TOME I. Y
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âS3 Iimt h'iGLnX^ JlMOACAHEf
uetroViir. pote» sans jfiinais décoavrir oe quUb fiant. *' Que »î ^^ Ton demande à nos accusateuray dit Alhénagore^ 8*iis ^ ont vu ce quMls disent, il n'y en aura point d*a88ez
^ impudens pour l'assurer Comment peut-on aocu*
^^ ser de tuer et de manger des hommes, ceux qui ne ^ peuvent, comme Ton sait, souffrir la vue (Tan ^ homme qu'on ftiit mourir même justement ? Ceur ^ qtit, comme nous, ont renoncé aux spectacles da *^ gladiateurs et des bétes, croyant qu'il n'y a gûères ^ de difiërence entre regarder un meurtre et le^om* ^^ mettre?" Vous avez vu Origène justifier le siknce sur les mystères par l'exemple des philosophes, par celui des Grecs et des barbares : vous l'avez vu &ire à son tour on reproche à Celse de décrier l€ secret que gardoient les chrétiens, lorsqu'il ignore lui-même en quoi ce secret consiste. Telles étoient les r^x>n8e8 des- Apologistes ; et telles aussi durent-^Ites être aved notre croyance. Mais dans celle des Réformés, ces réponses deviennent inconcevables, absurdes* Car n'est-ce pas une absurdité d'établir un secret, et tu lien de te rompre par les raisons les pluji fortes, de s'obstifier à h garder, à le justifier, là oii Ton ne voit pourtant rien à cacher? (l)
(1) La vérité m'oblige de dire qu'entre les Apologistes, il en est un pourtant qui n'a point feint de soulever le voile, et d^iposer à la vue le mystère de l'autel, ce même Justin, dans sa première Apologie. Nous tâcherons bientôt de pénétrer le motif qui l'y engagea. Mais puisqu'il a jugé à propos de le faire, qu*a4-îl laissé apercevoir î Qu'a-t-il donné à connoitre 1 II est curieux et cncçre plus important de s'en assurer. Car très-Certainement la doctrine qu'il a découverte étoit celle de r£glise, celle que tons les autres chrétiens ont cachée si soigneusement. La révébtiofl
ET LA R^FORHAtlÙN EU ÔBNERAL. ^03
Disons plu9 encore^ on rejetoit souvent les calamité» Utirt VtA publiques sur les chrétiens^ comme sur une race
qu'il en a fàiite» va trancher entre nons la question, pour on contre* Que la Réforme trioQiphe, il est juste, si l'Apologiste, manifestant ici la doctrine, déclare en termes formels ou équivalens, que I6 pain et le vin bénis par TËvèque étoient reçus par les fidèles uniquement comme signes du corps et du sang de Jésus-Christ absent ; que le pain, sans éprouver aucun changement en Itti-mëme, cessoit pourtant d'être regardé comme aliment ordinaire, parce qu'il étoit offert à Dieu, comme figure emblématique et représentative de sop FJIs. Seroit-ce bien là ce que Justin auroit ditî Ecoutolis-lé, voici les mots essentiels : " Nous apelons cette nourriture £u- *' charistie; et il n*est perrob à personne d'y pairticiper, s'il ne " croît la vérité de notre doctrine, s'il n'a été^lavé pour la remis ** sion des péchés et la nouvelle vie, et s'il ne vit conformément aux préceptes de Jésus-Christ. Car nous ne les prenons pas comme un pain commun et comme un breutage ordinaire. Maïs, *' ainsi que.par la parole de Dieu, Jésus-Christ s'est fait chair, éf a ** pris la chair et le sang pour notre salut : de même la nourriture, *' sanctifiée par la prière de son verbe, devient la chair e.t le sang " du même Jésus-Christ incarné ; elle qui deviendroit notre chair ** et notre sang, par le changement qui arrive à nôtre nourriture*'^ Telle est la doctrine que Justin n'a point fait difficulté de manifes* ter à l'empereur : vous y voyez la parole de Dieu comparée à la prière de Jésus-Christ : même force, même efficace dans l'une et l'autre : par la première Jésus-Christ est incarné ; paf le seconde le pain et le vin deviennent son corps et son sang ; et ce changement n'est pas moins réel que l'avoit été son incarnation. D'où sort ce raisonnement court et décisif. Justin découvre ici ce que les chrétiens cachaient universellement sous le secret. Or ce qu'il découvre est la doctrine Catholique; donc la doctrine Catholique étoit universellement cachée sous le secret des chrétiens. Réfléchissez, je voiis prie, à ce raisonnement : seul il doit vous ouvrir les yeux sur la croyance- que yous cherchez daps la primitive Eglise.
