‹ Discussion amicale sur l'éstablissement et la doctrine de l'église anglicane: et en général surChapitre 17 sur 37 · TOME I. O · texte numérisé non relu

TOME I. O

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t«ttMy. ** yàî fort bie» saisi votre théorie^ répliqacz-¥OUî: ^^ 6t peut-^tre vous serort-r^ raoim diâieile de me la ^ perdudder4 qvie de I» faire adopter » un grand Bombre ^ de vos Catbolkjeres. J*ai voyagé autrefois en Italie; '^ j*ai questionne quelques docteora de cette contre, et ^^ les af entendu raisonner bien autrement sur cette ^* matière. Ils maintenoieiit, eux, que Flnfaîllibilité) ^^ selon, vonsf accordée au corps épiscopal, était l'ap- ^^ panage personnel dn Vicaire de Jésu^-Cbrist ; et peu " s'en falloit qu'ils ne traitassent d*hérésie l'opinion *^ contraire des Gallicans. Vous voilà donc en guerre ^' intestine entre vous sur un article très-important. ** Car il ne vous suffit pas de croire que TEglise ait été ^ mise par notre Divin Légistateur en possession d'une .^^ si haute prérogative ; il faut encore que vous sachiez ^ dans quelle partie de l'Ëglise réside cette possession. ** Si c'étoit dans le corps universel des Evéques^ comme ^ il résulteroit de vos preuves, il est inconcevable que " ce corps universel ignore que cette prérogative lui *' appartienne. Et cependant vous en étés encore à ^ savoir dans quelle partie de l'Eglise la fixer, les uns ** la plaçant dans le Souverain Pontife, les autres dans ^ le concile œcuménique, par qui est représenté le ** corps universel des Evêques. Accordez-vous donc " entre vous, s'il vous plaît, avant d'exiger qu^un Fro- " testant se rende à votre o])inion<

œucnméniques, peuvent douter de bonne foi si tel Concile est vrai*

ment œcuniéuique Ainsi nous avons grande raison d'assurer que

le consentement de l'Eglise universeJie, joint à la coufiritiation du Si. Siégé, forme la preuve jCna/f et décisive de rœctnnéofcité d'yi «oacile»

£T LA RéFORBfATIOK EN GJBN&RALé 199

Je suis bien aise, Monsieur, que vous me four- l-ettï^v* nissea vous-même l*bccasion de répondre à cette difficulté : vos ministres nous l'ont répétée cent fois : elle est spécieuse, je n'en disconviens pas. Je vais y satisfaire aussi brièvement que possible. 1^. Il est Un point dont les Catholiques de tous les pays tombent d'accord et qui suffit pour que nous puissions tous ensemble rc connoitre l'autorité suprême et infaillible. En efFet^ ceux qui la placent dans le premier des Evêques, soutiennent aussi qu'il ne peut jamais arriver que le grand nombre des Evêques soit séparé de lui. Donc, oîi se • montre visiblement la nqajorité des Evêques, là se trouve l'infaillibilité suivant les uns et les autres; suivant nous qui l'attribuons à cette majorité : suivant eux^ qui enseignent que le Pape n'en peut jamais être séparé dans les décisions solennelles. Donc il est reconnu de part et d'autre que Tinfaillibilité est inséparable, du grand nombre des Pasteurs. 2^ Autre prin-< cipe dont nous convenons avec les partisans de }'infaillibilité papale : ils n'ont nulle peine d'avouer que la majorité des Evêques est infaillible, quand il est unie au successeur de Pierre : et nous en avons encore moins à le proclamer infaillible, quand il est uni à la majorité des Evêques. Ainsi de part et d'autre, la force consiste dans l'union du chef avec les membres : ainsi de part et d'autre, il y a toujours infaillibilité^ où . le grand nombre des Pasteurs est uni à celui qui est à à leur tête. Et de fait, ils sont certainement unis entre eux: de fait, il faut bien qu'ils le soient, il faut bien qu'ils s'accordent sur la même doctrine; autremént^^ ils . .ccsseroient de se regarder comme formant iïn même corps, une seule et même Eglise. Que si jamais il

196 SUR l'église anglicans.

Lettre V. arrivoit, ce qu'à Dieu ne plaise, et ce que nos ©imposants jugent impossible, s*il arrivoit jamais que le grand nombre vînt à se séparer du chef, il faudroit alors que l'un des deux partis adoptât le sentiment de l'autre, pour préserver TEglise du plus grand des malheurs, du schisme.

