‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 16 sur 50 · DISCOURS SUR LES* BÉVOLUTIOKS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR LES* BÉVOLUTIOKS

Premièrement, ils caractérisent d’une manière plus nette les révolutions qui les ont affectés. Des coquilles aunoncent bien que la mer existait où elles se sont formées^ mais leurs changements d’espèces pourraient à la rigueur provenir de changements légers dans la nature du liquide ou seulement dans sa température. Ils pourraient avoir tenu à des causes encore plus accidentelles. Rien ne nous assure que dans le fond de la mer certaines espèces, certains genres même, après avoir occupé plus ou moins longtemps des espaces déterminés, n’aient pu être chassés par d’autres. Ici, au contraire, tout est précis* l’apparition des os de quadrupèdes, surtout celle de leurs cadavres entiers dans les couches, annonce, ou que la couche même qui les porte était autrefois à sec, ou qu’il s’était au moins formé une terre 6èche dans le voisinage. Leur disparition rend certain que cette couche avait été inondée , ou que cette terre sèche avait cessé d’exister. C’est donc par eux que nous apprenons d’une npanière assurée le fait important des irruptions répétées de la mer, dont les coquilles et les autres produits marins à eux seuls ne nous auraient pas instruits; et c’est par leur étude approfondie que nous pouvons espérer de reconnaître le nombre et les époques de ces irruptions.

Secondement, la nature des révolutions qui ont altéré la surface du globe a dû exercer sur les quadrupèdes terrestres une action plus complète que sur les animaux marins. Comme ces révolutions ont en grande partie consisté en déplacements du lit de la mer, et que les eaux devaient détruire tous les quadrupèdes qu'elles atteignaient, si lèur irruption a été générale, elle a pu faire périr la classe entière, ou si elle n’a porté à la fois que sur certains continents, clic a pu anéantir au moins les espèces

propres à ces continents, sans avoir là môme influence sur les animaux marins. Au contraire, des millions d’individus aquatiques ont pu être laissés à scc ou ensevelis sous des couches nouvelles, ou jetés avec violence à la côte , et leur race être cependant conservée dans quelques lieux plus paisibles, d’où elle se sera de nouveau propagée après que l’agitation des mers aura cessé.

Troisièmement, cette action plus complète est aussi plus facile à saisir ; il est plus aisé d’en démontrer les effets , parce que le nombre des quadrupèdes étant borné , la plupart de leurs espèces, au moins les grandes, étant connues , on a plus de moyens de s’assurer si des os fossiles appartiennent à l’une d’elles , ou s’ils viennent d’une espèce perdue. Comme nous sommes, au contraire, fort loin de connaître tous les coquillages et tous les poissons de la mer ; comme nous ignorons probablement encore la plus grande partie de ceux qui vivent dans la profondeur, il est impossible de savoir avec certitude si une espèce - (pie l’on trouve fossile n’existe pas quelque part vivante. Aussi vôyonS-nous des savants s’opiniâtrer à donner le nom de coquilles pélagiennes, c’est-à-dire de coquilles de la haute mer, aux bélemnites , aux cornes d’ammon et aux autres dépouilles testacées qui n’ont encore été vues

que dans des couches anciennes, voulant dire par laqua si on ne les a point encore découvertes dans l’état de vie , ' c’est qu’elles habitent à des profondeurs inaccessibles pour nos filets. . • * •

Sans doute les naturalistes n’ont pas encore traversétous les continents et ne connaissent pas même tous les quadrupèdes qui habitent les pays qu’ils ont traversés. On découvre de temps en temps des espèces nouvelles de cetle classe, et ceux qui n’ont pas examiné avec attention

toutes les circonstances de ces découvertes pourraient croire aussi que les quadrupèdes inconnus dont on trouve les os dans nos couches sont restés jusqu’à présent cachés dans quelques iles qui n’ont pas été rencontrées par des navigateurs ou dans quelques-uns des vastes déserts qui occupent le milieu de l’Asie, de l’Afrique, des deux Amériques et de la Nouvelle-Hollande.

Il y a peu d’espérance de découvrir de nouvelles espèces de grands quadrupèdes.

Cependant, que l’on examine bien quelles sortes de quadrupèdes l’on a découvertes récemment et dans quelles circonstances on les a découvertes, et l’on verra qu’il reste peu d’espoir de trouver un jour celles que nous n’avons encore vues que fossiles. ' .

