‹ Discovrs de l'estat et des grandevers de IesvsChapitre 9 sur 12 · AV ROY · texte numérisé non relu

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par vos inuentions ordinaires, comme le Roy fait la paix en la guerre par sa douceur extraordinaire ? Changez d'humeur et d'espHt , Messieurs :et prosternez aux pieds du Roy , receuez la paix de sa bonté Royale : Receuez la paix de sa Clémence, et non de vostrepuissance : Receuez la paix auecvn Esprit de paix et d'obéissance. Et voyez que ce Prince estvne fleur de la branche Royale, espanoûye en nos jours, et vne perle de la rosée du Ciel , de la rosée de ce grand sainct Loiiys dont il porte le nom, l'innocence et le Sceptre. Ce Prince vous doit estre vénérable par sa bonté, etredoutable par sa puissance. Car Dieu qui a mis en son cœur la douceur pour vous supporter, a mis en son bras la puissance pour vous confondre. Et le Roy porte en sa main l'anneau de Giges, pour rendre vostre Esglise de visible inuisible. C'est vous qui nous apprenez ces deux sortes d'Eglise, visible et inuisible, et selon vos principes , ce ne sont pas des métaux si esloignez, qu'il ne se trouue aisément vn Mercure commun, qui les puisse allier : et il ne faut pas désormais vser d'vne grande Alchimw, pour transformer V Estât présent et visible de vostre Eglise, en son Estât premier et inuisible. Estât inuisible, qui est propre et naturel à vostre Eglise, et duquel elle est en possession il y a seize cents ans : Possession publiée par vous, recognuë de nous, aduouéedetous, et non enuiée de personne. C'est son Estât ancien et ordinaire, Estât en sa longue durée fauorable à la France : car depuis douze cents atis

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que florit nostre Monarchie, elle ne s* en plaint point du tout. Au lieu que cet Estât, présent et visible de vostre Eglise, est tout nouueau, et extraordinaire à vostre Eglise, et fort dommageable à la France: Car il n'est que depuis quatre-vingts ans : Et du depuis elle ne voit, Que schisme et diuision, Que guerres et embrazements; Que ruines et saccagements. Vous naissez en nos jours; et vous naissez en coniurant. Vous croissez en combattant. Vous expirez en ruinant, et nous n'auons presque point de marquas plus expresses de vostre visibilité, que les marques sensibles du mystère de vostre iniquité. Heureux et glorieux, qui pour le bien de vos Ames, fera rentrer vostre Eglise dam ce premier séjour de son antiquité, dans ce cahos de son inuisibilité ! Heureux qui fera viure vos cercles, vos assemblées et vos ministres sous l'Empire et les Loix de l'Eglise inuir sible : etq ui les fera viure , des pensions et décimes de l'Eglise inuisible, comme ils veulent vous faire viure en la terre, de la Foy et conduitte de l'Eglise inuisible l

Mais j'a^y peur, SIRE, de presser par trop ces esprits difficiles , et de les irriter, comme si nous vourlions la mort du pécheur : Au lieu que leur parlant de la sorte , nous ne voulons que la mort de leur erreur; et nous ne souhaittons, sinon qu'ils se conuer tissent, et viuent tranquillement sur la terre, et glorieusement dans les Cieux. C'est l'esprit de l'Eglise, accoustumée dés son berceau â répand/re son

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sang, et non à répandre le sang d'autruy. C'est la voix de l'Eglise, qui employé ses clameurs pour la conuersion des pécheurs, à l'exemple de son Espoux etsonSauueur, quipriepourceux quilepersecutent. Par sa conduitte nous prions pour eux, et nous ne respirons que le salut de leurs âmes, le bonheur de la France, la grandeur de V. M. à laquelle ie m'addresse de nouueau, la suppliant de considérer, Qve les Roys n'ont point de plus glorieux ornement de leur grandeur, que la Pieté; ny leur Estât de plus ferme appuy, que la Religion. Que Dieu vous a fait Roy envnEstatsi grand et si florissant, qu'ilestl'ornement de l'Vniuers, la gloire de l'Europe, et la défense de la Chrestienté. Que cet Estât si grand et sipuissant, est V Estât qui a le plus duré en sa Monarchie; et que Dieu a suscité en V Vniuers aupremier déchet et débris de l'Empire, comme pour estre la resource de l'Empire. Et aussi entre toits les Eslats de l'Europe, ilestlepremierquiadonnéen Occident, des Empereurs au monde. Que toute la Chrestienté aies yeux ouuerts sur Vostre Majesté, et attend des merueilles de vostre Pieté : Et vous voyant auoir succédé comme miraculeusement à de si grands Estais, se promet que vous restituerez la paix et la tranquillité à V Estât de Dieu, qui est son Eglise. Il y a soixante ans que l'heresie agite la Nacelle de l'Eglise, et esbranle mesme les fondements d'vn Estât si florissant comme le vostre; et tend à y esteindre le gouuernement de la Monarchie, Tout le bien qui se consomme

