‹ Discours sur les revolutions de la surface du globe et sur les changemens qu'elles ont produits dans le regne animalChapitre 7 sur 26 · C2 DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

C2 DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS

série d’opérations différentes? Eux seuls, en effet, donnent la certitude que le globe n’a pas toujours eu la môme enveloppe , par la certitude où l’on est qu’ils ont du vivre à la surface avant d’étre ainsi ensevelis dans la profondeur. Ce n’est que par analogie que l’on a étendu aux terrains primitifs la conclusion que les fossiles fournissent directement pour les terrains secondaires; et, s’il n’y avait que des terrains sans fossiles , personne ne pourrait soutenir que ces terrains n'ont pas été formés tous ensemble.

C’est encore par les fossiles, toute légère qu’est restée leur connaissance , que nous avons reconnu le peu que nous savons sur la nature des révolutions du globe. Ils nous ont appris que les couches qui les recèlent ont été déposées paisiblement dans un liquide ; que leurs variations ont correspondu à celles du liquide; que leur mise ù nu a été occasionée par le transport de ce liquide; que cette mise à nu a eu lieu plus d’une fois : rien de tout cela ne serait certain sans les fossiles.

L’étude de la partie minérale de la géologie , qui n’est pas moins nécessaire, qui môme est pour les arts pratiques d'une utilité beaucoup

plus grande, est cependant beaocoup moins iasiruclive par rapport à l’objet dont il s’agit.

Nous sommes dans l’ignorance la plus absolue sur les causes qui ont pu faire varier les substances dont les couches se composent ; nous ne connaissons pas même les agens qui ont pu tenir certaines d’entre elles en dissolution ; et l’on dispute encore sur plusieurs si elles doivent leur origine à l’eau ou au feu. Au fond l’on a pu voir ci-devant que l’on n’est d'accord que sur un seul point , savoir ; que la mer a changé de place. - Et comment le sait-on , si ce n’est par les fossiles ?

Les fossiles, qui ont donné naissance h la théorie de lu terre, lui ont donc fourni en même temps ses principales lumières , les seules qui jusqu’ici aient été généralement reconnues.

Celte idée est ce qui nous a encouragé à nous en occuper ; mais ce champ est immense : un seul homme pourrait à peine en effleurer une faible partie. Il fallait donc faire un choix, et nous le fîmes bientôt. La classe de fossiles qui fait l’objet de cet ouvrage nous attacha dès le premier abord , parce que nous vîmes qu’elle est à la fois plus féconde en conséquences précises , et

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