Les iles d’étendue médiocre , et placées loin des grandes terres, ont très-peu de quadrupèdes, ta plupart fort petits : quand elles en possèdent de grands, c’est qu’ils y ont été apportés d’ailleurs. Bougainville et Cook n’ont trouvé que des cochons et des ehiens dans les îles de la mer du Sud. Les plus grands quadrupèdes des, Antilles étaient les agoutis. ... -• •*; \

A la vérité les grandes terres, comme l’Asie, l’Afrique, les deux Amériques et la Nouvelle-Hollande, ont de grands quadrupèdes , et généralement des espèces propres à chacuue d’elles ; en sorte que toutes les fois que l’on a découvert de ces terres que leur situation avait tenues isolées du reste du monde, on y a trouvé la classe des quadrupèdes entièrement différente de ce qui existait ailleurs. Ainsi , quand les Espagnols parcoururent pour la première fois l’Amérique méridionale, ils n'y trouvèrent

pas un èeul des quadrupèdes de l’Europe, de l’Asie , nîxle l’Afrique. Le puma , le jaguar, le tapir, Je eabiai , le lama, la vigogne, les paresseux, les tatous, les sarigues , tous les sapajous furent pour eux des êtres entièrement nouveaux , et dont ils n’avaient nulle idée. Le même phénomène s’est renouvelé de nos jours quand on a commencé à examiner les côtes de la Nouvelle-Hollande et les lies adjacentes. Les divers kangourous, les phascolomes, les dasyures, les péramèles , les phalangers volants, les ornithorhynques , les échîdnés sont venus étonner les naturalistes par des conformations étranges, qui rompaient toutes les règles et échappaient à tous les systèmes. - . ■

Si donc il restait quelque grand continent à découvrir, on pourrait encore espérer de connaître de nouvelles espèces, parmi lesquelles il pourrait s’en trouver de plus ou moins semblables à celles dopt les entrailles de la terre nous ont montré les dépouilles ; mais il suffit de jeter un coup d’œil sur la mappemonde, devoir les in-' nombrables directions selon lesquelles les navigateurs ont sillonné l’Océan, pour juger qu’il ne doit plus y avoir de grande terre, à moins qu’elle ne soit vers le pôle mistral , où les glaces n’y laisseraient subsister aucun reste de vie. -

Ainsi ce n’est que de l’intérieur des grandes parties du monde que l’on peut encore attendre des quadrupèdes inconnus. • .

Or, avec un peu de réflexion, on verra bientôt que l’attente n’est guère plus fondée de ce côté que de celui des fies.

Sans doute le voyageur européen ne parcourt pas aisément de vastes étendues de pays, désertes ou nourrissant seulement des peuplades féroces ; et cela est surtout vrai

<f4 j DISCOURS Sun LKS RÉVOLUTIONS

à l’égard de l’Afrique * : mais rien n’empêche les animaux de parcourir ces contrées en tous sens, et de se rendre vers les côtes. Quand fl y aurait entre les côtes et les déserts de l’intérieur de grandes chaînes de montagnes , elles seraient toujours interrompues à quelques endroits pour laisser passer les fleuves; et dans ces déserts brûlants les quadrupèdes suivent de préférence les bords des rivières. Les peuplades des côtes remontent aussi ces rivières , et prennent promptement connaissance , soit par elles- mêmes, soit par le commerce et la tradition des peuplades supérieures, de toutes les espèces remarquables qui vivent jusque vers les sources.

Il n’a donc fallu à aucune époque un temps bien long pour que les nations civilisées qui ont fréquenté les côtes d'un grand pays en connussent assez bien les animaux considérables ou frappants par leur configuration.

Les faits connus répondent à ce raisonnement. Quoique les anciens n’aient point passé l’Imaüs et le Gange, en Asie, et qu’ils n’aient pas été fort loin en Afrique, au

' Les voyages dans l’intérieur de l’Afrique sont dangereux, moins à cause des animaux et des peuplades féroces qu’on y rencontre, qu’a cause du climat meurtrier qui y règne. Les exhalaisons pestilentielles des lacs et des marais et la différence énorme qui existe souvent entre la température du jour et celle de la nuit occasionnent des . fièvres putrides auxquelles les Européens résistent rarement; témoin les expéditions de Tuckey , de Lânder, de Bouet et de tant d’autres.

« L’eau de ces lacs , dit Bouet , est noirâtre et presque stagnante ; ■!’iininenscs marais les enveloppent ; enfin un brouillard épais et fétide les couvre jusqu’à une heure avancée delà matinée, malgré l’excessive chaleqr des rayons d’un soleil ardent , qui se concentrent sur le laie comme sur un verre lenticulaire. « — Ni le quinquina ni aucun fébrifuge ne triomphent des fièvres qui provienneut de ces miasmes , et qui deviennent promptement mortelles. (H.)