à22 SUR L'ioUSK ANGLICANE^
x«f(itr«vuL 'd^hothmes iiii{He et détestable^ Qu^on les Uvre aux bétes, chrisHanos ad hestias. Ce cri de fureur s*éle-
Mais quel motif put engager TApologiste à l'exposer si ouverte- Wnt» et contre la discipline générale du secret, dont nous oe conpoissons que cette seule exception dans l'histoire? Pour former un jugement exact sur la copduite de J[ustin» il foudroit bien counottre les circonstances et les rapports od il se trouvoit. Je serois porté à regarder cette première Apologie comme un mémoire particulier remis à l'Empereur seul, qui peut-être Tavoit ikit demander aux chrétiens. Je ne serois point arrêté dans ma conjecture par le titre que donne Justin à son écrit, qui porte : Aux Empereurs, au Sénat, au Peuple Romain, ce qui ppuvoît être la formule usitée des requêtes. Dans la seconde Apologie qu'il adresse à Marc-Aurèle et au Sénat, il le supplie de la rendre publique, afin que tout le monde puisse juger les chrétiens. Il ne dit rien de semblable dans là première, ce qui indique assez qu'il n^avoit ni les mêmes vues, ni le même désir. Comme il expose les grands mystères de la Heligion, qu'il étoit défendu de publier, il est à présumer qu'il n'avoit point à craindre la publication, et que son projet n'étoit ni d'ébruiter les mystères, ni d'éventer le secret, mais seulement de les confier ; et à qui ? A un excellent Prince, regardé comme un second Socrates sur le trône. 11 ne paroit pas que le Prince ait trahi sa confiance, en divulguant son mémoire, puisqu'on ne voit point que les Payens aient été mieux instruits en couséquence. Ainsi l'événement auroit justifié l'Apologiste, s'il n'a voulu faire qu'une coofi* dence au seul Antonin, dans l'espoir que cet empereur juste et sensible arrèteroit les poursuites sanglantes contre les chrétiens, dès qu'il auroit appris à les mieux connoitre. Si cette espérance ne fut pas entièrement réalisée, du moins le fut-elle en partie. Soit qu'Antonin ne f)t pas tout ce qu'il pouvoit, ou plutôt qu'il ne pût pas tout ce qu'il auroit voulu, les persécutions ne cessèrent pas eotièremeut, et l'on est fâché pour lui de trouver bi^n des martyrs encore dans les années subséquentes de son règne. Toutefois il est certain qu'il donna des édits favorables aux chrétiens. Plusieurs gouverneurs des provinces lui en ayant écrit, il répondît qu'il ue
ET LA RBFeRMATION EN C£NÊRAL« 329
