DESSICATION DE LA MATIÈRE
Une seconde condition à remplir avant de soumettre une substance organique à l’analyse élémentaire, c’est delà dessécher complètement, c’est-à-dire delà priver de toute l’humidité hygroscopique, et de faire plus tard la pesée de telle sorte, qu’elle ne puisse en absorber pendant l’opération.
Divers appareils ont été proposés pour opérer cette dessication , tous sont bons lorsqu’on les emploie convenalilement ; je me contenterai donc de les indiquer sommairement ; ajoutons, cependant que, lorsqu’on a affaire à des substances altérables à l’air, soit à chaud, soit à froid, il est bon d’opérer dans un courant d’hydrogène, d’azote ou d’acide carbonique.
La méthode la plus simple de dessication consiste à placer la substance dans un espace circonscrit à côté d’un corps avide d’eau ;
M. Brunner introduit dans un flacon à large ouverture une couche épaisse de chlorure de calcium fondu ; après avoir mis la substance dans une capsule, il place celle-ci sur un support qui repose sur le chlorure de calcium, et après avoir fermé le flacon, il le porte dans un bain-marie convenablement chauffé. Mais comme la dessication est favorisée par le vide, il vaut mieux opérer sur le récipient de la machine pneumatique ; il est vrai de dire que celle-ci pourrait être endommagée dans le cas où la substance à sécher dégagerait des vapeurs acides ou ammoniacales, on se sert alors d’une cloche renversée, l’ouverture en haut, et par une disposition particulière on absorbe les vapeurs par de la pierre ponce irnpreignée d’un acide ou d’un alcali, selon les circonstances; mais il vaut mieux, le plus souvent, faire usage d’un des appareils suivants :
M. Gay-Liissac s’est servi d’une étuve en cuivre, présentant la
forme d’une boîte à double paroi, dont l’intervalle contient, soit de l’eau, soit de l’huile de pied de cheval*, selon la température à laquelle on veut dessécher; cette boîte est percée de deux ouvertures à la partie supérieure ; l’une, qui communique avec l’intérieur de l’étuve, sert à introduire un thermomètre et à déterminer un courant d’air, l’autre sert à introduire le liquide, et peut aussi laisser pénétrer un thermomètre qui donne la température du bain ; la cavité intérieure peut être divisée en deux ou plusieurs étages. Enfin la partie antérieure de la boîte présente une porte : l’étuve est chauffée, soit avec une lampe, soit au charbon.
M. Liebig se sert d’un tube en forme d’U dans lequel on place la matière, et oq détermine un courant d’air sec, froid ou chaud, par un écoulement d’eau.
M. Soubçiran a décrit un appareil à sécher à 100°, dans, un courant d'air sec d chaud produit par un aspirateur.
L’appareil de M. Gmelin diffère de celui de M. Liebig, en ce qüe
l’air est forcé de se tamiser à traver une substance hygroscopique-
M. Marigïiac a Ireureusemenl modifié l’appareil de M. Gmelin, en
ce qu’on peut à la fois filtrer, laver et sécher les précipités. Enfin, M. Mitsclierlich a adapté au tube de Liebig une pompe à main, qui sert à faire passer un courant d’air continu dans le tube -, cette modification ne sera profitable que dans le cas où la substance à dessécher retiendrait l’eau avec opiniâtreté; dans les circonstances ordinaires, il est fatiguant de manœuvrer la pompe pendant plusieurs heures.
On peut s’assurer de la parfaite dessication d’une substance, en la pesant plusieurs fois, jusqu’à ce qu’on obtienne deux pesées concordantes, ou bien en introduisant la matière dans un tube long et étroit parfaitement sec et fermé à une extrémité, et en
chauffant à une température éloignée du point de décomposition.
Si la matière ainsi chauffée n’était pas suffisamment desséchée, la