‹ Discussion amicale sur l'éstablissement et la doctrine de l'église anglicane: et en général surChapitre 4 sur 37 · TOM. I. B · texte numérisé non relu

TOM. I. B

2 SUR l'£GLISE ANGJLICANE,

Lettre I. a écrit que l'histoire de la Réformation Anglicane e» étoit l'apologie. S'il avoit écrit précisément le contraire, il auroit, à mon avis, rencontré beaucoup plus juste. Vous allez en juger par le récit que je vais vous faire brièvement, et sans le contredire dans tes faits, en ne me servant que d'autorités que lui-même auroit admises.

Dix-huit ans s'étoient écoulés depuis le mariage que Heuri VIII avoit contracté, sur dispenses accordées en IÔO9 par Jules II, avec la veuve d'Arthur son frère aîné, Catherine d'Aragon, fille^de Ferdinand, roi d'Espagne. Il en avoit eu plusieurs enfans, dont il ne restoit plus que la Princesse Marie. En 1521 parut à la cour de Catherine la fameuse Anne de Boleyn : elle avoit 20 ans, revenoit de France oh elle en avoit passé sept auprès des deux reines successives et de la Du-

chesse d'Alençon, sœur de François I. Ornée de jeu-' nesse, de beauté et de grâces, elle inspira au roi cette passion funeste qui quelques années plus tard chassa Catherine du trône^ y fit monter Anne quelque tems à sa place, puis à l'échafaudr, et plongea TAngleterre dans un schisme qui dure encore.

Dès qu'on eut appris à Rome que Cranmer, successeur de Warham au siège de Cantorbéry., avoit de son autorité annullé le mariage de Catherine, pour faciliter celui du roi avec Anne de Boleyn, le consiijtoire donna le 24 Mars, 1533, la décision qui confirmoit la validité du premier mariage de Henri avec Catherine, ordonnoit au prince de vivre avec elle, et en cas de refus, décernoit l'excommunication contre lui. , A cette nouvelle, le roi indigné résolut de rompre avec la cour de Rome, de soustraire sa personne et ses Etats à la juri«

£T LA RÀFORMATION EN GENillAL. 3

diction de St. Pierre, dont il avoit lui-même si biep Lettre J^ défendu Tautorité et les droits contre Luther. Déjà lès esprits avoient été préparés au changemenf ; plusieurs menaces avoient déjà été faites au souverain pontife, plusieurs atteintes mêmes avoient été portées à sa juridiction. Enfin le parlement, reprenant ses séances en Novembre, 1534, s'empare de ki juridiction de l'Eglise et la place toute entière sur la couronne par Tacte trop célèbre qui décore le prince du titre fastueux de chef terrestre et suprême de l'Eglise Anglicane. Le roi s'empresse de faire reconnoître sa nouvelle juridic-. tion dans le royaume : il fait dresser une formule de seraient que les Evêques, le clergé sont obligés de souscrire: quiconque s'y refuse, ou prétend élever la voix pour la suprématie spirituelle du Pape, est puni de mort* Cromwell, vicaire général de Henri, et délégué par lui pour exercer sa suprématie, parcourt les divers diocèses, suspend durant ses visites diocésaines la juridiction des évêqués, qui poussent la lâcheté jusqu'à recevoir des iettres-patentes> par lesquelles ils reconnoisserit le prince comme source et origine de toute juridiction, eux-inémes n'en exerçant qu'une précaire sous le bon plaisir du souverain. (1) La suite de ce règne fut marquée par dès actes répétés de juridiction spirituelle, par des suppressions d'abbayes et de monastères, pal" divers démembremens arbitraires de diocèses, érections de nouveaux siégea, dont les pourvus étoient sacrés 6t confirmés par lettres-royaux. ' Au reste, tandis que le chef suprême maintenoit le

(1) II faut excepter Fisher, Evèque de Rochester, qui maiutiut courageusenient la foi, et perdit la tête sur Téchafaud.

lettre I. fichisme avec la dernière sévérité^ il repoussoit Thérésie avec une rigueur égale^ et en mêaie tems qu'il ptinis^ 5oit de mort les Catholiques qui osoient encore se détîlarer pour la chaire de St. Pierre, il condamnoit au feu les disciples de Luther ou de Calvin, qui se mêloient de dogmatiser dans ses Etats. Mais il n'étoit pas difficile dç prévoir que le schism^e ouvriroit un jour la perte à rhérésie, et que, l'unité une fois rompue, les innovations accréditées sur le continent frniroient par slntroduire et prendre pied en Angleterre.

