‹ Discours sur les révolutions de la surface du globeChapitre 11 sur 17 · tome ni , page a · texte numérisé non relu

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avec les pal æotheri unis d’Orléans 1 , et dans un ou deux autres petits morceaux de Suisse , et peut-être d’origine équivoque.

Mais nos pachydermes n’étaient pas pour cela les seuls liabitans des pays où ils vivaient. Dans nos plâtrières , du moins , nous trouvons avec eux des carnassiers, des rongeurs, plusieurs sortes d’oiseaux, dès crocodiles et des tortues; et ces deux derniers genres les accompagnent aussi dans les molasses et les pierres marneuses du milieu et du midi de la France.

A la tête des carnassiers je place une chauvesouris tout récemment découverte à Montmartre , et du propre genre des vespertilions 2 . L’existence de ce genre à une époque si reculée est d’autant plus surprenante , que ni dans ce terrain, ni dans ceux qui lui ont succédé, je n’ai pas vu d’autre trace ni des chéiroptères ni des

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome iv, page io3.

2 J’en dois la connaissance à M. le comte de Bournon ; et comme je ne Fai pas décrite dans mon grand ouvrage , j’en donne une figure, planche n, figure i et 2.

quadrumanes. Aucun os , aucune dent de singe ni de maki ne se sont jamais présentés à moi dans mes longues recherches.

Montmartre a aussi donné les os d’un renard différent du nôtre et qui diffère également des chacals , des isatis et des différentes espèces de renards que nous connaissons en Amérique ceux

d’un carnassier voisin des ratons et des coatis ,,

mais plus grand que ceux qui sont connus 1 2 ; ceux d’une espèce particulière de genette 3 et de deux ou trois autres carnassiers impossibles à déterminer faute d’en avoir des portions assez complètes.

Ce qui est bien plus notable encore, il y a des squelettes d’un petit sarigue , voisin de la marmose, mais différent, et par conséquent cl’un animal dont le genre est aujourd’hui confiné dans.

1 Yoyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome iii , page 267.

2 Ibid. , page 269.

3 Ibid. ' page 272.

îe Nouveau-Monde 1. On y a recueilli aussi des squelettes de deux petits rongeurs du genre des loirs 2 et une tête du genre des écureuils 3.

Nos plâtrières sont plus fécondes en os d oiseaux qu’aucuns des autres bancs antérieurs et postérieurs : on y en trouve des squelettes entiers et des parties d’au moins dix espèces de tous les ordres 4.

Les crocodiles de l’âge dont nous parlons se rapprochent de nos crocodiles vulgaires par la forme de la tête, tandis que dans les bancs de l’âge du J ura on ne voit que des espèces voisines du gaviah

Il y en avait à Argenton une espèce remarquable par des dents comprimées , tranchantes , et à tranchant dentelé comme celles de certains

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles tome iïi , page 284.

2 Ibid , pages 297 et 3oo.

3 Ibid. , tome v, deuxième partie, page 5o 6.

4 Ibid., tome. ni, pages 3o4 et suivantes.

monitors1. On en voit aussi quelques restes dans nos plà trières 2.

Les tortues de cet âge sont toutes d’eau douce; les unes appartiennent au sous -genre des émydes; et il y en a , soit à Montmartre 3, soit surtout dans les molasses de la Dordogne 4, de plus grandes que toutes celles que l’on connaît vivantes; les autres sont des trionyx ou tortues molles 5. Ce genre que l’on distingue aisément à la surface vermiculée des os de sa carapace , et qui n’existe aujourd’hui que dans les rivières des pays chauds , telles que le Nil, le Gange, l’Orénoque, était très-abondant sur les terrains qu’habitaient les palæotheriums. Il y en a une

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, deuxième partie, page 166.

2 Ibid. , tome m , page 335 ; tome v, deuxième partie , page 166.

3 Ibid. , tome ni,, page 333.

4 Ibid. , tome v, deuxième partie, page 232.

5 Ibid., tome iii, page 3295 tome v, deuxième partie, page 222.

infinité de débris à Montmartre \ et dans les molasses de la Dordogne et autres dépôts de graviers du midi de la France.

