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379 lÛR L EG&I3E AlIQUCAKE^
Utcré IX ^^ Noftre Saùveury é, d tt mainteiiAiit^ Seignetir^ que *^ vous m*avez appelé à votre A^înt et ptir autel, pour ^^ voua offrir ce scUrifice viva$it et sùinf, fmtes^vlof ^^ digne de recevoir èb don avee pureté et saintetés * • • (Et encore le prêtre dit, à 1» communioD :) ^^ Sét^aéur, mon Dieuy je ne suis pas digne, et il n*est paé juste que je prenne votre corps et le sang de propkia* ^^ fioni ni tnéxùe que je les touche ; mais que votre ^^ parole sanctifie mon ânae et guérisse moà corps T £t dans les actions de grâces après la communion, le prêtre dit : ^^ Affermissez nos mains qui se sont éterdues ^^ pour recevoir le saint. • • . Réparez par une vie. nou-' <' velle, des corps qui viennent de goûter votre corps ^^ vivant, é . . Dieu nous a comblés de bénédictions^ ^ par son Fils vivant, lequel, pour notre salut^ s^est ^^ abaissé du haut des cieux, s'est revêtu de notre^ '^ corps, et nous a donné le sien^ et a mêlé son samg *• vénérable à notre sang, mystère de propitiation» Après les paroles de l'institution, le diacre dit à Liturgie de voix hautc : ** SlUnce et tremblement T* Vient Tin- [opsb^te. * vocation^ que le prêtre commence ainsi, étant incliné ^ • Rwwwdôt?** " Advienne sur nous et sur cette oblation la grâce de '^ TEsprit-Saint ; qu'elle descende et se fixe sur ce pain, «^ sur ce calice, les bénisse et les sanctifie ! .... Que ce ** pain, par la vertu de votre nom, que ce pain, dis-je, " devienne le corps saint de Notre Seigneur Jésus* " Christ, et ce calice le sang de Notre Seigneur Jésus-* '' Christ, pc Nestorius. L'invocation y est exprimée comme il suit : ^^ O mon
Prad. latme de ^ j i
leuaudot. «« Dleu! que la grâce de TEsprit-Saint arrive, demeure " et se repose sur cette oblation que nous présentons V. devant vous ; qu'il la sanctifie et laj^^^e, c'est-à-dire " ce pain et ce calice, le corps et le sang de Notre g^i-
ET Ui «EFORMATION BN GfiM^RAL. ^^3
gneur Jésus-ChiÎFt, ks transformant vouB-^ihéme^ Lettre DC
(transmutante ea te) et les sanctifiant par repéra-
^' tion de TEsprit-Saint.
Dans le reste, cette liturgie de Nestorius^ et'Ia pt^écé-
dente de Théodore ressemblent à la première, intitulée
des Apôtres
A roblation de la messe des morts on lit ces paroles - LHuijgie arm
'^ Père iSaint, amateur des hommes, receveis ce sacri- Trad. lat.
" fice en mémoire des morts : placez leurs âmes parmi oion, ev. (
^ les saints dans le royaxime céleste : que par ce ^ocri- ^l^ise^du
^^ yïce, que nous vous offrons avec foi, votre divinité *
^' soit appaisée,et qu'elle accorde le repos à leurs âmes r
Au canon,ieprétreditde notre Sauveur:** Prenant le
^* pain entre ses mains ' divines, immortelles,, sans
** tache, et qui ont la vertu de créer ^ le bénit, rendit
** grâces, le rompit, etc.. O Dieu ! envoyez sur nous et
** sur ces dons, votre Saint-Esprit coéternel et consubs-
^* tantiel, (le diacre s^inoline au coin de Tautel) afin
** que vous fassiez ce pain béni le corps de Notre Sei-
** gneur et Sauveur Jésus-Christ ; (et en tenant Thostie
*' siir le calice, il ajoute :) afin que vous Jassiez ce pain
et ce vin bénis le vrai corps en propre chair et le
vrai sang àe Notre Seigneuret Sauveur Jésus-Christ,
les changeant par votre esprit " (Le prêtre adore
-trois fois, baifc l'autel, et dès-lors il . n'élève plus les
mains sur les dons ; maintenant, les yeux fixés sur
eux, il les révère comme Dieu, et lui expose avec
larmes ses désirs....) — (Vers la communion, le prêtre
adore, baise l'autel, et prenant le sacré corps^ le trempe
tout entier dans le précieux sang, en disant :) " Sei-
** gneur, Notre Dieu, nous vous supplions de nous
V rendre dignes de recevoir ce sacrement pour la ré^
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374 SUR I^'ioUSS AMGLICANB^
Lettre «• ^ f« mission de nos péchës (Le prêtre élevant hum?