Henri avoit à peine fermé les yeux, que le Dde de Somerset prit la tutelle de son tieveu Edward VI, et Tadministration du royaume, à la t^te du conseil de régence, sous le nom de protecteur. Il étoit Zuihglien danë le cœur, et avoit pour honmie dé eonfianee Tar-

i chevêque Cranmer qui, n*ayaot fdus de raison de dis-

simuler, leva bientôt le masque, et eatra hautement dans les vues du régent. L'archevêque aspiroit à faire accréditer enfin scm mariage que jusqu'alors it avoit été forcé dé t^mr clandestin. Le protecteur en vouloit aux dépouilles de l'Eglise i beaucoup d'autres espéroient les partager avec lui : la Réforme seule pouvoit le» servir tous à leur gré i elle fut dône décidée. Le Duc de Somerset connhence par faire proclamer son neveu chef suprême au spirituel et au temporel, puis oblige ^ Tes évêques de prendre des commissions révocables à la volonté du roi, nomme des commissaires pour faire la visite des diocèses, et cependant suspend l'exercice de toute autorilé ^piscopate ; annonce par un édit qu'ua recueil des articles de la foi se prépare au conseil, qu'il ne tardera guères de paroître^ qu'on ait d'avapçe à se disposer à le recevoir avec soumission; et en at*

ST LA RÉFORMATION EN GÊNélUL. ^

tendant/ il fait défense à tout ecclésiastique de prêcher Uttre 1

dans quelque assemblée que ce soit. Déjà avoient été

appelés 'pour travailler à Tœuvre de la réforme, Pierre

jnartyr et Ochin son compagnon, tous deux religieux

ftaliens, qui comme la plupart des réformateurs avoient

quitté rétat monastique pour embrasser <!elui du m^*

riage, L'ouvrage annoncé parut enfin. U enlevoit au

calte ses formes antiques, aux cérémonies leur majesté.

La confession, les œuvres satisfactoires, le purgatotrie^

la prière pour les morts, l'invocation des saints, l'hon-

oeur rendu aux reliques, aux images, à la croix sont

tboiis : le rituel, la liturgie, la messe avec on sacrifice,

la présence réelle avec la transubstantiatieti, rien ne

s'en sauve^ ^et l'Angleterre s'étonne de se voir tout à coi:^

Calviniste.

Mats k crtte fois le ciel parut ae lasser ^e tant de sacrilèges. Il enleva du monde le jeune souverain, delà 1553^ foiblesse duquel on abusoit si indignement. Marie sfa <œur aînée porta sur le trône les sentifnens catholiques, <iuelui avoit constamment inspirés «a mère, la vertueuse Catherine. Aidée par les ministres dont «Ile «*étoit entourée, et «urtout parles sages conseils du Cardinal Poole son parent, elle parviiit à ramener son peuple à Tobéissance du St. Siège. Le Parlement fivoit luir-méme sollicité la réconciliation qui fut proilïoncée par le Cardinal Pooie, légat de Jules III. Les affaires de l'Eglise furent ajustées entre le légat «et le 1^54. parlement avec autant de prudence que de modération^ On reprit, en rentrant dans l'unité, les dogmes et la liturgie, qui avoient toujours subsisté dans cette grande ile depuis sa conversion au christianisme jusqu'au jeun€ Edward. L'Angleterre, quoique travaillée par les in-

6 SUR Veguse anglicane^

lettre !• novations et les attentats du dernier règne, parut généralement s'applaudir d'être redevenue ciatholique. Elle le seroit prpbableoient encore, si Dieu, dont les jugemens sont impénétrables, n'avoit refusé une postérité à Marie, et ne l'avoit enlevée elle-niéme, après un règne bien court, à la couronne et à la vie, 1558. Elle fut remplacée par ^a sœur naturelle Elisabeth,

qui dut la couronne à la dernière volonté de Henri plutôt qu*à sa naissance, car elle étoit née du vivant de Catherine, reine et épouse légitime ; et même le mariage d'Anne sa mère avoit été déclaré nul, peu avant sa fin tragique, par sentence solennelle de l'Archevêque Cranmer, On dit que, convaincue de Tillégiti-: mité de son rang, Elisabeth monta d'un pas timide au trône; et qu'appréhendant d'exciter des mduvemens dangereux, elle hésita sur le rétablissement d^ la réforme, vers laquelle cependant elle penchoit en secret. Ses mfnistres Vy déterminèrent, en lui faisant entendre qu'il n'y auroit point dé sûreté pour elle dans * Punion avec la Cour de Rome, dont les décrets con-

