TOM. I
18 «UR l'j&oltw anglicane^
***^ "• le joBg d'une même doctrine, d'un même gcwveinemetit spirituel tant de nations si diflërenteis entre èWes d'intérêts, de mdBùrs, de climats, die prèjngés> ée langages : idée trop vaste sans dotite pour un lë*^ gisiâtedr mortel, qdei qu'il pût être ; mais qui siéoit bien à celui qui avoit droit aux hommages de Puni* ▼ers (1).
Ek derte», pour emprunter ici le langage d'un de vf>ft docteurs : (9) ^' De tout tems les divisions, en *^ MtaqMnt l'ensemble du christianisme, l^i ont enlevé ^ ëÊL beauté €!t ce charme irrésistible qui n^auroit
pu manquer de captivefr ie cœur et Tadmiration de
tous les hotnmes...Ce ne sera jamais ni la sublinrifté ^' Ûe là mèrale chrétienne, ni la splendeur des espé- *^ Tbnceë quVlle fiit brillefr à nos yeux^ qui frappera ^ davants^ ceux qui la contempleront du dehors. C^. ** qui les ravirott, te qui les entraînerait, scfroit d'en- ^* tiendre de toutes parts : voyez les chrétiens, commte ^. ils s^aimënt, ecce ut chrîstiani amant ! Ce seroit ^' de n'apercevoir parmi eux qu'amour, unaninrité,' ^^ concorde. Mais leurs haines,. leurs divisions, leurs
guerres intestines ont endurci contre leur doctrine
ce
fi) " Ecoutez, 6 nations inuowbrables» tous faut que vous " êtes, hom/nes doués de raisou. Grecs ou Barbares! j'appelle *' à moi tout le genre humain» dont je suis le Créateur par la vo- *' lonté du Père. Venez à moi pour être soumis et réunis à Dieu '' seul et à son Verbe seul/' C'est ainsi que Clétnent d'Aîexan-p drie fait parler Jésus-Christ dans favotissemeoft slak Gentils. *
(2) The authot of the seridcte enqutry into the causes t>f tb^ négtliîct aild ctftiteiftpt of thé protestant reli^n and dmrdi «f Ëngland» second Ed* aa. l675.
£T LA aiFÔAMATIOïr HS 6ÈsiuXL. 19
^ le cœur des Juifs, des Turcs et deè Payens^ et les Lettrt tï. ^^ ont rendus insensibles à toutes les preuves qu*on a ^^ tenté de leur donner sur la divinité du Christian ^^ nisme/ Au contraire, les preuves du Chrislià* Yiîsnhë seraient facilement entrées dans leurs âoses par la plus touchante, la plus irrésistible de toutes, par l*uinoh parfaite des chrétiens entre eux. Où chercher en effet la cause de cette unanimité ? comment ex* pliquer Cet accord des esprits let des cœurs parmi âHnnombrables fidèles, étrangers les uns aux autres de langages, de riiœurs, de climats, de gouvernement? Niillè institution humaine n*auroit jamais opéré un sèmbtable prodige : iiïifs, Turc^, idolâtres^ tous Taurdienl éenti: tous y aurôient reconnu et adoré une ceuvre surnaturelle et divine. Nous pouvons donc tijsbnnabletinent conclure que, si les passions ne «Titoiént révoltées contre le joug de Fautorité, si des bômmés inquiets, emportés par la manie de dogmatiser, de subtiliser sur les mystères ; si des hypocrrtes M(ibitieat, des sédtaires superbes n'étoient; venu diviser les frères, déchirer rËgti^e et entraîner misérablement à feuf suite des nations entières dans le schisme et dans Terreur, le plan de notre divin législateur seroit accompli glorieusement, l'infidélité auroit • disparu» toiis les peuples aurôient été conquis à la religion ; ils n'aurôient pour elle qu'un sentiment, qu'un langage: de tous les points du globe ils adresseroient les mêmes prières à notre seul et adorable Médiateur^ ietBondë sèroit aux pieds de sa croix, et vous, simple él céleste unité, vous r^neriez sur la terre.
3^;N*iliisf stonU (îas davantage sur ces rapports de con* vett'aMé, de fitcHirité nl6itie que ta raison découvre
20 SUR l'Église anglicane,
l^xt II. entre Téconomie de la révélation chrétienne et son unité absolue. Allons plus avant, passons au fait. Est-il vrai que Jésus-Christ ait voulu réellement que Tunité régnât dans son Eglise et dans sa doctrine ? sommes-nous assurés qu*effectivenient il Tait enseignée comme un dogme essentiel de sa loi ? Ouvrons les archives qui la contiennent, et rappelons d^abord ici un principe, dont les Protestans et les Catholiques conviennent également : c'est que tous doivent croire et admettre ce qui est clairement énoncé dans la Sainte Ecriture. Voyons donc maintenant si le dogme de l'unité de l'Eglise, et dans son gouvernement et dans sa foi, s'y trouve enseigné avec ce degré de clarté qui exige notre assentiment, qui commande et emporte notre soumission et notre croyance.
Celui qui veut comprendre le plan que notre Divin Législateur s'est proposé en descendant sur la terre, doit recueillir avec soin ce que les évangélistes nous en rapportent dans diverses circonstances de sa vie. Le rapprochement de ces différens passages mettra en évidence les vues que la raison seule nous a déjà découvertes. Le Sauveur va lui-même nous ouvrir sa pensée, et nous révéler que le but de sa prédication, celui de sa mort, étoient, V. d'appeler à lui toutes les nations de la terre; 2^ de les réunir toutes ensemble en un seul corps, dans la même doctrine et les inémes sen* timens.
l"". St. Matthieu noua raconte que^ frappé de Thu-
milité du Centenier, et de la foi qui animoit sa prière.
Notre Seigneur se retourna vers ceux qui le suivoient.
Cil. t. ▼. 11. et leur dit: *^ En vérité je nai point trouvé tant de
^< foi dans Israël : aussi je vous dédare qu'il en viendra
ET LA rJ^ORMATION EN GENERAL. fàl
^ plusieurs d'Orient et d'Occident, qui seront à table tett» il '^ dans lé royaume des cieux avec Abraham, Isaac ** et Jacob,*' Sur la montagne des Oliviers, après avoir prédit la destruction de Jérusalem, et avant d'annoncer celle du monde^ il dit à ses disciples : " Et cet ^''^fi'^^'** *• Evangile du rèp^ne sera prêché par toute la terre pour ** servir de témoignage à toutes les nations ; et c'est ^*. alors que la fin arrivera/ Recueillons encore ici les paroles qui lui échappent chez Simon, au repas qu'il faisoit avec Lazare, après Tavoir rappelé du tombeau* Marie venoit pieusement de lui verser sur les pieds un parfum précieux ; Jiidas ayant taxé de prodigalité cet acte affectueux de respect et de tendresse, Jésus daigne le justifier et ajoute: " En vérité je vous le dis, en id.di,si^. quelque lieu du monde entiet* que cet Evangile sera pré* ché, oh redira partout à sa louange ce qu'elle vient de faire.'' Qui n'aperçoit dans ces paroles, comme dans les précédentes, le dessein du Divin Législateur de faire annoncer sa loi au monde, et d'appeler à lui toutes les nations de l'univers ?
