‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 13 sur 50 · DISCOURS SUR UES REVOLUTIONS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR UES REVOLUTIONS

qu’à moitié, mais dont la race le deviendra tout à fait quelque jour ’ .

‘ Le système de Bu f fou n’est guère qu’un développement^ de celui de Leibnitz, avec l’addition seulement d’une eoraète qui a toit sortir du soleil , par un choc violent, la masse liquéfiée de la terre, en même temps que celle de toutes les planètes ; d’où il résulte des dates positives : car par la température actuelle de la terre on peut savoir depuis combien de temps elle se refroidit ; et puisque les autres planètes sont sorties du soleil en même temps qu’elle, on peut calculer combien les grandes ont encore de siècles à refroidir, et jusqu’à quel point les petites sont déjà glacées V

Systèmes plus nouveaux.

De nos jours, des esprits plus libres que jamais ont aussi voulu s’exercer sur ce grand sujet. Quelques écri* vains ont reproduit et prodigieusement étendu les idées de Demaillet : ils disent que tout fut liquide dans l’origine ; que le liquide engendra des animaux d’abord très-simples, tels que des monades ou autres espèces infusoires et microscopiques ; que, par suite des temps , et en prenant des habitudes diverses, les races animales se compliquèrent et se diversifièrent au point où nous les voyons aujourd’hui. Ce sont toutes ces races d’animaux qui ont converti par degrés l’eau de la mer en terre calcaire; les végétaux, sur l’origine et les métamorphoses desquels ou ne nous dit rien, ont converti de leur côté cette eau en argile ; mais ces deux terres, à force d’être dépouillées des caractères que ta vie

' Telliamèd ; Ainçterd., 1748'. v . -•

, 1 Théorie de ta Terre, 1749; et Époques de la nature, 1775.

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leur avait imprimes, se résolvent , en dernière analyse, en silice ; et voilà pourquoi les plus anciennes montagnes sont plus siliceuses que les autres. Toutes les parties solides de la terre doivent donc leur naissance à la vie, et sans la vie le globe serait entièrement liquide \

D’autres écrivains ont donné ia préférence aux idées de Kepler : comme ce grand astronome , ils accordent au globe, lui-même les facultés vitales ; un fluide, selon eux, .y circule; une assimilation s’y faitaussi bien que dans les corps animés ; chacune de ses parties est vivante; il n’est pas jusqu’aux molécules les plus élémentaires qui n’aient un instinct, une volonté, qui ne s’attirent et ne sc repoussent d’après des antipathies et des sympathies ; chaque sorte de minéral peut convertir des masses immenses en sa propre nature, comme nous convertissons nos aliments en chair et en sang; les montagnes sont les organes de la respiration du globe , et les schistes ses organes sécrétoires ; c’est par ceux-ci qu’il décompose l’eau de la mer pour engendrer les déjections volcaniques ; les filons enfin sont des caries , des abcès du règne minéral, et les métaux un produit de pourriture et de maladie : voilà pourquoi ils sentent presque tous mauvais *.

Plus nouvellement encore, une philosophie qui substitue des métaphores aux raisonnements, partant du système de l’identité absolue ou du panthéisme, fait naître

’ Voyez la Physique de Rodig , page 106, Leipsig, 1801 ; et la page 169 du deuxième tome de Telliamed, ainsi qu’une infinité de nouveaux ouvrages allemands. M. de Lamarck est celui qui a développé dans ces derniers temps ce système en France avec le plus de suite dans son llydrogéologic et dans sa Philosophie zoologique.

* Feu M. Fatrin a mis beaucoup d’esprit à soutenir ces idées fantastiques, dans plusieurs articles du Nouveau Dictionnaire d’il ittoirc naturelle. * - »

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