,. . ^ , damnoient sa naissance, ^f Elle comprit bien, dit

Iistoire delà ^ . v T .

pa^fonn.) Heylin, que son état de fi-lle légitimé et la primauté du Pape ne pouvoient subsister ensemble." La rupture fut donc résolue au Conseil : il ne s'agit plus que d'y préparer les esprits. Les ministres se chargèrent de disposer la nation aux cbangemens projetés, et s'y portèrent avec une habileté consommée. Dès le mois de Décembre suivant, le Parlement se trouva convo* que. On proposa dans la Chambre des Pairs une loi que abolissoi't celles de Marie, donnoit à Elisabeth le titre de gouvernante suprême dans toutes les choses spirituelles et temporelles, avec tous les droits exercés

par Edward et Henri, Tautorisoit de faire exécuter par Lettrtr. des commissaires sa juridiction ecclésiastique, et pour onsintenir sa suprématie, obligeoit les évêques et le clergé de prêter un serment^ dont la forn^ule étoit jointe. La première lecture du statut jeta Ja conster^nation et l'épouvante parmi les évêques qui siégeoient alors dans la chambre haute. En vain TArchevéqué d'York, et TEvêque de Chester, au nom de tous let autres, s'élevèrent avec éloquence contre le projet de -loi; il fut accepté, sans qu'on s'occupât beaucoup de leur répondre. Il éprouva, dit-on, plus d'opposition dans les Communes. Mais enfin le parti de la cour prévalut. Ainsi l'autorité ecclésiastique fut enlevée au St. Siège et au clergé d'Angleterre ; toute juridiction spirituelle attachée à la Couronne ; le schisme érigé CD loi du royaume. Elisabeth, après la prorogation de son Parlement, entre dans ses nouvelles fonctions, et procède par degrés. Elle fait paroître devant elle tOQs les ëvêques, dont elle écoute les représentations avec impatience : elle les renvoie, en leur disant, ** que dorénavant elle regardera comme ennemi de Dieu et de sa Couronne quiconque oseroit soutenir les prétentions de l'Evêque de Rome." Elle fait partir ensuite des commissaires dans les diocèses qui, sur le refus des évêques de prêter le serment ordonné, les déclarent déchus. Tous, à l'exception de celui de Landaff, sont chassés de leurs sièges. Dans la suite ils furent remplacés par des prêtres attachés au gouvernement et aux nouveaux principes. Parker, nommé au siège de Cantorbéry, fut sacré et •confirmé, sur lettres* patentes de la Reine, par quelques évêques d* Edward VI, mais qui, déposés canoniquement de-

s SUX L IfiGUSB ANGUCANB.

^'**^^* puis, sous le règne de Marie, étoient restés sans si et sans juridiction. Parker à son tour consacra I presDÎers qui furent nommés après lui : de cette ma nière tous les sièges se trouvèrent remplis en 15612, e ce fut alors que les nouveaux prélats convinrent entrer eux d'une déclaration de foi, qu'ils dressèrent en 39 ^ articles, lesquels reçurent depuis la sanction 4u Parle^ ^ ment et de la Reine.

Il suffit de ce succinct exposé. Arrêtons-nous au J fiiit historique. Un nouvel ordre de choses s'élève en J Angleterre; Le schjsqfie pour la seconde fois va y être < solennellement proclarné. La nation sera séparée du ^ reste de la chrétienneté et formera désorpiais une EgHsQ ' à part, indépendante, isolée du monde entier comme le territoire qui la renferme. Mais de quel droit ? par quelle autorité ? Ainsi le veut celle qui aspire à dçvfs nir dans son Eglise gouvernante suprême.