Les lacs d’eau douce autour desquels vivaient ces divers animaux, et qui recevaient leurs ossemens , nourrissaient , outre les tortues et les crocodiles, quelques poissons et quelques coquillages. Tous ceux que l’on a recueillis sont aussi étrangers à notre climat et même aussi inconnus dans les eaux actuelles que les palæotheriums et les autres quadrupèdes leurs contemporains 1 2.

Les poissons appartiennent même en partie à des genres inconnus.

Ainsi l’on 11e peut douter que cette population, que l’on pourrait appeler d’âge moyen , cette première grande production de mammifères , n’ait été entièrement détruite ; et , en effet , partout où l’on en découvre les débris, il y a

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, deuxième partie, pages 223 et 227

2 Ibid. , tome ni , page 338.

au-dessus de grands dépôts de formation marine y en sorte que la mer a envahi les pays que ces races habitaient, et s’est reposée sur eux pendant un temps assez long.

Les pays inondés par elle à cette époque étaient -ils considérables en étendue? c’est ce que l’étude de ces anciens bancs formés dans leurs lacs ne permet pas encore de décider.

J’y rapporte nos plâtrières et celles d’Aix, plusieurs carrières de pierres marneuses et les molasses, du moins celles du midi de la France. Je crois pouvoir y rapporter aussi les portions des molasses de Suisse, et des lignites de Ligurie et d’Alsace , où l’on trouve des quadrupèdes des familles que je viens de faire connaître; mais je ne vois pas qu’aucuns de ces animaux se soient encore retrouvés en d’autres pays. Les os fossiles de f Allemagne , de l’Angleterre et de l’Italie sont tous ou plus anciens ou plus nouveaux que ceux dont nous venons de parler, et appartiennent ou à ces antiques races de reptiles des terrains jurassiques et des schistes cuivreux , ou aux dépôts de la dernière inondation universelle* aux terrains diluviaux.

Il est donc permis de croire , jusqu’à ce que l’on ait la preuve du contraire , qu’à l’époque où vivaient ces nombreux pachydermes le globe ne leur offrait pour habitations qu’un petit nombre de plaines assez fécondes pour qu’ils s’y multipliassent , et que peut-être ces plaines étaient des régions insulaires, séparées par d’assez grands espaces des chaînes plus élevées, où nousne voyons pas que nos animaux aient laissé des traces.

Grâces aux recherches de M. Adolphe Brongniart , nous connaissons aussi la nature des végétaux qui couvraient ces terres peu nombreuses. On recueille, dans les mêmes couches que nos palæotheriums , des troncs de palmiers et beaucoup d’autres de ces belles plantes dont les genres ne croissent plus que dans les pays chauds; les palmiers, les crocodiles, les trionyx, se retrouvent toujours en plus ou moins grand nombre là où se trouvent nos anciens pachydermes h

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles tome m , pages 35 1 et suivantes.

Mais la mer, qui avait recouvert ces terrains et détruit leurs animaux, laissa de grands dépôts qui forment encore aujourd’hui , à peu de profondeur , la hase de nos grandes plaines ; ensuite elle se retira de nouveau , et livra d’immenses surfaces à une population nouvelle, à celle dont les débris remplissent les couches sablonneuses et limoneuses de tous les pays connus.

C’est a ce dépôt paisible de la mer que je crois devoir rapporter quelques cétacés fort semblables à ceux de nos jours : un dauphin voisin de notre épaulard \ et une baleine' 1 2 très-semblable à nos rorquals, déterrés l’un et l’autre en Lombardie par M. Cortesi; une grande tête de baleine trouvée dans l’enceinte même de Paris 3 , et décrite par Lamanon et par Dàubenton ; et un genre entièrement nouveau, que j’ai découvert et nommé ziphius , et qui se compose déjà de

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, première partie , page 309.

