LETTRE IX
Seconde preuve générale.
L'ÉGLISE n*a rien à nous présenter dans son culte d'aussi admirable qufe le sacrement de l'Eucharistie. La plupart des autres sacremens s'y rapportent et nous y disposent. La plupart des offices et des cérémonies sont des moyens ou des préparations soit pour le célébrer^ soit pour y participer dignement. L'Eucharistie est le principal objet oh tendent ici bas les pensées et les désirs du vrai chrétien : c'est l'aliment de sa piété, la récompense de ses travaux, sa consolation dans l'exil et le pèlerinage, sa force dans les dangers, les afflictions^ comme aux approches du tombeau ; c'est enfin le gage de sa résurrection glorieuse^ Elle nous retrace encore le plus grand des bienfaits que nous ayons reçus, celui qui fonde notre unique espérance, en nous représentant notre Divin Médiateur mourant pour le salut du\ monde: son immolation sanglante a été faite sur la croix ; l'oblation s'en renouvelle sur nos autels, et continuera d'être jusqu'à la fin des tems l'unique sacrifice de la loi nouvelle, qui seul a remplacé tous ceux de l'ancienne, et seul désormais peut être agréable à l'Etre Suprême.
Les prières préparatoires à ce grand acte de religion> celles qui opèrent la consécration du pain et du vin^ celles qui la suivent, celles qui accompagnent la distri-
342 dUR L^icLISB ANGLICANE^
«ttre IX. bution qui s*en fait^ et les actions de grâces qui la teF< minent^ avec Ie3 rits et les cérémonies diverses qui s'y emploient^ composent ce que nous appelons ici la
r antiquité liturgie. La première fut indubitablement dressée par les Apôtres sur les instructions mêmes de leur Maître^ jst célébrée par eux dans les assemblées qu'ils tinrent à Jérusalem jusqu'au mométit de leur dispersion. St. Jacques^ qui resta chargé du gouvernement de cette Sglise^ et qui la gouverna pendant vingt-neuf années, continua d'y administrer l'Eucharistie, suivant la forme qu*il avoit observée en commun avec tous les Apôtres: ceux-ci la portèrent avec eux dans les pays qu'ils parcoururent, la communiquant aux Evéques, aux prêtres qu'iU ordonnèrent, et l'établirent dans les Eglises où ils fixèrent leurs sièges. L'antiquité nous le donnera bientôt à connoitre; et pour en être persuadé d'avance, il suffît de savoir que le pouvoir d'offrir le pain et le calice est de l'essence du sacerdoce, sa plus éminente prérogative, et que son usage est d'une obligation inséparable du ministère évangélique.
Les monumens les plus reculés nous attestent effectivement que la liturgie étoit usitée dans tous les lieux
ttrc à Traj. où la prédication avoit fructifié. Pline nous le fait entendre confusément, il est vrai, mais autant qu*il avoit pu s'en informer lui-même, lorsqu'il raconte que les Chrétiens s'assembloient à certains jours avant le soleil, disoient des hymnes au Christ comme à un Dieu, s'obligeoient entre eux, non à aucun crime, mais à ne compiettre ni larcin, ni vol, ni adultère, à ne point manquer à leur parole, à ne point dénier un dépôt : et qu'ils prenoient ensemble un repas innocent.
Justin entre dans beaucoup de détails: il dit que ^^^^^ les assemblées se tenoient ayant le jour tous les diman* ches : que TEvéque y présidoit^ qu^on faisoit en com* mun des prières, puis la lecture des Prophètes et dés Apôtres, que te président expliquoit ensuite, en exhortant les fidèles dMtniter les belles choses qu'ils venoient d'entendre : que les fidèles se levôient et prioient après le sermon, se saluoient par un baiser de paix : qu'on présentoit le pain et le vin au président : que celui-ci faisoit sut les dons offerts de longues prières auxquelles le peuple répondoit Amen\ que les diacres distribuoient les choses sacrifiées à ceux qui étoient présens, et les portoient au-dehors à ceux qui n'avoient pu s'y trouver, &c. Justin tle rapporte point les prières que disoit le président : il se contente d'en découvrir l'effet, qui étoit de changer le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ. La description qu'il fait de tout ce qui se passoit dans ces assemblées secrètes, répond exactement à l'ordre des liturgies.
Irénée disciple de St. Policarpe, qui l'avoit été decontie«b
lier A f\k
St. Jean, nous apprend que la liturgie venoit de Jésus- ' Clirist et des Apôtres. ^^ Notre Seigneur, dit-il, enseigne la nouvelle oblation de son Nouveau Testament, l'Eglise l'a reçue des Apôtres et la présente " à Dieu dans l'univers entier." Ces paroles sont «lécisives et marquent qu'au premier et au second siècles on donnoit à la litut^ie une institution apostolique et divine. Irénée ajoute que cette oblation étoit celle qu'avoit prédite Malachie, et qui faisant tomber tous les sacrifices^ devoit seule dotninet du couchant à l'aurore.
