SIECLES
Premier Siècle.
Preuves tirées de F Ignorance des Payens sur
P Eucharistie.
Lettre VIIL Appcndiz.
'^ On nous traduit comme les plus scélérats des hommes» Calomni^con. ^* comme coupables d'égorger des enfants, de nous en repaître, tiMis/*Tert!ujI '^ et de nous abandonner ensuite aux incestes, après que des ^*' ^^' ^* '^ chiens, complices de nos débauches, nous ont procuré, en ^'•renversant les lumières, la faveqr des ténèbres et l'audace ^' des forfaits. . ...L'imputation de ces <£uvres date du règne ** de Tibère, comme j'ai dit. Avec la haine contre elle a '' commencé la vérité, détestée aussitôt que produite au f^ monde, ^lle compte autant d'ennemis que d'étrangers, ^[ et chacun a sa propre manière, les Juifs par jalousie, les *' soldats par concussion, vous tous par nature.**
Origène témoigne qu'à la naissance du Christianisme, les Contre CelM, Juifs répandirent le bruit, "Que les gens de cette secte *^* .f^. nouvelle se partageoient et mapgeoient I4 chair d'un en- :** faut immolé,"
Eusèbe écrit, " Que le démon s'étoit servi des Carpocrate, Hist. iW. 4. f^ Basilides, Saturnin et Ménandre, disçjples de Simon, rc- ^^' ^* ." tombés après avoir été baptisés par Philippe, pour séduire ^^ plusieurs fidèles ; et .que, par le moyen 4e ceux-ci^ i]s
830 SUR l/BCLISfi ANGUC4NEy
Lettre VIII. <« avoient fourni aux Payens une ample matière de noircir Appendix. '* et calomnier TEvangile : que les diffamations, imaginées " récemment, furent disséminées par eux, à l'opprobre de *' tout le nom chrétien : que c'est par là que s'est répandue ** chez les infidèles une opinion de nous aussi absurde qu'un- " pie ; comme si nous avions pour usage de nous aban-
'' donner à d'infâmes incestes avec nos sœurs et mèresi
" et de nous repaître de mets exécrables.'*
Aaualesliv. 15. Tacite, en parlant de l'incendie de Rome, dit que Néron en accusa ^' Des gens odieux par leurs crimes, et que le peu- *^ pie appeloit Chrétiens." Il ajoute: " Ce nom venoit '^ de Christ, que Ponce^Pilate avoit fait supplicier sousl'em- " pire de Tibère. Et cette pernicieuse superstition, arrêtée ^' pour lors,, s'élevoit de nouveau, non-seulement par la '' Judée, source de ce mal, mais à Rome même, oh, tout ce '' qu'il y avoit de nofr et d'iniame dans le monde se rassem- '^ ble et se pratique. On prit d'abord ceux qui avouoient,puis
" " sur leur rapport une grande multitude fut convaincue, non
" pas tant de Tinoendie, que de la haine du genre humain." Ensuite il les traite encore de coupables, qui méritoient les derniers exemples.
Pline^ qui appartenoit à la fin du premier siècle, mais qui pétit-être ne fut gouverneur de Bithynie -qu'au commence-
Tr^jan Eqnp.tnef) du second, éfcrit à l'Empereur à l'occasion des bruits iqui couroient suV les chrétiens, ** Qu'il a cru d'autant plus •^ nécessaire, pour savoir la vérité, de faire donner la ques- '*' tioa à deux femmes, qu'on disoit avoir servi dans les "assemblées secrètes. Mais je n'ai trouvé, ajoute-t-il, ' *^' qifune superstition mal réglée et excessive.'*
de Trsyan, an Celse, philosophe épicurien du premier siècle et du corn-
miencfemeÉir diï' second, écrivît et publia sous Adrien lin libeHe contre les chrétiens et les Juifs, sous le titre hardi et
* V * mensonger de Discours de l^énté. Il n'est point parvenu jus.
qti'à nous, et il iiendus est connu que parla belle réfuta*
"^iôn d'Origène, qui dévoile et détruit ses calomnies, et entre
àrutres celles qlii'tenoient au secret observé parles Chrétien^
et dont Celse leur fa\so\i tant de reççoche^.
ET LA RéFOKMATION BM càvàlRAh. 331
Second Siècle i^iteevni
Appendix.
*^ Si on demande à nos accusateurs^ s'ils ont tu ce qu'ils Athenaçire, '* disent, il n'y en aura pas d'assez impudens pour l'assurer. An^^i^iê ^ . . • Comment peut-on aceuser de tuer et de manger des ^* hommes, ceux qui ne peurent, comme on sait, souffrir là ^ vue d'un homme qu'on fait mourir mêqie justement."
'^ On nous dira: tuéz-vous donc tous, et tous en allez Justiu, 8 apd ^ trouver Dieu, sans nous embarasser davantage.'' Il répond an i6tf. ' que la foi qu'ils ont en la Providence ne leur permet pas ^e le faire, et il tyoute : '' Que pour autoriser les calomnies ** imposées aux chrétiens, onmettoit i la question des ^ esclaves, des enfans, des femmes, et on leur faisoit souffrir ■^ des tourmens horribles, pour extorquer d'eux la confession ■* des incestes et des repas de chair buipaine dont on accusoit '' les chrétiens. Ceux qui nous accusent de ces crimes^ les ^* commett^ent éux*mêmes, et les attribuent à leurs Dieux : ^^ pour nous, comme nous n'y avons point de part, nous ne ■' nous en mettons pas en peine, ayant Dieu pour témoin de . ^^ nos actions et de nos pensées/'
Dans la persécution de Lyon, les magistrats, sur la dépo- sous Marc-Av sition informe de qu^elques esclaves, se persuadèrent qu'en '^^** *" '^^' effet l%rs chrétiens pratiqnoient ce qui leur étoît imputé, et tâchèrent p^ les to.urmens de le faire avouer à Blandine : mais cette esclave chrétienne )eur repondit avec une liberté pleine de sagesse: ^* Comment cepx qui s'abstiennent par f piété des viandes qu'il me seroit permis de nnanger, ^ ser^iénû-ils capables de faire ces choses que vous nous ^* imputez F" Œcuménius a conservé ce fait daps un fragment d'Iréné^ témoin oculaire, et bientôt après Evêque de Lyon^el snccesfiçarde Pbotin, qui à plus âe 90 ans fut martyriséid^ cette persécution.
. Joigoezls irait de l'iesclave Biblis, rapporté par les confesseurs et les Chrétiens de Lyon dans la lettre qu'ils écrivirent aux Eglises d'Asie, pour leur rendre compte "de la persécution. )BIle nous a été conservée par Eusèbe.