‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 30 sur 50 · DISCOURS SUR IÆS RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR IÆS RÉVOLUTIONS

dia treize ans parmi eux, aurait porté en Grèce une astronomie plus parfaite, des cartes du ciel moins grossières, plus cohérentes dans leurs diverses parties ' ?

Comment la précession n’aurait-elle été connue aux Grecs que par les ouvrages d’Hipparque si elle eût été * consignée dans les registres des Égyptiens , et écrite en caractères si manifestes aux plafonds de leurs temples?

Comment enfin Ptolomée , qui écrivait en Égypte, n’aurait-il daigné se servir d’aucune des observations des Égyptiens*? „ . ..

Il y a plus, c’est qu’flérodote, qui a tant véeu aveceux, ne parle nullement de ces six heures qu’ils ajoutaient à l’année sacrée , ni de celte grande période sothiaque qui en résultait; il dit, au contraire, positivement que les Égyptiens faisant leur année de trois cent soixante-cinq jours, les saisons reviennent au même point , en sorte que de son temps on ne parait pas encore s’étre douté de la nécessité de ce quart de jour a . Thalès, qui avait visité les prêtres d’Égypte moins d’un siècle avant Hérodote, ne fit aussi connaître à ses compatriotes qu’une année de trois cent soixante-èinq jours seulement 4 ; et si l’on réfléchit que les colonies sorties de l’Égypte quatorze ou qujuze cents ans avant Jésus-Christ , les Juifs , les Athéniens, en ont toutes apporté l’année lunaire, ou jugera peut-être que l’unnéede trois cent soixante-cinq jours elle-même n'existait pas encore en Égypte dans ces siècles reculés.

1 Voyez, Sur la grossièreté des déterminations de la sphère d'Eudoxe, M. Delambre, dans le premier tome de son Histoire de V Astronomie ancienne, pag. 1 20 et suivantes.

* Voyez le discours préliminaire de P Histoire de l'Astronomie du moyen âge, par M. Delambre, pag. viij et suivantes.

3 Euler pe , cliap. iv. ' v

4 Uiog. Laerl., lib. i, m Tlialct.

:edbyC

» DE LA SUH'FACB' DU GLOBE.. t47.

Je n'ignore pas que Macrobe 1 * attribue aux Égyptiens une année solaire de trois cent soixante-cinq jours tin quart; mais cet auteur, récent comparativement, et venu longtemps après l’établissement de l’année fixe d’Alexandrie, a pu confondre les époques. Diodore 1 et Strabou 3 ne donnent une telle année qu’aux Thébains : ils ne disent pas qu’elle fût d’un usage général , et eux-mêmes ne sont venus que longtemps après Hérodote.

Ainsi l’année sothiaque , la grande année , a dû être une » -

invention assez récente, puisqu’elle résulte de la comparaison de l’année civile avec cette prétendue année héliaque de Sirîus; et c’est pourquoi il n’en est parlé que dans des ouvrages du second et du troisième siècle après Jésus- Christ 4 , et que le Syncelle seul , dans le neuvième , semble citer Manéthon comme en ayant fait mention.

On prend , malgré qu’on en ait , les mêmes idées de la science astronomique des Chaldéens. Qu’un peuple qui habitait de vastes plaines , sous un ciel toujours pur, ait été porté à observer le cours des astres, même dès l’époque où il était encore nomade , et où les astres seuls pou valent diriger ses courses pendant la nuit, c’est ce qu’il était naturel de penser; mais depuis quand étaient-ils astronomes, et jusqu’où ont-ils poussé l’astronomie? Voilà la question. On veut que Callisthène ait envoyé à Aristote des observations faites par eux , et qui remonteraient à deux mille deux cents ans avant Jésus-Christ. Mais ce fait

1 Saitirna/., lib. i , cap. 15.

1 Bibl'.-, lib.' i, pag. mea 46v / •.

3 Geogr., pag. 102. " . ' ■

4 Voyez, sur la nouveauté probable de cette période, l'excellente dissertation de M. Biot, dans scs Recherches sur plusieurs points de l’astronomie égyptienne •, pag. t iS et suivantes.