Jusques-là il s'étoit contenté de Tinsinuer en cer* faînes rencontres : il réservoit à une époque ultérieure de le marquer plus expressément. C'est après sa résur^ rection qu'il s'en ouvre à ses Apôtres^ en leur déclarant la grandeur et l'étendue du ministère dont il les charge :
Allez, leur dit-il, enseignez toutes les nations ; in-jd.ch.28.v.i9. struisez-les à observer tout ce que je vous ai ordonné," Et dans sa dernière apparition, au moment de retourner au ciel, il répète à ses Apôtres l'ordre d'exécuter ses intentions; il leur addresse ces paroles, les dernières qui aient été entendues de cette bouche ^* divine: Vous recevrez la vertu de l'Esprit-Saint, le^Acts,
j^êu^ il " quel descendra sur vous ; et vous me servirea de té* ^^ moins dans Jérusalem, aussi bien que dans toute la ^^ Judée, et Samarie et jusques aux confins du monde.*^ Voilà donc toutes les nations, tous les hommes, tant ceu^ qui babitoient ce globe, que ceux qui Tbabiteroient JQsqu^à la fin diss siècles, désignés au miiûstère apostolique, invités désormais et appelés à Jésus-Christ,
3^ Mais quVn veut-il donc faire? Il va vous Tap* inrendre, écoutez : " J'ai encore d'autres brebis,** avoitîl dit après avoir parlé de celles (|ui le suivoient déjà, et en parlant de celles qui n'avoient point jusqu'alors entendu sa voix, c'est-à-dire, de toutes les nations du mondie, auxquelles il ordonna depuis qu'elle fût porté :
Ht^^c^ycio. 5< J'ai encore d'autres brebis*^ qui ne sont point de cette bergerijB ;" (les gentils, étrangers alors à sa bergerie, (^ les Juifs seuls étoient lentrés jusques-là) '* il faut ^' que je ie^ fasse venir, et elles écouteront ma voix, f^ et il n'y aura qu'une bergerie et qu'un Pusteur." On voit ipi l'unité de l'Eglise, marquée distinctement sous Vembléme d'une seulie bergerie, qui contient un seul troupeau, confié à la surveillance d'un seul pasteur* Mais ce pasteur unique, quel est il? JésusXhrist l'étoit $^r l$i terre, et s^ns doute il continue de l'être. éminem-* faept du haut du ciel ^ mais afip qu'après son ascension, letroppeau entier pût toujours apercevoir un pasteur à S9 tête, |l fjiUoit que Jésus-Christ s'en substituât un visible à tpus les siècles. Et en efifèt nous apprenons MCQrjç de St. Jean, qu'au mopnent de retourner à son Père, jep présepce de ses disciple^, Jésus-Christ confia è pierre et à ^es successeurs l'administration et le gouvernement de tous les sien9: et dans le dessejn que cette iHMitf prérogative fût mieux entendue de tous et iiL-
^M^^tdsMtjbleineiiit reconnue dan» le prince des Apôtres^ UoreXl i}f^ f\%\t h la lui conférer par troi? reprises consépu- Ibives: ^ Pai^^e? mes brebis, paisse? mes agneaux, ch^n^r! ^^ pais^ei; m^ brebis*" Vous le voy.e;^, nulle exception 9^ «'y trouve: c'est le troupeau entier, toutes les brebis <;|ui eatendroiept un jour sa voix, et se réuniroient dans 90a uqique btergerie: c*e#t donc Tuniversalit^ dçs Çd^les 4]ui est CQpfiée à la garde du pasteur unique, à Ut sijjr* v^tlance d^ Pierre ; et après lui, à celle de ses sviçççfk «0Urs.
Précédemment Jésus-Christ ^voit annoncé la m^me préén[)ine|[vce aju m^me 4pôtfe sous une autre métaphore, et toujours ea pi,ontrant qu'il n'avoit qu'une ^eiul/ç {i!glise en vuf , ainsi qu'il ne vouloit pour tQ^ie^ f^ea lirebi^ qu'une seule bergeries et c'est aurtout ce qu'il SK)U9 içEipprte de rçm^rquer ici : ^' Tu es Pierre, lui avoit- st. Met. e ^' il dit, et £^T cette pierre j'édifiecai mon Eglise^ et {^ les portes de l'enfer ive prévaudront pas contre elle.*^ ûii^servez ces paroles, je vouç prie : il r^ parle que d'une seqle ^^glisC': Q ne vouipit donc pas en édifier plusieurs : il oe pepi donc pas y en avoir plusieurs édifiées par lui ; inais unei une seule pour i*univers, et sur u^ie seule et foêtqe pierre, un «eul fondement.->-Ëb ! comment souCfriroit-il d^us ^oo Eglise des divisions, des partag^y lui qui nous a donné pour axiônue : " que tout royaume id.çh.i«.r. ^^ divisé en lui-même sera désolé, et s^en ir^ prompte- *^ ment en décadence."
Nous voyons encore son plan d'unité tracé bien claire- ch. 11. v. mtït par St. Jean. Au bruit de la résurrection de Beausobre Lazare, les pontifes et les pharisiens prennent l'silarmp et s'assemblent en conseil. *^ Que ferons-nous, se disent- ^^ ils? car cet homme opère beaucoup de prodiges, i$î
Lettre II. '^ nous le laissons continuer, tous uniront par crom ^^ en lui ; et les Romains viendront, et ils détruiron' ^' notre ville et notre nation. Mai? l'un d'eux, Caîphas ^' souverain pontife de cette année-là, leur dit: Vous *' n*y entendez rien ; et vous ne considérez point qu*i' *^ est de. notre intérêt qu'un homme meure pour le ^^ peuple afin que la nation ne péris^ point/' Prenez garde à la réflexion qu*ajoute le disciple chéri de notre Maître. *^ Or il ne disoit point cela de lui-même; mais *^ en qualité de souverain pontife il prophétisoît que ^^ Jésus étoit destiné à mourir ])our la nation ; et non- ^^ seulement pour la nation, mais afin aussi que les enr *^ fants de Dieu, répandus dans le monde fussent par *• lui aggrégés en unJ* Tel étoit donc le plan de Notre Sauveur et le but de sa mort : en payant de soo sang la rançon de tous les homnies, il mouroit pour aggréger en un troupeau, assembler en un seul corps tous les enfants de Dieu, répandus sur la face du monde; et ceux qui vivoient ou vivroient sur les grands continents, et ceux qui habitoient ou habiteroient tes îles dispersées sur les mers. Vos ancêtres furent en effet appelés à leur tour au corps de Jésus-Christ: ils lut ont appartenus pendant des siècles, et continueroient encore de lui appartenir, s'ils n^en avoient été misera? blement détachés par le coup mortel de la Réforme, qui manifestement a renversé, à leur égard et au vôtre, le plan d'unité que Notre Sauveur s'étoit proposé de cimenter par son sang.
Avezrvous jamais réfléchi sur ce que dit Notre Seigneur, au moment où il instruisoit les siens à quel signe on les reconnoîtroit en tous lieux pour ses disciples? 11 ne veut pas qu*on les remarque par l'austérité ciu
jeûne et des abstinences, comme ceux de Jean Bap- Lettre if, tiste; ni par ane vaine distinction dans les vêtemens, une minutieuse application à des observances exté* rieures et corporelles, comme les pharisiens; encore <noins par Tentêtement de certains systèmes philoso^ phiques, comme les adeptes du Portique ou de T Acadé* mîe. Quelle devoit donc être la marque distinctive des -siens? "Tous vous reçonnoîtront en ceci pour5t.Jetti,e. ** mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres/* Et comme l'on ne peut reconnoître les vrais disciples d*un Dieu^^sans vouloir en augmenter le nombre, tous les témoins s'y seroient donc rangés en foule ; le charme irrésiistible de ia charité fraternelle auroit successivement attiré les peuples, et de proche en proche conquis sans effort Tunivers à Jésus-Chris^t*
Or le principe d'une affection Universelle et charitale est assurément dans l'unité, comme celui d'un éloignement réciproque est dans le schisme et la séparation. Tant qu'on appartient à une même Eglise, à une même croyance, on ne compose qu'une seule et grande famille, on sympathise, on s'aime en frères* Vient-on malheureusement à se séparer ? On se plaint, s'accuse, on s'aigrit mutuçllen^ent, désormias étrangers les uns aux autres, et trop souvent ennemis. L'unité seule peut donc lier et affectionner les peuples entre eux ; elle entre donc nécessairement dans la marque diatinctivc et caractéristique que Jésus-Christ assigne à ses disciples, la cause étant essentiellement inséparable de son effet. ^
Mais voici quelque chose de plus admirable, de plus frappant. Vous allez voir l'unité invoquée sur nous tous par notre Divin Maître avec un accent qui doit
96 SUA l4*fiGJl.I9£ i^NGUCANB^
Uttre n retentir m cœur de quiconque fiait gloire d'être à lu pt suffire sans doute pour ramener ^ son Eglise quiooifi que a eu le œalbeur de naître liors d'elle. It^eiisoM donc ensemble la belle prière, que peu av^L^t de sv livrer au pouvoir de ses ennemis^ il adre&soit; à soa Pèce-
lean» ch. 17. -^ o • •
A prière ren»- en cer mots : " rère Saint I conservez en votre aoi;K= itre. Je n'en * ç^x quc VOUS m avez donacs^ afiu qu lis ne fasçeu LiUf»qaivo^^^ qi^^M^^ comioe nous ne faisons qu'un/' Voilà paui "'^ les Apôtr^ ; et voici pour tout ce qu'il devoit y avoia jamais de Cbrétiens. *^ Ce n^est pas seulement poua *^ eu^ que je prie, mais encore pour ceui^ qui doivent '^ croire en moi par leur parole, afin que tous soient un. coujme vous, mon Père, êtes en moi, et moi eus V0US5 que de même ils ne soient tous qu'un en nous^* afin que le monde croie que vous m'avez envoyé* ^^ Aussi leur ai-je donné la gloire que vous m'avez: '^ donnée, afin qu'ils puissent être un, comme nous ne ^' sommes qu'un^ moi en eu^, et vous en moi^ afin ^^ qu'ils soient parfaitement un^ et que le inonde coQf- *^ noisse que vous m'avez envoyé, et que vous 1^ avez ^' aimés, comme vous m'avez aimé."