voit fréquemment dans. Ie$ amphithéâtres : les Empe-» u reurs sévirent Ipng-tems contre eux^ depuis le farouche^" Néron, qui le premier? les frappa du glaivje Çésari^n^^i^ jusqu'à Dioclétien et Liçinius, Ils périrent miséi:a*> blementà Rome^accusés^ mais non convaincus d'ayçir» incendié la ville, et Tacite les en justice en dis^pt' qu'ils périrent plutôt victimes de la haine et de rexé**cration publique^ .dont le principe n'étoit pas moins ^ daps 1^ imputations calomnieuses, que dans Iç re^is» d^ chrétiens de sacrifier aux idoles, et de j^cçr j^ac^le. génie des Empereurs. Les tribuns, les gouv^erneurs. de provinces les appliqiioient à la torture, pour yen. arracher Taveu des qrimes dont ils ^toient accu^^» Justin le témoigne en propres termes, et se plaint ^^ Que, pour aulprUer les calomnies que Ton^ impospife *^ aux chrétiens, on mettoit à la qu^tion^ des esclaiijefl^ «^ des enfans, des femm^, et on leur fs^isoit,8ou£prii^ ^^ des tourmens horribles^ pour extorquer :d!eu^ la ^^ . çonfessioQ^ des incestes et, des repas de chair hun94ine '^idont on accusQi,t lesr chrétiens.**, . I^appelezryifua les fem^mes que .Pline. iote;rrogea de mèpe par^^es. tourments. Rappelez^yous surtout Théroïque pian* dine et Biblis sa pompage : ^^ pes enclaves payt^s^.Lei ^^ . qui servoient des chrétiens, craignant les toûrqiqnsc^ ^^. qu'ils voyoient souffrir aux fidèles, et poussés .par lesj^u
falloit pofnt-les in<f4iîéter».si rjOHAe trouvoît qu'ils entreprissent con^e l'état. Jl écrivit smissî aux villes^ pour leur défendre de troubler les chrétiens, et iipmmémeDt à Lorisse, à Thessalonique, à Atbènes et à tous' les Grées. ' C'est ce qùè témoignent les fabto. r^^s Rlif^ et Eiis^l^^, aîf/si qu^ftléfhM, iSvèqtitéf die Sardes^ dai» rApolo^2^ièV|uiràdi«sssp'eu âp^èïàMiacsA3U!èle;v: .
396 fiUR L*é«LT9fe AnéLiCA¥È,
^hmviij; '« soldats, accusèrent fausseinent Ie»éh retient des ftîstim ^^ de Thiesteet des tnariages d^QBdipe, , • ,et de tout ce . <• ^^ qu'il B*est permis ni de dire, ni de penser, ni inêaie de ^' croire que dés hommes Taient commis. Ces calom-r ^' i^ies étant divulguées, tout le peuple ftit saisi de ^^ fureur contré nous : en sorte que s'il y en aveiC qui ^' gardassent encore quelque ineàure d'amitié, ils s'era- ^^ pôrtoient alors frémissant de rage. On voycit fàc^ ^^'bomplissement de la prophétie do Sauveur^' qlie ^^^cbix qui feroient mourir ses disciples, oroirc^ent ^* rendre siervifce à Dîeu".,. Venant ensuite à-Blahdîbe; ^*- Nbus » toflsj et prîhcipalemeht. jsà maîtresse^ nous *^%rai^ions t^ellè tl'eût pas^mêmë^la hardiesise de * t' •' ^^'cotifësserlà càUte delà foible^se éeson corps. Ge- ^^^ëndant^ellê tnit à bout cèdx qUî^ l'un aprè* l'autre; ^~ÎÙr ôrefit ' ' 80ufl'i^î^ toutes sof tei de tourmens dèpuià ^''lè^'tffatîtï ju^tftrt Ils sé-Cônfesèoîent vaincus,
*' nife'sàtjhàtit:pltis'(|uë Itrî faire; -ils admirôîent qu^dle
^^h^Wki^^étiCàr^; à^Y*^^ t^ût le éorps ouvert et dis- *^KIqùé^..iPbtif elle là' cbnfession dû nom chréfien là '•^reRbûvèTôît' ; "sônr rafraîchîsseçbent et son repos ^^êiîrteHt'a^'rfiter je suis^cbrétifenhe, et il ne se
rf^.i,..L>jc^:}3ftiia^î^t'.tffe'hiâîS^^ nous.'* St. !rénée,*cdntem.