i^R' DISCOURS SUR LES KÉVOlimo.\S

n’est rapporté que par Simpliclus ' , à ce qu’il dit d’après Porphyre, et six cents ans après Aristote. Aristote Hilméme n’en a rien dit; aucun, véritable astronome n’en a parlé. Ptolomée ^apporte et emploie dix observations d’éclipses véritablement faites par les Chaldéens; mais elles ne remontent qu’à Nabonassar (sept cent vingt-un ans avant Jésus-Christ); elles sont grossières; le temps n’y est exprimé qu’en heures et en demi-heures, et l’ombre qu’en demis ou en quarts dè diamètre. Cependant, comme elles avaient des dates certaines, les Chaldéens devaient «voir quelque connaissance de la vraie longueur de l’année et quelque moyen de mesurer le temps. Ils paraissent avoir connu la période de dix-huit ans qui ramène les éclipses de lune dans le même ordre, et que la simple inspection de leurs registres devait promptement leur donner; mais il est constant qu’ils ne savaient ni expliquer ni prédire les éclipses de soleil.

C’est pour n ! avoir pas entendu un passage de Josèphe que Cassini et, d’après lui , Bailly ont prétendu y trouver une période luni-solaire de six cents ans qui aurait été connue des. premiers patriarches *.

Ainsi tout porte à croire que cette grande réputation des Chaldéens leur a été faite , à des époques récentes , par les indignes successeurs qui , sous le même nom, vendaient dans tout l’empire romain des horoscopes et des prédictions, et qui, pour se procurer plus de crédit, attri-

1 Voyez M. Delambre, Histoire de l’ Astronomie, tom, l, pag. 212. Voyez aussi son Analyse de Geminus, ibid., pag.2lt. Comparez- la avec les mémoires de M. Idcler sur l’Astronomie des Chaldéens , dans le quatrième tome du Ptolomée de M. Jiahna , pag. 166.

• Voyez Bailly, Histoire de V Astronomie ancienne;. H M. Dc-

larnbre, dans son ouvrage sur le même sujet , tom. J, pag 3. . .

huaient à leurs grossiers ancêtres l'honneur des découvertes des Grecs. ••

Quant aux Indiens, chacun sait que Bailly , croyant que l’époque qui sert de point de départ à quelques-unes de leurs tables astronomiques avait été effectivement observée, a voulu en tirer UDe preuve de la haute antiquité de la science parmi ce peuple, ou du moins chez la nation qui lui aurait légué ses connaissances; mais tout ce système si péniblement conçu tombe de lui-même y, aujourd’hui qu’il est prouvé que cette époque a été adoptée après coup sur des calculs faits en rétrogradant , et dont le résultat était faux - -

M. Bentley a reconnu que les tables de Tirvalour, sur lesquelles portait surtout l’assertion de Bailly, ont dû être calculées vers 1281 de Jésus-Christ (il y a cinq cent quarante ans), etque le Sfurya-Siddhanta , que les brahmes regardent comme leur plus ancien traité scientifique d’astronomie , et qu’ils prétendent révélé depuis plus de vingt millions d’années, ne peut avoir été composé qu’il y a environ sept cent soixante ans \

Des solstices , des équinoxes indiqués dans les Pouranas , et calculés d’après les positions que semblaient leur attribuer les signes du zodiaque iDdien , tels qu’on croyait les connaître, avaient paru d’une antiquité énorme. Une étude plus exacte de ces signes ou nacchatrons a montré

* Voyez Laplace, Exposé du Système du monde, pag. 330; et le mémoire de M. Davis , sur les calculs astronomiques des Indiens , Mèm. de Calcutta, tom. U, pag. 225 de l’édition in-8°.

" 3 Voyez les mémoires de M. Bentley sur l’antiquité du Surya- Siddhanta , Mém. de Calcutta, tom. VI, p. 540 ; et sur les systèmes astronomiques des Indiens, ibld., tom. VIII, page 105 de l’édition in-8°.\ ‘ V

1 • * - • ia.

i ÔO DISCOURS S U B LES BEYOLUTIONS

récemment à M. de Paravey qu’il ne s’agit que de solstices de douze cents ans avant Jésus-Christ. Cet auteur avoue en même temps que le lieu de ces solstices est si grossièrement fixé qu’on ne peut répondre de cette détermination à deux ou trois siècles près. Ce sont les mêmes que ceux d’Eudoxe, que ceux de Tchéou-Kong •.