Notre Sauveur demande à son Père que ses Apôtre^, puis ceux qui dévoient un jour croire à leur parole^ comme, à celle encore de ceux qui leur succéderoient dans le ministère (puisque l'œuvre de Jésus-Christ em^ brasse l'universalité des tems), que conséquemment tout ce qui existeroit de fidèles depuis la prédicatioQ de TËvangile jusqu'à la consommation des siècles, que tous^ durant les jours de leur pèlerinage» restent étroitement unis entre eux : que l'union volontaire de leurs âmes devienne une ima^ de l'unité naturelle et essentielle qui existe entre lui let son P^re. Il redouble
£T LA RiFOEMATION £W ciniRAL. 9T
son ardente invocation, afin que nous soyons entre uttra i]
nous et ea lui, aui^si inséparablement unis, qu'il Test
lui-même avec son Père, et que, s'il ne nqus est pas
donné déteindre à égaler l'unité divine du Père et du
Fils, nous arrivions du moins à Timiter, à la retracer
sur terre par Tunanimité de sentimens, la liaison des ^
cœurs. Teile est donc la volonté de notre Maîtns»
l'objet de sa prière comme celui de sa mortj que nous
restiqps indivisiblement attachés les uns aux autres par
tous les liens de paix, de concorde, de charité, et dans
la même Eglise, et dans la même foi, et dans le même
esprit et d'un même cœur. Point de rupture, point
de gouvernement à part en religion, point de division,
de schisme : amour, harmonie, unité absolue, unité
parfaite. Et pourquoi ? Jésus-Christ nous l'explique
lui-même, et nous en inculque la raison à deux reprises
pour nous y rendre plus attentifs: *^ Afin^ dit-il, que le
** monde croie que vous m'avez envoyé ; afin que le
^^ monde connoisse que vous m*avez envoyé." Et voilà
comme cette admirable prière, après avoir commencé
par les apôtres, puis par ceux qui se convertiroient à leur
parole, s'étend encore aux infidèles, embrassant ainsi
l'universalité des hommes. Il est donc vrai, suivant la
parole de notre M^tître, que l'union parfaite de tous ses
enfans devoit présenter au monde une preuve touchante
de la divinité de sa mission ; que le beau et ravissant
S{)ectacle de la fraternité chrétienne devoit émouvoir,
attirer les incrédules, et l'unité accélérer la propagation
de la foi. Se peut-il un motif plus pressant pour qui
s*honore du nom chrétien, de chérir, de conserver Vu-
nité, d'y revenir, de la fomenter, de la resserrer r Est-il
ordre plus impérieux qu'un désir^ un vœu si vivement
55 • %VK h^ÈGhtSE ANGLICANE,
ttm%u\ exprimé par Jésus-Christ, un souhait si ardemment porté pour nous auprès de son Père ? Et quand il nous assure qu'il y attache le succès, la gloire de sa mission, avons-nous assez de tout notre zèle pour concourir à son accomplissement? Qu*ont-its donc fait tous ceux qui ont semé depuis la division parmi les frères ? Qu'ont fiait et Photiuset Cérulaireà Constantinople, et Luther en Allemagne, et Calvin dans ma patrie, et cette malheureuse reine dans la vôtre? Ils ont enlevé à Jtésus- Christ une des preuves de la divinité de sa mission, et celle-là même qu'il souhaitoit si ardemment d'établir pour le' monde, au moment qu'il al loit en sortir. Ils se sont opposés à ses desseins, à .sa volonté directe; ils Font combattue, anéantie autant qu*il étoit en eux. Il avoit prié, ^^ qu'ils soient un, afin que le monde sache que vous m'avez envoyé;" et ils ont dit, du moins par leurs actions, " qu'ils ne soient point un, afin que le monde ne sache point que Jésus-^Christ a été envoyé par son Père." A Dieu ne plaise pourtant que je prête à leur conduite une intention qui ne pourroit se rencontrer que dans des cœurs ennemis déclarés de Jésus- Christ. Sans doute ils n'auroient jamais prêché ou commandé le schisme, s'ils en avoient bien compris Tétiormité. Aveuglés par les passions, par des intérêts humains, emportés par le feu des disputes, par l'esprit de parti et cette fausse gloire qui nous pousse à tenir ferme quand une fois nous sommes engagés, ils n'ont pas vu que leurs coups portoient sur Jésus-Christ même, contre sa disposition la plus chérie, le vœu le plus près de son cœur, le plus sacré de ses préceptes, le plus fait pour étendre, propager à toute la terre le bienfait de la révélation, le fruit de s,es souffrances et de sa
mort. Ils ne Tont point vu, ils ne Tont point senli^ ils Lettre ii n y ont pas réfléchi. Mais nous^qui relisons aujourd** hui de sang-froid la funeste histoire de ces grandes scissions, nous qui dans le calme en contemplons et les fatales conséquences et le principe antichrétien, sacrilége, nous serions inexcusables, qui sait même? plus coupables peut-être que nos aveugles ancêtres de perse* vérer dans leurs schismes, de persister opiniâtrement et en pleine connoissance de cause, à combattre par notre séparation Tordre, la disposition de Notre Sauveur, et la preuve même qu'il vouloit que le monde trouvât après lui dans l'union des siens, de la divinité de sa mission.