344 ' SUE LEGLISS ANGUCANB,
frttre IX. St. ^yprien se plaint des schismatiques^ ^^ Quii de l'Upité. ^^ méprisant les Evêques et les abandonnant^ élèvent " autel contre autel, composent une autre prière avec ^^ des paroles illicites, et profanent par de faux sacri- " fices la vérité de Tbostie divine.** Il y avoit donc des prières essentielles, qu*il falloit apprendre des Evêques, et qu'il n'appartenoit à personne de supprimer ni de changer. ^* Car, continue St. Cyprien, s'opposer à *^ Tordre établi, c'est s'opposer à l'ordre de Dieu et mér *^ riter sa vengeance." C'est clairement nous témoigner que les prières essentielles de la liturgie remontpient à l'institution des Apôtres et de Jésus-Christ. "* 1^** ^r Firmilien,. Evêque de Çésarée, écrit à St. Cyprien que,vingt-deux ans auparavant, une femme avoittrompé plusieurs fidèles, jusqu'à leur persuader qu'elle consacroit l'Eucharistie, de sorte que souvent elle avoit osé faire semblant de sanctifier le pain par une invocation qui rCétoit pas méprisable y et d'offrir le sacrifice au Seigneur avec le secret de la prière accoutumée; de manière qu'elle semblait ne iécarter en rien de la règle ecclésiastique. Firmilien raconte que cette malheureuse créature ^yoit séduit un prêtre^ ce qui explique comment elle étoit parvenue à découvrir les prières da la consécration. Ce fait prouve qu'il y ave^t alors une formule fixe et déterminée pour les saiiHs mystères, que les prêtres seuls en étoient en possession, qu'elle étoit la règle ou le canon dont il p'étoit ppint permis de s'écarter, fçsres. T9. ^^* Epiphauc, témoîn de la tradition de son tems^ ^^•^- c'est-à-dire, du quatrième siècle, déclare ce qui suit: *^ pierre, André, Jacques et Jean, Philippe et Barthér ^* lemy, Thomas, Thadée et Jacques, fils d'Alphée, eÇ
ce
'^ Judas, fils de Jacques, et Simon, le Chananéen, et Lettre ix ^' Mathias, choisi pour remplir le nombre des douze; ^^ ils ont tous été élus Apôtres pour prêcher le Saint* Evangile dans le monde avec Paul et Barnabe et les autres ; et ils ont été les ordj^nnateurs des mystères avec Jacques/ frère du Seigneur^ et le premier *^ Evêque de Jérusalem.** Voilà le fait assuré trèspositivement ; et Ton ne peut douter qu'au tems d'Epiphane l'institution et Tordre des liturgies en usage ne fussent attribués aux Apôtres^ au moins pour la partie essentielle.
Ou ne sauroit'en avoir un garant et un témoin plus sûr et plus éclairé que S^ Epiphane qui^ né dans la Palestine, avoit beaucoup étudié, dans la solitude^ les auteurs sacrés et profanes, fut ensuite Evêque de Salamine, métropole de Chypre, et y mourut en 403, âgé dç 93 ans. Il nomme ici spécialement St. Jacques, comme preniier Evêque de Jérusalem, parce que les Apôtres ayant commencé de célébrer ensemble la liturgie dans cette ville, ont dû y procéder pai en déterminer la marche, en composer les prières, en fixer la règle pour Tessentiel. lis s'y seront conformés les premiers, d'un commun accord, dans Jérusalem ; et chacun séparément, après la dispersion, dans les Eglises qu'ils auront établies, pendant le cours de leur prédication, et dans celles qù ils auront ensuite fixé leur siège.