DE Lit SURFACE DU CLOUE... ' 45

midi de l ! Àtlas' , iis ont réellement connu tous les grands animaux de ces deux parties du monde ; et s’ils n’en ont pas distingué toutes les espèces , ce n’est point parce qu’ils n’avaient pu les voir ou en entendre parler, mais parce que la ressemblance de ces espèces n’avait pas permis d’en reconnaître les caractères. La seule grande exception que l’on puisse m’opposer est le tapir de Malaeca , récemment envoyé des Indes par deux jeunes naturalistes de mes élèves, MM. Duvaucelet Diard, et qui forme eu effet l’une des plus belles découvertes dont l'histoire naturelle se soit enrichie dans ces derniers temps.

Les anciens connaissaient très-bien l’éléphant, et l’his- . toire de ce quadrupède est plus exacte dans Aristote que dans Buffou.

Ils n’ignoraient même pas une partie des différences qui distinguent les éléphants d’Afrique de ceux d’Asie V

Us connaissaient les rhinocéros à deux cornes, que l’Europe moderne n’a point vus vivants. Domitien en montra à Rome , et en fit graver sur des médailles. Pausanias les décrit fort bien.

Le rhinocéros unicorne, tout éloignée qu’est sa patrie, leur était également connu. Pompée en fit voir un à Rome. Strabon en décrivit exactement un autre à Alexandrie.

Le rhinocéros de Sumatra décrit par M. Bell et celui

1 Cette allégation ne nous parait pas exacte. Les anciens connais-

saient pent-être mieux que nous l’intérieur de l'Afrique. Ils avaient quelques notions du cours du Niger et du grand lac ( lac Tchad ) , que Clapperton,' Denhain et Oudney ont découvert, il y a une trentaine d’années à peine, dans l'intérieur du Soudan. Voyez ce que nous avons dit b ce sujet dans l’ Univers pittoresque. ( Tripoli , Souda?, etc.). . ' ' (II.) , ^ .

2 Voyez, dans té tonie l 81 de mes Recherches le chapitre des Repliants.

de Java, découvert et envoyé par MM. Buvaueel et Biard, ne paraissent point habiter le continent. Ainsi il n’est point étonnant que les anciens les ignorassent * : d’ailleurs ils ne les auraient peut-être pas distingués, à cause de leur trop grande ressemblance avec les autres espèces. r

L’hippopotame n’a pas été si bien décrit que les espèces précédentes; mais on en trouve des figures très-exactes sur les monuments laissés par les Romains , et représentant des choses relatives à l’Égypte , telles que la statue du Nil, la mosaïque de Palestrine, et un grand nombre de médailles. En effet, les Romains en ont vu plusieurs fois; Scaurus, Auguste, Antonio, Commode, Héliogabale , Phi - v lippe et Carin 1 leur en montrèrent.

Les deux espèces de chameaux, celle de Bactriane et celle d’Arabie , sont déjà fort bien décrites et caractérisées

par Aristote 3 . : V

Les anciens ont connu la girafe , ou chameau-léopard ; on en a même vu une vivante à Rome , dans le cirque, sous la dictature de Jules César, l’an de Rome 708; il y en avait eu dix de rassemblées par Gordien III , qui furent tuées aux jeux séculaires de Philippe 4 , ce qui doit étonner nos modernes , qui n’en ont vu qu’une dans le treizième et une dans le quinzième siècle 5 , et qui ont si

• voyez dans le tome II , première partie , le chapitre des Rhinocéros.

1 Voyez mon chapitre de l’Hippopotame dans le tome l tr des Recherches. . . ‘ ' '/ ,•

3 Hist.anim., lib. ji , cap. 1.

4 Jul. Capitol., Gord, ni, cap. 23. . •

5 Celle que posséda l’émpérenr Frédéric II et celle que le Soudan d’Égypte envoya à Laurent de. Médicis , et qui est peinte dans les fresques de Poggio-Cajano.

t)E LA SURFACE DU GLOBE. 47-

fort admiré celle .que la France a reçue du pacha d’Égypte , et qui vit aujourd’hui au Jardin du Soi.

Si on lit avec attention les descriptions de l’hippopotame données par Hérodote et par Aristote, et que l’on croit empruntées d’Hécatéede Milet, on trouvera qu’elles doivent avoir été composées avec celles de deux animaux différents , dont l’un était peut-être le véritable hippopotame , et dont l’autre était certainement le.gnou ( antilope gnu, Gmel. ), ce quadrupède dont nos naturalistes n’ont entendu parler qu’à la fin du dix-huitième siècle. C’était le même animal dont on avait des relations fabuleuses - , sous le nom de catoblepas ou calablepon

Le sanglier d’Éthiopie d’Agatharchide f qui avait des çornes , était bien notre sanglier d’Éthiopie d’aujourd’hui, dont les énormes défenses méritent presque autant le nom de cornes que les défenses de l’éléphant Le bubale, le nagor sont décrits par Pline 3 ; la gabelle, par Élien 4 ; l’oryx, par Oppien 5 ; l’axis l’était dès le temps de Ctésias 6 ; l’algazel et la corine sont parfaitement représentés sur les monuments égyptiens t,

Élien décrit bien le yak , ou bos grunniem , sous le nom de bœuf dont la queue sert à faire des chassemouches 8 . .