3^. Er> examinant de près cette dispute si agitée dans les écoles, il paroit qu^elle doit êti'e reléguée parmi les questions spéculatives et oiseuses ; et que dans le fonds l'on revient de part et d'autre au même sentiment. En effet les plus ardents et les j)lus habiles défenseurs de •la prérogative pontificale enseignent qu'une sentence partie de la chaire de St. Pierre ne devient un décret de foi que par Vacceptatîon de F Eglise répandue dans Vunivers. Ils doivent donc raisonner sur les jugemens rendus ex cathedra^ comme nous le faisons tous sur les jugemens rendus par les conciles généraux, dont l'infaillibilité est reconnue par tout Catholique ; et dire avec nous, c'est par lacceptation que nous sommes convaincus qu'un concile est réellement oecuménique ; et c'est par elle également que nous connoissons avec cer* titude que le Pape a prononcé ex cathedra. Ainsi nous accordons-nous tous dans le même principe ; et en dernière analyse, nous attachons de part et d'autre le sceau de l'infaillibilité au consentement universel, (l)

Je ne puis me refuser à vous donner en finissant, la satisfaction de lire votre difficulté et la réponse tracées de main de maître. *^ Les Protestans nous repro-

^ (l) Ce raisoanement est de Bossnet. Voyez Coroll. Defens. Cler. 6raHic. para^. 8, et Dissçrt. praev. parag. 21.

te

ET LA RfiFORMATION EN GENERAL. IQj

** chent que nous mettons dans TEglise une infailli*- Lettre y. '^ bilité à laquelle nous ne pouvons assigner aucun ^^ sujet^ puisque les uns la mettent dans le Pape seul^ *^ les autres dans le concile universel» et les autres dans tout le c©rps de TEglise répandue par toute la terre. Ils ne veulent pas voir que ces sentiments, qu'ils supposent contraires les uns aux autres, s'accordent parfaitement ; puisque ceux qui reconnoissent l'infaillibilité dans le Pape même seul, la reconnoissent à plus forte raison, quand, toute l'Eglise est *^ d'accord avec lui ; et que ceux qui la mettent dans le concile, la mettent à plus forte raison dans l'Eglise que le concile représente. Voici donc la doctrine catholique, parfaitement concordante dans toutes ses parties. L'infaillibilité réside originairement dans le corps de TEglise. D'où il s'ensuit qu'elle réside ** aussi dans le concile qui la représente, et qui la ^ renferme en vertu ; c'est-à-dire dans un concile qui, ^* seportantpubliquement pour œcuménique, demeurei •^ en communion avec toute le reste de l'Eglise, et dont *^ aussi pour cette raison les décisions sont regardées ^- comme celles de tout le corps. Ainsi l'autorité du " concile est établie sur Tautorité et le consentement ** de toute l'Eglise, ou plutôt ce n'est autre chose que *^ cette autorité et ce même consentement.

" Pour le Pape, qui doit prononcer le sentiment ^* commun de toute l'Eglise, lorsqu'elle ne peut s'as- ^* sembler ou qu'elle ne juge pas nécessaire de le faire, ^^ il est bien constant parmi nous que, lorsqu'il pro- ** nonce, ainsi qu'il y est tenu, le sentiment coilimun *^ des Eglises, et que toute l'Eglise consent à son ^^ jugement, c'est en effet le jugement de toute l'Eglise,

198 SUR h EGLISE ANGLICANE,

Lettre V. ^' et par conséquent un jugement infaillible. Ce qu'Oh '^ peut dire de plus au sujet du Pape, n'est ni de foi, ^* ni nécessaire: puisqu'il suffit que TEglise ait un ^^ moyen unanimement reconnu, pour décider les ques- ^^ tions qui diviseroient les fidèles." (1)

(!) Œuvres posthumes de Bossuet, tom 1, p. 217, édit. io 4to.

