DISCOURS SUR 1,KS REVOLUTIONS
qui fait faire aux colures le tour du zodiaque eu viogt-six mille ans ; qu’elle indiquait , par exemple , la position du point solsticial ; et secondement, que l’état du ciel représenté était précisément celui qui avait lieu à l’époque ou le monument a été construit; deux suppositions qui en
Les figures de femmes qui les embrassent ne sont pas sur leur longueur, mais sur leur largeur, en sorte que l’une est en travers près d,e l’entrée ou à l’orient , la tête et les bras vers le nord , et les pieds vers le mur latéral ou vers le sud , et que l’autre est dans le fond du portique, également en travers et regardant la première.
La bande la plus voisine de l’axe du portique ou du nord présente d’abord , du côté de l’entrée ou de l’orient et vers la tête de la figure de femme , le Lion, placé un peu en arrière et marchant vers le fond , les pieds du côté du mur latéral ; derrière le Lion , à l’origine de la bande, sont deux Lions plus petits ; au-devant de 1 ui est le Scarabée, et ensuite les Gémeaux, marchant dans le même sens ; puis le Taureau et le Bélier , et les Poissons , rapprochés les uns des autres , placés en travers sur le milieu de la tonde; le Taureau la tête vers le mur latéral , le Bélier vers l’axe. Le Verseau est plus loin , et reprend la même direction vers le fond que les trois premiers signes.
Sur la tonde la plus voisine du mur latéral et du nord l’on voit d* abord , mais assez loin du mur du fond ou de l’occident , le Capricorne , qui marche en sens contrairé du Verseau , et se dirige vers l’orient ou l’entrée du portique, les pieds tournés vers le mur latéral. Tout près de lui est le Sagittaire, qui répond ainsi aux Poissons et au Bélier. Il marche aussi vers l’entrée ; mais ses pieds sont tournés vers Paxe et en sens contraire de ceux du Capricorne.
A une certaine distance en avant , et près l’un de l’autre , sont le Scorpion et une Femme tenant la balance ; enfin un peu plus en avant, mais encore assez loin de l’extrémité antérieure ou orientale, est la Vierge , qui est précédée d’un sphinx. La Vierge et la Femme qui tient la balance ont aussi les pieds vers le mur , en sorte que le Sagittaire eSl le seul qui soit placé la tête à l'envers des autres signes.
Au nord tPEsné est un petit temple isolé , également dirigé vers l’orient, et dont le portique a encore un zodiaque (*); il est sur deux
{•rvojei le Grsnd Ouvrsge sur l'Égypte, JMiquiKh vq], I, pl. 1.XXXVIL
supposaient eHes-mêœes, comme on voit, un grand nombre d’autres.
En effet, les figures de ces zodiaques sont-etles les constellations, les vrais groupes d’étoiles qui portent aujourd’hui les mêmes noms, ou simplement ce que les astro-
bandes latérales et écartées ; celle qui est le long du côté sud commence par le Lion, qui marche vers le fond ou vers l’occident, les pieds tournés vers le mur ou le sud ; il est précédé du Scarabée , et celui-ci'des Gémeaux marchant dans le même sens. Le Taureau, au contraire , vient à leur rencontre , se dirigeant à l’orient ; mais le Bélier et les Poissons reprennent la direction vers le fond ou vers l’occident. ...
A la bande du côté du nord, le Verseau est près du fond ou de l’occident , marchant vers l’entrée ou l’orient , les pieds tournés vers le mur, précédé du Capricorne et du Sagittaire, qui marchent dans le même sens. Les autres signes sont perdus; mais il est clair que la Vierge devait marcher en tête de cette bande du côté de l’entrée.
Parmi les figures accessoires de ce petit zodiaque on doit remarquer deux béliers ailés placés en travers, l’un entre le Taureau et les Gémeaux , l’autre entre le Scorpion et le Sagittaire , et chacun presque au milieu de sa bande , le second cependant un peu plus avancé vers l’entrée.