blement de la sainte table le sacré corps et le sang de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ^ se tourne vers le peuple» le lui montre» en disant :) ^^ Goûtons sain- ^^ tement de ce saint» s^cré et précieux corps et sang ^^ de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ» lequel ^f descendant des cieux» est distribué parmi nous.../' - (Il dit ensuite:) *^ Je confesse et je crois que vou9 '5 êtes le Christ» Fils de Dieu» qui avez porté les për
f' chés du monde O Jésus-Christ» mon Dieu ! Je
^^ goûte avec foi votre corps saint et vivifiant pour la ^^ rémission de mes péchés...... O mon Dieu Jésus-
• ^ Christ^ je goûte avec foi votre sang purifiant ist ^^ sanctifiant pour la rémission de mes péchés.** (Puis faisant sur sa bpuche un signe de croix» il dit ces paroles de St. Thomas TApôtre:) " Que votte corps incor- *' ruptible soit en moi pour la vie» et votre sang sacré <^ pour la propitiation et la rémission des péchés!*' (Puis se tournant vers le peuple avec le calice:) ** Approchez-vous avec crainte^ ajuecfoi, et commmuniez saintement.'* (Pendant la communion du peuple on chante un cantique où sont ces paroles :) " Ce pain est le 5^ corps de Jésus-Christ : ce calice est le sang du Nouf^ veau Testament : le sacrement caché nous est manif * festé, et par lui Dieu se montre à nous. Cest ici JésW" " Christ, Je Verbe de Dieu» qui est assis à la droite ,î^ du Père» il est sacrifié au milieu de nous» etc.**
JjB ne saurpis assez vous exhorter» Monsieur» à lire en entier ces dififérenles liturgie^ : vous les trouverez dans Fadmirable ouvrage du Père le Bruu (l) qui m*a
(1) Explication Lîttéralle, Historique et Dogmatique des Prières et des Cérémonies de la Messe» suivant \^s anciens nnteurs, et les nonuroens de toutes les Eglises du Monde Chrétien. 4' vol. in 8\
servi de guide; je Tai suivi dans les savantes expositions ^^^rn l qu'il en a publiées^ sachant bien que je ne pou voit m'égarer sur ses^ pas. Je n*ai pu vous présenter que des lambeaux ; puissent-ils vous donner la louable curiosité de connoître Pensemble ! (l)
(1) Les liturgies orientales n'ont été bien connues en Europe, qu'au 17e. siècle: si elles Tavoientété cent ans plus ibt, il est à présumer qu'elles auroient amorti la fougue des Réformateurs contre les dogmes apostoliques de TEucharistie. Ce qui est certain, c'est que, depuis, elles ont ramené à la foi primitive et à l'unité, des bommes fort instruits, qui avoient sucé, avec le lait, les principes de la Réforme. Ce qu'il y a dé certain, c'est qu'elles ont porté le trouble «t l'inquiétude au cœur de plusieurs autres qu'elles n'ont point eu la force d'arracher totalement à l'erreur, et les ont poussés À déclarer publiquement le vœu de les voir rétablies dans les communions protestantes. ** Je trouve, dit Grotius (Votum pro pace)^ ** dans toutes les liturgies grecques, latines, arabes, syriaques et ** autres, des prières à Dieu, afin qu'il consacre, par son Saint-£s- «' prit, les dons offerts, et iqu'illc^ fasse le corps et le sang de son '* Fils. J'ai donc eu raison de dire qu'uiie coutume, si ancieuue et *' si universelle qu'on la doit croire venue des premiers tems, ne ** devoit pas être changée. " Whiston, Stephens et Grabe, théologiens distingués de votre Eglise, mécontens de la liturgie anglicane, en ont composé de plus couformes aux liturgies originales* '* Le ** Rév. et pieux M. Edw.Stéphens, (dit Whiston dans la préface de *« la sienne), s-'est non-seulement déclaré avec 2èle de la même opi- '< nion, mais il avoit lui-même dressé une excellente liturgie très- «* conforma aux liturgies originales.... Il y a plus, et il s'en est servi <f très-ouvertement dans Londres, pendant plusieurs années, à sa «< grande satisfaction, comme à celle de sacougrégatîon entière. *« Même le &avant et pieux Dr. Grabe avoit tant de goût et d'admi- «' ration pour cette formule eucharistique, que, ne pouvant prendre " sur lui d'aller communier en public, parce que la forme anglicane «« actuelle s'éloigne en certaines parties des liturgies primitives, il se
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376 j^jPlL l/icLtSB A^GLtCli^Ey
Ktire f X. Je ne sais quelle impression auront fait sur tous le^ extraits que ?ous venez de voir. Je vous avouerai
•* rendait à la congrégation privée du Dr. Stephens, et y commo* ^ *' nioît dans la j'oie et la consolation de son cœur." Or la liturgie du ï)r. Stephens, après les paroles de linstitutiôti, s'exprimoit ainsi: ** Nous vous offrons par Jésus-Cbrist cette oblation pure et sans ** tache, dans la plus humble adoration. . . Nous yons supplions en ^ toute humilité, et nous vous prions d'avoir pour agréable ce sacrifice non sanglant^ raisonnable et spirituel, ô Dieu tou tapais-
sant ! . . . Envoyez aussi votre Esprit-Saint sur ces élémens proposés, a6n qu'il les bénisse et les sanctifie ; et afin que pour ceux qui les recevront, ce pain devienne le précieux corps de votre
'' Christ, et ce vin le précieux sang de votre Christ, pour la rémis-
** sion des péchés, et pour la vie éternelle/'
Le docteur Grabe avoit composé deux liturgies. Tune en Grec, où
se trouvent ces paroles: ** Ecoutez-nous, ô Père miséricordieux! nous vous en supplions très-humblement ; envoyez votre Esprit- Saint sur nous et sur ces dons offerts, et faites ce pain le corps précieux de votre Christ ; et ce qu'il y a dans cette coupe, le sang précieux de votre Christ." Et à la communion: '< Que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, livré pour moi (pour toi),
** conserve mon âme et mon corps (ton, etc.) à la vie éternelle. Que
le sang de Jésus-Christ, versé pour moi (toi), conserve mon âme et mon corps à la vie éternelle !" Cette liturgie contenoit aussi une prière pour les morts.
Dans la liturgie anglaise il y avoit : *' Daignez, ô mon Dieu, ** bénir et sanctifier par votre parole et votre Esprit ces créatures ** qui sont vôtres, ce 'pain et ce vin, afin qu'ils deviennent pour nous ** le corps et le sang de votre très-cher Fils."