2 Ibid. , page 390.

1 Ibid. , page 3p3.

trois espèces. Il se rapproche des cachalots et des hypéroodons \

Dans la population qui remplit nos couches meubles et superficielles , et qui a vécu sur le dépôt dont nous venons de parler, il n’y a plus ni palæotheriums , ni anoplotheriums , ni aucun de ces genres singuliers. Les pachydermes cependant y dominaient encore; mais des pachydermes gigantesques, des éléphans , des rhinocéros, des hippopotames, accompagnés d’innombrables chevaux et de plusieurs grands ruminans. Des carnassiers de la taille du lion , du tigre , de l’hyène désolaient ce nouveau règne animal. En général , son caractère , même dans l’extrême nord et sur les bords de la mer Glaciale d’aujourd’hui , ressemblait à celui que la seule zone torride nous offre maintenant , et toutefois aucune espèce n’y était absolument la même.

Parmi ces animaux se montrait surtout l’éléphant appelé mammouth par les Russes ( Ele -

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome y, première partie, pages 352 et

plias Primigenius Blumenb. ) , haut de quinze et dix - huit pieds , couvert d’une laine grossière et rousse , et de longs poils roides et noirs qui lui formaient une crinière le long du dos ; ses énormes défenses étaient implantées dans des alvéoles plus longs que ceux des élépbans de nos jours ; mais du reste il ressemblait assez à l’éléphant des Indes'1. Il a laissé des milliers de ses cadavres , depuis l’Espagne jusqu’aux rivages de la Sibérie , et l’on en retrouve dans toute l’Amérique septentrionale ; en sorte qu’il était répandu des deux côtés de l’Océan , si toutefois l’Océan existait de son temps à la place où il est aujourd’hui. Chacun sait que ses défenses sont encore si bien conservées dans les pays froids , qu’on les emploie aux mêmes usages que l’ivoire frais ; et , comme nous l’avons fait remarquer précédemment , on en a trouvé des individus avec leur chair, leur peau et leurs poils, qui étaient

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome i, page ^5 à ig5 et 335 j tome m, pages 371 et 4o5 ; tome iv7 page 49 1 •

demeurés gelés depuis la dernière catastrophe du globe. Les Ta r ta res et les Chinois ont imaginé que c’est un animal qui vit sous terre, et qui périt sitôt qu’il voit le jour.

Après lui , et presque son égal , venait aussi , dans les pays qui forment les deux continens actuels, le mastodonte à dents étroites , semblable à l’éléphant, armé comme lui d’énormes défenses, mais de défenses revêtues d’émail, plus bas sur jambes , et dont les mâchelières , mamelonnées et revêtues d’un émail épais et brillant , ont fourni pendant long-temps ce que l’on appelait turquoises occidentales \

Ses débris , assez communs dans l’Europe tempérée , ne le sont pas autant vers le nord ; mais on en retrouve dans les montagnes de l’ Amérique du sud avec deux espèces voisines.

L’Amérique du nord possède en nombre immense les débris du grand mastodonte , espèce

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome i , pages 2Ôo à 265 et 335 ; tome iv, page 493.

plus grande que la précédente , aussi haute à proportion que l’éléphant , à défenses non moins énormes , et que ses mâchelières , hérissées de pointes , ont fait prendre long-temps pour un animal carnivore h

Ses os étaient d’une grande épaisseur et de beaucoup de solidité ; on prétend avoir retrouvé jusqu’à ses sabots et son estomac , encore conservés et reconnaissables, et I on assure que l’estomac s était rempli de branches d’arbre concassées. Les sauvages croient que cette race a été détruite par les. dieux , de peur qu’eile ne détruisît l’espèce humaine.

Avec ces énormes pachydermes vivaient les deux genres un peu inférieurs des rhinocéros et des hippopotames.

L’hippopotame de cette époque était assez commun dans les pays qui forment aujourd’hui la France , l’Allemagne , l’Angleterre ; il l’était surtout en Italie. Sa ressemblance avec l’espèce

1 Yoyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome i, pages 206 à 249; tome ni , page 876.

actuelle d’Afrique était telle, qu’il faut une comparaison attentive pour en saisir les distinctions 1 .

il y avait aussi, dans ce temps-là , une petite espèce d’hippopotame de la taille du sanglier, à laquelle on ne peut rien comparer maintenant.

Les rhinocéros de grande taille étaient au moins au nombre de trois ; tous bicornes.