Hemontons en esprit à cette époque où Jésus-Christ invoqua sur nous les bénédictions de son Père. Représentons-nous les Apôtres, pressés autour de leur Maître, le cœur encore brûlant de la première participation de son corps qu'il venoit de leur donner dans rinstitution de l'Eucharistie, consternés toutefois de l'annonce de cette trahison, dont il s'étoit.dit prochainement menacé par l'un d'entre eux, et consolés ensuite par les paroles de bonté, l'entretien familier qtt*il s'étoit plû à prolonger, après que Judas eut brusquement quitté l'assemblée : représentons-nous, dis-je, les Apôtres, les yeux attachés sur leur Maître, lorsque tout-à coup, levant au ciel les mains, et cette face céleste oii brilloit plus que jamais avec le feu de la prière, le rayon de la divinité, il prononça solennellement l'invocation subJime dont je vous ai cité quelques passages. Dans quel silence, dans quel ravisse* , ment, dans quelle extase ne dut-elle point tenir leur attention et leurs esprits suspendus! Avec quelle
30 SUR I/£6LT8E AVGLICAWE^
uttitn. idipression profonde ne durent-elles point entrer dana^ leur âme, ces paroles sortant d*ane bouche divine.» i *' Père saint! conservez en votre nom ceux que vous^ '* m*avez donnes^ afin qn*ils ne fassent qu^nn, cortiine^ ^* nous ne faisons qu*un....Ce n*est pas aenkinentiS' '' pour eux que je prie^ mais encore pour ceux qui#j ^^ croiront en moi par leur parole, afin que towf sor ieut>i ^^ fin, comme vous, mon Père^ êtes en moi, et mot vous, que de même ils ne soient tous qa^un en noos^e afin que le monde croie que vous m*avez envo3ré I'"* Non^ de telles paroles n^ont jamais pu s*efiacer leur souvenir : non, jamais les Apôtres n*ont pu de vue la scène pathétique et ravissante^ où ih les^ avoient entendues. Mille fois ils ont dû les redire dans le cours de leur prédication, les répéter aux Eglises naissantes ; mille fois prémunir les fidèles contre les divisions, les schismes, leur recommander de tenir\toujours lé même langage, la même foi, de rester inébrânlablement unis en un seul corps, en un seul troupeau. Il ne seroit pas possible d^en douter, quand mêtr^e ils ne nous auroient laissé après eux aucun monument écrit. Mais la Providence a voulu que, sur Particle fondamental d'unité, il nous parvînt un garant de la prédication commune de tous les Apôtres^ Nous l'avons dans TEpître que St. Jude adréssoit à tout ce quil y avoit alors de Chrétiens r. 17, 18. dans le monde : *^ Mes frères, leur dît-il, souvenez- ^* vous des choses que les Apôtres de Notre Sauveur vous ont dites ci-devant: c'est que dans les dernier» tem? il y auroit de faux docteurs, qui se laisseroient ^^ emporter par la fhalice' de leurs passions : ce sorit '^ ceux qui se séparent^ gens sensuels^ et n'ayant rien
ET LA RirORMATION EN aJEN^RAL. SI
'^ de spiritiiel eii eux." Nous sommes donc assurés l^uroi] par le témoignage d*an Apôtre, que tous les autres, de quelque côté qifih aient porté leurs pas, ont partout i insisté sur la nécessité de ne faire qu'un corps et ont Bc»gneusement prévenu les fidèles contre les fau^ docteurs qui voudroient se séparer et faire secte à part. 'e passage «st srngulièremrent remarquable ; il est le du Nouveau Testament qui attribue ainsi à tous ] ^ss Apôtres un article quelconque de doctrine universel- X^dient prêché par eux. Comme il contient le dogme li sert de défense et de rempart à tous les autres, té lioUËsprit nous a voulu sans doute avertir que tous A|>ôtres ont eu soin de Tinculquer, afin de nous ire sentir Tobligation de nous y tenir plus fermeattachiés.
Sans vous fatiguer davantage par mes raisonne* ecmens^ je jetterai rapidement devant vous et presque Mft réflexion les divers passages que nous ofire le
^ï^Hiveau Testament sur le même sujet. ^^ Enfin^ vivez i. Ep. di '^ tous dans une parfiiite unanimité,... .chérissant la v! s* ^* ftaternîté.'' — " Veillez cîonc sur vous mêmes, disoit Act. ch. 8 '^ St Paul au clergé réuni de Milet e( d'Ephèse, et de fiéaw '^ sur tout le troupeau, dont le St. Esprit vous a éta- ** blis évéques, pour paître FEglise de Dieu gu'il a *^ acquise par son propre sang. Car je sais qu'après '^ mon départ, il entrera parmi voms des loups ravis* *' sans, -qui n'épargneront pas le troupeau : et d*entre ^* vous-mêmes il s'élèvera des gens qui publieront des ^^ doctrines pernicieuses, pour entraîner des disciples ** après eux." Vous voyez que les sociétés de chrétiens, répandues en divers lieux, ne composent qu'une Eglise, celle que Jésus-Christ sVst acquise par îson
32 SUR J^ÀGIAÈE ANGLICANE
l«itraii. sanç. Voici la même doctrine dans l'épîtrè aux Ro
mainn, oh St. Pau!- ea^ieigne d*abord Tunité da côi|ib
om. ck. 12. et ensuite celle de la doctrine. *^ Quoique plusieurs
'^ nous sommes un même corps en J^sus Christ.*'—
te u
te
tt
bid.v.is. ^^ Soyez parfaitement unis entre vous dans vos sen-
ch. i5,v.6. " timens." — '* Que le Dieu de patience et de conso-
'^ lation vous fasse la grâce d*être parfaitement unis
^^ entre vous selon Jésus-Christ, afin que d*un même
^' cœur et d^lne même bouche vous glorifiez Dieu,
ch.i6,r.i7" Père de Notre Seigneur Jésus-Christ."—*' Du
reste, je vous exhorte^ mes frères, à vous donner bien de garde de eeux' qui causent des divisions et *^ des scandales par une doctrine contraire à celle que :orint.cb.i, " vous avez apprise.** — ** Je vous conjure, mes frères, '^ au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, de tenir tous le même langage, de n*être point divisés entre vous ; mais d*étre tous parfaitement réunis dans la *^ même pensée et dans les mêmes senti mens. Car ^^ des personnes. ..m*ont appris qu*il y avoit entre " vous des divisions.. ..Jésus-Christ est-il donc divisé ?** Hélas! que de fois n*a-t-il pas fallu depuis répéter cette question ? et que nVt-elle toujours été mieux eb.j4.v.3s. entendue? " Dieu n'est point un Dieu de dissention,
mais de paix, ainsi que je Tonseigne dans toutes les Eglises,'* et tous les Apôtres, avec St. Paul, puisque leur enseignement éloit partout le même, et que sur cet article St. Jude le témoigne expressément de tous. Et pour ne pas omettre le chapitre 12 de la même épître, qu'il faudroit presque citer en entier, *^ Nous avons tous été baptisés dans un même esprit, '^ pour être un seul corps, soit Juifs ou Gentils, soit ^* esclaves ou libres: nous avons tous été abreuvés
ET LA RBFORM ATION £N QEvkKAU 38
** d'un même esprit : hii corps n'e^t point composé ^^^^ *^ d*UQ seul membre, mais de plusieurs... .C'est ainsi * Cor.ch.] que vous êtes le corps de Jésus-Christ, et que Beftiis.Leii chacun en particulier est un de ses membres.**—- ^^ Au reste, mes frères, réjouissez- vous... «encouragez- sa. Corind << vous les uns les autres: soyez dans une entière iiiteU fieaus'.Len " ligence, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de " paix sera avec vous.** — ^^ Au reste, les œuvres de la Aux. Gai. ch ** chair sont connues, savoir: la fornication, Timpu* BeJîsÎLen; reté....les querelles....les animosités, les contestations, les divisions, les sectes... .Cest à Tégard de ces œuvres que je vous déclare, comme je vous Pai déjà dit, que ceux qui les commettent, ne possède* ront point le royaume de Dieu." Je laisse à vos réflexions ce redoutable oracle.
Ecoutez ce que vous adresse Tapôtre comme au* trefois aux Ephésiens : ** Jésus-Christ est venu an- ch. 2, ▼. S( noncer la paix tant à vous qui étiez loin, qu^à ceux ' ^^\
ce
qui étoient près....Vous n'êtes donc plus des étran- ^rs, ni des gens venus du dehors, mais vous êtes les ^ concitoyens des saints et les domestiques de Dieu, *^ composant avec eux Védifice^ bâti sur le fondement ^^ des Apôtres et des Prophètes, dont Jésus-Christ lui- *' même est la principale pierre de Tangle. C^est sur ^ cette pierre que s'élève cet édifice^ dont toutes lesr *^ parties étant liées et ajustées ensemble , forment un ** seul temple au Seigneur, qui vous a fait entrer avec '^ les Mitres dans la structure de cet édifîce, afin d'être '^ la maison de Dieu par le Saint-Esprit/* Ainsi tous les peuples du monde, et ceux qui avoient eu le bonheur d'entendre Notre Sauveur^ et ceux auxquels TOHE i« D -
â4 SUR L*Ê6LIS£ ANGLICANE,
Xiettrèii sa prédication devoit un jour parvenir, fossent-ils aus extrémités de la terre, au delà même de ses bornes^ tels que yos ancêtres dans leur île célèbre, tous les peuples ont été appelés à former une seule Eglise, ài devenir par leur concours, leur ensemble, et leur union, autant de parties du ^nd, du majestueux: édifice qu'il est venu élever pour Tunivers.^ Long*temps vos ancêtres en firent rornemènt. Pourquoi: faut-il qu'ils en soient sortis pour se renfermer dans un temple de fabrique moderne, fait à part de main royale, il est vrai, mais humaine et caduque ; tandis que Tancien, ayant Jésus-Christ pour fondement et pour architecte, est de structure divine, immortelle. ^ Sans doute, après le malheur de s'en être retiré, lé plus funeste est de n'y point retourner.
