‹ Discussion amicale sur l'éstablissement et la doctrine de l'église anglicane: et en général surChapitre 16 sur 37 · LETTRE V · texte numérisé non relu

LETTRE V

Lettre V. ^ jg lecture de la lettre précédente, il fc sera probablement élevé une difficulté dans votre esprit, je le prévois : Comment s'assurer, aurez-vous dit, que telle ou telle doctrine est vraiment de Tradition Apostolique, que tel article, dont je n'aperçois par des traces suffisantes dans l'Ecriture, a été effectivement enseigné par les Apôtres, et transmis fidèlement d'eux à nous ? Vous allez bientôt le comprendre, je m'en flatte, si vous avez la patience de suivre ce que j'ai à vous exposer, et si je parviens à vous rendre avec clarté les notions dont je vais essayer de vous présenter le développement.

Si chacun de nous étoit chargé de discerner entre plusieurs articles, ceux qui viennent d'une Tradition Apostolique, et ceux qui n'en viennent pas, nous nous trouverions généralement condamnés à un travail qui surpasse nos forces. En effet, la prédication des Apôtrès, celle qu'ils n'ont point écrite, a d'abord étéconfiée uniquement à la mémoire des fidèles, fixée dans le$) Eglises particulières par l'enseignement oral et successif des premiers Evêques, et dans la suite recueillie partiellement et suivant les occasions, dans les écrits des Pères, dans les actes desSvnodes et des Conciles. D'où il résulte, que pour constater que tel ou tel article est deTradition vraiement Apostolique, il nous fau-

ET LA. RëFORMATION EN GÉNÉRAL. 183

droit consulter la croyance des Eglises particulières, ifittv v. examiner soigneusement les actes des Conciles, les écrits volumineux des Pères des Eglises Grecque et l^atine. Qui ne voit que ce travail exige un tems, tine érudition qui le rendent généralement impraticable î II se rencontre à la vérité des hommes d'une capacité, d'une application extraordinaires, et que leur goût, leur inclination portent à ce genre de recherches ; à l'aide des règles de la critique, toutes fondées sur le bon sens, ils balancent, et pèsent les autorités, ils distinguent ce que les Pères enseignent comme docteurs particuliers, de ce qu'ils déposent comme témoins de la croyance, de la pratique de leur tems, et attachent avec discernement les divers degrés de crédibilité qui sont dûs soit à leur enseignement, soit à leur déposi-« tion. On sent assez qu'un travail semblable ne sauroit convenir qu'à un petit nombre : et après tout encore, quelque heureux qu'il soit, il ne mène guères à des résultats incontestables. Il nous faut donc un autre moyen qui nous fasse atteindre tous ensemble avec certitude aux Traditions Apostoliques et divines. Ce moyen, quel est-il ?

Souvenez-vous, Monsieur, de ce que nous avons dit

sur l'Ecriture Sainte : nous avons clairement reconnu,

que, vu l'ignorance et l'incapacité des uns, l'orgueil

et l'entêtement des autres, l'autorité d'un interprète,

d'un juge infaillible étoit absolument nécessaire pour

faire connottre et adopter uniformément les dogmes

que l'Ecriture enferme. Il eu faut dire autant, et

encore à meilleur droit, de la Tradition. Le même

juge, le même interprète qui nous ouvre le sens des

livres divins, nous manifeste aussi celui de la Tradition.

184 9UR Lr*SGUSE ANGLICANE,

^^^*^^' Or ce juge, cet interprète, je dois vous le redire ici, est le corps enseignant de TEglise, les Evêques réunis dans le même sentiment, au moins en grande majorité. Cest à ceux que dans la personne des Apôtres, ont été ^ faites ces magnifiques promesses : *^ Allez, enseignez^ *^ je suis avec vous : qui vous écoute m'écoute. L'es- " prit de vérité vous fera connoître toute vérité, etc.** Eux seuls ont donc le droit d'er^eigner ce qui est révélé, de déclarer ce qui est dans la parole écrite ou non écrite : eux seuls aussi ont toujours été en pos^ session de Texercer. Les autres ecclésiastiques n*y ont jamais prétendu, quelqu'ait été leur rang, leur dignité, leur science. Ils peuvent être consultés, entendus : il est même convenable qu^ils le soient, et ils l'ont toujours été : car ils forment Je conseil des Evéques^ et leur érudition acquise par de longues études porte la lumière dans les discussions. Mais comme ils n'ont point la plénitude du sacerdoce, ils ne sont point membres du corps éminent, qui a suecédé au collège des Apôtres, et qui avec lui a reçu les promesses. Ils sont donc sans pouvoir, sans autorité pour prononcer : ' leur devoir est d'attendre respectueusement la sentence, et une fois portée de s'y soumettre. Avant la décision, il leur étoit libre et permis de discuter la question en sens contraire, de soutenir leur sentiment avec tout le poids de leur érudition, la force et la chaleur de leur éloquence. Dès que les supérieurs ont prononcé, toutes disputes sont interdites, les discussions sont fermées. Confondus désormais avec les simples et les petits, les plus savants docteurs déposent leurs opinions particulières, confessent bumblepnent qu'ils étoien^ dans Terreur^ et reçoivent le jugement des Evêque^

