l’erreur produite par ces images. C’est probablement ainsi que l’on a irouvé nouvellement la licorne dans les mouia- {;ncs du Thibet.

Tous les anciens , au reste , n'ont pas non p’iis réduit 1 oryx à une seule corne ; Oppien lui un

cl) B;inow ; \ ov;<gi- iiii Cnj>. , ira'!, fr. u,ilu.

DH LA SHDI-ACH DU GLOCH. 8U

donne expressément plusieurs (1), et Élicn cite des oryx qui en avaient quatre (2) ; enfin si cet animal était ruminant et à pied fourchu, il avait à coup sûr l’os du front divisé en deux et n’aurait pu , suivant la remarque très-juste de Camper, porter une corne sur la suture (3).

('!) Oppicn., Cyncg., lib. ii, y. 468 et 471.

(2) De An., lib. xv, cap. 14.

(3) [ Mon oncle a depuis récliné ce que cette idée de C-'iiiper a d’inexact , lorsqu’il eut reçu plusieurs tètes osscuics de girafe. J'extrais le passage suivant de son compte rendu des travaux de l’Aradémie des sciences, pendant l’année 1827. « Deux faits curieux et nouveaux pour l’analomic comparée résultent de l’examen de ces têtes. Le premier, c'est que les cornes de la girafe ne sont pas simplement , comme les noyaux des cornes des liucufs et des moutons , des productions des os frontaux , niais qu’elles constituent des os particuliers , séparés d’abord par des sutures et attachés à la fuis sur l’os frontal et sur le pariétal ; le second, pins important peut être encore, c’est que la troisième petite corne , ou le tubercule qui est place entre les yeux en avant des cornes , e-. t elle-même un os particulier, séparé aussi par une suture, et attaché sur la suture longitudinale qui sépare les deux 03 du front. Celte circonstance affaiblit les objections que plusieurs auteurs, et surtout Camper, avaient faites contre l’fxislcnce de la licorne, objections fondées sur ce qu’une

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