TOME I. K
178 SVn L'iOLISB ANGLICANE^
lettre IV. De tout ce qui a été exposé jusqu^ici dans cette letti
il 8*eDSuit clairement^ je pense, que la révélation a
;;randes liimîèresy dont les teois modérés se sout vantés en Thé 0logie^ pense qu'à sa source la doctrine étant plus immédiate, devc^^it être plus certaine et plus pure. Celui-là se persuade au contrai re qn*à j>eine promulguée, la religion a été généralement corrompisse, au point de n'avoir pu recouvrer &a beauté première queseixe sîècl -es après son divin instituteur. I/un saisi de respect et d'amour po^^air les grands modèles de vertus et de science que lui offre en foule la primitive Eglise, tooibe aux pieds de la vénérable et sainte an^^iquité: l'autre indigné de quelques faits miraculeux, ou de quelqu. es opinions qu'il aperçoit ça et là dans les écrits des Pères, et q^^ie personne ne le contraint d'adopter, n'a pas honte de les entacb ^^ de fou^berie ou d'incapacité; il proteste toutefois qu'il les reco- nnoit comme témoins valables, et ne laisse pas de récuser en efl^^^ lautorité de leur témoignage. L'Evêque déclare pieusement qu ^^' leur prêtera toujours une oreille respectueuse, et ne la leur prê "*^ jamais; il reste sourd à leurs instructions, et dans saî vallée d< ténèbres il ne voit, en leurs écrits, ni la messe, ni le sacrifice, ni prière pour les morts, ni la vénération pour les reliques et les image ^» ni l'invocation des Saints, etc. Le docteur en revanche, quoiqi^ ^ plus avant dans la même vallée, a tout vu, tout entendu, tout coir^ ^ pris, mais se donne bien garde de rien croire et de déférer à l'autel ^ rite sur ces articles^
Voilà certainement deux hommes en qui la science abonde : il^ ne s'en accordent pourtant pas mieux* C'est que la science mêm^ égare, si elle n'est entée sur des principes fixes et invariables. Vou^ ne trouveriez jamais chez nous un exemple semblable, tandis que vous en verrez mi!le du mêmt; genre parmi vos docteurs. Cela ne devroit-il pas cniin convaincre les gens sages et modérés de la Réforme, qu'en laissant à chacun le droit déjuger pour lui-même, il y aura toujours autant de diversités dans les opinions que dans les goûts, (1) et que le frein salutaire de l'autorité peut seul dompter
(1) Lv Dr. Middielon en convient en propres termes: " Itîs every niai/s right to judge for bimself, and a différence of opinion is ai natural to us as difterence of tavte, p. 38. l6.
ET LA RBFORMATION EN Giv^KAL. 179
d*abord été enseignée toute entière par la prédication t^tn IV. des Apôtres et des disciples ; que par la suite de leur ministère^ elle a été successivennent et partiellement publiée dans des écrits inspirés ; et qu'ainsi elle a été transmise au monde de deux manières, par paroles et par lettres, c'est-à-dire, par la Tradition et par l'Ecriture, double dépôt originel et sacré de la doctrine chrétienne. L'un, premier en date, et long-tems seul,
rindocilité et la fougue capricieuse de Tesprit humain ! DaiefrO' num indamito animali et impotenti naturœ, ,
Mais si nous devons en croire tous ces Pères, disoit Middletoo, nous voilà nécessairement entraînés au Papisme. Donnez à la doctrine d es Pères tel nom qu'il voug plaira ; appellez-ia Papisme» s'il vous convient. Ne vaut-il pas mieux, n'est-il pas plus bûr d'être Papiste avec lés Augustins, les Jérômes, les Ambroises, les Hilaires, avec les Chrysostômes, les Basiles, les Cyrilles, les Athanases, les Cypriens» les Justins, les Tertulliens, les Ignaces et les Cléments, avec ces hommes apostoliques, ces témoins irréprochables qui ont étonné le monde par leurs vertus, par une fin héroïque ; et ne cessent de l'édifier encore par leurs écrits, que de continuer dans le Protestantisme à la suite de niebsieurs Luther, Calvin, Zwingle, Bè2:e, Knox et Buchanan, ou si vous voulez, de Milords Barlow, Sçory, Coverdale, Hodgskin, Kitchiii, etc. qui ont illustré leurs noms, les uns par leur audace à violer le vœu de leurs premiers engagiiients, les autres par leur s< rvile flexibilité à la volonté des puissances, quelques-uns par des séditions, des guerres, des flots de sang, tous par la révolte contre leur Ë«:lise maternelle, et dont aucun, que je sache, n'a encore été précoui^^é pour une humble et tendre piété, pour la mortification dessius, l'abnégation de spi-mème» pour l'auslérité des mœurs, ou pour une v»- angélique et spirituelle? £n vérité, est-il permis, est-il raisonnable de balancer entre les uns et les autres ? Et n'ai-je point moi-même à rougir jci de me voir contraint de flétrir la mémoire de ces saints illustres par une si in» digne compa raison 1
m Lcttfc IV. fecueîUi d'abord dans les cœurs, dans la mémoire ^ des fidèles, puis consigné peu à peu et en parties dé-
tachées dans les écrits des Pères et les actes des Con« ciles* L^autre, venu plus tard et par dégrés, mais fixé lisiblement sur le papier par les Apôtres, ou leurs disciples, monument durable et divin, qui parlera sans cesse aux yeux, comme à Tesprit et au cœur de tous les fidèles. Le premier, d'un travail plus longvpour nous à rechercher, plus difficile à reconnoître, parce qu'il est épars et diffus dans un plus grand nombre de monuments, et qu'il s'y trouve mêlé à beaucoup d'objets, qui sans être étrangers à la révélation, ne sont pourtant point elle. ' Le second, rempli d'une doctrine toute inspirée, toute céleste, mais quelquefois inaccessible dans ses hauteurs, et comine toute loi écrite, ne pouvant jamais sans interprète, et sans juge, se faire entendre et suivre uniformément. L'Ecriture plus étendue sans comparaison, plus riche, plus précieuse, plus excellente, et néanmoins laissant quelques articles à désirer : la tradition destinée surtout à noua les transmettre ces mêmes articles, en suppléant à ce qui manque dans les livres saints. D'où il suit encore, que s*il étoit permis on convenable de faire un choix entre ces deux dépôts et de les accepter Tun sans l'autre, la préférence seroit due sans aucun doute à celui des Ecri*^ tures: mais que suivant la saine raison, et l'enseignement de Ta sage antiquité, suivant Tordre de St. Paul, ils sont abi^olument inséparables :que l'un nous offrant des articles qui ne sont point dans l'autre, il faut rapproc her et consulter les deux, pour en former un tout et connaître la révélation dans son universalité : qu'au reste, dç« Apôtres venant à nous sur deux lignes parai-
£T LA RicFORMATlON EN GENERAL. 181
lèlés, ils ne sauroient jamais s'embarrasser ou se con- Lettre iv. trarier dans leur marche^ mais qu'ils se prêtent au contraire une aide mutuelle, et s'éclairent réciproquement l'un de l'autre. Enfin que nous devons également, à ce qu'ils contiennent tous les deux, et notre respect et notre soumission, parce que le même esprit, qui a conduit la plume des Apôtres, a aussi dirigé leur langue, et que les paroles sorties de leur bouche ne sont pas moins divines que celles qu'ils ont depuis tracées de leur main.
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