ET LA RÉFORMATIOK EN céNéRAL 185

jcomme des décrets émanés du ciel. Tel est Tordre Lettre^ de Jésus-Christ, qui ne souÇre dans son Eglise ni or* gueil, ni enflure^ ni opiniâtreté, soit dans les riches^ soit dans les grands, soit dans les érudits du monde. Aussitôt qu'il a parlé par ses ministres, il veut que toutes les têtes, et celles-là même par Torgane desquelles il vient de se faire entendre, il veut, dis-je que toutes les têtes s'humilient également et s'inclinent de niveau devant ses oracles.

Qu'il soit donc posé en principe, qu'aux Evéques appartient exclusivement le droit d'enseigner ce qui a ëté révélé, ou ne l'a point été, c'est-à-dire, ce qui est conforme ou contraire à l'Ecriture et à la Tradition, ou simplement à l'une des deux. Voilà jusqu'où 8*étend. leur autorité, et jamais au-delà. Ils ne peuivent rien ajouter à la Révélation ; ils n'en peuvent rien retrancher: ilse^n sont les interprètes, les juges, non pas les maîtres. En nous enseignant ce que nous avons à croire, ils nous montrât ce qui a toujours été cru : seulement ils rendent la croyance plus explicite et plus claire, là où auparavant elle étoit plus vague, et moins distincte. C'est donc toujours la foi ancienne qu'ils nous proposent : jamais une foi nouvelle qu'ils introduisent. Car la révélation n'est point une œuvre humaine qu'il soit permis de retoucher: elle est sortie toute parfaite de Jésus-Christ: et ses disciples, inspirés par lui, l'ont fidèlement transmise, soit de vive voix, soit par écrit à leurs successeurs, en leur ordonnant de la transmettre avec la même fidélité à ceux qui les remplaceroient.

Ainsi les Evêques,.en succédant au ministère apos* Colique, se trouvent spécialement chargés de conserver

186 SUR L*éGLIS£ ANGLICANE.

Uttw V. TEcriture et la Tradition. Déjà ils avoient passé les années de la etéricature et du sacerdoce à les connottre, à les étudier^ à les méditer. Devenus par TEpiscopat les gardiens et les interprètes de ce double dépôt de la Révélation, ils Tont plus assidûment entre les mains et sous les yeux. S'éiève*t-il quelque doctrine nouvelle,. qui doive bientôt exiger de leur part un jugement dogmatique ? Ils 8*y préparent en redoublant leur application, en consultant alternativement Vun et l^autre dépôt, en les comparant entre eux, en les approfondissant avec tout le soin dont ils sont humainement capables : et certes, quand ils en viendront au jugement, celui qui est toujours avec eux^ et qui doit les , instruire de toute vérité, ne permettra jamais qu'ils s'accordent à donner un sens erronné à la parole écrite^ ou à celle qui ne Test pas. Leur décision commune y sera nécessairement, et toujours conforme, soit qu'ils la tirent de Tune et de l'autre à la fois, soit simplement de l'une des deux. Vous et moi ne l'aurions peut-être aperçue ni dans Tune, ni dans Tautrede ces deux sources. Mais des yeux intérieurement éclairés par un rayon céleste, découvrent avec certitude ce qui échappe à une pénétration, purement humaine. Il ne peut donc plus nous rester de doute sur un dogme quelconque^ dès que le corps enseignant de TEglise a prononcé qu'il a été révélé j)ar Jésus-Christ, c'est-à-dire, qu'il est contenu dans l'Ecriture, ou dans une Tradition Apostolique^ ou dans Tune et l'autre en même tems. Savants et ignorants, la décision est pour tous : non qu'il soit interdit à ceux que leur goût y porte, de chercher les preuves du dogme, soit dans l'Ecriture, ou dans les monumens de la Tradition. Bien loin de là, cette étude leur mé-