L’espèce la plus répandue en Allemagne , en Angleterre ( mon Rh. tichorhinus ) , et qui , comme l’éléphant , se retrouve jusque près des bords de la mer Glaciale , où elle a aussi laissé des individus entiers, avait la tête allongée, les os du nez très-robustes , soutenus par une cloison des narines osseuse et non simplement cartilagineuse, et manquait enfin d’incisives2.

1 Yoyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome i , page 3o4 à 822 ; tome in , page 38o ; tome iv, page 493.

2 Ibid. , tome n , première partie , page 64 ; et tome xv, page 496.

Une autre espèce plus rare et de pays plus tempérés ( Rh. incisivus ) 1 , avait des incisives comme nos rhinocéros actuels des Indes- Orientales , et ressemblait surtout à celui de Sumatra 2 ; ses caractères distinctifs dépendaient des formes un peu différentes de sa tête.

La troisième ( Rh. leptorhinus ) manquait d’incisives , comme la première et comme le rhinocéros du Cap d’aujourd’hui ; mais elle se distinguait par un museau plus pointu et des membres plus grêles 3. C’est surtout en Italie que ses os sont enfouis, dans les mêmes couches que ceux d’éléphans , de mastodontes et d’hippopotames.

Il y a ensuite une quatrième espèce ( Rh . minu tus ) munie , comme la deuxième , de dents

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome ii , première partie, page' 89 5 tome m, page 3905 et tome v, deuxième partie , page 5oi,

2 Ibid. , tome tu, page 385.

3 Ibid. , tome 11 , première partié , page 71,.

DE LA SURFACE DU GLOBE, 33p

incisives , mais de taille beaucoup moindre , et à peine supérieure au cochon b Elle était rare, sans doute, car on n’en a encore recueilli les débris tpie dans quelques endroits de France.

A ces quatre genres de grands pachydermes, se joignait un tapir qui les égalait pour la taille; qui était par conséquent plus que double , peut-être triple pour les dimensions linéaires du tapir d’Amérique 1 2.

On en trouve les dents en plusieurs lieux de France et d’Allemagne; et presque toujours accompagnant celles de rhinocéros, de mastodontes ou d’éléphans.

Il s’y joignait encore, mais à ce qu’il parait en un très-petit nombre de lieux, un grand pachyderme dont on ne connaît que la mâchoire inférieure , et dont les dents étaient en doubles croissans et ondulées. M. Fischer, qui fa décou-

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome ii , première partie , page 89.

2 Ibid. , deuxième partie , page i65.

34o DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS

vert parmi des os de Sibérie , Ta nommé EIcist motherium 1.

Le genre du cheval existait aussi dès ce temps-là 2. Ses dents accompagnent par milliers celles que nous venons de nommer dans presque, tous leurs dépôts; mais il n’est pas possible de dire si c’était ou non une des espèces aujourd’hui existantes , parce que les squelettes de ces espèces se ressemblent tellement , qu’on ne peut les distinguer d’après des fragmens isolés.

Les ruminans étaient infiniment plus nombreux qu’à l’époque des palæotheriums ; leur proportion numérique devait même assez peu différer de ce quelle est aujourd’hui ; mais on s’est assuré pour plusieurs espèces qu’elles étaient différentes.

C’est ce que l’on peut dire surtout avec beaucoup de certitude d’un cerf de taille supérieure ,

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome ii , deuxième partie , page g5.

2 Ibid. , page 109.

DE LA SURFACE DU GLOBE. $4l

même à l’élan , qui est commun dans les marnières et les tourbières de l’Irlande et de l’Angleterre, et dont on a aussi déterré des restes en France, en Allemagne et en Italie dans les mêmes lits qui recèlent des os d’élépbant : ses bois , élargis et branchus , ont jusqu’à douze et quatorze pieds d’une pointe à l’autre en suivant les courbures r.

La distinction n’est pas aussi claire pour les os de cerfs et de bœufs que l’on a recueillis dans certaines cavernes et dans les fentes de certains rochers ; ils y sont quelquefois , et surtout dans les cavernes de l’Angleterre , accompagnés d’os d’éléphant , de rhinocéros , d’hippopotame , et de ceux d’une hyène qui se rencontre aussi dans plusieurs couches meubles avec ces mêmes pachydermes ; par conséquent ils sont du même âge ; mais il n’en reste pas moins difficile de dire en quoi ils diffèrent des bœufs et des cerfs d’aujourd’hui.