ix.£ph. eh. ^< Je vous cxhortc douc moî, Paul, qui suis pri-
eaitt.ieDf. ^-^ sonuicr pour le Seigneur, à vous conduire d'une " manière digne de votre vocation, avec toute humi- ^^ lité et douceur....et prenant soin de conserver l'unité ^^ de r^sprit par le lieh de la pai^. Il n^y a qu'un seul corps, un seul esprit, comme il n*y a qu'une seule espérance. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une ^^ seifle foi, un seul baptême : il n'y a qu'un seul Dieu» '^ Père de tous." Voiià l'unité manifestement tracée sous toutes les faces, dans le gouvernement comme dans la foi, dans le corps de l'Eglise comme dans la' profession de la doctrine. Que les gouvernemens' de la terre varient au gré des nations et des vicissi* tudes humaines : celui de l'Eglise fondée par Jésu^« Christ, acquise par son sang ne sàuroit être qu'un, ainsi que son es}>érance, son baptême, son Seigneur
*'^*^fr*^?* et son Dieu. " Seulement conduisez-vous d'une ma-
ce
£T LA RjÈFORMATION £N GENERAL* 35
** nière qui soit digne de TEvangile de Jésus-Christ, tcttr«u» "afin que, soit lorsque j'irai vous voir, soit pendant ** mon absence, j'entende toujours dire de vous que *' vous demeurez fermes dans un même esprit, com- " battant tous ensemble unanimement pour la foi de ^^ r Evangile/' Et non pas combattant tous les uns contre les autres, vous déchirant, vous mettant mutuellement en pièces, ainsi que de tout t^mps les sectaires y ont exhorté les peuples, et n'y ont malheureusement que trop réussi. ^^ Rendez ma joie parfaite, AuxPfaiiip.c} ** vivant ensemble dans une entière intelligence, ayant
un amour réciproque, n'étant qu'une âme, et n'ayant *^ qu'un même sentiment : ne faites rien par un esprit " de contention, ni par une vaine gloire." — ^* Cepen-id.ch.3, r. k dant pour les choses auxquelles nous sommes parvenus, suivons la même règle, demeurons parfaitement " unis ensemble." — *' Que la paix de JésUs-Christ, à Aux. CoIom. " laquelle vous avez été appelés comme n'étant qu'un 'b!l. *^ seul corps, préside dans vos cœurs." — ** Mais fuyez ATît. cb.3 " les questions folles... Jes contestations, les disputes ^'^' '^ touchant la Ioi.*..évitez l'homme hérétique, après une *' ou deux exhortations, parce que vous voyez qu'un " tel homme est entièrement perverti, et qu'il péche^ " étant condamné par son propre jugement." — " NeAuxHëbreui ^* vous laissez point aller à des doctrines diverses et •* étrangères." Ainsi prêclioit à toute la terre l'infatigable Apôtre des iiatious. Il vit, il respire, il parle encore dani( ses épîtres: sa prédication commencée avec l'Eglise ira jusqu'à la fin des tems avec elle. Il n'a jamais cessé et ne cesse encore de rappeler à l'unité cette foule de sociétés égarées depuis tant de siècles, k qui pourtant est due la gloire d'avoir conservé le
36 SUR L^KGLISE ANGLICANE»
^•ttrtn. christianisme en Afrique et de Tavorr porté aux extrémités de TAsie, Nestoriens, Eutychiens; et le» peuples nombreux de la communion grecque si voisine et presqu^amie de la nôtre ; et nos frères séparés danï^ des tems plus modernes, Luthériens, Calvinistes, An* gHcans : il les exhorte et Jes conjure tous à la fois, et vous en particulier, Monsieur, qui venez de le voir et de l'entendre. Il vous le redit également à tous, à peu près dans ces termes : " Hérétiques ou schis- ^ matiques^ libres ou esclaves, à quelque climat, à ^ quelque nation que vous apparteniez, vous avez tous ^^ été baptisés pour être un seul corps, une seule Eglise. ^^ Revenez donc à elle, dont il ne peut jamis être per- ^* mis de se retirer : rentrez dans son sein, dont vos ancêtres se sont misérablement éloignés par des vuet que vous ne sauriez plus avouer, et sur des prétextes ^^ d'une injustice si bien connue aujourd'hui par tout *^ homme instruit et impartial. Rendez notre joie parfaite : vivons ensemble dans une entière intelligence, un amour réciproque, n^étant qu'une âme, et ^^ n'ayant qu*an sentiment: et alors la paix de Jésus- *^ Christ, à laquelle nous avons tous été appelés, comme '^ étant les membres d^un seul corps, présidera dans
ce
** nos cœurs."
rradition des 3*. Il est indubitable que les premiers chrétiens du-
pretniers Siècles, rent avoir sur l'unité des notions bien plus vives que
celles que nous puisons aujourd'hui dans le Nouveau Testament, puisqu'ils Peurent, ainsi que nous, entre les mains, avec Tinestimable avantage d'en avoir .entendu développer la doctrine par les Apdtres dans leurs prédications et leurs entretiens journaliers. Cefutàl'é-^ cole de ces maîtres inspirés que se formèrent I^ pre<*
£T LA &BFORMATION EN ckskKAh. SJ
toiers Evêques, et de leurs mains qu'ils reçurent la cor- Lettre ii.' sécration. Celte institution immédiate leur a &it donner par la postérité le beau titre d'hommes aposto* liques. Il est fort à présumer qu'ils composèrent plusieurs écrits: malheureusement il en est venu peu jusqu^à nous.
Les plus anciens sont les épttres de St. Clément, appelé par les Pères tantôt Apostolique^ tantôt Apôtre^^ quelquefois presqu' Apôtre. Il avoit, ainsi que Tite et Timotbée, accompagné St. Paul dans ses voyages : il le suivit à Rome dont il fut Evêque l'an 89, ayant succédé à St. Pierre après Linus et Clétus. Or voici à quelle occasion il écrivit sa première épître : il venoit de s'élever une vive contestation à Corinthe^ à pe« près comme au tems de St. Paul. Un parti s'étoit formé contre quelques prêtres irréprochables^ et avoit eul'audace de vouloir les déposer. Aussitôt Fortunatus part de Corinthe, arrive à Rome avec la nouvelle de ce mouvement. Clément étoit alors sur la chaire de St. Pierre. . Il écrit aux Corinthiens cette lettre admirabie^quia long-tems été lue dans les Eglises Orientales avec les écritures canoniques. Il commence par gémir sur " la division impie et détestable, ce sont ses mots^ ** qui vient d^ éclater parmi eux. Il les rappelle à leur '^ ancienne piété, au tems où pleins d'humilité, de sou- '^ mission ils étoient aussi incapables de faire une in-^ "jure que de la ressentir. Alors, ajoute-t-il, toute '^ espèce de schisme étoit une abomination à vos " yeux." Il termine en leur disant qu'il se presse de faire repartir Fortunatus^ " auquel^ dit-il, nous joignons *^ quatre députés. Renvoyez-les-nous au plus vite ^ dans la paix^ afin que nous puissions bientôt appren-
SS SUR l*£glise anglicane^
Lettre II. '< dre que Tunion et ]a concorde sont revenues parmi
vous, ainsi que nous ne cessons de le demander par nos vœux et nos prières, et afin qu*il nous soit donné *^ de nous réjouir du rétablissement du bon ordre parmi ^^ nos frères de Corinthe/* Combien Tunité ne devoit elle pas être sacrée dans cet heureux siècle, lorsqu'à la première apparence de division,. Tancien compagnon de St. Paul, le vénérable Fortunatus, s'expose, pour en arrêter les progrès, aux dangers d*un long voyage, se rend à Rome pour solliciter le successeur de St. Pierre d'interposer son autorite r (1) Qu*auroit dit ce pontife apostolique, des grandes défections de rOrient, de TAliemagne, de TAiigleterre, lui qui au premier bruit d'une contestation survenue dans une petite partie du troupeau, dans une seule ville, prend i^iissitôt Talarme, traite ce mouvement de division im* pie, détestable, tout schisme d'abomination, et emploie 1-autorité de son siège et ses instances paternelles pouf ramener les Corinthiens à la paix et à la concorde ?
