‹ Discussion amicale sur l'éstablissement et la doctrine de l'église anglicane: et en général surChapitre 36 sur 37 · TOME I. ce · texte numérisé non relu

TOME I. ce

386 SUR L'£GLIS£ i^NGLICAN£|

Lettre IX. liturgies orientalesi» Il paroit que St. Paul allant de Rome l^peDdix. en Ëspagoe^ passa par les Gaules et y laissa des Evêques, Crescent à Vienne, Paul à Narbonne, Trophime dans Aries: Pothîn^premier Evêque de Lyon, où il reçut à plus de 90 ans la mort et le martyre, étoit disciple de Polycarpe : Irénée son successeur venoit aussi de Smyme,où il avoit été élevé par le même homme apostolique. La lettre des Eglises de Vienne et de Lyon à celles d'Asie et de Phrygie montre bien la relation qu'il y avoit entre la Gaule chrétienne et l'Orient. Tout cela doit suffire pour nous indiquer l'origine de la liturgie gauloise, et son institution apostolique, puisqu'elle fut indubitablement pratiquée et enseignée par ses premiersEvêques. Il est à la vérité probable que les Apôtres desGaules passèrent à Rome, et y furent autorisés par St. Pierre ou ses successeurs. Mais cette autorisation ne les empêchoit pas de faire la liturgie suivant l'usage des Eglises Orientales, auquel l'Eglise de Rome ne s'opposoit nullement, vu que ces liturgies nedifféroient en rien dans l'essentiel. On sait que Polycarpe se trouvant à Rome, le Pape Anicet lui déféra l'honneur de célébrer les saints mystères dans son Eglise.

Hilduin, Abbé de St, Denis, dans sa préface sur les Aréopagitiques adressée à Louis le Débonnaire peu après la mort de Charlemagne en 814, parle de quelques missels de la plus haute antiquité, et " presque consumés de vétusté, qui con- *^ tenoient l'ordre delà messe suivant le rit gallican, tel qu'il " fut reçu avec la foi dans cette contrée occidentale, et tou- *f jours usité jusqu'à ce que le rit romain, maintenant en '** usage, y eût été adopté." On étoit donc alors persuadé que la liturgie des Gaules étoit aussi ancienne que la foi, et que l'une et l'autre y étoient venues de la même source, des Apôtres et des hommes apostoliques, la liturgie Elle remonte incontestablement à St. Jactjues, premier aiSi^deJéru- Evêque de cette première Eglise où les Apôtres célébrèrent les mystères ensemble avant leur dispersion,et où St. Jacques continua de les célébrer pendant le reste de son épiscopat. Les Pères da Concile Général In Trullo en 692 la citèrent

em.

Et LA RÎFOttMATioK Vk càskRAL. 387

Comme venant constamment du même Apôtre, et s'eiï servirent Lettre IX pour réfuter rerrèor dfes Arméniens qui ne mettoient dès lors xppSlîx. dans le calice que du vin sans eau. On sent assez qu'elle put être indifféremmetit appelée de 8t. Jacques ou de Jérusalem. Les Grecs ei les Syriens de cette ville et des contrées voisines l'ont toujours regardée comme transmise par St. Jacques. Ils récrivirent d'abord en Grec pour leur usage, parce que cette langue étoit généralement parlée dans les grandes villes d^Orient aux 4e et 5e siècles, époques où les liturgies commencèrent d'être écrites. Elle porte dans le grec le nom de St. Jacques, comme aussi dans la version syriaque qui en fut faite ensuite.

Firmilien se trouvant à Jérusalem vers le commencement du Se siècle, observa quelque différence entre l'office qui s'y faisoit et celui de Rome. Il marque à St. Cyprien que les rits Ep»t* 75 de Jérusalem ne sont pas exactement les mêmes que ceux de Rome. Il ne relève de différehce que dans les rits; ce qui suppose que dans le fond et ressehtiel il n'en avoit aperçu aucune.