L'auteur des Constitutions Apostoliques quiécrivoit vers le milieu du quatrième siècle, déclare, en termes positifs^ que la liturgie yenoit de St, Jacques^
St. Augustin enseigne qu'il faut rapporter au rit du ïpj^ ^sacrifice ce que St. Paul prescrivoit à TioiQlhée dans
à Paulin*
346 SUR l'jbcuse anglicane^
lettre IX. ees teftncs : " Je recommande dond^ avant tôates ladTim.c. i.«< ôhoses^ qu'on adresse des invocations, des prières, ^^ des supplications et des actions de gr&ceè pour toos ** les hommes, etc.*'-^" Car, dit St. Âugastift, par tnvo- ^^ cations f T Apôtre comprend ici celles <|ue nous fai- *^ sons dans la célébration des chosres sacrées, avant ^^ que ce qui est sûr la table du Seigneur ait été béni ; ^^ par prières, il comprend celles que noOs faisons en ^^ le bénissant, en le sanctifiant et en le rompant pour *^ la distribution ; prières que termine Toraison domi* ^^ nicale dans TEglise presqu'entière ; par supplication»^ *^ il entend celles que prononcent les Ëvêques, en bé- '^ nissant le peuple ; et par actions de grâces^ celles ^' avec lesquelles nous finissons la liturgie.** Vous médirez que St. Augustin ne parle point ici comme témoin, mais comme docteur particuliei*; j'en conviens: il fait part d'une opinion, d'une manière qui lui est propre d'^entendre et d'appliquer ce passage de St. Paul. Si cependant vous y réfléchissez un instant, vous sentirez que cette opinion même suppose que, de son tems, la liturgie en usage étoit généralement attribuée aux Apôtres : car, si elle ne leur avoit pas été attribuée, si elle avoit passé généralement pour être d'une époq^ue postérieure, il eût été visible à tout le monde que St. Paul ne pouvait y faire allusion en écrivant à Timothée ; et St. Augustin n'auroit pas follement perdu sa peijie à poursuivre une allusion imaginaire et fantastique, en appliquant les paroles de l'Apôtre aux différentes parties d'une liturgie qu'il n'auroit pu connoître. Les rapports que le grand Evêque d'Hyppone aperçoit et explique entre les unes et les autres, supposent donc que, de son tems, od étoH persuadé que
la liturgie^ telle qu*on ta célébroit en Afrique, avoit été connue de TApôtre, dans ses points essentiels ; et c'est Jà tout ce que je prétends en conclure à présent.
L'auteur ancien d*un ouvrage faussement attribué à , ^ragmamw
^ ^ ,. la tradition de
Proclus de Constantinople, affirme ce qui suit : ** Les *» "*«*»«•
'^ Apôtres, après Tascension de Jésus-Christ, et avant
*^ leur dispersion dans le monde, se portoient, d'un
•^ commun accord, à prier des journées entières : et,
^' comme ils goûtoient de grandes consolations dans
^^ le sacrifice mystique du corps de Notre Seigneur,
^^ ils solennisoient la messe avec une longue effusion
*^ de prières. "
St. Célestin combattoit Terreur des Pélagiens, par les dœCaïïS c.u" oraisons anciennes qui étoient en usage dans toutes les ***^^^• £glisesdu monde, etqu'il attribue aux Apôtres. ^' Con* sultons ces collectes sacerdotales et mystérieuses qui, transmises par les Apôtres à toute la terre, sont uniformément récitées dans TEglise universelle, en sorte *^ que la règle de nos prières devienne celle de notre ^* foi. " .Quelles sont ces collectes ou oraisons ? Célestin les marque en détail. Ce sont précisément celles que nous disons partout, le Vendredi saint, pour les infidèles, 'les juifs, les hérétiques, etc.
Ce seroit ici le lieu de vous présenter, successivement, la croyance des Eglises principales sur Fapostolicité de leurs liturgies: j'aime mieux, pour ne pas trop fatiguer votre attention, en renvoyer le développement et le détail à la fin de cette lettre: (l) vous y verrez les grandes Eglises nationales raporter, chacune la sienne, à tel ou tel Apôtre, à celui dont elle reçut le culte avec la foi.
(1) Consultez TnppeDClix,
348 SUR l'église ANGUCANE)
Ltttf* IX. Je viens maintenant à quelques observations indispensables avant d'ouvrir devant vcnis les liturgies, et de vous développer les conséquences décisives que je prétends en tirer, Si^ dans le principe^ lés Apôtres avoient tracé une liturgie de leurs mains^ elle auroit été rangée parmi les écritures inspirées et canoniques ; jamais on n'auroit pu y ajouter ou en retrancher une syllabe: elle auroit fait la loi constante^ imnvuable de r£glise universelle : Tuniformité eût régné, mot pour mot, dans les prières comme dans le rit fait pour en accompagner la récitation. La discipline du secret, éta- * blie par les Apôtres mêmes, ne leur permit point de la marquer par écrit, non plus que les formules qu'ils employoient dans l'administration des autres sacremens. Ceût été trop les exposer que 4*en donner des exemplaires à chaque Eglise : il n'y avoit d*àqtre moyen pour en assurer la tradition, que de les confier au zèle et à la mémoire de leurs disciples, les Evoques et les prêtres, jusqu'à ce qu'il plût à la providence d'amener des tems plus favorables à la Religion» C'est aussi le parti que prirent les Apôtres, et que suivirent long-tems leurs successeurs. Je vous en donnerai quelques preuves suffisantes. D'abord vous aurez remarqué qu'entre tous les auteurs qui attribuent les liturgies aux Apôtres, pas un seul ne témoigne qu'ils l'aient jamais écrite : ils supposent tous le contraire, et quelques-uns le déclarent positivement. St. Justin dit que le président prioit longuement, autant même qu'il le pouvoit. La prière entière n'étoit donc ni fiiçe, pi déterfninée : i] n'y avoit point une formule certaine qui aqroit toujours été la même, sans qu'on pût l'allonger ou la racourcir.
