‹ Discours sur les revolutions de la surface du globe et sur les changemens qu'elles ont produits dans le regne animalChapitre 9 sur 26 · CG DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

CG DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS

plèle que sur les animaux marins. Comme ces l’évolulions ont , en (ïrande partie , consisté en déplacemens du lit de la mer, et que les eaux devaient détruire tous les quadrupèdes qu’elles atteignaient, si leur irruption a été générale, elle a pu faire périr la classe entière , ou , si elle n'a porté à la fois que sur certains continens , elle a pu anéantir au moins les espèces propres à ces continens, sans avoir la même înHuence sur les animaux marins. Au contraire , des millions d’individus aquatiques ont pu cire laissés à sec ou ensevelis sous des couches nouvelles, ou jetés avec violence à la côte , et leur race être cependant conservée dans quelques lieux plus paisibles d’où elle se sera de nouveau propagée après que l’agitation des mers aura cessé.

Troisièmement, cette action plus complète est .aussi plus facile à saisir ; il est plus aisé d’en démontrer les effets, parce que le nombre des quadrupèdes étant borné , la plupart de leurs espèces , au moins les grandes , étant connues , on a plus de moyens de s’assurer si des os fossiles appartiennent à l une d’elles, ou s’ils viennent d’une espèce perduè. Comme nous sommes , au contraire , fort loin de connaître tous les coquillages

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et tous les poissons de la mer ; comme nous ignorons probablement encore la plus grande partie de ceux qui vivent dans la profondeur, il est impossible de savoir avec certitude si une espèce (jiie l’on trouve fossile n’existe pas quelque part vivante. Aussi voyons-nous des savans s’opiniâtrer à donner le nom de coquilles pélagiennes, c'est-à-dire de coquilles de la haute mer, aux bélemnites , aux cornes d’ammon et aux autres dépouilles lestacées qui n’oni encore été vues que dans les couches anciennes , voulant dire par-là que, si on ne les a point encore découvertes dans l’état de vie, c’est qu’elles habitent à des profondeurs inaccessibles pour nos filets.

Sans doute les naturalistes n’ont pas encore traversé tous les continens et ne connaissent pas même tous les quadrupèdes qui habitent les pays qu'ils ont traversés. On découvre de temps en temps des espèces nouvelles de cette classe , et ceux qui n'ont pas examiné avec attention toutes les circonstances de ces découvertes pourraient croire aussi que les quadrupèdes inconnus dont on trouve les os dans nos couches sont restés jusqu'à présent cachés dans quelques îles qui n’ont pas clé rencontrées par des navigateurs ou dans

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