Au jugement d'habiles critiques, la liturgie qùè Cyrille dé Jérusalem expliquoicaux nouveaux baptisés est exactement IsL même que celle connue sous le nom de St. Jacques. On voit pourtant que depuis cet Apôtre, et même depuis Cyrille, elle a subi quelque changement dans les cérémonies, dans lei collectes ou oraisons, les unes ayant été allongées, les autres^ raccourcies; changement fort ordinaire aux livres d'usage, et que les circonstances ne manquent jamais d'amener, même après qu'ils ont été mis en écrit. Il est aussi fort sinrplê, que n'ayant été,{:omme les autres liturgies,écrite qu'au cinquième siècle, on y ait ajouté le consubstantièl au nom de Jésus- Christ, et à celui de la Sainte Vierge le titre de Mère»^ de Dieu défini à Ephèse. Cela prouve, à la vérité> qu'elle n'a point été écrire avant ces Conciles Généraux, puisqu'elle h'^i point été citée par eux en preuve, ^ais il ne serôit guèrèa judicieux d'en conclure qu'elle n'existoit point avant ces additions, commandées par les décrets postérieurs de l'Ëglise.

ce 2

388 sirm L*icusE angucamb,

L^w IX. Il V a plas àe onze cents ans que r£glise de Constaoti-

Appcndtt. nople se sert de deux Htargies, Tune soas le nom de St. Jean

Cbrvsostooie, Tsaiie soos celui de St Basile. ^]i l'an. ni

rocquett àm i autre de ces d«itx Eveques ne furent autears de ces iitur-

oostuàuai «gi^j^ L'éloqiient Patriarche ne reçut le beau titre de Chry-

sostome que trois siècles après sa mort* Avant lui, de son

teois» et beaucoup après, la liturgie qui a pris son nom por-

toit celui des Apôtres. Pour la distinguer de tant d'autres

qui veQoieot également des Apôtres, et pour imiter la cou-

tuuM qui s'étoit introduite ailleurs, on lui donna, sans doute,

le non de ce gran'd Patriarche. Elle ne l'avoit pas encore à

la fin du 6e siècle. Nous en avons pour garant Léontius,

avocat de Bjsance, qui fait à Nestorius le reproche suivant:

ftotttiuicoifttM *^ Vu autre attentat encore, qui ne le cède eh rien an pré-

^ î^uikb^ " cèdent : il osa bien, sans respect pour la liturgie des

^* Apôtres et celle du grand Basile, écrite dans le même es-

^* prit, ËBiçonner une nouvelle messe, dififérente de celle que

^* ttos Pères avoient transmise aux Eglises. Dans la sienne

** il couvrit le mystère de l'Eucharistie de blasphèmes plu-

** tôt que de prières."

Quant à St. Basile, nous savons, par St. Grégoire de Namuce, qu'il avoit composé des prières pour l'autel : et St. Basile lui-même, dans sa lettre au clergé de Néo-césarée, parie de celles qu'il avoit faites pour la messe ; il les avoit destinées à son monastère ; elles s'accordoient avec celles qui ^e disoieut dans les Eglises. C'é toit des prières ajoutées au cauou, mais qui ne le remplaçoient et ne le changeoient point; elles furent fort goûtées dans l'Orient: diverses k'^tises les accommodèrent à l'ordre de leurs liturgies, et cuiw à ^a manière, w vv.,^<v^» L'K^lise d'Alexandrie fut fondée par St. Marc : et l'on ne

, V;i^i^^!v! l^'^' dv^UKH' que ce saint Evangéliste n'ait donné à son tî^lKw l'ordi'e de la liturgie à laquelle ses successeurs se vs^UvumèrviU, ainsi que les Evêques de leur dépendance. V>uavs qui vécut jusqu'en 444, occupoitle Siège Patriarchal \vHï^ Iv tvu44 oA les liturgies furent mises en écrit, c'est-à-dire.