La liturgie imprimée de Whiston, Londres, 1713, s'exprime de la même manière : voyez Pfafiius, Sti. Irenœi scripta anecàota, p. 346, en 1716. t^lusieurs Anglois et Ecossois firent entre eux un concordat pour s*uuir à TEglise Orientale, et établir un rit particulier. Deux ans après, ils firent imprimer à Londres, I7l8, une liturgie eu Anglois, où l'on voit ces mots : " Nous vous rendons grâces de nous *' avoir admis ici à vçus offrir le sacrifice . . . Envoyez votre Saint- Esprit, le témoin de la passion de Notre Sauveur Jésus, sur ce sa- \' orifice, afin qu'il fasse ce pain le corps de votre Christ." Ce sont
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BT LA KlÈFORiRIATION EN ^ÀKÊRAL. 3^7
francliement celles que j'en ai reçuçs. D-abprâ ils tn^ont LetitnV couvert de confusion à mes propres yenx ; el avec tnà ôondantnat^oti, j*y ai ^trouvé celle du pluii grand iiom^ bre de ceqfue nous soMmes aujourd'hui de Cathéfiquiefl^ Quelle foi dans ces plHsixiiets Chrétiens, les uns si voisins de la révélation et de ses prodiges, les autres de ses témoins 1 Quelle conviction de ses dogmes, et de leur divine origine ! Quelle énergie pour les exprimer! Qud concours, quelle piété et iquel tremblemèi^t à la foin dans la participation aux saints mystères ! Quel zèle à yen conserver dignes ! Quel empressement à y retour^ ner encore !, Il semble qu'ils n'habitent plus la terre, ils y vivent comme des Anges, méprisent tout ce qui flatte les sens, honneurs, richesses, plaisirs. Les doubleurs, les tourmens, la mort même, rien decç qui passe ne les touche ; l'éternité, le ciel, tel est le but qu'ils "fixent : les bonnes oeuvres, des mœurs pures, la prière et l'usage des sacremens sont les moyens qu'ils prennent pour y arriver. Et nous, enfans dégénérés d'une race si sainte, où en sommes-nous? Que faisonsnous?' Tièdes et lâches héritiers dei leur nom, de leur croyance, nous n'ayons presque plus rien de leurs vertus. Le monde, le plaisir et les affaires emportent le tems et les pensées de la plupart. Incrédu* lité dahs les uns, stupidité de foi dans les autres, indifférence presque en tous, jamais on ne vit plus de christianisme et moins de Chrétiens. Voyez leur répugnance pour la table sacrée ; plusieurs l'abandonnent tout à fait; plusieurs s'y traînent d'année en année par un
|à, il 'est vrai» -des hommages reDclus à rapostolicité du culte: mais où pouvoieot aboutir ces foibles essais î Ce n*est ni par cotteries, ni par bunlieaox qu'on retourne à la voie abandonnée.
378 WR L^icLISB ANGLICANE^
lAttnJx. reste d'habitude^ une sorte de décence : la tiédeur^ Tirréflexion les y accompagne ; le dirai-je ? et trop souvent tnême ceux qui montent à Tautel. Car les y aperçoit-on saisis de tremblement et de frayeur ? A la précipita*! tion des uns^ à ht froide accoutumance des autreii diroit-on quUls songent seulement au grand ministèœ .qu'ils remplissent^ à la victime divine qu'ils vont offrir pour le salut des peuples^ au brasier ardent qui est entre leurs mains^ et qui va passer à leur cœur^ sans réchauffer ? Peuples malheureux ! bien plus malheureux prêtres ! et d'où provient cette dégénération universelle ? J'en connois bien la racine ; et malgré les prétentions du siècle^ je ne craindrai pas de la nommer : elle tient à notre profonde ignorance. Nous n'ambitionnons^ nous n'apprécions les connoissances que sur les objets qui passent : nous sommes sans intérêt pour ce qui doit ne passer jamais. Nosjugemens^ nos goûts^ nos affections, notre vie entière n'est qu'une méprise complette, un funeste contre-sens de la jeunesse au tombeau. O curms in terras anirnœ et cœlestium inanes ! Quelle sera donc la fin de ce désordre irréligieux r Où nous mène