Le disciple de St. Pierre et de St. Jean, Ignace, lui qui témoigne avoir vu Notre Sauveur après sa résurrection, (2) traduit d-Antioche dont il fut le troisième £vêque, à Rqme où Tattendoit la couronne du martyre sous Trajan, en 107*9 vit à son passage par Smyrne, Polycarpe, qui baisa ses chaînes, visita sur sa route plusieurs autres Eglises et leur écrivit sept Epîtres, qui sont pour nous le plus précieux monument de la foi et de la discipline de la primitive Eglise. Dans celle aux
(1) Remarquczyje tous prie, ce fecours à lu chaire de Pierre, dè^ les premiers teuis.
(2) Fgo vcro et post resurrectioucm in came cum yidi.
ET lA RÉFORMATIOM £N GÉNéllAL. 39
Smyrnieas^ il leur dit : " Evitez les schismes et les Uttrt i
^ discordes^ source de tous les maux. Suivez votre
^^ Ivêque comme Jésus-Christ son Père, et le collège
" des Prêtres comme les Apôtres. Que personne n^ose
^^ rien entreprendre dans TEgiise sans TEvêque.**— ^
^t une femme dans votre patrie a bien osé chasser
tous les Evêques de leurs sièges, pour exécuter plus à
l'aise son nouveau plan d'Eglise ! — Dans sa lettre à
Polycarpe, '^ Veillez, dit-il, avec le plus grand soin à
^' Tunitè, à la concorde, qui sont les premiers de tous
^' les biens/ Donc les premiers de tous Jes maux
sont le schisme et la division. Puis dans la même lettre
•'adressant aux fidèles : '' Ecoutez votre Evêque, afia
^' que Dieu vous écoute aussi. Avec quelle joie ne
^^ donnerois-je pas ma vie pour ceux qui sont soumis
^^ à TEvêque, aux Prêtres, aux Diacres ! Puissé-je ua
*^jour être réuni à eux dans le Seigneur!" Et dans
son épitre à ceux db Philadelphie : ^* Ce n'est pas, ditr
^^ il, que j'aie trouvé de schisme parmi vous, mais je
*^ veux vous prémunir comme des enfants de Dieu.'*
Il n'attend pas qu'il ait éclaté de schisme : il en pré^
vient la naissance, pour en étouffer jusqu'au germe.
^^ Tous ceux qui sont au 'Christ, tiennent au parti de
^^ leur Evêque, mais ceux qui s'en séparent pour em-?
brasser la communion de gens maudits, seront retran*
cbés et condamnés avec eux." Et aux Ephiésiens;
* Quiconque, ditril, se sépare de TEvêque et ne s'ac-
'• corde point avec les premiers^nès de l'Eglise est un
loup sous la peau de brebis. Efforcez-vous, mes
bien-aimès, de rester attachés à l'Evêque, aux Prê-
'* très, et aux Diacres. Qui leur obéit, obéit au
" Christ, par lequel ils ont été établis; qui se révolta
40 SUR LJS6USE AMGLICAKJIf
ture U. " contre eux, se réirohe contre Jésus/' Qq^auroît^îi donc dit, je vous le demande, de ceux qui. se sont révoltés depuis contre le jugement des Conciles Œcuméniques, et qui^ au oépris de tous les Evêques du monde lentier, se sont attachés k quelques moines ou prêtres réfr^ctaires, ou à un assemblage de laïques?
Je passe à un ^utre homme apostolique^ non moins illlistre que St. Ignace, pomme lui, disciple de St. Jean,
artyrisé à ^u célèbre Evéque de Smyme, Polycarpe, dpnt je vous
me eo ] 66, \ ^ ^ ' . , .
de plus de incite à lire le martyre, si dignement raconté par les inart, act. fidèlcs de Smvme aux Eglises de Pont. Nous avons de lui une épttrp aux Philippiens, dans laquelle il téinoigrie toute soi) horreur contre ceux que enséignoient des opinipns hérétiquies. Or Phéré»ie attaque à la foi$ et Tunité de doctrine, qu*elle corrompt par ses erreurs^ et Vunité de gouvernement, auquel elle se soustrait par epini^treté. ^^ Suives l'exemple de Notre Sauveur, *^ jpgoute Polycarpe, restez fermes dans 1^ foi, immua* 5' ble? dans Ppnanimité, vous aimant les uns les autres/* A Tâge de 90 ans et plus, on le vit partir pour aller à |lome conférer avec le Pape Anicet sur des articles de pure discipline : il s*agissoit si^rtout de la célébratiori de la Pâques, que les Asiatiques solennîspient, ainsi que les Juife, le lÀe. jour de la lune équinoxiale, et les Oc? cidentaux {e Dimanche qui suivoit le 14e. Sa négociation eut \ç succès désiré. On convint que les Eglises d'Orient et d^Occident suiyroient leurs coutumes, san§ iiompre les liens de communion et de çharilé (1). Ce fiit durant sqn séjour à Rome, qu ayant rencontré Marçion dam la rue et voulant I-éviter : -^ Ne me recon^
(1) Autre exemple du recours à la Chaire de Si. Pierre,
KT LA RÀrO&MATlOK 8N GÂnÊRAL. 4t
^^ nois-ta pas^ Poly carpe, lui dit cet hérétique ?" — Lettre if. ^^ Oui, sans doute, pour le fils-aîné de satan.** Il ne pouvoit contenir sa sainte indignation contre ceux qui par leurs opinions erronnées s'attachoient à pervertir et diviser les chrétiens.
Justin, qui de la philosophie platonicienne passa au Martyr en is* christianisme, le défendit par ses apologies, et le scella de son sang, nous apprend que l'Eglise est renfermée dans une seule et unique communion, dont les hérétiques sont exclus. ^* Il y a eu, dit-il, et il y a encore Diai.avecTn '^ des gens qui, se couvrant du nom de chrétiens, ont ^ enseigné au monde des dogmes contraires à Dieu, ^' des impiétés, des blasphèmes. Nous n*avons aucune ^' communion avec eux, les regardant comme des en- ■^ Demis de Dieu, des impies et des méchants."
Le grand évêque de Lyon, Irénée, disciple de Polv- Né dans vaw carpe, et martyr ainsi que son maître, écrivoit à Flo- Martyr, à i^o
. ^B^ tSXl jv^^^S#
nnus^ui lui-même avoit souvent vu Polycarpe, et qui
commençoit à répandre certaines hérésies : ^^ Ce n'est Eus. hist. liv.