Le buffle n’a pas été domestique chez les anciens; mais

' Voyez Pline, lib. vin, cap. 32; et surtout /Elien, lib. vu, cap. 5. ■- . , s

2 Ælian.^itnifn., v, 27. ' ■■

3 Pline, lib. vin, cap. 15, et lib. xi, cap. 37. „ ,

4 Ælian., Anim-,, xn, 14. . .

^Opp, Cyneg., n , v. 445 et suiv. . .’ / ’’

n Pline, lib. viii, cap.-2l.

7 Voyez le Grand ouvrage sur l'Égypte , Antiq., IV, pl. 49 et”

pti f.G. • -, '

8 yftlian., Anim.,\y t 14. - - - .

le bœuf des Indes, dont parle Élien ' , et qui avait des cornes assez grandes pour tenir trois amphores, était bien la variété du buffle appelée arni.

Et même ce bœuf sauvage à cornes déprimées qu’Aristote place dans l’Arachosie 1 ne peut être que le baffle ordinaire.

Les anciens ont connu les bœufs sans cornes 3 ; les bœufs d’Afrique, dont les cornes attachées seulement à la peau se remuaient avec elle 4 ; les bœufs des Indes , aussi rapides à la course que des chevaux s ; ceux qui ne surpassent pas un bouc en grandeur 6 ^ les moutons à large queue ceux des Indes , grands comme des ânes 8 .

Toutes mêlées de fables que sont les indications données par les anciens sur l’aurochs, sur le renne, et sur l’élan , elles prouvent toujours qu’ils en avaient quelqueconnaissance, mais que cette connaissance, fondée sur le rapport de peuples grossiers , n’avait point été soumise à une critique judicieuse 9..

Ces animaux habitent toujours les pays que les anciens leur assignent , et n’ont disparu que dans les contrées trop cultivées pour leurs habitudes ; l’aurochs, l’élan, vivent encore dans les forêts de la Lithuanie, qui se continuaient autrefois avec la forêt Hercynienne. H y a des

* Ælian., Anim., in , 34.

* Arist., Hist. an., lib. 'ii, cap. 5.

3 Ælian., h, '53.

* Idem, il , 20.

5 Idem, xv, 24.

6 Idem, ibid . ■ , . '

’ Idem, Anim., m, 3. . .

* Idem, iv, 32..

» Voyez dans mes Recherches, tom. IV, le chapitre des Cerfe et celui des Bœufs.

• • ,'tME IA SUttKACB BU GLOBE, 49

aurochs au nord de la Grèce comme du temps de Pausauius. Le renne vit dans le nord, dans les pays glacés • où il a toujours vécu ; il y change de couleur, non pas à volonté, comme le croyaient les Grecs, mais suivant les saisons. C’est par suite de méprises à peine excusables qu’on a supposé qu’il s’en trouvait au quatorzième siècle dans les Pyrénées

L’ours blanc a été vu même en Égypte sous les Ptolémées \ . ,

Les lions^ tes panthères, étaient communs à Rome dans les jeux : on les voyait par centaines; on y a vu même quelques tigres; l'hyène rayée, le crocodile du Nil , y ont paru. U y a dans les mosaïques antiques conservées $

Rome d’excellents portraits des plus rares de ces espèces; . on voit entre autres l’hyène rayée, parfaitement représentée daus un morceau conservé au Muséum du Vatican ; et pendant que j’étais à Rome (eu 1809) on découvrit , dans un jardin du côté de l’arc de Galien, un pavé en mosaïque de pierres naturelles assorties à la manière de Florence, représentant quatre tigres de Bengale supérieurement rendus. II a été depuis divisé et placé dans les salons de l’hôtel de M. Torlonia , duc de Bracciano.

Le Muséum du Vatican possède un crocodile en ba- v ,

1 Rufi'on , ayant lu dans Du Fouilloux un passage tronqué de Gas-

ton l’héhus ; comte de Foix , où ce prince décrit la chasse du renne , avait imaginé qu'au temps de Gaston cet animal vivait dans les Pyrénées ; et les éditions imprimées de Gaston étaient si fautives, qu'il était diflicile de savoir an juste ce que cet auteur avait voulu dire; mafs ayant recouru à son manuscrit original , qui est conservé à la Rihliottièque du Roi , j’ai constaté que c’était en Xueden et en Nourvègue (en Suède et en Norvège) qu’il disait avoir vu et chgssé dos rennes. : , • • . ' .

2 Athénée, lib. v. . . -,

Page 1