ce renversement de la raison ? Je ne sais : mais il est impossible de ne pas se souvenir que l'extinction de la foi, suivant ce qui est écrit, doit un jour annoncer aux choses terrestres leur terme. Après avoir ainsi gémi sur notre propre décadence, j*ai tourné mes regards et mes pensées sur les sociétés protestantes; et comparant leur croyance à celle des premiers siècles, je n*ai pas été moins saisi d'étonnement que de pitié. Eh! comment, me suis-je dit cent fois à moi-même, annoncer au monde une réformation avec la promesse spécieuse, attrayante de le ramener à la foi primitive, et commencer par rayer de
ET LA RÈFORMATION EN G£Né|lAL. 379
la foi ce que les siècles primitifs ont cru et pratiqué de ''•"^ *^ plus grand et de plus sublime I Car tr^s-certainement les liturgies ^écrites au Ve. siècle nous retracent les prières essentielles que faisoient de mémoire à Tailtel les Evêques et les prêtres des âges précédens. Quelques variations indifférentes dans les expressions^ dans l'arrangement des prières, dans la disposition des rits, des cérémonies prouvent bien que les Apôtres ne les avoient point tracées de leurs mains. Mais le concours unanime des liturgies, leur uniformité parfaite à nous montrer dans tout Tunivers chrétien Toblatioh, la vietime^ le sacrifice non sanglant, Tinvocation pour deman* der le changement de substance^ Tadoration qui le suit avec la réalité de la présence, etc. ne sauroient provenir que d'une même cause, d'une cause également iivipérieuse, obligatoire pour tous, d'une même institution apostolique et divine. En effet, pour le redire encore en finissant, si les Apôtres n*avoient point marqué par leur enseignement et leur exemple que ces dogmes dussent être exprimés dans la célébration des saints mystères, d'où vient qu'ils se trouvent dans toutes les liturgies, aussitôt qu'elles paroissent ? Que les partisans d'une préseiice figurée et de l'absence réelle nous jdisent, s'ils le peuvent, en quel tems, et de quelle manière on auroit pu passer généralement d*une croyance aussi simple que la leur, et, suivant eux, enseignée par les Apôtres et leurs disciples dans toutes les nations, à la croyance précisément contraire, à des dogmes inconcevables, inouïs jusqu'alors, et qui toutà-coup replongeoient l'univers dans une nouvelle idolâtrie. Comment et dans quel tems en est-on venu à ce changement prodigieux ? Seroit-ce au moment
3SO SUR L^fiGUSE ANGLICANE^ '
umtxx. où les liturgies furent frites, seroit-ce auparavant ( JMais elles n*ont poiut été écrites à la fois : nul ordre général de les produire en lumière: nul conoottiSi nulle intelligence ni connue^ ni même possible entre les rédacteurs. Mille clameurs se seroient élâréei 4Kmtre les auteurs infidèles d*une première litui^t mille réclamations auroient retenti de toute part contre des interpolations si graves et si notoires. Qu*on se rappelle le zèle de St. Cypnen contre ceux qui ne inéloient point d*eau dans le calice» et Ton jugera des récflamations qui se seroient élevées contre des innovations plus essentielles^ dans un tems où» comme dit St. Jérôme» le sang de Jésus-Christ fumoit encore» pour ainsi dire» et où la foi récente brûloit dans le cœur des fidèlejs. Pour tout Evéque» pour tout prêtre» ceût été un devoir de condamner hautement un at. tentât de cette nature» un crime de se taire. Chaque patriarche» chaque métropolitain auroit publié Fanliqùe liturgie de son Eglise» pour étouffer des nouveautés si révoltantes; et nous aurions aujourd'hui une foule de liturgies contraires. Qui doute que les Pères d*Ephèse ou de Calcédoine n'eussent proclamé la tradition légitime» supprimé d'autorité les fausses liturgies» et confirmé les véritables ?