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome iv, page 70.

Les fentes des rochers de Gibraltar, de Cette 7 de Nice , d’Uliveto près dePise, et d’autres lieux des bords de la Méditerranée , sont remplies d’un ciment rouge et dur qui enveloppe des fragmens de rocher et des coquilles d’eau douce avec beaucoup d’os de quadrupèdes, la plupart fracturés : c’est ce que I on a nommé des brèches osseuses. Les os qui les remplissent offrent quelquefois des caractères sufïisans pour prouver qu’ils viennent d’animaux inconnus au moins en Europe. On y trouve , par exemple , quatre espèces de cerfs, dont trois ont a leurs dents des caractères qui ne s’observent que dans les cerfs de l’archipel des Indes*

Il y en a près de Vérone une cinquième dont les bois surpassent en volume ceux des cerfs du Canada J.

On trouve aussi dans certains lieux , avec des os de rhinocéros et d’autres quadrupèdes de cette époque , ceux d’un cerf tellement semblable au

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles, tome iv, pages 1 68 a 2 15.

renne, qu’il serait très-difficile de lui assigner des caractères distinctifs; ce qui est d’autant plus extraordinaire , que les rennes sont aujourd’hui confinés dans les climats les plus glacés du nord , tandis que tout le genre des rhinocéros appartient à la zone torride h

Il existe dans les couches dont nous parlons des restes d’une espèce fort semblable au daim , mais d’un tiers plus grande 1 2 , et des quantités innombrables de bois très -ressembla ns à ceux des cerfs d’aujourd’hui 3 , ainsi que des os trèsanalogues à ceux de l’aurochs 4 et à ceux du bœuf domestique 5 , deux espèces fort distinctes que les naturalistes qui nous ont précédés avaient mal à propos confondues. Cependant les têtes entières, semblables à celles de ces deux animaux,

1 Yoyez mes Recherches sur les ossemens fossiles > tome iv, page 89.

2 Ibid. , page 94.

3 Ibid. , page 98.

4 Ibid. , page i4o ; et tome v, deuxième partie , page

5 Ibid. , page i5o ; tome v, deuxième partie , page

ainsi qu'à celle du bœuf musqué du Canada 1 2 , que Ton a souvent retirées de la terre , ne viennent pas de positions assez bien constatées pour qu’on puisse assurer que ces espèces aient été contemporaines des grands pachydermes que nous venons de mentionner.

Les brèches osseuses des bords de la Méditerranée ont aussi donné deux espèces de lagomjs 2 , animaux dont le genre n’existe aujourd’hui qu’en Sibérie; deux espèces de lapins 3 , des campagnols , et des rats de la taille du rat d’eau et de celle de la souris 4. Les cavernes de l’Angleterre en ont donné également 5.

Les brèches osseuses contiennent jusqu’à des os de musaraignes et de lézards 6.

1 Yoyez mes Recherches sur les ossemens fossiles, tome iv, page i55.

2 Ibid. , pages 199 à 204.

3 Ibid., pages 174, 175 et 176; tome v, première partie , page 55.

4 Ibid., pages 178, 202 et 206; tome v, première partie, page 54-

5 Ibid. , tome v, première partie , page 55.

6 Ibid. , tome iv, page 206.

Il j a dans certaines couches sableuses de la Toscane des dents d’un porc-épic1 , et dans celles de la Russie des» têtes d’une espèce de castor plus grande que les nôtres , que M. Fischer a nommée trogontherium 2.

Mais c’est surtout dans la classe des édentés que ces races d’animaux de l’avant-dernière époque reprennent une taille bien supérieure à celle de leurs congénères actuels , et s’élèvent même à une grandeur tou t-à -fait gigantesque.

Le mégathérium réunit une partie des caractères génériques des tatous avec une partie de ceux des paresseux , et pour la taille il égale les plus grands rhinocéros. Ses ongles devaient être d’une longueur et d’une force monstrueuses ; toute sa charpente est d’une solidité excessive. On n’en a déterré encore que dans les couches sableuses de l’Amérique septentrionale 3.

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