^^ pas ainsi que vous avez été instruit par les Evéques
^^ qui vous ont précédé. Je pourrois encore vous mon-
^- trer la place où le bien-heureux Polycarpe s'asseyoit
*' pour prêcher la parole de Dieu. Je le vois encore
" avec cet air grave qui ne le quittoit jamais. Je me
" souviens et de la sainteté de sa conduite, et dé la
" majesté de son port, de tout son extérieur. Je crois
" ^entendre encore nous raconter comme il avoit con-
" versé avec Jean, et plusieurs autres qui avoient vu
" Jésus-Christ, et quelles paroles il avoit entendues
^' de leurs bouches. Je puis vous protester devant
'^ Dieu, que si ce saint Evêque avoit entendu des er«^
^ rears pareilles aux vôtres, aussitôt il se seroit bouc!)^
43 SUR L'éCfUSE ANOUCANF,
liMtfe II. ^' les oreilles^ en 8*écriant, suivant sa coatume:
^^ Dieu! à quel siècle m'avez-vous réservé poar ei " tendre de telles choses? et à Tipstant il se sero — *^ enfui de Tendroit/* Dans son savant ouvrage si Ur 4. les hérésies, il dit en parlant des schisnoatiques: *^\
'^ jugera ceux qui ont occasionné de$ schismes^ honiin< '^ cruels, qui n'ont aucun amour pour lui, et qui pn '* férant leurs avantages propres à Tuoité de l'Ëglis ^^ ne balancent point, sur les raisons les plus frivol ^^ de diviser et déchirer le grand et glorieux corps d '^ JésusChrist, et lui donneroient volontiers la naoi '^ s*il etoit en leur pouvoir....Mais ceu:it qui sépare ^^ et divisent Tunité de l'église 'recevront le châtinaen ^^ " de Jéroboam/' Ea 959. Denys, Evéque d'Alexandrie, dans sa lettre à Nova ^
Bab.hUt.av.6. . .
qui venoit d'opérer un schisme à Rome, oi\ il avoit fair " consacrer Novatién en opposition au légitime pap^^ ♦^ Corneille, lui dit : " S'il est vrai, comme tu l'a^ures^ ^^ jque tu sois fâché d'avoir donné dans cet écart^^ ^^ montre-le-nous par un retour prompt et volontaire^^i^ ^^ Car il auroit fallu souffrir tout plutôt que de séparer "* ** l'Eglise de Dieu. Il seroit aussi gloricai^ d'être ^^ martyr, pour sauver l'Eglise d'un schisme et d'une *' séparation, que pour ne pas adorer les Dieux, et '^ beaucoup plus glorieux encore dans mon opinion. ♦* Car dans le dernier cas, on e^^t martyr pour son âme ** seule, dans le premier pour l'Eglise entière. Si donc '^ tu peux par d'amicales persuasions ou par une con- ^^ duite mâle ramener tes frères à l'unité, cette bonne '^ action sera plus importante que ne l'a été ta faute: »• celle-ci ne sera plus à ta charge,^ mais l'autre à ta >^ louange. Que s'ils refusent de ^e suivre et d*imiter
ET LA nirORMATIOtf ]EN oiVERJih 43
** ton retour^ sauve^ sauve da moins ton âme. Je ^^**^ *^
^^ désire que tu prospères toujours et que la paix du
^* 8eigneiir puisse rentrer dans ton cœur.**
Pour citer dignement le grand Evêque de Carthage, il Cyp.mart. i
foudroit produire plusieurs de ses lettres, el le livre entier
qjLi*i) a composé sur Tu ni té. Je ne vous en donnerai
que quelques extraits. Voici un mot de lui, devenu
proverbial dans la tradition ; *^ Celui-là n*aura point
^^ Dieu pour Père,qui o*aura pas eu l*Eglise pour mère»
^* S*imaginent-ils dpnc^ les schismatiques, que Jésus^ ^^"^Biff ^
^^ Christ soit avec eux quand ils s*as8emblent, eux qui
'^ s*assemblent hors de TEgliser Qu*ils sachent que
^' même en donnant leur vie pour confesser le nom de
^^ Christ, ils n*effaceroient point dans leur sang la tache
^^ 4\x schisme, attendu que le crime de discorde est
^^ au-dessus de toute expiation. Qui n*est point dans
^* TE^lise ne saurpit être martyr.**— r-Il montre ensuite
Pënormité de ce crime par Teifrayant supplice des
premiers schismatiques Coré, Dathan, Abyron et de
leurs 260 complices : ^^ La terre s*ouvrit sous leurs
*■ piedsy les engloutit vifs et debout^ et les absorba
•^ dans ses entrailles brûlantes/'
Hilaire, Evêque de Poitiers, s*txprime ainsi sursurieFiea
Funité : " Encore qu*il n'y ait qu*une Eglise dans le enssr "*
•' moqde, chaque ville a néanmoins son Eglise, et
'^ tqu^es ensemble ne font qu'une Eglise, quoiqu'elles
^^ soiept en grand nombre, parce qu^elle est toujours
" une dans le grand nombre.** ,
Optât de Milève cite |e ipéme exemple pour montrer Moit^ 3
que le crime di|*'schisme est au-dessus même du parri- fj
cide et de Tidi^tâtrie. Il observe que Gain ne fut point
puni de morl^ que les Ninivites obtinrent le tems de
44 SVK L'bGUSB ANGLICANI9
titttfc II. mériter grâce par la pénitence. Mais dès qoe Coré, Daiban^ Aby ron se portèrent à diviser le peupk/^ Dieu^ '^ dit-il, envoie une faim dévorante à la terre : aussitôt ^^ elle ouvre une gueule énorme, les engloutit avec avi- '^ dite, et se referme sur sa proie. Ces misérables, plutôt *^ ensevelis que morts tombent, dans les abîmes deTeo-* ** fer....(^ue direz-vous à cet exemple, vous qui nour- ^* rissez le schisme, et le défendez impudemment?'*
orten407. *^ Rien, dit St. Chryrostome, ne provoque autant le
mil. sur ré-" courroux de Dieu, que de diviser son Eglise, Quand
' " nous aurions fait un bien innombrable, nous n*etï
^^ payerions pas moins pour avoir rompu la communion
** de TEglise, et déchiré le corps de Jésus-Christ/
Vous allez lire, et non peut-être sans frémir, de quelle
ortcn430. manière St. Augustin a qualifié le schisme, " Le sacri- ** lége du schisme; le crime, le sacrilège plein de cru- " auté; le crime souverainement atroce du schisme; le " sacrilège du schisme qui outrepasse tous les forfaits* *^ Quiconque, dans cet univers, sépare un homme '* et l'attire à un parti quelconque, est convaincu
l'.i. contre ^« par là d'être fils du démon et homicide." — *^ Les
i% Donat. ...
" Donatistes, dit-il encore, guérissent bien ceux qu'il ** baptisent de la plaie d'idolâtrie, mais en les frappant '^ de la plaie plus fatale du schisme. Les idolâtres ont *^ été quelquefois moissonnés par le glaive du Seigneur; ^* mais les schismatiques> la terre les a engloutis vifs ►.à Donat. «^ rfans son sciu." — " Le schismatique peut bien verser " son sang, mais jamais obtenir la couronne. Hors de " l'Eglise, et après avoir brisé les liens de charité et ** d'unité, vous n'avez plus à attendre qu'un châtiment ** éternel, lors même que ppur le nom de Jésus Christ " vous auriez livré votre corps aux flammes."
ET LA REFORMATION EN GÊNêRAL* 45
3Sh bien. Monsieur, peut-être en lisant les réflexions Leitn it cpve je vousai développées sur le plan de la Révélation, sur le texte des Ecritures, avez-vou^ pensé que j'avois porté les choses à l'exagération. En ai-je dit trop ? Vous venez d'entendre quelques-uns des Pères, qui depuis les Apôtres jusqu'au 6e. siècle, ont jeté plus d'éclat dans le monde. Comme ils chérissoient l'unité ! Comuié ils 8*alarmoîent de tout ce qui pouvoit tendre à la blesser! Quel zèle pour y remédier promptement! Quelle horreur du schisme! Hs.lui ont assigné sa place^ en le mettant à la tête de tous les crimes, en le regardant comme la plus impardonnable et la plus funeste de toutes les prévarications. Cest qu'ils avoient mieux compris que nous l'esprit du christianisme, et mieux pénétré les grandes vues de notre divin législateur. Oh! si elles avoiept été aussi bien méditées, aussi bieii senties par tous les chrétiens, si on avoit toujours donné aux préceptes de l'Ecriture, à l'enseignement des Pères l'attention et l'obéissance qu'il eût fallu, jamais sectaire n'eût songé à se faire un parti, à diviser TEglise, ou s'il en eût formé l'entreprise, loin de se feire suivre, il se seroit vu délaissé par les peuples. Malheur à nous que les vils intérêts de la terre ont si souvent détournés des intérêts du ciel ! Malheur à nous, que l'ignorance assiège, et que les passions aveuglent ! Mais quand l'ignorance, les passions, l'intérêt ont cessé de nous aveugler, et que la vérité se montre enfin dans sort jour, mille fois malheur à nous, 81 nous persistions dans la séparation, après avoir reconnu ce qu'elle a de révoltant, d'anti-chrétien dans son principe, et d'effrayant dans ses conséquences! Il m'sturoit été facile d'étendre les citations, en
46 SUft «l.^£GLIgB ANGUCANE^
Ltt^ IL ajoutant ce qu'ont ^rit sur ce sujet dans les cinq pr miers siècks, Tertullien, Origènes, Clément d*Alexa drie, Firmilien de Césarée, ITiéophyle d'Antioch Lactance» Eusébe, Ambroise^ etc., et après tant d'il 1 lustres témoins, les décisions des Evéques réunis eim corps dans les conciles particuliers d'Elvire en 305 d*ArIesen 314,deGaugres vers 66o, de Sarragosse 381 de Carthage .398, de Turin 399, de Tolède 400 ; dans les conciles généraux de Nicée 325, de Cjnstantinople 3S1, d*Ephèse 431, de Calcédoine 451. J*aime mieux vous rappeler à des autorités qui, pour être plus modernes, n'en seront peut-être pas moins fortes à vos yeux, et vous surprendront davantage sans doute. La Confession d'Augsbourg (art. 7) : ^^ Noua enseignons que r Eglise une, sainte, subsistera tou* jours. Pour la vraie unité de l'Eglise, il suffit de s'accorder dans la doctrine de l'Evangile et Fadmi- *^ nistration des sacremens, comme dit St. Paul : une *^ foi, un baptême, un Dieu, père de tous."