Les Réformateurs oui attaqué la puissauce exorbitante qui, de leur tems, étoitplus généralement attribuée au Pape dans les choses du ciel et dans celles de la terre. S'ils s'étoient bornés à prouver que ces prétentions étoient nouvelles, qu'elles s'accordoient mal avec Tespiit de l'Evangile, avec la doctrine des Pères, avec celle des Souverains Pontifes les plus saints, les plus illustres, on n'auroit eu qu'à louer leur ^èle pour le maintien des vrais principes. Mais loin de tout esprit de sagesse et de modération, ils se sont déchainés contre le'successeur de St. Pierre avec une grossièreté infâme ; ils ont vomi contre le St. Siège des injures si basses, si dégoûtantes qu'on auroit' ^ honte de les transcrire, et qu'elles auroient dû révolter les honnêtes gens de tous les pays. Ainsi n'auroient jamais parlé des hommes de Dieu. Mais on ne se donne point le ton d'Apôtre, quand on ne Test pas : il faut l'être, pour l'avoir. N'y eût-il d'autre reproche à faire aux Réformateurs ; qui ne jugeroit, à leurs accents d'emportement et de fureur, que Dieu n'a pu susciter, pour réformer soi) Hglise, des hommes brutaux et forcenés, qui profèrent un langage

|de démons^

S'il est permis de juger des sentimeqts des Grecs par un de leurs

écrivains habiles et modérés, voici ce que dit Helias Meniates, Evêque choppement ^^ Zerniza, yersla fin du I7e siècle : "Je tiens la contestation sur ouvrage traduit »• le pouvpir suprême du Pape pour la c^use principale de nos difan^uei, '* visions : c'est le mur de séparation entre les deux Eglises.. .S'il étoit

*' possible de s'entfendre sur ce seul point, il ne seroit pas difficile " d'ajuster les autres, et d'arriver à une réunion parfaite." Se plaçant ensuite entre les Protestais et les Ultra mont ai ns, ce savant homme montre aux premiers que le Pape, loin, d'être l'Antéchrist ' est le successeur légitime de l'Apôtre, et qu'il est à la tête de la hiérarchie de l'Eglise universelle. Contre les seconds, il soutient que

ET LA RëFORMATIO^ mi GÉNÉRAL. 1^

le Pa|)e n*est point un monarque tdut-paissant dans i*£glise, que Lettre V* les Evèques ne tirent point leur autorité dé lui, mais de Jésus- Christ: il accordé volontiers qu'il est le premier entre ses frères, et qu'il occupe au milieu d'eux la première place d'honneur: il soutient encore qu'il n'est ni le leul juge^ ni Fioterprète unique de la Révélation ; qu'il n'est point au-dessus du concile, ni doué du privilège personnel de rinfaillihilité ; mais qu'à r£g1ise universelle appartiennent ces prérogatives, qu'elle est au-dessus dii Pape, avec lé droit déjuger sa conduite: il soutient enfin que Jésus-Christ ne lui a conféré nulle puissance sur le temporel; loin d'avoir rais les sceptres et les couroiiues aux pieds et à la disposition de son Vicaire, qu'il a fait Ëvèque dans son Eglise, et non pas Empereur de l'univers.

Nous disons à nos frères égarés des Eglises Proiestàntes : Jetea avec noua un voile sur \ei injures dont on a couvert indignement la chaire de St. Pierre. Entrez dans les seiitimens des hommes instruits et modérés parmi vous. Déjà vous avez entendu Mélanchton. Cité dans n ^* Il n'y a point de coiïtestatîou sur la supériorité du Pape et l'auto- ^^e™'»^»***» rite des Evèques.... La noriarchie du Pape sèrviroit aussi beaucoup à conserver entre plusieurs nafiofns le consentement dans la ** doctrine." Et n'oubliez pas ce mot de Grotios : '* Que l'Evèque, Votum pi« dit il, préside sUr les prêtres, le Métropolitain sur les Evèques, *****' et par dessus tous, TEvèqùe de Rome. Cet ordre doit toujours rester dans l'Elglise, parce que sa éause r^ste toujours, le danger " du sehisme."

