‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 24 sur 50 · VOS DISCOURS SUR I.ES SÉVQMITTONS · texte numérisé non relu

VOS DISCOURS SUR I.ES SÉVQMITTONS

font pas remonter à trois cents ans pins haut les premiers vestiges de leur réunion en corpsde peuples. Nous n’avous de l’histoire de l’Asie occidentale que quelques extraits contradictoires, qui ne vont avec un peu de suite qu'à vingt cinq siècles ', et en admettant ce qu’on en rapporte de plus ancien avec quelques détails historiques, on s’élèverait à peine à quarante \

Le premier historien profane dont il nous reste des ouvrages, Hérodote, n’a pas deux mille trois cents ans d’ancienneté \ Les historiens antérieurs qu’il a pu consulter ne datent pas d'un siècle avant lui 4 . On peut même juger de ce qu’ils étaient par les extravagances qui nous restent, extraites d’Aristée de Proconnèse et de quelques autres.

Avant eux on n’avait que des poètes ; et Homère, le plus ancien que l’on possède, Homère, le maître et le modèle éternel de tout l’Occident, n’a précédé notre âge que de deux mille sept cents ou deux mille huit cents ans.

Quand ces premiers historiens parient des anciens événements, soit de leur nation, soit des uations voisines, ils ne citent que des traditions orales et non des ouvrages publics. Ce n’est que longtemps après eux que l’on a donné de prétendus extraits des annales égyptiennes, phéniciennes et babyloniennes. Béros n’écrivit que sous le règne de Seleucus Nicator, Hiéronyme que sous celui

' A Cyrus, environ six cent cinquante ans avant Jésus-Christ.

’ A Ninus, environ «leux mille trois cent quarante-lmit ans avant Jésus-Christ, selon Ctésias et ceux qui l’ont suivi; mais seulement mille «leux cent cinquante, scion Volney , d’après Héro«lole.

3 Hérôdote vivait quatre cent quarante ans avant Jésus-Christ.

> Cadmus, l’hérécyde, Aristéede Proconnèse , Actisilaüs , Hècatée «le Milet, Charon de Lampsaque, etc. Voyez Vossitis, de Hhfnr. Græc., lit». I , et surtout son quatrième livre. ,

DE LA SLJftFÀÇE DIT GLOBE. . f09

d’Autiochus Soter, et Manethon que sous le règne de Ptolémée Philadelphe. ils sont tous les trois seulement du troisième siècle avant Jésus-Christ.

Que Sanchoniaton soit un auteur véritable ou supposé, on ne le connaissait point avant que Philon de Byblos en eût publié uue traduction , sous Adrien, dans le second siècle après Jésus-Christ; et quand on l'aurait connu, l’on n’y aurait trouvé pour les premiers temps, comme dans tous les auteurs de cette espèce, qu’une théogonie puérile, ou une métaphysique tellement déguisée sous des allégories, qu’elle en est méconnaissable.

Un seul peuple nous a conservé des annales écrites en prose avant l’époque deCyrus ; c’est le peuple juif.

La partie de l’Ancien Testament que l’on nomme le Ventalcuque existe sous sa forme actuelle au moins depuis le schisme de Jéroboam , puisque les Samaritains la reçoivent comme les Juifs, c’est-à-dire qu’elle a maintenant à coup sûr plus de deux mille huit cents ans.

Il n’y a nulle raison pour ne pas attribuer la rédaction • de la Gencse h Moïse lui-même, ce qui la ferait remonter à cinq cents ans plus haut, à trente-trois siècles; et il suffit de la lire pour s’apercevoir qu’elle a été composée en partie avec des morceaux d’ouvrages antérieurs : on ne peut donc aucunement douter que ce ne soit l’écrit le plus ancien dont notre Occident soit en possession.

Or, cet ouvrage et tous ceux qui ont été faits depuis, quelque étrangers que leurs auteurs fussent et à Moïse et à son peuple, nous présentent les nations des bords de la Méditerranée comme nouvelles; ils nous les montrent encore demi-sauvages quelques siècles auparavant; bien plus, ils nous parlent tous d’une catastrophe générale, d'une irruption des eaux, qui occasionna une régénération

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