‹ Discours sur les révolutions de la surface du globeChapitre 9 sur 17 · tome v, deuxième partie , page · texte numérisé non relu

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néanmoins, la partie symphysée de sa mâchoire inférieure est moins longue; ses dents inférieures sont alternativement et régulièrement plus longues et plus courtes; il a dix vertèbres de plus à la queue.

Mais des animaux beaucoup plus remarquables que recèlent ces mêmes schistes, ce sont les lézards volans que j’ai nommés ptérodactyles .

Ce sont des reptiles à queue très-courte , à cou très-long , à museau fort allongé et armé de dents aiguës, portés sur de hautes jambes, et dont l’ extrémité antérieure a un doigt excessivement allongé , qui portait vraisemblablement une membrane propre à les soutenir en l’air, accompagné de quatre autres doigts de dimension ordinaire terminés par des ongles crochus. L’un de ces animaux étranges, et dont 1 aspect serait effrayant si on les voyait aujourd’hui, pouvait être de la taille d’une grive f; l’autre, de celle dune chauve-souris commune 1 2; mais

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, deuxième partie/pages 358 et suivantes.

2 Ibid. , page 876.

DE LA SURFACE DU GLOBE. 3oq

il parait, par quelques fragmens , qu’il en existait des espèces plus grandes 1 .

Un peu au-dessus des schistes calcaires est le calcaire presque homogène des crêtes du Jura. 11 contient aussi des os , mais toujours des reptiles; des crocodiles et des tortues d’eau douce, dont il offre surtout une grande abondance aux environs de Soleure. Ils y ont été recherchés avec beaucoup de soin par M. Hugi ; et, d’après les fragmens qu’il a déjà recueillis , il est aisé de reconnaître un nombre considérable d’espèces de tortues deau douce ou émjdes , que des découvertes ultérieures pourront seules faire déterminer, mais dont plusieurs se distinguent déjà parleur grandeur et "par leurs formes, de toutes les émydes connues 2.

C’est parmi ces innombrables quadrupèdes ovipares, de toutes les tailles et de toutes les formes ; au milieu de ces crocodiles ; de ces tor-

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, deuxième partie , page 38o.

2 Ibid. , page 225.

3x0 DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS

tues , de ces reptiles volans , de ces immenses mégalosaurus , de ces monstrueux plesîosaurus , que se seraient montrés, dit-on, pour la^première fois, c[uelques petits mammifères; il est certain que des mâchoires et quelques autres os découverts en Angleterre appartiennent à cette classe, et spécialement à la famille des diclelphes ou à celle des insectivores.

On pourrait soupçonner cependant que les pierres qui les incrustent, sont dues à quelque recomposition locale et postérieure à l’époque de la formation primitive des bancs. Quoi qu’il en soit, pendant long-temps encore on trouve que la classe des reptiles dominait exclusivement.

Les sables ferrugineux placés, en Angleterre, au-dessus de la craie , contiennent en abondance des crocodiles, des tortues, des mégalosaurus, et surtout un reptile qui offrait encore un caractère tout particulier, celui d’user ses dents comme nos mammifères herbivores.

C’est à M. Mantell, de Lewes en Susses. , que l’on doit la découverte de ce dernier animai ,

ainsi que des autres grands reptiles de ces sables inférieurs à la craie 1. 11 l’a nommé iqucinodon.

Dans la craie même il n’y a que des reptiles; on y voit des restes de tortues, de crocodiles. Les fameuses carrières de tuffau de la montagne de Saint-Pierre, près de Maëstricht, qui appartiennent â la formation de la craie, ont donné à côté de très-grandes tortues de mer et d’une infinité de coquilles et de zoophy tes marins , un genre de lézards non moins gigantesques que le înégalosaurus , qui est devenu célèbre par les recherches de Camper et par les figures que Faujas a données de ses os, dans son histoire de cette montagne.

Il était long de vingt-cinq pieds et plus; ses grandes mâchoires étaient armées de dents trèsfortes, coniques, un peu arquées et relevées d’une arête, et il portait aussi quelques-unes de ces dents dans le palais. On comptait plus de cent trente vertèbres dans son épine , convexes en

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, deuxième partie , pages 161 202 et 35o.

3l2 discours sur les révolutions avant, concaves en arrière. Sa queue était haute et plate, et formait une large rame verticale1. M. Conybeare a proposé récemment cle T appeler mosasaurus .

Les argiles et les lignites qui recouvrent le dessus de la craie ne m’ont encore offert que des crocodiles 2, et j’ai tout lieu de croire que les lignites qui ont donné, en Suisse, des os de castor et de mastodonte , appartiennent à un âge plus récent. Ce n’est même que dans le calcaire grossier qui repose sur ces argiles que j’ai commencé à trouver des os de mammifères ; encore appartiennent-ils tous à des mammifères marins, à des dauphins inconnus et à des lamantins, à des morses.

Parmi les dauphins , il en est un dont le museau, plus allongé que dans aucune espèce connue, avait la mâchoire inférieure symphysée sur une bonne partie de sa longueur presque comme

1 Voyez mes Recherches sur les ossemens fossiles ,

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