Nous disons à nos frères séparés, les chrétiens de FEglise Grecque: Comment pouvez-vous prolonger un schisme^- le plus funeste des maux» et des crimes le plu^ impardonnable, pour des opinions qu'il vous est loisible de ne point adopter 1 Elles vous semblent inadmissibles, et à nous de même. La foi ne les commanda jamais: combattez-les, vous le pouvez ; mais soyez des n6tres. Il nous suffit presque des concessions que vos savants ont déjà faites. Sans doute ils n'auroient pas refusé le peu qu'il leur restoit à faire. Soyons unis : nous l'avons été pendant neuf siècles consécutifs, et nos Eglises alors étoient l'une et l'autre plus saintes et plus florissantes. Nous disons enfin, avec tout le re^>cct qae Hoos professons pour .nos supérieurs et nos frères des Eglises Ultramoutaines, nous kur &onst Vous^ qui seriez encore imbus des principes #xa|^érés -qui

ISOO SUE L£GU8B AMGLICANC,

{mettre V. dans let siècles modernes ont pris naissance chei wouê, songes à tous les maux qu'ils ont causés à l'Eglise, et qu'au lieu de donne au St. Siège un pouvoir qu'il n'avoit par, ils lui ont fait perdres «selui qu'il avoit réellement ; songez aux calomnies qu'ils ont occa-^ slonnées, aux inquiétudes qu'eu ont souvent conçues les pubsance^ mêmes amies ; songez aux jalousies, aux aversions qu'ils ont nour — ries dans les Etats Protestants, aux prétextes qu'ils fournissent encore aux Eglises Grecques pour entretenir et justifier leuai schisme. Tant et de si puissants motifs ne commandent-ils pas 1^ sacrifice de quelques maximes arbitraires? Direz-yous que, regar-^ dant la question comme n'étant pas encore décidée, il vous est loi-.^ sible, ainsi que dans toute question indécise, de soutenir le^sentS ment que vous préférez ? f^ principe est assurément très-catho^ lique; je n'en veux qu'à son application, que je trouverois u^ aveugle et même repréhensible. Lorsque d'une opinion que^E conque résultent des conséquences funestes à l'Eglise et au sali^ 1 des âmes, la charité, la justice en commandent le sacrifice. Il emM, certain qu'en pressant ces maximes ultramontaines on mettroât éternellement obstacle au retour des communions séparées» Je n'assurerois pas de même que les Grecs se récoociliasseot avec nous, si nous nous entendions tous avec eux sur l'autorité du Pape. Ils le disent, et même les plus fiiits pour donner le ton parmi eux. A les croire, vos assertions seules les retiennent encore à l'écart N'en voilà-t-il pas assez pour vous faire un devoir d'y renoncer! Car, je vous prie, si le premier, le plus impardonnable des crimei est d*enlever les peuples à l'unité, le second ne seroit-il pas de la empêcher d'y revenir? Ne leur rendez donc pas, je vous en conjure, l'accès à la réunion plus difiicile. Mais plutôt essayez de leor en applanir la route. Du moins vous aurez mis les Grecs à Tépreuve ; et l'on verra, dans une afiaire de première importance, û leurs aveux étoient sincères.

Que si, tout intérêt à part, vos opinions vous sembloient tenir de trop près à la foi pour les abandonner; eh bien! jusqu'à ce qoe l'Eglise les ait consacrées en dogmes, gardez les en vous-mèuies. .JEt cependant, ne vous refusez pas de les soumettre à un nouvel «xamen. Prenez seulement en main Bossuet ; pesez ses preuves. Non, nous vous le prédisons avec confiance» vous ne les peserts j^ilit en vain.

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