Le Catéchisme de Genève (Dimanche l6e.) enseigne que : *^ Nul ne peut obtenir le pardon de ses péchés, qu*il ne soit d'abord incorporé dans le peuple de Dieu, et qu'il ne persévère dans la corn* munion du corps de Christ....Ainsi donc il n'y auroit^ ^^^ hors de l'Eglise, que damnation et mort. — Oui, sans <^ doute. Tous ceux qui se séparent de la commu- *^ nion des fidèles, pour faire secte à part, ne doivent ^^ point espérer de salut, tant qu'ils restent dans la sé*^ paration.^
La Confession Helvétique (art. 12), parlant des as* semblées que les fidèles ont tenues de tout tems depuis les Apôtres^ ajoute : '^ Tous ceux qui les méprisent et
ce <c
ce ce
ET LA REFORMATIOK EN céKERAL. 47
s*en séparent, méprisent lavraîe religion, et doivent i«itnr*i*
être pressés par les pasteurs et les pieux magistrats '* de ne point persister opiniâtrement dans leur sépa-* " ration."
La Confession Gallicane (art. l6): " Nous croyons " qu'il n'est permis à personne de se soustraire auiC ** assemblées du culte, mais que tous doivent garder " Tunité de rEglise....et que quiconque s'en écarte, " résiste à Tordre de Dieu."
La Confession Ecossoise (art. 27) : Nous croyons * constamment que l'Eglise est une...Nou8 détestons " entièrement les blasphèmes de ceux qui prétendent ^^ que tout homme, en suivant Téquité, la justice, ^* quelque religion qu'il professe d'ailleurs, sera sauvé. " Car sans le Christ, il n'est ni vie, ni salut, et nul
n'y peut participer s'il n'a été donné à Jésus-Christ
par son Père." ( 1 )
La Confession Belgique : " Nous croyons et confes-^
sons une seule Eglise Catholique... Quiconque s'é-* '* loigne de cette véritable Eglise, se révolte manifeste* *^ ment contre l'ordre de Dieu."
La Confession Saxonne (art. 12) : " Ce nous est une *^ grande consolation de savoir qu'il n'y a d'héritiers de ^^ la vie étemelle que dans l'assemblée des élus, suivant " cette parole: ceux qu'il a choisis, il les a appelés.**
La Confession Bohémienne (art. 8) : *' Nous avons " appris que tous doivent garder l'unité de l'Eglise.... " que nul ne doit y introduire de sectes, exciter de " séditions, mais se montrer un vrai membre de l'E-
(l) L*article XVIIIe. de la Convocation Anglicane, 1502^ en- »eigiic la mèine doctrine, presque dans les mêmes termes.
48 SUE LJSGLiaX ANGUCAVS,
Lettre II. ^^ glise dans le li^n de la paix et runanimité de
'^ ment.** Etrange et déplorable aveuglemeDt éi ces hommes I den*avoir su faire Tapplication de principes au jour qui précéda la prédication de Luth< Ce qui étoit si vrai^ ion>qu*ils dressoient leurs confe sions de foi et leurs catéchismes^ Tétoit bien sans dou autant alors.
iiiatUT.4. Calvin lui-même enseigne: " que s'éloigner de V]
glise, c*est renier Jésus-Christ : , qu'il faut bien garder d'une séparation si criminelle,...qa*on saurait imaginer attentat ^plus atroce, que de viol^^ par une perfidie sacrilège Talliance que le fils uniqiH^ de Dieu a daigné contracter avec nous." Malheu— — reux ! quel arrêt est sorti de sa bouche ! Il sera éter — nellement sa propre condamnation, ist. Ecci.de En 168O, l'Evéquc de Londres, Henchraan, voulant 899-900, Êd'. faire sentir aux dissidents la nécessité de mettre fin èi leur schisme, crut qu'il y réussiroit mieux, si les ministres Calvinistes du dehors vouloient joindre leurs voix à la sienne : il écrivit à M. Claude, à M. de l'Angle, ministre de Charenton, à celui de Leide : tous les trois entrèrent dans ses vues et lui donnèrent leur opinion par écrit. ' De l'Angle déclare : " que tous ceux qui, ^^ en haine de l'épiscopat, s'éloignoient de TEglise ** établie, étoient coupables d'un très-grand crime: ** car le schiàme, dit-il, est le plus terrible malheur " qui puisse arriver à l'Eglise.**
Claude exhorte les dissidents d'Angleterre à considérer " si leur système n*est pas en contradiction ^^ directe avec Tesprit du Christianisme, qui est un " esprit d'union, de commerce social et fraternel, *' jamais u;i esprit de division...^MiIord^ ajoute-t-il.
ET L4 RiTORBfATlOX JM oiXÊÈRAU 49
^ je Q\ii pat le moindre 0cnipule à traiter de l e i td e i UMmm
^ violeiit» le» procéda de ceux qui font bande à part,
^ érîtent les assemblées des fidèles» et se seustraient à
^ votre autorité. Evidemment une telle conduite
^ équivaut à un schisme positif; crime détestable en
^ hsi-méme, et à Dieu et aux hommes; ceux qui s'en
'^ rendent coupables soit en rétablissant les premiers,
^ soit eo continuant de Veotretenir parmi les autres,
^ doivent s'attendre à rendre un compte terrible au
** graqd joav du ji^ement.*' Et ni Claude, ni de
PAngle^ mi Kftiiclunan ne songent seulement pas à
ae ftire à eux«mémes et à leurs devanciers l'application
de la juste menace qu^ils faisoient si bien entendre aux
Gahrinistea dTAi^leterre !
ïû sous les yeux encore plusieurs passi^^ dans lesquehr Melanchton, Pierre Martyr, Gerhard, Du Pteisis, etc., et avant eux Jean Huss enseignent la même doctrme. Je les laisse de côté, pour vous prodairs quelques-uns des docteurs les plus distingués de Mfe propre Egliae.-^Le seeond gouverneur suprême dans les choses spirituelles, Jacques h et son théolov^ * giea Casaubon, dans leur réponse au Cardinal du Per* ion, ooninennent en propres termes : ^^ Qu'il ne reste ^ aucune espérance de salut à ceux qui sont séparés ^ de PEglise Catholique, ou de la communion de la " mèflfie Eglise."*
Le savant Evéque de Chester» Pearson, dans son Né en i^ gmd commentaire sur le Symbole des Apôtres, s'exprime ainsi: ^'Nous lisons^ue, dans le commence- Act.i2«47. '^ ment de TEglise, le Seigneur y joignoit ceux qui '^ dévoient être sauvés. Ce qu'il faisoit alors, il l'a *^ toujours fsiit depuis, car il n'a point fait deux cfae-