S'il arrive que dans l'Evangile on loue un
(1) Traité des lettres de change, par M. Diipuy, chap. 2, Magia del credito svelata, par Wels, liv. 2 , chap. 2.
econome infidèle, Luc 16, on a soin de faire envisager le mal comme un mal, et non comme un bien , en appelant cet économe villicus iniquità-^ tis. Comme dans la parabole que nous expliquons il n'y a point d'avertissement pareil, c'est une nouvelle raison pour nous de ne point voir d'injustice là où nous ne trouvons aucun motif d'y en voir.
81. Le sujet que nous expliquons nous engage à considérer que, les paraboles se tirant de choses très-connues pour faciliter l'intelligence de ce que l'on veut enseigner, nous devrions en conclure que l'usage des banques à usure était très-connu à Jérusalem. Et cela devait être, puisque l'usure était permise chez les Juifs à l'égard des riches, soit juifs, soit étrangers.
82. Je ne sais si ce n'est point à ces banques que l'Evangile fait allusion, quand il rapporte que le Sauveur invenit vendentes oves et boi^es et columbas et nummularios sedentes, Joan. 2, 14, et qu'il les chassa avec un air d'indignation, et nummulariorum ejfudlt œs ^ et mensas subwertit, Jean 2, 15 : qu'il renversa les bancs des changeurs et leur argent. Si c'est à ces banques que l'on fait allusion , nous en voyons la publicité et la condamnation que le Sauveur en a faite à cause de la profanation du lieu saint où on les tenait , et non à cause de leur malice intrinsèque : Nolite facere domwn Patris mei domum negotiationis. Ce qui est très-digne de remarque, et nous fournirait une nouvelle preuve que l'usure n'est pas toujours un péché, ni une violation de la justice.