Déjà la convocation du clergé, alarmée des prqjets de la cour, s'étoit empressée de les prévenir, avoit déclaré en cinq articles la croyance apostolique sur les dogmes, qu'on disoit plus menacés ; les deux universités a voient hautement concouru avec la chambre du clergé inférieur sur les quatre premiers articles; les évêques le^ avoient adoptés entièrement, et de leur autorité comme à la prière de leurs prêtres, les avoient transmis au garde des sceaux, Milord Bacon.(l) Mais la déclara^ tion du clergé n'arrête aucune des mesures concertées ; renseignement des guides spirituels, des évêques juges de la doctrine est mis de côté, méprisé : et par qui ^

(l) Fulkr's History^ sur le Synode de lôô9«

ET LA REFORMATION EN GÉMiRAL.

/)ar celle qu'on prétend donner à des successeurs des Lettrt L apôtres pour gouvernante suprême.

Du co!)8eil les projets sont portés au Parlement : à la première lecture, tout le banc des évêques seiève en oppo.^'ition. En vain réclament-ils devant les Lords: en vain enseignent ils au-dehors à leurs ouailles que le serment de suprématie blesse la foi, les principes sacrés du gouvernement de TEglise: ils ne sont point écou** tés: ils sont dépouillés de leur juridiction propre, et chassés de leurs églises. Et par qui? par la gouverpante suprême.

De nouveaux sujets sont nommés pour les remplacer. IMais comment leur nomination sera-t-elle confirmée, puisque le droit en est exclusivement au Pape? L'ordre établi depuis des siècles pour la communication des pouvoirs dans TEglise, par qui sera-t*il changé^ interverti ? par la gouvernante suprême ?

£11^ prétend ramener la discipline aux tems oik les métropolitains étoient sacrés, confirmés par les évêques de la province. Mais cette ancienne discipline, abolie par l'Eglise, ne pouvoit se rétablir que par elle: mais suivant TancienDC discipline, le patriarche ordonnoit et confirmoit ses n)étropolitains par lui-même, ou par les évèques de la province ses délégués ; car ainsi Tavoit réglé le Concile de Nicée, can. 4, et d'autres conciles depuis, comme en conviennent les Dr. Field et TEvêque Branchai, pour n'en pas citer d'autres: mais au défaut du Patriarche d^Occident, ni le vice- président de Can* torbéry durant la vacance du siège, Bonner, Evêque de Londres, ni Heath, métropolitain du Nord, ne voulurent jamais prêter leur ministère à une violation si manifeste des règles dans Taffaire de Parker; mais ses

10 SCR L'éGLISE ANGLICAN!^

Cettirei. quatre consëcrateurs, en révolte ouverte avec TEglise, étoient sans autorité épiscopale^ Hoskins n'ayant jamais été que soflPragant, supprimé et non rétabli, comme les autres sufFragans créés par Henry VIII. Scory, Barlow, Coverdale déposés canoniquement sous le règne précédent pour faits de mariage^ les deux derniers en contravention avec leurs vœux monastiques : n)ais en leur supposant avec des sièges une juridiction diocésaine, encore ne pouvoient-ils d'eux-mêmes l'étendre à un siège métropolitain et primatial : n'importe; ces irrégularités, ces défauts, ces nullités sont couverts à l'instant. Et par qui, s'il vous plaît? toujours par la rùême et par ses lettres-patentes ; par celle qui désormais, le diadème sur la tête, et la houlette }>astorale à la main, parle et se fait obéir par ses nouveaux lords spirituels, comme leur suprême gouvernante. (1)

Mais elle-même, d'où lui vient donc cette puissance absolue pour entreprendre des attentats si inouïs, et opérer un pareil bouleversement ? De la Chambre de ses Lords et de celle de ses Communes ! Eh bien! que son Parlement produise au monde la chartre qu'il a reçue de Jésus-Christ: qu'il nous prouve que Jésus- Christ a confié le gouvernement de son Eglise aux puissance^ de la terre. Mais nous savons, nous, qu^ii Ta confié à ses Apôtres seuls, et à leurs successeurs. Ainsi ce Parlement, quoiqu'absolu et tout-puissant pour les affaires du siècle, étoit visiblement sans droit et sans force dans les choses de l'Eglise. Il n*a donc pu transmettre aucune juridiction spirituelle à Elisabeth. £U«

(]} Fœmineo et a Saeculis inaudito fi^stu 3e Papissam et cap^t Zcclcsia^ fecit: Mart. Ch^^miiitius iii epUt, ad Elect. Brandeburg,