?aJ wWau^'' Tertulien témoigne assez clairement que Ton ne savoit
£T LA RBFORMATION EH càskUAU 349
que par une tradition non écrite les formules des sa- £«"'« ^^ cremens et la manière de les administrer. '^ Les mystères ne doivent point être confiés à l'écriture, disoit Origène. Mysteria chartis non committenday Si la litui^ie avoit été écrite au teras de St. Cyprièn, il ^ igt«dceciii. n^auroit pas manqué de s*en servir^ pour montrer que le calice devoit être mêlé d^eau et de vin, contre des personnes qu'il reprend, et qui par ignorance ou sim* plicité n'offroient que de Teau. ^^ Il faut, leur disoit- '^ il^ suivre partout la loi évangélique et la tradition ** divine." L'Evangile nour apprend qu'il y avoit du vin dans le calice que consacra Notre Seigneur, et l'on savoit par la tradition que ce vin étoit mêlé d'eau. St. Basile assure très-expressément ce que Tertullien nous Uv. sur le st donne à entendre. " Quel est celui des saints, dit-il, *^" qui nous a laissé par écrit les paroles de l'invocation pour faire le pain de l'Eucharistie et la coupe de bé- ^^ nédictiôn ? Car nous ne nous contentons pas des pa- '^ rôles rapportées dans l'Apôtre et dans l'Evangile : '^ nous en ajoutons d'autres devant et après^ comme *^ ayant beaucoup de force pour les mystères, et qui " n*ont pas été écrites.*'
Lorsque dans la persécution de Dioclétien, ses officiers^demandoient qu'on leur livrât tous les livres sacrés^ et ce qui appartenoit au service des Eglise?, les Evoques traditeurs répondoient : " Les lecteurs ont tous lei *^ livres : pour nous, ce que nous avons ici, nous vous ** le donnons." Céloit les vases sacrés qu'ils n'avoient point honte de livrer. Les lecteurs avoient la garde des livres, dont ils faisoient lecture aux assemblées : or ils ne récitoient point les prières de la liturgie: ils ne les avoient donc pas: et puisque les Evêques traditeurs
350 SUR ïf'ioWV' AVQlflCAVf,
utt^ix. assaroîçnt qu'il n'^wtoit pas d'wtrçs livres qu^ oenx confiés aux soins des lecteurs, il e^t clair que le» lituiv ^es n'étoient point écrites. Un autre fait postéi^îwrk David Clark- uiontre eucorc. L*empereur Constantin voyant que le tw^tt! ^ ' nombre des Chrétiens s'étoit fort multiplié» voulut que les nouvelles Eglises que ce nombre avoît fait exigm^ fussent pourvues des livres nécessaires au service divin: il écrivit à Eusèbe de Césarée» et le chargea de fiiire copier cinquante exemplaires de la Bible. Nulle meii^ tion de liturgies qui eussent été pourtant nécesjsaires au service des Eglises nouvelles, ainsi que la Bible et les autres choses que Constantin leur fît donner.
Concevez-vous cette réserve. Monsieur? et m'expliqueriez- vous bien pourquoi Ton craignoit tant de confier la liturgie au papier ? Si je vous en avois fait la question, avant de vous avoir amené au point où nous en sommes sur FEucharistie, convenez que je vous aurois fort embarassé. En effet, il n*est nullement possible, dans les idées Calvinistes ou ZwinglienneS; de rendre raison de cette antique observance. Les prières de Tinvocation n'y auroienteu ni pu avoir d'autre sens que de demander à Dieu de faire que le paio et le vin, de créatures viles et iommunes, devinssent le joigne et la figure, l'emblème ou le mémorial du corps et du sang de Jésus-Christ présent au ciel^ mais absent de la terre.' Or cette demande est chose si simple et si naturelle, si fort dans les idées, dans le goût de tous les hommes, qu'il ne pouvoit y avoir nul motif de s'en cacher, mais bien au contraire toutes les raisons du . monde de la publier. Rappelez-vous ce que je vous ai dit sur la discipline du secret en général ; les raisonne^ mens qu'elle nous a suggérés reviennent ici dans toute
ET LA RBFORMATIOK BN GENERAL. 351
leur force, et s'appliqaent d'eux-mêmes à Textrôme ï*^*»^* néaçrve de l'Eglise sur les prières de la liturgie.
Mais, dire:$-yous à votre tour, dès qu'il est couveua que, pendant plusieurs siècles, les liturgies ne furent point frites, il est donc certain qu'il n'y avojt nulle formula fi^e et déterminée pour la célébration des sainte mystères, et que l'on a tort d'attribuer aux apôtres rinstitution des liturgies, telle que nous les voyons écrites.