ET LA RÉl^ORMATION EN Gàv^RAh. 1S7

ritera des louanges, et nous les rendra recommandables. Lettre T. Déjà même, dirigés et placés sur la Toie par le jugement de l'Eglise, ils en découvriront plus facilement les vestiges et les traces. Mais rien ne nous oblige en général d'entreprendre cet examen laborieux et fatigant. Nos maîtres, nos Pères dans la foi Font fait pour nous. Ils ont ensuite décidé que tel dogme est dans l'Ecriture, que tel autre vient d'une Tradition Apostolique ; ils l'enseignent d'un commun accord : nous le savons ; c'est un fait, il est connu des plus simples : c'est assez pour tous. Tous sont également fondés à recevoir avec la plus ferme confiance un jugement, qui en lui-même est j|e plus impartial, le plus imposant qu'on puisse obtenir sur terre, et que de plus le ciel s'est engagé de porter jusqu'à l'infaillibilité, (l)

Comme cette doctrine vous aété jusqu^ici tout-à-fait étrangère, et qu'elle constitue proprement le caractère distinctif entre l'Eglise Catholique et les sociétés Protestantes, souffrez que je vous l'expose sous un nouveau jour, afin de vous la rendre plus sensible. D'abord, ne perdez point de vue que, suivant toutes nos preuves, la promesse d'infaillibilité faite dans les Apôtres à leurs successeurs ne regarde aucun de ceux-ci personnellement et en particulier, parce que Jésus-Christ ne demeure éternellement avec aucun, nul d'entre-eux n'étant î ni mortel, mais qu'elle s'adresse à tous les successeurs collectivement et en corps. D'où il suit que, si séparément et individuellement ils sont susceptibles d'erreur,

Ql) Rien ne doit être plus vf*iiérab!e en terre que la décision <l*uu véritable Conciie Œcuiuénii^ue. Ltibuitz^ Icltre à Mme. la X)uchessede Brunswick, 2 Juillet, 1694.

Lçttf» V, ils ne sauroient plus Têtre, en vertu de la promesse, dès qu*ils sont réunis : que quelque déférence quVxigent de notre pari leurs opinions personnelles, nous ne de* vons néanmoins le sacrifice de la nôtre, et notre soumission intérieure- qu*à leurs décisions communes : que la vérité devant toujours se trouver dans le consentement général, c*est ce consentement qu'il nous faut connoître et suivre, puîsqu'en le suivant nous ne pouvons nous égarer^ et qu'en ne le suivant pas au contraire^ nous nous égarons certainement, car alors nous sortons de la route et de la ligne que Jésus-Christ nous a tracée; nous nous éloignons des guides qu'il a chargés expressément de nous conduire. Gardons-nous donc de jamais fermef Toreille à leurs voix, de nous départir jamais de leurs instructions uniformes. Dans quelques circonstances que se manifeste leur consentement, dès qu'il nous est connu, dès qu'il est notoire pour nous, il suffit ; notre devoir est d*y adhérer, notre salut de nous y tenir fortement attachés.

Remarquez à présent, je vous prie, qu'un jugement dogmatique peut être rendu en plusieurs manières, mais qu'il ne devient décisif et péremptoire que d'une seule, par le consentement général, ou l'acceptation du corps épiscopal réuni à son chef. Je m'explique sur les deux parties de cette proposition.

Successeurs des Apôtre^ et comme eux gardiens de la foi, les Evêques, par la haute dignité dont ils sont revêtus dans l'Eglise, possèdent exclusivement le droit d'interpréter TEcritare et la Tradition, et de prononcer

d'après Tune et l'autre sur les questions de foi.(l) Une

(1) Episcopunioporlet judicare, iiiterpretari,consecnirc.-y-PoBHi. Rora. iu foL p. 50. — L'Evêque est le seul juge ordinaire diiatiiid

doctrine pernicieuse menace de troubler et d'infecter un diocèse, L'Evêque a le pouvoir et le droit d'assembler son clergé, et après avoir mûrement délibéré avec lui, de prononcer une sentence doctrinale, dès qu'il juge ce moyen convenable et suffisant pour étouffer l'erreur dans son berceau. Arius commençoit à répandre le venin de sa doctrine dans Alexandrie, et déjà il s'étoit gagné des partisans par la subtilité de ses raisons. Le Saint Patriarche, *^ préférant de le ramener par la douceur, à le contraindre par autorité, choisit des prêtres des deux partis, qui soutinssent de part et d'autre leurs raisons en di<^pute réglée, tandis que lui, environné des principaux de son clergé, présidoit comme juge à cette conférence, pour décider le

différent par un jugement solennel Il termina la

dispute, en prononçant la sentence en faveur de ceux qui avoiènt soutenu la Divinité et l'Eternité du Fils de Dieu, et défendit à Arius d'enseigner ou ^' de tenir une opinion qui détruisoit les fondemens de " la religion chrétienne." (l)