j:(f/y ipH^^^^ tériVorn lofculaire, nous apprend qu'elle
•-^'•^'\^8u^^aVe6 uiie'fiberté pleine de sagesse: -^ Comment
" ceux qui s'abstiennent par piété des viandes qu'il
*^ leur seroit permis de maqger, seroient-ils capables
** de faire ces choses que vous nous imputez?" '
j'ai déjà observé que, dans l'opînion Zwîtiglietine, les chrétiens n'^uroient jamais laissé toutes ces calbginies prendre consisleqcey qu'ils les auroient fait tomber au premier tnoment, en déclarant à l'univers ce qui
BT LA RiFORHATlON £N GBNXRAL. 337
se pmtiqiioit chez eux, en invitant les Payens de vMÎr ^ à leurs assemblées^ leur en ouvrant les portes^ et célébrant en leur présence leur cène innocente. Je veux bien supposer qu'ils eussent négligé ce moyen si sim«> 1^ de mettre leur nom et leur honneur à couvert : du moins conviendrez-vous qu'il étoit bien tems de s'en souvenir^ à l'approche des tortures et des supplices : pourquoi Blandine et Biblis^ interrogées sur ces pré* tendues abominations^ ne disent-elles pas: f' Nous '^ goûtons à quelque peu de pain et de vin^ en mé^ '^ moire et en figure de Notre Sauveur absent^ comme ^ aussi en signe d'union entre nous. Cest là notre ^^ seul repas^ dont au reste il vous est libre d'êtne les ^ témoins oculaires r" Se laisse-t-on torturer^ ^or» ger, quand on le peut éviter par une déclaration si naturelle et si propre à ouvrir les yeux de ses jugpes ? Est-il juste^ est-il raisonnable et chrétien de s*obsttnef à taire ce qui pouvoit innocemment s'avouer^ ce que l'on ne conçoit* nulle raison de cacher, ce qui devoit en un instant désabuser tous les esprits? N'ést«oa pas soi-même coupable de laisser commettre des hor» reurs^ des assassinats, qu'on pouvoit aisément préve* nir ? Et pourtant Blandine ne parle pas ainsi. Dans l<s tourmens qu'elle endure, il ne lui échappe pas un mot qui en approche ; et sa réponse oonstante et cou^ rageuse est trouvée pleine de sagesse par les chrétiens» Qu'est-ce à dire r Sentez et comprenes ce mot : que J^wingle et ses disciples n'entreprennent point de vous l'expliqtrer. Celte louange n'a de sens que dans la croyance Catholique, où, pour Fhcfnneur de Jésus- Christ^ pour l'intérêt et le salut même des persécuteurs, les mystères ne^ dévoient point se divulguée
^tr^^iii. i>è9 qu»ii n*étoit pas possible de rien dire qm pût en trahir le secret^ il ne restoit aux accusés qo*à repousser modestement les calomnies. Cest aussi ce que fait admirablement cette illustre esclave. Il est grand sans doute^ et même plus qu'humain^ au milieu de longues et horribles tortures^ de se souvenir ainsi de la sage et <iharitable discipline du secret; et le généreux sacrifice de Blandine, couronné dans le ciel, excitera jusqu*à la fin du monde Tadmiration des fidèles. •
' Voilà, Monsieur^ lés réflexions que j'avois à vous soumettre sur la discipline du secret. Je m'en souviens, là première fors que je Taperçus elle fit naître confusément dans mon esprit la plupart de ces pensées. J*y ai souvent réfléchi depuis : j*ai essayé de Tapprofondir ; je crois y avoir, senti le vrai, et, si je ne m*ar buse, vous, l'avoir prouvé. ' Car d'une part, elle est insnteUigible, inexplicable, dans Topinio^i Zwinglienne ; elle existe alors sans but, sans motifs, sans çaison ; je dis iplus, contre tous les motiftt, contre toutes ks raisons du inoâde les plus fortes* D'un autre côté elle, s'accorde ajréQ :1a croyance. Catholique^ elle la suppose; >mêfne; et à 'son tour cette croyance k: fait trouver fiagf, charitable^ péçessàire dans une époque; oh la religion s'aji- 4iooçoit à "Unt inonde tout. infidèle^ Pour conclureen «denu^ré Analyse, dè$ que cette discipUrM^ générale est jiéeessaireip^litt: liée ayec notre" croyance,, et que .du ^inqùîèn^ sièçk ^W^. ; reponte, aux. terps 4pP^Mique?> ;âit(est><|éa)P^ti:é par elle qi^ d^ns.ces pi^emiers/siècles, le dcgo)^ ^thplique étoit cru et enseigr^ à la fpis
• dans toulçsksEgliseçdeJ'imi vers, ^ . -
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