On avait pensé d’abord que dans le grand zodiaque d’Esné la division de l’entrée se fait entre la Vierge et le Lion, et eelle du fond entre lés Poissons et le Verseau. Mais M. Hamilton, MM. Jollois et Devjlliers , ont cru voir dans le sphinx qui précède la Vierge une répétition du Lion analogue à celle du Cancer dans le grand zodiaque de Dendera; en sorte que selon eux la division aurait lieu dans le Lion. Kn effet , sans cette explication il n’y aurait que cinq signes d’un côté, et sept de l’autre. . . . . . ^ : . . . ,
Quant an petit zodiaque du nord d’Esné, on ne sait si quelque emblème analogue à ce sphinx s’y trouvait , parce qHe cette partie est détruite (*). r
<•} Hritish Ile vie u\ février t a I T . pag. 138 ; cl à la «uité de la Lettre critique sur la Zodiacomanie , pag. as. . ' - ' -» ' s *
nomes appellent des signes , c’est-à-dire des divisions du zodiaque partant de i’un des colores , quelque place que ce colure occupe?
Le point où l’on a partagé ces zodiaques en deux bandes est-il nécessairement celui d’un solstice?
La division du côté de l’entrée est-elle nécessairement celle du solstice d’été?
Cette divisiou indique-t-elle, même en général, un phénomène dépendant de la précession des équinoxes?
Ne se rapporterait-elle pas à quelque époque dont la rotation serait moindre; par exemple, au moment de l’année tropique où commençait telle ou telle des années sacrées des Égyptiens, lesquelles, étant plus courtes que la véritable année tropique de près de six heures, faisaient le tour du zodiaque en mille cinq cent huit ans?
Enfin , quelque sens qu’elle ait eu , a-t-on voulu marquer par-là le temps où le zodiaque a été sculpté, ou celui où le temple a été construit? N’a t-on pas eu l’idée de rappeler un état antérieur du ciel à quelque époque intéressante pour la religion , soit qu’on l’ait observé ou qu’on l’ait conclu par un calcul rétrograde?
D’après le seul énoncé de pareilles questions , on doit sentir tout ce qu’elles avaient de compliqué, et combien la solution quelconque que l’ou aurait adoptée devait être sujette àcontroverse et peu susceptible de servir elle-même de preuve solide à la solution d’un autre problème , tel que l’antiquité de la nation égyptienne. Aussi peut-on dire que parmi ceux qui essayèrent de tirer de ces données une date, il s’éleva autant d’opinions qu’ii y eut d’auteurs.
Le savant astronome M. Burkard, d’après un premier aperçu, jugea qu’à Dendera le solstice est dans le Lion, par conséquent de deux signes moins reculé qu’aujour-
d'hui , et que te temple a au moins quatre mille ans
Il en donnait en même temps sept mille à celui d’Esné, sans que l’on sache trop comment il entendait faire accor- - der ces nombres avec ce que l’on counaît de la précession des équinoxes.
Feu Lalande, voyant que le Cancer était répété sur les deux bandes, imagina que le solstice passait au milieu de cette constellation; mais comme c’était ce qui avaitiieu dans la sphère d’Eudoxe, il conclut que quelque Grec ' pouvait avoir représenté cette sphère au plafond d’un temple égyptien, sans savoir qu’il représentait un état du ciel qui depuis longtemps n’existait plus 1 . C’était, comme on volt, une conséquence bien contraire à celle de M. Burkard. , ■, ■
Dupuis, le premier, crut nécessaire de chercher des preuves de cette idée , en quelque sorte adoptée de con* fiance , qu’il s’agissait du solstice ; il les vit, pour le grand zodiaque de Dendera, dans ce globe au sommet de la pyramide, et dans plusieurs emblèmes placés près de différents signes, et qui tantôt, selon d’anciens auteurs, comme Plutarque, Horus-Apollo ou Clément d’Alexandrie, tantôt selon ses propres conjectures , devaient représenter des phénomènes qui auraient été réellement ceux des saisons affectées à chaque signe.
Du reste, il soutient que cet état du ciel donne la date du monument, et que l’on avait à Dendera l’original et non pas une copie de la sphère d’Eudoxe, ce qui le conduisit à mille quatre cent soixante-huit ans avant Jésus Christ , au règne de Sésostris.
' Description des pyramides de Gizé, par M. Grobert, page U7.
1 Connaissance des Temps pour l’an xiv.