Avec combien plus de raison, ce même droit n*appartient il pas éminemment à celui qui préside sur l'Episcopàt tout entier, et qui, du centre de l'unité, où il siège, étend sa surveillance et sa juridiction à toutes les Eglises du monde? Aussi voyons-tious, et même (lès les temps les plus reculés, que la plupart des sen-

Lettfc V.

ce

et

de toute ce qui regarde la Religion : et c'est à lui à décider les quet. fions de foi et de morale, en interprétant la Sainte Ecritnre et en rapportant fidèlement la Tradition des Pères. — Fleury, Institut aa droit Eccl. t. 1, ch. 13.

(1) Maimbourg, Hist.de TArian, t. 1, p. 17 et IV.

190 SUR L* EGLISE ANGLIC49E,

LHtreV. tences dogmatiques ont pris naissance de cette chaire principale, d'où part le rayon du gouvernement, suivant une expression aussi juste que brillante. (1) Si vous considérez d*une part cette vigilance toujours active que le Vicaire de Jésus-Christ exerce sur toutes les Eglises, de l'autre ces avertisseniens que, dans les causes majeures, chaque Evêqtte tient à devoir de lui I adresser, vous concevrez aisément que rien d'essentiel en Religion ne sauroit échapper à sa connoissance, riea dimportant se remuer aux extrémités les plus éloignées, qu^il ne retentisse bientôt au centre. Dès-lors^ sans donner à l'erreur le tems de s'accroître, sans attendre que les Ëvêques puissent s'assembler en. concile, le premier Pasteur va au-devant du mal^ signale Thérésie naissante, la condamne solennellement, et lui oppose aux yeux dé l'univers la Tradition toujours pure et indéfectible du Saint-Siège.

Nous apprenons aussi par l'histoire ée l'Eglise^ que très-fréquemment les Evêques d'une province ou d'un empire se sont réunis em conciles particuliers, et que là, pour remédier aux atteintes portées contre la foi, ils ont proscrit les opinions erronées et enseigné la vraie doctrine de la Révélation dans leurs décrets dogmatiques.

Voilà donc des $c«ntences doctrinales rendues de trois manières diverses, ou parties de trois tribunaux di£fé-* rents. Chacune d.e ces sentences a une autorit^^ proportionnelle et qui iui est propre, celle du tribunal dont elle est émanée ; aucune pourtant n'est encore décisive

(1) Sermon sur l'Unité.

ST LA RÉFORMATIOK £K eiN&RAL* 19 1

et péremptoire, mais toutes peuvent le devenir par ^'«'^v. Facceptation. Car si le décret du concile particulier, celui du Souverain Poiitife, et même celui d'un seul Evêque se trouvent reçus et généralement approuvés par les Evêques dispersés dans la Catholicité, et à la tétç de tous, par le Pape, alors ils deviennent les décrets de TEglise universelle : Tacceptation commune y attache le sceau de l'infaillibilité et les range dorénavant parmi les articles de foi.

Il se rencontre enfin des occasions moins fréquentes^ maïs plus graves, plus solennelles, où l'Eglise explique et fait entendre son enseignement de la façon la plus imposante et la plus illustre. Par exemple une doc* trine pernicieuse, après avoir infesté les pays où elle a pris naissance, gagne les nations voisines, se propage dans les contrées plus éloigri*ées, et menace encore de pousser au-delà ses ravages. Une peste générale exige un remède qui le soit aussi : de toutes les parties du monde, à la demande des Souverains ou de leur agrément, les Evêques sont convoqués par le Chef de l'Eglise : ils frappent d'anathème les novateurs et leurs opinions ; et pour fixer dans la foi ceux qui l'ont jusqu^ici professée, et y ramener ceux qui s'en sont laissé égarer, ils proclament à l'univers ce que Jésus-Christ lui a révélé. Je n'entre point avec vous dans les questions qui se traitent parmi les théologiens sur les conditions requises pour constituer ces conciles, appelés généraux malgré la foible minorité des Evêques qui les composent, en comparaison du ceux qui n'y assistent point. Ce qui est incontestable et avoué, c'est que l'acceptation des décrets publiés donne à ces conciles la preuve éclatante de leur œcuménicité, et met ainsi

Lettre Vi hors de doute et en évidence Finfaillibilité de leur eo* seignement.