Il y a du vrai, j'en conviens, dans cette objection, il s'en faut beaucoup pourtant que tout le soit : je me flatte de vous en faire bientôt convenir : il s'agit de ^'expliquer, pour se mieux entendre.
1^. Vous savez que la formule de la foi s'est conservée plusieurs siècles chez les Chrétiens, sans le secours
de l'écriture. — ^^ Le symbole de notre foi et de notreEpist^adram. *' espérance nous vient des Apôtres, dit St. Jérôme, et ** il ne s'écrit point " — ^^ Personne n'écrit le symbole, Discoun am ** dit St. Augustin, et on ne peut pas le lire. Repassez- ^iî^*te^n3wS! *^ le en vous-même chaque jour, en vous couchant, en ^^ vous levant; que votre mémoire vous tienne lieu de ^^ cahier. Sit vohis codeop memoria vestra.'* Il en faut dire autant des prières de la liturgie. Elles se sont fidèlement conservées dans la mémoire des £vêques et des prêtres, comme le symbole dans celle des Chrétiens ; aux uns et aux autres la mémoire tenoit lieu de livres et de cahiers. Et cette règle vivante étcHt regardée comme établie par Jésus-Christ et les Apôtres. De là l'usage ancien d*obliger les prêtres de savoir la liturgie par cœur: ce qui est encore trèsexactement recommandé et observé chez les Cophtes. Cette précaution de ne point écrire le symbole, les
Lettre IX. formules des sacremens^ les prières de la consécration, dérivoit de la discipline générale da secret^ et a fini avec elle, à peu près vers le tems du concile d'Ephèse en 431. (1)
d^. J*ai une simple réflexion à vous proposer, et je la recommanderois volontiers à tous ceux qui^ comme vous, contestent aux liturgies leur origine apostolique.
(1) On n'avoit pins à craindre alors que les mystères tombassent entre les mains des payens, parce que les empereurs ayant embrassé le Christianisme» on ne contraignoit plus les fidèles de livrer les Ecritures. 11 étoit donc bien tems de mettre par écrit le symbole et la liturgie. Presque toutes les Eglises durent aussi s'y déterminer, parce que le nombre des Chrétiens croissant à Tinfini, et oelui des prêtres augmentant en proportion, on ne pouvoit plus compter qulls fussent tous aussi fervents et aussi éclaijrés qu'ils l'étoieut au tems de St. Justin et après, pour faire d'eux-mêmes les prières conyemibles selon le tems et selon les personnes, ou qu'ils eussent tous assez de mémoire pour apprendre ces prières, et les retenir, sans pouvoir jamais les lire dans un livre.— Le P. le Brun sur les Liturgies, t 2. p. 132. éd. in. 8o.
Jusqu'à cette époque on n'aperçoit nulle trace de liturgies écrites: il faut pourtant excepter le livre des constitutions Apostoliques, faussement attribué au Pape Clément, mais dont l'auteur véritable est placé par les habiles critiques au IVe siècle entre St. Basile et Neo> taire, c'est-à-dire de 370 à 390. La liturgie est décrite en raconrci au 2e liv. et eu détail au Se.
Le canon Sôeest bien remarquable: ** Ces constitutions rédigées " en huit livres par moi. Clément, pour vous, Evêque, ne doivent
être nullement divulguées, à cause des choses il^ystiques qui s'y
trouvent." On étoit donc persuadé au IVe siècle que la discipline du secret étoit établie dès le premier : on étoit donc aussi convainca que les liturgies remontoient aux Apôtres, puisque la rédaction en est ici attribuée à Clément, disciple et successeur de St. Pierre ; et qu'au Se livre, Tauteur déclare positivement que sa liturgie venoit de St Jacques.
£t LA KÊFORMATION BM Gjb^RAL. 3Ï3
Tous les Pètes qui dans les quatre premiers siècles ont ^**'«^^hit mleutidn des liturgies^ avant qu'elles eussent été écrites^ tous ceux qui depuis ont eu occasion d'en par4 1er, les rapportent unanimement à Tinstitution des Apôtres ; nous en avons donné les preuves^ £h bien ! qu*arrive-t-il à présent? Vous) Monsieur, et vos collè^ gués contradicteurs, vous venez au 17e et 18e siècles, disputer aux liturgies leur antique origine. De bonne foi, prétendez-vous comparer votre opinion au témbi-^ gni^ de tout le monde chrétien, durant les six pre- '.'■^ miers siècles ? Avez-vous sur ce fait des notions histo* riques que les anciens n^avoient pas ? N'êtes-vous pas si; reculés des époques, eux au contraire n*en étoient* ils pas si près, que leur témoignage mérite évidemment' la préférence sur lé jugement que vous hasardez ? Ils tenoient aux tems primitifs, la plupart touchoient^ pour* ainsi dire, à Toriginedes choses, par un très-^petit nombre d'intermédiaires, (1) la tradition du moins en étoit encore toute fraîche : et vous, qui arrivez quatorze ou quinze siècles plus- tard, vous voudriez par vos doutes, vos soupçons et vos incertitudes^ balancer leur persua* ^ sion positive, leur déposition unaniolë ? Vous avez aujourd'hui le plu? grand intérêt d*enleverj s'il étoit pps* sible, aux liturgies leur institution apostolique^ parce que vous savez qu'elles vous condamnent : mais alors il n'y avoit nul intérêt ni de leur contester leur origine^ ni de leur en prêter une qu'elles n'auroient point eu :
(1) A Lyon par exemple, eii 204 il n'y avoit qu'un seul intermédiaire entre Irénée et Sh Jean, Pbotih qui avoit pu le cônnoitre, puisqu'il avoit quinâse ads, lorsque cet Apôtre mourut, ou Polycarpe qui en avoit été le disciple.