11 est bien avéré que les Indiens n’observent pas, et qu’ils ne possèdent aucun des instruments nécessaires pour cela. M. Delambre reconnaît à la vérité 1 , avec Bailly et Legentil, qu’ils ont des procédés de calcul qui, sans prouver l’ancienneté de leur astronomie, en montrent au moins l’originalité * ; et toutefois on ne peut étendre cette conclusion à leur sphère : car, indépendamment de leurs vingt-sept nacchatrons ou maisons lunaires, qui ressemblent beaucoup à celles des Arabes, ils ont au zodiaque les mêmes douze constellations que les Égyptiens, les Chaldéens et les Grecs 3 ; et si l’on s’en rapportait aux assertions de M. Wiiford, leurs constellations extra-zodiacales seraient aussi les mêmes que celles des Grecs, et porteraient des noms qui ne sont que de légères altérations de leurs noms grecs 4 . , ■

1 Mémoires, encore manuscrits, île M. de Paravey sur la sphère de la haute Asie.

1 Voyez le traité approfondi snr l’astronomie des Indiens dans V Histoire de l’Astronomie ancienne de M. Delambre, toni. I, pag. 400 a 556.

3 Voyez le mémoire de sir Will. Jobnes sur l’antiquité du zodiaque indien , Mém. de Calcutta , tom. II , pag. 289 de l’édition in-8 u , et dans la traduction française , tom. II , pag. 332.

4 Voici les propres paroles de M. Wiiford , dans son mémoire sur les témoignages des anciens livres indous touchant l’Égypte et le Nil , Mémoires de Calcutta, tom. III, pag. 433 de l’édition in 8" :

•< Ayant demandé à mon pandit, qui est un savant astronome, de « me désigner dans le ciel la constellation d’Antarmada, il me dirigea

C’est à Yao que l’on attribue ['introduction de l’astronomie à la Chine : il envoya , dit le Chouking , des astronomes vers les quatre points cardinaux de son empire, pour examiner quelles étoiles présidaient aux quatre saisons , et pour régler ce qu’il y avait à faire dans chaque temps de l’année «, comme s’il eût fallu se disperser pour une semblable opération. Environ deux cents ans plus tard, le Chouking parle d’une éclipse de soleil, mais avec des circonstances ridicules, comme dans toutes les fables de cette espèce; car on fait marcher un général et toute l'armée chinoise contre deux astronomes, parce qu’ils ne l’avaient pas bien prédite » ; et l’on sait que plus de deux raille ans après les astronomes chinois n’avaient aucun moyen de prédire exactement les éclipses de soleil. En 1629 de notre ère , lors de leur dispute avec les jésuites, ils ne savaient pas même calculer les ombres.

Les véritables éclipses , rapportées par Confucius dans sa Chronique du royaume de Lou, ne commencent que mille quatre cents ans après celle-là , en 776 avant Jésus- Christ , et à peine un demi-siècle plus haut que celles des Chaldéens rapportées par Ptolomée; tant il est vrai que les

. » aussitôt sur Andromède , que j’avais eu soin de ne pas lui montrer « comme un astérisme qui me serait connu, 11 m’apporta ensuite jun n livre très-rare et très-curieux , en sanscrit, où se trouvait un cha- « pitre particulier sur les Upanacshatras ou constellations extra-zo- « diacales, avec des dessins de Capéya , de Câsyapé assise , tenant une '• fleur de lotus à la main , d’Àntarmada enchaînée avec le poisson » près d’elle, et de Pârasica tenant la tète d'un monstre qu’il avait. « tué , dégouttant de sang et avec des serpents pour cheveux. »

Qui ne reconnaîtrait làPersée, Céphéeet Cassiopée? Maisn’oubliun» pas que ce pandit de M. Wiiford est devenu bien suspect.

* Chouking, pag. 6.et 7. * ’

! Chouking , pag. 66 et suivantes. ' - .

ÎS2 DISCOUBS SUB £gs BÉVÙMmONS

nations échappées en même temps à la destruction sont aussi arrivées vers le même temps, quand les circonstances ont été semblables, à un même degré de civilisation. Or, on croirait , d’après l’identité de nom des astronomes chinois sous différents règnes ( ils paraissent, d’après le Chouking, s’être tous appelés Ht et Ho ), qu’à cette époque reculée leur profession était héréditaire en Chine , comme dans l’Inde, en Égypte et à Babylone.