Je pourrois justifier les principes que je viens de vous exposer^ par le témoignage d'une foule de Docteurs. Je ne vous en citerai qu'un seul^ celui qui fut la lumière de son siècle, et le sera des siècles à venir* '* La dernière marque qu^on peut avoir que ce concile ^* ou cette assemblée représente véritablement TEglise '* Catholique, c'est lorsque tout le corps de TEpisoopat, ^' et toute la société qui fait profession d'en recevoir les instructions, l'approuve et le reçoit : c'est là, disje, le dernier sceau de l'autorité de ce concile, et de '' l'infaillibilité de ses décrets." (1) " Le Concile d'O- *^ range, dont il e$t fait jnention dans la réponse, '* n'étoit rien moins qu'universel. Il contenoit des chapitres que le Pape avoit envoyés. A peine y avoit-'il douze ou treize. Evéques dans ce concile. " Mais parce qu'il est reçu sans contestation, on n'en '^ rejette non plus les décisions que celles du Concile de Nicée : pafxe que tout dépend du consentement L'auteur mêaiede la réponse (Leibnitz ou Molanus) *^ reconnoît cette vérité, que tout dépend de la certi- ^' tude du consentement. Le nombre ne fait rien, dit-il, *' quand le conseiïtement est notoire." — " Il n'y avoit " que peu d'Evêques d'Occident dans le Concile de ^^ Nicée : il n'y en avait aucun dans celui de Constantin *' nople : il n'y avoit dans celui d'Ephèse et dans celui *^ de Calcédoine que les seuls Légats du Pape : et ainsi

(\) Rf|>ouse (ie INl. Bossuet à plusieurs lettres de M. Leibnitx: lettre 2Ce, p. 115, vol. XI, édit. ii]-4to. 1/78.

ET LA r£F0RMATI0N EN g£n^KAL, 103

*^ des autres. Mais parce que tout le monde consentoit Lettrt v. *^ ou a consenti après, ces décrets sont les décrets de *^>^

" tout Tunivers. Si Ton veut remonter plus baut^ ^^ Paul de Samosathe n'est condamné que par un con- *^ cile particulier tenu à Antioche : mais parce que le " décret en a été adressé à tous les Evéques du monde^ et qu'il en a été reçu (car (fest là qu^est toute la forcCy et sans cela, l'adresse ne serviroit de rien), " ce décret est inébranlable." (l)'

(1) Ibid, p. 120, 12'.

Et encore dans la défense du Clergé de France, Hv. 8, ch. 5. Après la dissolution du premier Concile de Coustautinople, le Pape Damase assista eu personne à celui de« Rome célébré par les Occi* dentauxy qui rendirent œcuménique le Concile de C. P. en con» êeniant i ses décrets. — Et au ch. ôe. du même livre. — Je trouve à-peu-près la même chose dans une des lettres circulaires, écrites après le Concile de Calcédoine. Eu voici les paroles : ** Presque " tous les Evèques d'Occident d'un commun accord, et avec eux le ^ " St. Archevêque de Rome (St. Léon), ont confirmé de vivé-voix et *' par écrit les décisions des Saints Pères assemblés à Calcédoine.'' Et encore au ch. 9, il cite ces paroles du Pape Gélase : " Un concile Gétsa. EdkL c' Illégitime n'est ni reçu de toute l'Eglise, ni approuvé spécialement D|^ ^ <' par le St. Siège : au lieu qu'un Concile légitime est reçu de toute •* TEgKse, et spécialement approuvé par le St.-Siége." Ainsi il faut que rapprobati«u de l'Eglise principale paroisse avec plus de distinction, il est vrai, que celle des autres Eglises : mais il n'en est pas moins nécessaire que le consentement de toute l'Eglise intervienne. — Le consentement du St. S^ege ou, si vous voulez, sa confirmation, jointe à l'approbation de l'Eglise universelle, forme donc

le témoignage final de la canonicité d'un concile Ce témoignage

général n'est pas seulement propre à confondre les interprétations malignes, mais aussi quelquefois à lever les difficultés des plus gens Je bien .qui, quoique; convaincus de l'infaillibilité des conciles

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