ET LA RÉFORMATIOM EN OÊNéRAL. 389

Ters le Concile d'Ephèse, en 4SI. Elle fut d'abord écrite en Lettre JX grec qui se parloitdans Alexandrie, en cophte pour les pro- Appendîx vinces, puis au 7e siècle en arabe, après la conquête de ï*JEgypte par Mahomet. Cyrille avoit, à l'exemple de plusieurs saints, composé des oraisons pour l'autel ; le grand oHentafes^l éclat qu'il avoit jeté dans l'Eglise fit donner son nom à la P» iTi.

|.. . . ,, . . . - . ... .. Renaudo

liturgie qui secrivoit, mais sans faire oublier sa première t.]. p. 94 origine apostolique. Les anciens auteurs cophtes déclarent que la liturgie de Marc fut augmentée par Cyrille, liturgia Ifarci quam perfecit Cyrillus.

Frumentius etun de ses cousins, tous deux fort jeunes, Delà liturg furent menés en Ethiopie par un négociant de leurs parens. R^ifin^hist Les barbares ayant massacré le négociant et son équipage, trouvèrent les deux enfans étudians sous un arbre, et y préparant leurs leçons: ils«en eurent pitié, les amenèrent au iloi qui, charmé de leur air et touché de leur situation, les acueillit avec bonté, en prit soin, et dans la suite, fit l'un son échanson, et Frumentius son principal secrétaire. Le Roi venant à mourir quelques années après, Frumentius partagea les affaires de la régence avec la Reine veuve, durant toute la minorité de son fils. Il profita de son crédit pour aider et favoriser Jes Chrétiens négocians qui abordoient sur ces côtes. Ayant, par la suite obtenu du jeune Roi la permission de retourner avec son cousin à Tyr, sa patrie, il passa par Alexandrie, En 396. dont Athanase venoit d'être élu Patriarche, lui exposa l'état des Chrétiens en Ethiopie, les heureuses dispositions que les barbares témoignoi^nt pour le Christianisme, et le pria de leur envoyer un Evêque. Athanase, après y avoir réfléchi, se décida de leur envoyer Frumentius lui-même. De laïque^ il le fit Evêque de toute cette contrée, où sa prédication eut par la suite un succès admirable.

Qui pourroit douter qu'en le faisant partir pour une région si éloignée, Aihanase ne l'ait pourvu des choses nécessaires au ministère et au culte, comme d'un exemplaire de l'Ecriture Sainte,d'une copie de la liturgie, afin de suppléer au défaut de sa mémoire, peu exercée jusqu^là dans Tadministratiou des

SQO 9UR i;sGU»S ÉSiGLlCAlfZsf

t*i^fX. sacremens^ et qu'après sa mort^ la laissant à son Eglise, son $00 Appendix. cesseur la pût trouver toute écrite f Ce qui fortifie beaucoup cette conjecture plus que probable, c'est que M. de LudoU nous a fait connoitre par sa traduction une liturgie Etliiopienne, où il n'est fait miention que des 318 Pères deNicée, auxquels on sait qu'Athanase étoit si dévoué. p la liturgie Nestorius^PatriarchedeConstantinopie^coDda^œnéetdéposé * s^^f^eo ^" Concile Général d'Epbèse en 431, parce qu'il enseignoit ésopotenAs- deux pQrsonnies en Jésus-Christ, et nioit en çoDSjéqueDce AS les Indes. Tumon du Verbe avec la nature humaine, et la maternité di« vine de la Sainte Vierge, ne trouva qu'un trop grand nombre de partisans dans la Syrie, où ces notions ayoient longtems germé depuis Paul de Samosate. Le^ ^jestorien§ porèrent leurs erreurs avec le christianisme dans les royaumes des Assyriens et des Perses, de là dan^ les Indes, et même au 7e siècle jusqu'à la Chine, ainsi qu'on Ta découvert par une inscription trouvée en ]62ôdans la ville deSigam-Fu, capitale de la province de Xinsi, reconnue pour authentique par les sayans les plus distingués. Elle fut gravée sur une pierre à 29 colonnes, en caractères chinois, avec quelques lignes syriaques, et datée l'an de l'ère des Grecs ou Séléupides 1092, qui répond à l'année 780 et 781 de notre ère. Qn y lit que l'Evangile fut prêché à la Chine par des prêtres venus de Syrie l'an 636. On peut consulter sur c^ monument singulièrement curieux le Père Kinker dans son ouvrage. China Illustrata, et les liturgies du Père le Brun, t. 3, p. 374.