ET LA né FORMATION EN GéNÂRAL. 11

sabeth n'a donc pu Tenlever à ceux qui occupoient leurs LeMft I iHéges, avaut qu'elle occupât .le trône : elle n'a donc pu en transférer aucune à ses évêques intrus, ni ceux-ci à leurs successeurs. San? droit pour abattre, sans drpit pour reconstruire, son entreprise est frappée de nullité dans le principe. Toutes ses innovations portent à faux, et de lui-même Fédifice entier de sa réforme s'é-^ croule, (l)

(2) " Uq décret fut fait par un séuat hic, portant que les évèques qui se refuseroieqt au nouveau serment seroient dé^ ^f placés de leurs sièges. Le ternie fixé pour la prestation du ser-

V ment étant expiré, les Pères qui s'y étoient refusés se virent

V dépouillés des propriétés et de tous les bonneivrs attachés à leur ** dignité épiscopale. Jusqu'ici nous ne fîmes point entendre de 5' platntes....Que s'il plaît au bras séculier de retirer à lui les dons f* qu'il avoit faits à l'Eglise, qu'il les retire, à la bonne heure : ]e«

V Evêques en pâtiront au temporel ; mais la conscience des sujets '* ne sauroit en souffrir. Car Jésûs-Christ ne nous a point imposé

Tobligaiiou de défendre contre le magistrat les droits civils des Evèques; mais bien assurément les droits qu'il a lui-même ac<^ cordés à son Eglise, pour la préserver dans les persécutions; *' droits que nulle puissance humaine ne lui donna jamais et ne put même jamais lui donner. Et pourtant nos* adversaires ont poussé la violence jusqu'à les lui ravir l Nos très-révérends Pères furent donc enlevés à leurs troupeaux, au* soin des âmes : des autels. " furent élevés contre leurs autels ; dans leur§ pljices on fit entrer '' des évèques du parti opposé ; pendant qu'ils yivoient encore, *•* leurs Eglises furent occupées; leurs sièges eurent des successeurs 5' avant d'être vacants, avant que les prédécesseurs en fussent des- " cendus, avant qu'ils eussent été privés de leur juridiction spirituelle par sentence d'évêqucs à qui le droit appartient de la porter; avant même qu'ils eussent été écartés par une autorité quelconque, dont le jugement devoit être ratifié dans le ciel, *^ crainte que Dieu ne continuât d'avouer pour légitimes évêques, '* ceux qui n'auroieut été chassés que par une violence purement

i;0iti« n II Q*etl plus besoin de discussion uUérieuse : le procès est jugé, la cause est terminée. Le défaut radical et essentiel de compétence rend absolument nul tout ce que fit alors Elisabeth. On peut, si Ton veut, appe^ 1er son œuvre, une Eglise Parlementaire et Royale^ mais toujours humaine, jamais divine (1). Il n'est donc point possible d*y rester, si Ton veut appartenir à TEU glise de Jésus-Christ. Il faut remonter au règne précédent et rentrer dans Tunité catholique, où, depuis rétablissement du christianisme dans la Grande-Bretagne jusqu'à la vingtième année de Henri VIII^ vos ancêtres, plus heureux que leurs descendans^ eurent constamment le bonheur de vivre et de mourir.

*^ humaine. D'après cet considérations, nous avons jugé que pot ** liens de dépendance vis-à-vis de nos évèques restoient toujours ^ dans leur force, que nous leur devions encore Tobéissuuce que *' nous leur avions due avant, et qu'il ne nous étoit point permis *' ^de la transférer ^ des intrus qui par le seul fait avoient rompa ** l'unité catholiq-iio, renoncé au Christ même et k toutes se^ •' grâces/'

Dodwell pensoit très-juste sur Tindépendance de la juridjctioii épiscppale. Dans les- principes qu'il maiotenoit en 1609, et qu'il auroit eu bien autrement sujet de défendre un siècle plutôt, vous lises la condamnation des procédés de lô5fi, tracée, sans qu'il pa> roisse y avoir songé, par un des premiers docteurs de i-Univ$rsité d'Oxford. — Discours sur le dernier Schisme d'Angleterre, traduit du Latin en Anglois, Lond. 1704, pag. 4 et ô.

(1) liumanam conantur ecclesiam fitcere. S» Cypr. epist. 52. ad Ant.

fT LA RJ&FORMATION EN oiNâRAL* iS

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