SnUfelX.
394 iuft L^iOLlM angucAni,
Catholiques, hérétiques et schismaliques, tous s^àccor* ëoieat et s*accordent encore sur ce fait: nuUedispute, bq) veproohe d^aucone part: conviction ^ale, consentement «niversel. A votre avis, lequel des deux côtés doit rem** porter ? A quel tribunal, à quels yeux non prévenus, kl doutes de quelques homoifes^titéressés du dix«-huitièfkie aiècte auront-ils plus de poids -que TaffirDiatioQ positive de toutes tes Eglises Chrétienne^ de l'antiquité sur un &it bien plus facile alors à eonnoître et de la plua haute importance, puisque partout il se trouvoit lié à la câébration habituelle des saints mystères ?
3^ Au reste, quand on attribue les liturgies aux Apôtres^ on ne prétend point les leur attribuer dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble. Tout livre d^usage, tout recueil de prières et de cérémôtiies est sujet aux changemens* Ce qui convient à un teœs, peut ne pas convenir à un autre. Le ^ulte ne pouvait pas être le même dans les jours de persécution que dans les tems de paix ; ni la messe se célébrer daas les sou* terrains ou dans les prisons, avec la même pompe, la même étendue que dans les temples et dans les basiliques. Les besoins particuliers, des calamités locales, ou des fêtes nouvellement établies exigent des prières nouvelles et analogues. Les préfaces et les collectes composées pour solennîser la mémoire des Apôties, leur sont naturellement postérieures et d'une maia plus récente: Tabrogation de la pénitence publique sous Nectaire en 390 dut nécessairement faire disparoîtrede la liturgie le renvoi des pénitens. Sans pousser plus loin ces remarques, il n est pas surprenant qu'il y ait eu beaucoup de. variations entre les liturgies des diffër rentes Eglises, avant qu'elles fussent écrites, puisqu'il
ST 1^ RâFOEMATION EN GàviKAL. 855
est certain qu'il y eâ a eu de nouvelles^ depak qu*elleê LehM IX Font été. C^s cbaugemeue, ces allërations ne tûm« boieut que sur la partie variable^ accidentelle de la li*. turgie^ le fond restant partout le même» Et encore ne s auroit-on exiger que ce fonda demenrâk exactement et de mot à mot le méme^ puisqu'il a été traduit en plusieurs langues» Cest le sens auquel on s dû tou^ jours s*attacher^ c'est le sens qui m dû se conserrer in*' variable dans toutes les Eglises^ et qui effectirement se retrouve dans toutes les liturgies.
4^ Et c'est ici que je vous prié de mfoùblet' vcitrè attention jusqu'à la fin de ma preuve. . Il est reconnu que les Apôtres avoient institué des litut^es : hons voyons^ avant et après leur publication^ les autorités leé plus respectables concourir à nous certifier ce feit^ té^ moins Irénée^ arrière-disciple de St; Jean^ Firmttieii, JEvêque de Césarée pour l'Asie et les Gaulés ; Tertuliien^ Cyprien^ Augustin^ pour l'Afrique; St. Cyrille pour la Palestine ; St. Epipbane, St. Basile pour les Isles et la Grèce ; le fragment de Proclus pour Cotit^ taatinople ; Célestin ler^ Innocent 1er pour Rome et l'Italie^ et depuis leur publication^ les Papes Gélaâe et Vigile^ Isidore de Séville/Hilduin de St. Denis pour l'Italie, les Espagnes^ les Gaules; l'auteur des Con- Mitutions Apostoliques, Léontius de Bysance pour ta Grèce ; Athanase et Ruffin pour l'Ethiopie ; les an^ ciens Cophtes pour l'Egypte ; les Nestoriens^ EutychienB> Jacobites pour la Syrie, l'Arménie^ l'Assyrie^ la Perse et les Indes. Il est donc incontestable en point d'histoire, que les Apôtres ont institué des liturgies. Mais comment y démêler et reçonnoître au*jourd'hui ee qui vient de eettc^ soufce et ce qui n'en
356 SUR L*ÉGLI8E ANGLICANtj
l.«ttre IX. vient pas ? . le voîcî. Dès que les Apôtres ont enseigné par quelles prières il falloit procéder à la célébration des mystères, ces prières ont dû être religieusement observées par leurs disciples et leurs successeoTS, être regardées comme essentielles^ et passer d'âgé en âge comme la r^le ou le canon, dont il ne pouvoit jamais être permis de s'écarter, sinon dans l'arrangement des termes, du moins dans le sens et la signification que les Apôtres attachoient à leura paroles. Il s'ensuit qoe toutes les liturgies du monde, au moment où elles ont été écrites, ont dû retracer le sens de ces prières apostoliques, et que, quelque pût être leur variété dans les choses accidentelles, toutes ont dû présenter certains traits principaux de ressemblance, et, s'il est permis de s'exprimer ainsi, comme un air de famille qui marquât leur commune origine*