Or les Nestoriens ont trois liturgies, écrites en langue syriaque, la première intitulée celle des Apôtres, la seconde de Théodore de Mopsueste, la troisième des Nestoriens. Le savant Abbé Renaudot, qui les a traduites, observe que la première, composée par St. Adée (ou plutôt Thadée) et Marie, docteursdes Orientaux, comme portent les manuscrits, est l'ancienne liturgie des églises de Syrie avant Nestorius : la seconde devoit être celle ^e l'Eglise de Mopsueste en Cilicie, dont Théodore, l'ami et le maître de Nestorius, étoit Evêque. La troisième devoit être également celle de Constantinople,

ET LA &ÂFOaMilCriOK eN CSKJBRAL. 39 1

que Nestorius y avoit suivie, mais dans laquelle il insinua JUi ses erreurs. L'analogie et la conformité des paroles de Tin- ^pj vocation entre la liturgie de Constanlinople et celle de Nestoriiis prouve assez qu'elles étoient originairement la même. On n'aperçoit point l'erreur des Nestoriens dans les deux premières.

Suivant la tradition de la Petite Arménie, la foi fut annon- p^ l^ cée à leurs ancêtres par St. Thadée et St. Barthélemî. On ^™^ sait qu'au commencement du troisième siècle il s'y trouvoit un fort grand nombre de Chrétiens : l'attachement des Arméniens à la religion détermina l'Empereur Maximin^qui renouvela les persécutions en 235, a leur déclarer la guerre, quoiqu'ils fussent amis des Romains. Dans les persécutions suivantes de Dèce et de Dioclétien, ils eurent beaucoup de martyrs.

La Grande Arménie fut convertie au commencement du IVe siècle par St. Grégoire rilluminateur. Arménien luimême, instruit à Césarée et ordonné Evêque par Léonce qui assista au concile de Nicée et fui remplacé dans son siège par St. Basile. La .foi y fit des progrès si rapides, que les auteurs du même siècle en parlent comme d'un pays très-orthodoxe* " L'Eglise ne seroit-elle donc plus dans les deux Ar- *' ménies, parce que vous n'y êtes point ?*' disoit Optât de Milève aux Donatistes. Et Ruffin, le traducteur d'Eusèbe, après avoir rapporté ce que nous avons dit de Maximin, ajoute en parenthèse, que toute f Arménie est entièrement dévouée à la religion. St. Basile continua, à l'exemple de son prédécesseur, d'étendre sa sollicitude à ces régions et d'y envoyer des Evêques. St. Chrysostome fut exilé parmi eux et y termina sa sainte et glorieuse carrière.

Ce fut donc de Césarée que la Grande Arménie tira ses liturgies: ce fut d'elle qu'elle emprunta ces belles oraisons que St Basile avoit composées. Elle y en joignit quelques-unes de.St. Atlianase et de St. Chrysostome dentelle honor.oit singulièrement la mémoire. Elle écrivit sa liturgie comme les autres Eglises, vers le milieu du 5e siècle, la suivit dans sa

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Lettre IX. pureté primitive jusqu'au milieu du sixième: mais alors elle Arpradix. ^^ laissa entraîner plutôt dans le schisme et la ha:ine contre le concile de Calcédoine, que dans Terreur d'Eutichès, par Lettre de Pho- Jacques le Syrien^ Evêque d'Ëdesse. Les Arméniens insérédes Arméniens, r^nt dans leur liturgie l'addition eutichienne, qui a été cruçi'- JUj etc. au trisagion ou trois fois saint, comme le rapporte Nicéphore. Ce reproche^ et celui de ne point mêler d'eau dans le calice, sont les seuls que l'Eglise ait jamais faits à leur liturgie, qui incontestablement remonte avant leur schisme, et devoit leur avoir été apportéej'par leur Apôtre Grégoire.

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