Il faudra donc en revenir à prétendre que le changement aura prévalu avant la publication des liturgies. Mais que Ton nomme telle église que Ton voudra» et Ton ne parviendra jamais à concevoir qu'un pareil changement ait pu y avoir lieu» entre l'époque où sa liturgie fut écrite et celle où vivoient les Apôtres. Prenons, si vous le voulez» l'Eglise d'Alexandrie pour ^xemple. Vers 388» nous en voyons partir Frumen-
£T LA RBFORMATION £K ciNÂRAL. Sig^t
tiw^ emportant avec lui un exemplaire de la liturgie^ UttnirlXi pour Taller célébrer au fond de TAbyssinie. Cet exemplaire^ transcrit par Tordre et soUs les yeux d^A-^. tbanase^ dut être rêva par lui et trouvé conforme à. ce qiû étoit en wsage dans son Eglise» à ce que plubieura prêtrea vénérables de son clergé avoient constamment récité à Tautel depuis 50 et 6o ans» et ce qu*ils avoient appris de leurs devanciers les plus âgés ; et voilà que d^à les premiers anneaux de cette chaîne nous font toucher à St. Clément» mort dans cette Eglise vers Fan QOO; et St. Clément nous assure que de son tems il existoit encore quelques-uns de ceux qui ayoient succédé immédiatement aux Apôtres. Oik pb^ceri je vous prie, le changement anti-apostolique 4ans une chaîne si saintement composée» et qui tient de si près à la première origine ? La même observation s'appliqueroit à TEglise de Jérusalem» dont le second Evêque» Siméon» avoit 120 ans lorsqu'il reçut le mi^rtyre^ et dont St. Cyrille expliquoit la liturgie aux Néophytes vers le milieu du quatrième siècle ; à TEglise de Lyon» où St. Irénée» disciple de Polycarpe, scella la foi de son sang en 204» etc. Que si un changement de cette nature n'auroit pu s'effectuer dans quelques églises particulières» comment le concevoir dans toutes ? Comment se figurer que» dans des siècles H purs» si dévoués à renseignement des Apôtres» on ait pu s'entendre pour le changer et le corrompre $ on ait pu» pour adopter une doctrine inouïe» dès pratiques nouvelles» se concerter dans l'Italie» dans les Gaules et dans les Espagnes» dans toute l'Afrique» dans la Grèce et ses Isles» dans la Syrie et dans les Royaumes de l'Asie? Ce n'est pas tout : comment imaginer que
383 SUR L'ËèâtÉi-A^GLICAKI»
Ledi« IX. les Nestoriens, qui parurent au moment oii les liturgies commençoient de s'écrire, les auront empruntées, de TEglise qui les condamnoient^ au lieu de se venger d*elle par des réclamations qu'ils n'auroient pas eu moins de droit que d'intérêt à élever ? Comment concevoir encore que les partisans d'Eutichès auront, suivi la même conduite^ et que les* ennemis trop nom^breux du concile de Calcédoine, Jacobites, Cophtes ou Syriens^ auront fait gloire de célébrer les litui^ies catholiques, malgré tant d'interpolations essentielles et manifestes ? Cette hypothèse est pleine de choses si contraires aux lois qui régissent le cœur humain, que s'y arrêter davantage seroit perdre le tems. Il faut y renoncer, et avoir la franchise, le bon esprit de. convenir de ce qui ne sauroit être raisonnablenient contredit. A Tunanimité, au consentement uniforme^ et sans trace de la moindre réclamation, de tous les chrétiens du monde au cinquième siècle, il faut reconnoître que les liturgies de cette époque nous représentent avec fidélité la croyance et la pratique des premiers tems.
Elles viennent de passer sous vos yeux ces antiques liturgies. Vous y avez vu partout l'autel, l'oblation^ l'immolation de la victime, le sacrifice non sanglant : vous y avez vu partout l'invocation pour demander le changement de substance, qui, d'une part, suppose la présence réelle, et de l'autre commande l'adoration. Du nord au midi^ de l'aurore au couchant, vous avez entendu les paroles qui expriment ces dogmes, sortir de toutes les bouches sacerdotales, et, si je ne me trompe^ avec plus d'énergie encore et plus de feu dans les Eglises Orientales que dans la Romaine. Vous avez vu tous
ET 1^ RJBFORMATION £K oisàKAL. 383
les chrétiens de la terre approcher de l^utel «vec foi^ Lett» ix. avec tremblement^ avec adoration* Telle étoit donc incontestablement la croyance de Tunivers^ unie à la pratique générale et presque journalière dans cet âge d*or du christianisme. Les liturgies de tout ce qui portoit le nom chrétien au Ve. siècle^ de tout ce qui le porte encore, excepté vous, les retracent Tune et Tautre en caractères si forts, si lisiblement gravés, que je ne saurois concevoir, qu'après les avoir lus^ un homme de sens et soigneux de son salut n'abandonne •ur-le-champ toute communion oîi ces d<^mes sont méconnus, pour se réunir à la Foi de la Primitive I^lise, s'associer à sa sainte liturgie^ et adorer avec elle Jésus-Christ présent sous les . espèces dans Tauguste et redoutable mystère de TEucharistie.
984 SUR L*£GUS¥ ANGUCAKlji