Que si donc il arrivoit qu'au milieu des variations inévitables à travers tant de siècles, tant d'événe» mens, d*idiomes et d'églises disparates ; s'il arrivoit, dis-je, que cependant toutes les liturgies se rencontrassent pour le sens, dans les prières qui précèdent, accompagnent et suivent la consécration, et si ces prières; exprimoient nettement la présence réelle, la transubstantiation, l'adoration et le sacrifice, il en iaudroit conclure que cette uniformité, en marquant l'essentiel de la liturgie, dénoteroit une origine apostolique. Car il seroit impossible de supposer à une pajeille uniformité quelqu'autre cause que ce fût> On n'en voit aucune assez prépondérante, assez universelle
/ pour réunir ainsi toutes les Ëglises du monde dans un
4nênie esprit, une adhésion parfaite à ces mêmes dogmes, let une attention également scrupuleuse à les professer
dans les mêmes circonstances. Il n'existe 'point de Ltûrtix* concile, auquel on puisse attacher cette singulière unanimité ; et encore le plus cecùménique n*y auroit-il pas. suffi, parce que les hérétiques n'en auroient jamais suivi les décisions, et que lès sociétés schismatiques du 4e et 5e siècles, aussi ennemies Tune de l'autre que de la mère Eglise, ne se seroient jamais accordées pour emprunter des formules des prières et des pro« fessions de foi dressées par le concile. Il n'y a donô que l'institution des Apôtres et leur autorité également sacrée pour tous qui puissent rigoureusement rendre raison d'une pareille uniformité, si réellement elle existe dans les liturgies chrétiennes, écrites au 4e et 5e siècles. Or je m'oblige de vous convaincre de la manière la plus palpable que tontes les liturgies de ces tems usitées non-seulement dans les Eglises Catholiques, mais même dans le schisme et l'hérésie, s'ac* cordent unanimement; dans les prières qui précèdent,accompagnent et suivent la eonsécratiQu, et qu'elles ex* priment de la manière la plus claire, la plus énergique la croyance du sacrifice, de la présence, de la transubstantiation et de l'adoration. Il s'agit ici d'un fkit le plus facile à démontrer, et qui s'établit par les citations authentiques, tirées de toutes ces liturgies. Je* vais les rassembler pour vous, et les faire passer sous vos yeux. -
^^ Nous vous offrons à vous qui êtes Roi et Dieu/ ce Liturgie tiré ^^ pain et ce calice, suivant Tordre de Notre Sauveur, const. Apôstoii
, ^ i • j» • j • jj écriteaulV.fil
<< vous rendant grâces par lui d avoir daigné nous •^ faire exercer le sacerdoce en votre présence. Nous '^ vous supplions de regarder favorablement ces dons " en rhonneur de Jésus-Christ, et d'envoyer sur ce ^' sacrifice votre Saint-Esprit, le témoin des souffran*
3^8 $UE L*â6USX AKGUCANB^
et
ce
UHrc 1%. f f ces du Seigneur Jésus^ i^ gti il fasse qne ce pain ^^ sait le corps de votre Christ, cp calice son sang ; f^ nous vous offrons,' etc.** (Les prières sont longuei '^ et très-belles.) Au mcunent de la communion, le peuple s'ëcrie : hosanna au ûh de David, béni soit le Seigneur Dieu, qui vient au nom du Seigneur, et f^ qui s'est montré à nous." L^ rubrique ajoute: ^^ L'Evêque donne rEucharistie en disant : c'est le f* corps de Jésus^Ckrist. Celui qui le reçoit répond ^^ Amen. Le diacre donne le palice en disant : i!est le sang de Jésus-Christ, le calice de la vie: et celui qui le boit répond Amen. Et après la com- *^ munion le diacre commence Faction de grâces en disant: Après avoir reçu le précieux corps et le précieux sang de Jésus^Christy rendons grâces à celui qui nous a fait participer à ses saints mys» 5^ tères.*^ L'Evéqueracbèveparune magnifique prière. Dans la liturgie, plutôt indiquée que rapportée au second livre, on lit simplement ceci : " La bénédic- ^^ tion est suivie du sacrifice, pendant lequel tout le ^* peuple doit se tenir debout et prier en silence : et ^^ après qu'il est offert, chacun en son rang doit recef' voir le corps et le sang du Seigneur, et s'en appro- '^ cher avec la révérence et avec la crainie due m f ^ corps du RoL'' Litur. roroaiDe '^ Nous VOUS prious, o Dîeu, qu*il VOUS plaisc de faire mt^ntiJ^' ^' que cette oblation soit en toutes choses bénie, admise, *"* f^ ratifiée, raisonnable et agréable, afin qu'elle devienne *^ pour nous le corps et le sang de votre très-aimé Fils f^ Notre Seigneur Jésus-Christ..." Et après la consëcra* tion : ^^ Nous offrons à votre Suprême IMajesté, de vos '' dons et de vos bienfaits /"^/teptcreCfAof^^atn/^)