La seule observation chinoise plus ancienne qui ne porte pas en elle-même la preuve de sa fausseté serait celle de l’ombre faite par Tchéou-Kong vers 1100 avant Jésus-Christ ; encore est-elle au moins assez grossière \

Ainsi nos lecteurs peuvent juger que les inductions tirées- d’une haute perfection de l’astronomie des anciens peuples ne sont pas plus concluantes en faveur de l’excessive antiquité de ces peuples que les témoignages qu’ils se sont rendus à eux-mêmes.

Mais quand cette astronomie aurait été plus parfaite, que prouverait-elle? A-t-on calculé les progrès que devait faire une science dans le sein de nations qui n’en avaient en quelque sorte point d’autres ; chez qui la sérénité du eiel, les besoins de la vie pastorale ou agricole, et la superstition faisaient des astres l’objet de la contemplation, générale ; où des collèges d’hommes les plus respectés étaient chargés de tenir registre des phénomènes intéressants, et d’en transmettre la mémoire; où l'hérédité de la profession faisait què les enfants étaient dès le berceau nourris dans Jes connaissances acquises par leurs pères?

•'Voyez dans 1 & Connaissance des Temps de 1809 , pag. 38-2 , et dans V Histoire dRl’ Astronomie ancienne de M. Delambre, tom. h pag. 391 , l’extrait d’un mémoire du P. Gaubil sur les observations ’ des Chinois. , s • ■

Que parmi les nombreux individus dont l'astronomie était la seule occupation il se soit trouvé un ou deux esprits géométriques, et tout ce que ces peuples ont su a pu se découvrir eu quelques siècles.

Songeons que depuis les Chaldéens la véritable astronomie n’a eu que deux âges , celui de l’école d’Alexandrie, qui a duré quatre cents ans, et le nôtre, qui n’a pas été aussi long. A peine l’ége des Arabes y a-t-il ajouté quel-, que chose. Les autres siècles ont été nuis pour elle. 11 ne s’est pas écoulé trois cents ans entre Copernic et l’auteur de la Mécanique céleste, et l’on veut que les Indiens aient eu besoin de milliers d’années pour arriver à leurs informes théories 1 ? ■ •••-•. - ; ...

Les monuments astronomiques laissés par les anciens ne portent

pas les dates excessivement reculées que l’on a cru y voir.

On a donc eu recours à des arguments d’un autre genre. On a prétendu qu’indépendamment de ce qu’ils ont pu savoir, ces peuples ont laissé des monuments qui portent, par l’état du ciel qu’ils représentent, une date certaine et une date très-reculée ; et les zodiaques sculptés dans deux temples de la haute Égypte parurent il y a quelques années fournir pour cette assertion des preuves tout à fait démonstratives. Ils offrent les mêmes figures des constellations zodiacales que nous employons aujourd’hui, mais distribuées d’une façon particulière. On crut voir

1 Le traducteur anglais de ce discours cite à ce sujet l’exemple du célèbre James Ferguson , qui était berger dans son enfance , et qui , en gardant les troupeaux pendant la nuit, eut de lui-mômo l’idée de se faire une carie céleste, et la dessina peut-être mieux qu’aucun astronome chaldéen. On raconte quelque chose d’assez semblable de Jamerey Durai. - - -

dans cette distribution une représentation de l’état du d«l au moment où l’on avait dessiné ces monuments, et Fon pensa qu’il serait possible d’en conclure la date de la construction des édifices qui les contiennent ■. ' • . -

1 Ainsi à Dendera (l’ancienne Tenty ris), ville au dessous de Thèbes, dans le portique du grand temple dont l’entrée regarde le nord^*), on voit an plafond les signes du zodiaquo marcltant sur deux liandes, dont l’une est le long du côté oriental et l’autre du côté opposé : elles sont embrassées chacune par une figure de femme aussi longue qu’elles, dont les pieds sont vers l’entrée, la tête et les bras vers le fond du portique : par conséquent lès pieds sont an nord et les tètes au sud.