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et se pille sous ce prétexte, c'est le nerf de ooslre uuthorité: le sang qui se respand, c/est le sang de vos enfante : les Villes qui se destruisent, sont les Parcs des troupeaux que Dieu vous a commis. Il est temps de pourueoir à vn mal si grand et si furieux, qui jettesonvenin et sa fureur sur toutes lesparties nobles de cet Estai menacé de ruine. Car Vheresie est vn corps, qui esbranle, qui agite, qui infecte tous les corps de la France. Le Clergé en est ruiné, la Noblesse violée, le peuple foulé. Les Spagiriques en lu nature, par la recherche des sy m pâlies et anlipaties , trouu&nt les dissoluans de tous les corps naturels, quelque solidité qu'ils agent, et en tiennent aisément à bout, auec quelques petites grenues; et une simple rosée. Les Spagiriques en V Estât, trouueronl aisément ledissoluant de ce corps furieux et factieux, qui agile toutes lesparties de V Estât, et qui blesse à mort tous les corps de la France. C'est à quoy vostre Majesté dpilpenseï* : c'est à quoy son Conseil la doit seruir : c'est à quoy vostre Grandeur et Pieté se doit appliquer. Et vous deuezestrevn Alexandre, regardant le Ciel et la Terre tout ensemble : Ce qui est impossible en la Nature, mais facile en la Grâce. Aussi c'estoitl' art de peinture qui donnoit cettegracc. au paur trait d'Alexandre ; et l'art du sainct Esprit et la conduitte de sa grâce, le vous donnera; et vous fera regarder d'vn œil la Terre, pour la régir; et d'vn autre le Ciel, pour en tirer secours, et y prendre la conduite de oostre dignité Royale, comme elle y

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prend son origine. Viuez et régnez ainsi. Régnez pour IESVS-CHRIST, comme vous régnez par IESVS-CHRIST. Sousmettez vostre pouuoir à son Empire f et referez-le à son seruice. Consacrez vostre Diadème à sa Croix triomphante et victorieuse. E 'tau temps ordonné par sa Sapience, il vous fera Roy auec luy dans les Cieux; vous conduisant de grandeur en grandeur, desgrandeurs de la Terre aux grandeurs du Ciel : Et à cette Couronne temporelie que vous portez, il substituera la Couronne Eternelle. Voila l'vsage légitime, et la fin digne de la qualité Royale : Qualité périssable en la Terre, mais immortelle sur les Cieux, où vous deuez aspirer par vos actions Royales. C'est le vouloir et le conseil de Dieu sur vous, qui vous a oinct et sacré sur son peuple. Ce sont les vceus, qu'offre dedans le Ciel, deuant l'Autel de VAigneau immaculé, celuy duquel vous auez le Nom et le Sceptre. Et ce sont les désirs et les vœusenla terre de tous vos sujets, qui vous aiment et reuerent, comme leur Prince; et vous souhaitten t à l'exemple des premiers Chr es tiens, et à bien meilleurs Tiltres : Vn Empire asseuré : Des armes victorieuses : Vn peuple obéissant : Vn Conseil fidelle : Vn Estât pacifique : Vne vie longue : Vne maison tranquille : Vne lignée heureuse. Et ce quipasse les bornes de tout ce que le sens humain peut souhaitter d'heureux à vostre Grandeur, et est vrayement digne de la pieté et religion Chrestienne; Vne assistance de Dieu , qui vous

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conduise par la main ; et vous face passer si sainctement par les prosperitez temporelles (car elles ne font que passer) que vous arriuiez heureusement aux prosperitez Eternelles. Ce sont les vœus en particulier de celuy qui est ,

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