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** r hostie sans tache, le pain saint de la vie éternelle, ^«it IX. ^^ et le calice du salut perpétuel/* Et au moment de communier le prêtre, incliné dans un sentiment if ailt>ratîon et dhumilité profonde, s'adresse à Jésus-Christ présent entre ses mains, et lui dit trois fois : '^ Sci- ^ gneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans '^ ma maison, mais dites seulement une parole» et '^ mon âme sera guérie/* Et donnant la communion» comme en la prenant lui-même, il déclare encore que c*est le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi s'exprimoit la liturgie qui fut portée aux Isles Britanniques en 595, et qui, jusqu'au l6e siècle a été universellement célébrée dans les royaumes d'Angleterre, d'Irlande et d'Ecosse, comme elle Test depuis bien des siècles aussi en France, en Allemagne» en Espagne, et dans tous les pays du monde où se trou* vent des prêtres Latins.
Il seroit superflu de produire ici l'ancienne liturgie litar; Bq^sf d'Espagne» puisque nous savons par le savant Isidore» entre autres, successeur de Léandre son frère sur le siège de Sévi lie en 6oo, qu'elle étoit conforme pour le canon et l'essentiel de la messe à la liturgie romaine, dont nous venons de présenter un extrait.
Nous n'avons malheureusement aucun manuscrit» ^^S?* ** aucun monument qui nous représente l'ancienne liturgie des Gaules, dans son étendue et sans mélange. Il nous reste une exposition abrégée de la messe, composée par St. Germain de Paris^au milieu du Vie. siècle. C'est à l'aide de ce petit traité et de ce qu'cm trouve dans les ouvrages de St. Grégoire de Tours, peu dPninées après St. Germain» qu'on parvient à connol- He aisez. exactement l'ancien ordre de la messe galli-
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messe concision
.^ d60 SUR L'éoLin ANGLICANS,
lettre IX. cane^ et que les eavans lui découvrent plus de rap^ ports et d'analogie avec -les liturgies orientales^ qu'avec Fondre romain.
Or St Germain^ en parlant des dons portés sur Fautel^ dit : ^* Le 'poàn est transformé au corp§, ^^ et le vin au sang^ le Seigneur ayant dit du pain, <f ceci est mon corps ; et du vin, ceci est mon sang. ^^ ...Uoblation est consacrée sur la patène.. .L'Ange d6 utur/ rallie. '" ^^^^ dcsccnd sur Fautel, comme sur le monument,
BdeW-u ^1; bénit t hostie Pendant que se feit la fracr
^^ tion, le clergé dans une posture suppliante chantera f* Fantienne : Dsfignez, nous vous en supplions "^'^i humblement, recevoir ce sacrifice, le bénir et le ^^^ sanctifier, afin qu'il devienne pour nous une Eucharistie légitime en votre nom, en celui de votre Fils et de votre Esprit-Saint, étant transformé au corps et au sang de Notie Seigneur Jésus-Christ.'^ Messe de l'As- ** Q^^ Fesprit cousolateur de votre bénédiction, lomption. ^ votre coéternel coopérateur descende, ô mon Dieu,
sur ces sacrifices, afin que ... cet aliment transformé en corps, ce calice en sang,, ce que nous avons offert pour nos péchés, nous sauve par ses mérites.** Ut translata fruge jn corpore, calice in cruore, f^ proficiat meritis quod obtulimus pro delictis/* r^pipbanie. << Demandant par nos ferventes supplications, que
celiii qui changea Feau en vin, convertisse en sang le vin que nous offrons.*^
Le missel gothique gallican de la fin du Vile siècle contient une prière à Dieu en forme d^invocation : ff Afin que vous daigniez regarder d'un œil gracieux f ^ ces dons portés sur votre autel, et que F£sprit-Saint if de votre Fils les couvre de son ombre." £t cette
ce