Le Lion est à la tète de la bande qui est à l’occident ; il se dirige vers le nord ou vers les pieds de la figure de femme, et il a lui-même les ' pieds vers le mur oriental. La Vierge , la Balance , le Scorpion , le Sa- gittaire et le Capricorne, le suivent, marchant sur une même ligne.

Ce dernier se trouve vers le fond du portique et près des mains et do la tête de la grande ligure de femme. Les signes de la bain le orientale commencent à l’extrémité où ceux de l’autre bande finissent, et se dirigent par conséquent vers le fond du portique ou vers les bras de la grande figure. Ils ont les pieds vers le mur latéral de leur côté , et les têtes en sens contraire de celles de la bande opposée. Le Verseau marche le premier, suivi des Poissons, du Bélier, du Taureau, des Gémeaux. Le dernier de la série, qui est le Cancer ou plutôt le Scarabée , car c’est par cet insecte que le Cancer des Grecs est remplacé dans les zodiaques d’Égypte, est jeté de côté sur les jambes de la grande figure. A la place qu’il aurait dû occuper est un globe posé sur le sommet d’une pyramide composée de petits triangles qui représentent des espèces de rayons, et devant la base de laquelle est une grande tête de femme avec deux petites cornes. Un second Scarabée est placé de côté et en travers sur la première bande, dans l’angle que les pieds de la grande figure forment avec le corps et en avant de l’espace où marche le Lion , lequel est un peu en arrière. A l’antre lient de cette môme bande le Capricorne est très-près du fond ou des bras de la grande figure , et sur la bande à gauche le Verseau en est assez éloigné : cependant le Capricorne n’est pas répété comino le

(*) Voyez le Grand Ouvrage sur l’Égypte , Jnliquitcs , vol. IV, pl. XX»

Mais pour eu venir à la haute antiquité que l’on prétendait en déduire, il fallut supposer premièrement que leur division avait un rapport déterminé avec un certain état du ciel , dépendant de la précession des équinoxes,

Cancer, La division de ce zodiaque dès l’entrée se fait donc entre le Lion et le Cancer ; ou , si l’on pense que. la répétition du Scarabée marque nue division du signe, elle a lieu dans le Cancer lui-même; mais celle du fond se fait entre le Capricorne et le Verseau.

Dans une des salles intérieures du même temple était un planisphère circulaire inscrit dans un carré, celui-là même qui a été apporté a Paris par M. Lelorrain , et que l’on voit à la Bibliothèque du Roi.

On y remarque aussi les signes du zodiaque parmi beaucoup d’autres ligures qui paraissent rqirésenter des constellations (*).

Le Lion y répond à l’une des diagonales du carré ; la Vierge, qui le suit, répond à une ligne perpendiculaire qui est dirigée vers l’orient ; les autres signes marchent dans l’ordre connu jusqu’au Cancer, qui, / au lieu de compléter la chaîne en répondant au niveau du Lion, est placé au-dessus de lui , plus près du centre du cercle, en sorte que les 1 signes sont sur une ligne un peu spirale.

Ce Cancer, eu plutôt ce Scarabée, marche en sens contraire des autres signes. Les Gémeaux répondent au nord , le Sagittaire au midi et. les Poissons à l’orient, mais pas très-exactement. Au côté orientai de ce planisphère est une grande figure de femme , la tôte dirigée vers le midi et les pieds vers le nord , comme celle du portique.

On pourrait donc aussi élever quelque doute sur le jmint de ce second zodiaque où il faudrait commencer la série des signes. Suivant que l’on prendra une des perpendiculaires ou une des diagonales, ou l’endroit où une partie de la série passe sur l’autre partie, on le jugera divisé au Lion , ou bien entre le Lion et le Cancer , ou bien enfin aux Gémeaux.

A Esné ( l'ancienne Lalopolis ), ville placée au dessus de Tlièbcs, il y a des zodiaques aux plafonds de deux temples différents.

Celui du grand temple, dont l’entrée regarde le levant, est sur deux bandes contiguës et parallèles l’une à l’autre le long du côté sud du plafond "(**). •

(•) Voyez, le Grand Ouvrage sur l’Égypte, Antiquités , voî. IV, pl. XXI.

(**) Voyez le Grand Ouvrage sur l’Égypte, vol. t, pl. LXXtX.

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